N° 42 – Printemps-Eté 2022   Mars-Avril-Mai-Juin-Juillet-Août-Septembre

 

Henri Cartier-Bresson / Fondation Gianadda / Jusqu’au 20 novembre 2022
Un incroyable talent et une formidable intuition. Reflets vivants d’une époque

La Fondation Gianadda présente jusqu’à fin novembre, un ensemble exceptionnel de photos d’un des plus grands photographes du XX° s. Henri Cartier-Bresson. Né en 1908 et mort en 2004, il a eu une longue et dense vie de photographe.

Des photos argentiques en noir et blanc, sur papier et parfaitement bien conservées
Des photos offertes et dédicacées pendant plus de trente ans à son ami, le peintre Sam Szafran. Il avait, pour ses instantanés, en plus du talent, une intuition rare. L’observateur attentif pourra aisément faire de certains de ses clichés une double lecture. Ainsi cette photo à Palerme en 1971. Deux garçons font rouler une roue de vélo vers la gauche, c’est la jeunesse, une voiture passe à droite, c’est la vie quotidienne, à l’arrière plan un corbillard, c’est la mort. En un mot, la vie en raccourcis. Ou bien ce portrait de Matisse 1944 avec des oiseaux, on se souvient du célèbre tableau de Matisse évoquent les symboliques colombes de la paix. Ou encore cette photo de deux hommes devant un rideau, le premier est un voyeur, le second se tourne vers l’objectif et le troisième c’est le visiteur qui entre dans l’image. Bruxelles, 1932. Un catalogue complet avec un bon rendu des photos, mêmes anciennes, en noir et blanc.

Les tranches d’une vie dense
Voyages. 1931-1935. Au cours de ses voyages et reportages il a photographié, la pauvreté, la misère et la  vie de tous les jours. Bali, Mexique, Arménie, Newcastle-on-Tyne, Roumanie, Radjasthan, Inde, etc.
Sujets sociaux. 1936-1946. Avec la presse de gauche. Vie quotidienne des pauvres et laissés pour compte.
Artistes. Il a photographié les plus grands artistes de son temps, dans  leurs ateliers, lieux de résidence en France et à l’étranger.  Pierre Bonnard. Le Cannet 1944. Henri Matisse, villa Le Rêve, 1944. Pablo Picasso, rue des Grands Augustins, Paris 1944 et à Vallauris 1953. Georges Rouault Paris 1944. Alberto Giacometti, rue Hyppolite-Maindron, Paris 1945. Franck Llyod Wright, célèbre architecte, Etats-Unis 1947. Edith Piaf, 1946. Jean Renoir, Los Angeles, 1947. Igor Stravinski, Californie, 1947. George Balanchine, School of Américain Ballet, New-York 1959. Charles de Gaulle, Ardèche, 1961. Alexander Calder, Saché, France 1970. Louis Aragon, 1971. Jeanne Moreau, Paris, 1978. Emmanuel Ungaro, Paris 1978. Francis Bacon, Londres, 1971. Le dalaï-lama, Dordogne 1991. Lao Sze To, Boulogne-Billancourt, 1991. L’abbé Pierre Emmaüs, Esteville,1994. Etc.
Agence Magnum 1947-1974. Agence historique de photo-journalisme. Une coopérative gérée parles photographes eux-mêmes. Quelques noms : Robert Capa, George Rodger, David Seymour, Marc Riboud, Abbas, Raymond Depardon, Bruno Barbey, Guy Le Querrec, Martin Parr, etc. Magnum est célèbre pour ses grands reportages mondialement connus. Qui eurent leurs heures de gloire dans Paris Match et autres grands magazines internationaux. Asie, décolonisation. Gandhi. Pékin, Russie, Cuba. etc. Il fut grand reporter à l’Agence Magnum 1947-1974. Photos de l’exposition © JP Doiteau.

Un Leica objectif 50mm
Son Leica, ne le quittait jamais, c’était son carnet de notes. Ce qui lui a permis de réaliser d’innombrables instantanés, avec un coup d’oeil sûr et toujours la photo prise à l’instant décisif. Elles sont le reflet de son époque et de ses tranches de vie. Il travaillait avec un Leica à objectif de 50mm, correspondant à la vision de l’oeil humain. Sur un appareil photo numérique actuel, l’objectif qui se rapprocherait le plus du 50mm argentique serait le 30mm numérique (correspondance 30mm x 1,5= 45 mm). Il avait le moins de matériel possible. Sans doute successivement plusieurs du Leica I au Leica III, M3, M4, et CL, mais cela sans certitude.

Nouveautés présentes
et à venir dans le parc de la Fondation Gianadda
On nous annonce. Une statue de Victor Hugo, nu immortalisé par Rodin et coulé dans le bronze de la fonderie Coubertin. Il sera placé en 2024 non loin du fameux baiser de Rodin. En attendant, à voir actuellement, une nouvelle sculpture dans le parc. « Ancestor I » bronze puissant à l’allure patriarcale, par Barbara Hepworth, cette britannique fut l’une des plus grandes femme- sculpteur du XX° siècle. Photo Barbara Hepworth © JP Doiteau. Le Baiser de Rodin 1886 © JP Doiteau

Prochaine exposition de peintures Eté 2023. La Couleur ! Les années Fauve, en collaboration avec le Musée d’Art Moderne de Paris. Du 16 juin au 19 novembre 2023. Matisse, Henri Manguin, André Derain, Maurice de Vlaminck, Georges Rouault, Albert Marquet, Raoul Dufy, Georges Braque, Kees van Dongen, etc.


 

MacLYON. Expositions jusqu’au 10 juillet 2022

Une histoire de famille. Des collection(s) Robelin, gaies, colorées, attractives.
MacLYON du 20 avril au 10 juillet 2022

L’exposition présente plus de 250 oeuvres sur un parcours de 12 salles au premier niveau. Les autres expositions aux niveaux deux et trois continuent.  C’est l’histoire unique en son genre d’un couple et d’une famille de collectionneurs construite tout au long des cinquante dernières années. Les discrètes collections, méconnues du grand public à ce jour, retracent les passions qui ont conduit à vouloir vivre avec des oeuvres au présent, chez soi, mais aussi à rencontrer des artistes et à les suivre dans la durée. C’est ainsi qu’au fil des douze salles on découvre des séries d’oeuvres, d’Annette Messager, Thomas Schütte, Bernard Frize, Olaf Holzapfel et Callum Innes. Des salles par thèmes : Galerie Bama, Fluxys, Abstraction, Lumière, Noir et Blanc, Portraits, Architecture, Dessins, Mots, Paysages. L’ensemble est gai, coloré, attractif. Il peut aussi bien passionner les parents que les enfants. Une agréable surprise.

Photos Vues de l’exposition Une histoire de famille, Collection(s) Robelin au macLYON.  A gauche Salle Galerie Bama | Fluxus. Œuvres de Erik Dietman, Michael Buthe et Jochen Gerz. Photo : Blaise Adilon © Adagp, Paris, 2022. A droite Salle Bernard Frize. Œuvres de Bernard Frize. Photo : Blaise Adilon © Adagp, Paris, 2022.

 

* Thameur Mejri Jusqu’à ce que s’effondrent mes veines
L’artiste tunisien brouille les frontières entre l’intime et le public afin de confronter les valeurs individuelles et collectives, en particulier celles de la société tunisienne contemporaine. La Tunisie ne cesse d’interroger les orientations de son modèle de société. Et Thameur Meijri, dans ses oeuvres en reflète bien son désarroi, assez méconnu des français. Ses immenses toiles peuplées de dessins et d’objets sont impressionnantes. Il a déjà exposé à New-York, au Ghana, à Londres, à Abu Dhabi, etc. Photo Vue de l’exposition Thameur Mejri. Jusqu’à ce que s’effondrent mes veines. Courtesy de l’artiste et Selma Feriani Gallery Tunis/Londres © photo : Blaise Adilon.

 


* Mary Sibande. La Ventriloque rouge
Une exposition monumentale, inédite, puisqu’il s’agit rien moins que d’une sorte de cirque en rond et en bois, qui occupe toute une vaste pièce. Sur les gradins, au lieu du public, ce sont des chiens rouges en colère. Là-bas, en Afrique du Sud, on associe la colère à un chien rouge. Sur la scène La Ventriloque est toute vêtue de rouge. Un art de la sculpture et de l’installation qui témoigne de la vie des femmes noires sud-africaines et de leur place dans l’histoire complexe de ce pays. La ventriloque est celle qui prête une parole à ceux qui n’en ont pas. L’artiste a déjà exposé à Chicago, à New-York, à Albany (USA), au Royaume Uni, à la Biennale d’art Contemporain de Lyon, et en Afrique du Sud. Photo Vue de l’exposition Mary Sibande, La Ventriloque rouge au macLYON (11 février – 10 juillet 2022). Courtesy de l’artiste et SMAC Gallery, Le Cap/Johannesburg. Photo © Blaise Adilon.

 

* Crossover. En traversant le hall, il faut s’arrêter un peu, afin de mieux apprécier les oeuvres de David Posth-Kohler x Bruce Nauman. Le buste sculpté d’un personnage avec un oiseau sur le nez est remarquable. Artiste voyageur, David Posth-Kohler est né à Annecy (1987), et vit à Paris. Il inscrit sa pratique artistique au coeur de ses propres expériences de vie, par des paysages, des objets, des sculptures. Photo. Vue de l’exposition Crossover : David Posth-Kohler x Bruce Nauman, (11 février – 10 juillet 2022).Œuvres de David Posth-Kohler. Photo © Blaise Adilon

 

 

* Little Odyssée. Une présentation originale pour les enfants.
La collection du musée, présentée aux enfants. Les enfants représentent une part importante de la fréquentation du MacLYON soit 30 à 40% du public total et 70% des groupes de moins de 18 ans. D’où l’idée de présenter les oeuvres de la collection aux enfants. Mais d’une manière adaptée, d’où ce nom de « Little Odyssée ». Avec la participation de nouveaux acteurs : des étudiants de l’Université Lyon 3 en Master 2 Patrimoine et musées -Médiations Culturelles et Numériques. Et c’est assez réussi.

* Une histoire de famille. Collections Robelin. A partir du 20 avril
Plus de 250 oeuvres sont présentées dans un parcours de 12 salles, sur un étage entier du musée. L’exposition « Une histoire de famille », Collections Robelin invite à découvrir la collection d’un couple et d’une famille de collectionneurs assez unique en son genre. Une collection construite tout au long des cinquante dernières années.

 

Musée des Confluences – Expositions temporaires et une nouvelle galerie permanente

1/ La Galerie Émile Guimet : une galerie permanente des donateurs. Visite gratuite le week-end
La Galerie Émile Guimet rend hommage, dans un espace permanent de près de 400 m², aux donateurs du musée des Confluences depuis ses origines. Transmettre et partager, avec les donations les plus récentes. Elle est accessible gratuitement aux visiteurs le week-end, comme un écho à la générosité de ces donateurs, et permettra l’accueil d’événements professionnels en semaine. Cet espace porte le nom d’Émile Guimet, l’industriel lyonnais passionné par les horizons du monde, grand voyageur à l’infinie curiosité. Il fût toujours soucieux de donner à voir et de léguer des collections, où l’Asie tenait une place privilégiée. Photo Scénographie de la Galerie Émile Guimet © Groupement SNOOPP.

2 / Sur la piste des Sioux du 22 octobre 2021 au 28 août 2022
Une remarquable exposition, très documentée : photo anciennes, objets, vêtements, affiches publicitaires.
« American Indian » : « Tipi, plume, bison, calumet de la paix, flèche, tomahawk, coiffe… Aujourd’hui encore, ces mots sont parmi les plus cités par les Français pour décrire les cultures des populations natives de la moitié nord du continent américain*. Les récits de voyages puis les oeuvres picturales, les spectacles de folklore et le cinéma ont façonné cette image stéréotypée. Au cours de cette longue construction iconographique, l’Indien des Plaines, particulièrement le Sioux, a pris peu peu une place centrale, au point d’incarner, à lui seul, l’ « Indien d’Amérique ». Ce panneau à l’entrée de l’exposition nous rappelle ces clichés. Et toutes les représentations possibles de ces clichés sont là. Dans les extraits de films, les affiches publicitaires et de westerns. Mais cette remarquable exposition, nous montre aussi avec sérieux et un réel souci de vérité, à l’aide de documents, de photos, de gravures et de tableaux, la vie réelle des indiens. Sur la piste des Sioux remonte aux sources de cette représentation, en Europe et en France. Elle décrit avec justesse comment l’image s’est construite et s’applique à déconstruire et rectifier cette image caricaturale des indiens d’Amérique. Et c’est là sont grand mérite. Photo lithographie. Osages. Peuplade sauvage de l’Amérique Septentrionale, dans l’état de Missouri, arrivés à Paris le 13 août 1827. Recueil des Grimaces, planche CIV. Louis-Léopold Boilly (1761-1845). Lithographie aquarellée. © Collection Didier Lévêque. Autres photos. Chemise de guerre : cuir, cheveux humains, os, queue d’hermines, perles de verre, clous, tissus, coquillages. Mocassins Dakota du Sud. Le guerrier « osage » « Esprit Noir », pose pour le sculpteur Jean-Pierre Dantan 1827, il meurt de la variole pendant son voyage de retour © JPD
* « Enquête sur les représentations des Indiens d’Amérique du Nord en France », Musée des Confluences CREDOC 2020.

 

3 / Jusqu’au bout du monde, regards missionnaires / Musée des Confluences jusqu’au 8 mai 2022. Une petite, mais et intéressante exposition
À partir de 1822, la création à Lyon de l’Œuvre de la Propagation de la Foi permit le départ pour l’aventure de centaines de jeunes ecclésiastiques missionnaires, hommes et femmes, vers des terres inconnues d’Afrique, d’Asie, d’Océanie, ou d’Amériques. Ainsi en 1885, il y avait déjà soixantaine de missions installées de par monde.Le musée des Confluences en garde le témoignage avec le dépôt, depuis 1979, de quelque 2 300 objets appartenant aux Œuvres pontificales missionnaires, son nom aujourd’hui. L’exposition offre un parallèle entre leurs récits et l’histoire des objets, collectés sur place, qu’ils envoyèrent ou rapportèrent ensuite à Lyon. Ni tout à fait explorateurs, ni vraiment voyageurs, certains développeront des compétences scientifiques : ethnologie, linguistique, cartographie, zoologie… Ces objets, rituels ou du quotidien, témoignent de cultures jusqu’alors méconnues. Mais il faut prendre le temps de lire les extraits des lettres que les missionnaires ont envoyé en France, elles sont passionnantes. On apprend aussi que c’est un missionnaire français qui le premier monta sommet du Kilimandjaro. L’exposition invite aussi à questionner cette vision du monde et le regard qu’un musée se doit de porter aujourd’hui sur cette histoire. Modèle réduit de pirogue double Nouvelle Calédonie, Mélanésie, Océanie  Chanoine Brachet © musée des Confluences – Olivier Garcin.

Lʼoiseau rare, de lʼhirondelle au kakapo… Musée des Confluences. Prolongée jusqu’au 31 décembre 2022
Le parcours de l’exposition. La scénographie, conçue par Bruno Reccole, joue de la sobriété. Elle fait alterner le noir et le blanc, pour mieux s’effacer derrière les couleurs éclatantes des oiseaux. De formes irrégulières, en escalier, les vitrines évoquent de manière stylisée des falaises ou des blocs de roches dans lesquels se nichent les spécimens naturalisés.
Au milieu de la salle, deux podiums à la géométrie éclatée forment des îlots. Des jeux de lumière parcourent l’exposition afin de faire percevoir l’iridescence des colibris, de focaliser le regard sur un oiseau chanteur ou de donner à voir, de façon plus théâtralisée, la fragilité des oiseaux, jusqu’à la vitrine des espèces disparues. Et comme d’habitude une scénographie très travaillée, rendant le parcours passionnant et instructif. « L’identité d’un musée puise d’abord à la racine de ses collections. Parmi toutes les pièces inventoriées dans les réserves du musée des Confluences, les oiseaux occupent une bonne place. Avec plus de 30 000 spécimens, cette collection est même la deuxième plus importante de France. En outre,elle raconte l’histoire de notre établissement, depuis la première grande galerie zoologique du muséum de Lyon en 1837, jusqu’aux dernières donations et en particulier celle d’Hubert Bonnetain en 2018″. Nous dit Hélène Lafont-Couturier. Directrice du musée des Confluences.  Photos. * Quetzal resplendissant, Amérique centrale, Mexique – Les reflets métalliques du plumage proviennent de la diffraction des rayons lumineux sur celui-ci. Les couleurs disparaissent lorsque les plumes sont à l’envers © Musée des Confluences – Olivier Garcin.  * Ara à gorge bleue, Bolivie © Musée des Confluences – Olivier Garcin. * Colibri du Chimborazo, Equateur et Colombie, collection de Claudius Côte – © Pierre-Olivier Deschamps / Agence VU’.

 

 

 

Éric Poitevin invité / Musée des Beaux Arts jusqu’au 28 août 2022
Des évocations contemporaines d’après des peintures classiques 

Invité par le Musée des Beaux-Arts de Lyon à travailler à partir des collections, l’artiste Éric Poitevin a eu carte blanche pour réaliser de nouvelles photographies en résonance avec des oeuvres du musée. Citons Lucas Cranach, Francisco de Zurbaran, Frans Snyders ou Odilon Redon. L’artiste porte ainsi un nouveau regard sur certaines oeuvres connues ou moins connues du public, en les faisant dialoguer avec son propre travail photographique. Avec des grands tirages argentiques, jusqu’à 2 m de haut et des impressions jet-d’encre, spectaculaires ! D’où un éclairage inédit, offrant des perspectives tantôt évidentes, tantôt inattendues. Éric Poitevin, n’est pas un inconnu. Depuis 2008, il enseigne au Beaux-Arts de Paris. Ses photographies sont présentes dans de nombreuses collections publiques, comme les FRAC, ou à l’étranger : au Mamco à Genève, au Mudam Luxembourg, au Musée de la Photographie à Charleroi, etc. Très intéressante exposition.

Photos. Jean Pierre Xavier Bidauld, Oiseaux morts, 1801. Huile sur bois, H. 27,2 ; L. 19,7 cm. Lyon, musée des Beaux-Arts. Image © Lyon MBA – Photo Martial Couderette. Photo © Éric Poitevin, Sans titre, série réalisée entre 2013 et 2020. Impression jet d’encre, H. 108 ; L. 86 cm. © ADAGP, Paris, 2022 (la pie).

 

 

 

 

À la mort, à la vie / Vanités d’hier et d’aujourd’hui
Musée des Beaux Arts jusqu’au 7 mai 2022 

A lire le titre « À la vie, à la mort ! » on s’attend à voir une exposition triste.  Certes il y a des squelettes, des crânes, mais on découvre aussi de belles peintures, représentant plutôt la vanité des plaisirs qui partent fumée, les bouquets de fleurs, symboles du caractère éphémère de l’existence, ou des natures mortes virtuoses avec de belles vaisselles illustrant la vanité des biens et des plaisirs terrestres. Ou des animaux morts, canards, cygnes, gibier, représentant la vanité alimentaire. Explications  : l’exposition présente les différentes typologies auxquelles les artistes ont eu recours, du XVe au XXIe siècle, pour rappeler le terme inéluctablement assigné à toute activité humaine, à travers une sélection de près de 150 œuvres d’art : estampes, gravures, dessins, peintures, sculptures et installations. Une réflexion faisant entrer en dialogue des œuvres du musée, des collections du MBA et du MAC et d’une collection particulière. Cette exposition est organisée dans le cadre du Pôle des musées d’art, qui rassemble depuis 2018 le musée des Beaux-Arts et le musée d’art contemporain de Lyon.  Photo Vincenzo Campi, Les Mangeurs de Ricotta, vers 1580. Huile sur toile. Lyon, musée des Beaux-Arts. Image © Lyon MBA – Photo Martial Couderette. Photo Saint Jerôme, Hendrik de Somer, (1654) il y en a trois dans la même salle et de peintres différents © JPD.
Pour l’anecdote, dans le N° 32 Eté 2019 de Lyon-Newsletter.com, dans notre reportage sur Malte, nous avons montré deux tableaux, similaires au crâne près, de St Jérôme. L’un à La Valette, St Jérôme writing de Merisi da Caravaggio (1608). L’autre à Mdina, d’après Caravaggio. A retrouver en suivant le lien :  https://www.lyon-newsletter.com/19-01/voyages-malte-2


 

Escapade à Lausanne et Genève

Les trésors méconnus de la Fondation des Treilles
exposés à la Fondation de l’Hermitage à Lausanne.
Derniers jours ! Jusqu’au 29 mai 2022. Voici pour la première fois en Suisse, une sélection des plus grands chef-d’oeuvre de la Fondation des Treilles, établie dans le sud de la France, à Tourtour dans le Haut Var. L’exposition réunit des oeuvres de Hans Arp, Georges Braque, Victor Brauner, Jean Dubuffet, Max Ernst, Alberto Giacometti, Paul Klee, François-Xavier Lalanne, Henri Laurens, Fernand Léger, Pablo Picasso, Takis.

Une centaine de peintures, dessins, gravures, sculptures et objets dont quelques belles pièces d’arts premiers africains. Max Ernst et Victor Brauner, sont les plus richement présentés dans l’exposition. Le Troupeau de moutons de Lalanne est impressionnant. On voit rarement les céramiques « pâtes blanches »  de Picasso. Les fleurs en assemblages de métaux divers de Takis sont très imaginatives. Cette collection a été crée par une mécène visionnaire, Anne Gruner Schlumberger (1905-1993). Elle a su choisir avec goût et talent des oeuvres exceptionnelles en développant des synergies fructueuses entre savants, musiciens, poètes, et philosophes. L’ensemble compte plus d’un millier d’oeuvres.
Photos. A g. Victor Brauner. Palais de l’intelligence, mai 1956 peinture à la paraffine sur carton contrecollé sur isorel, 64 x 49 cm. Fondation des Treilles. photo Claude Almodovar © 2021, ProLitteris, Zurich. A dr. Max Ernst. Galápagos, 1955. huile sur bois, 33 x 41 cm Fondation des Treilles. photo Claude Almodovar © 2021, ProLitteris, Zurich.Masque Kplékplé, début du XX° siècle. Population Baoulé, Côte d’iVoire, bois, pigments. © JPDoiteau.

 

« Injustice environnementale – Alternatives autochtones » / MEG Genève jusqu’au 21 août 2022
Urgences climatiques – Les peuples autochtones ont le droit de décider.
Le thème abordé dans cette très intéressante exposition, est l’urgence climatique, l’un des enjeux majeurs de notre époque. Le parcours est très varié, panneaux didactiques, photos anciennes, objets traditionnels rares, vidéos explicatives. Il se veut un espace pour écouter la voix des peuples autochtones, pour tisser avec eux un futur commun. Protection de leurs territoires, réparation des préjudices subis, responsabilités à leur égard, respects de l’environnement. Le tout est bien présenté. On découvre, ce chiffre incroyable, près de 500 millions d’autochtones, défendent leurs droits face à l’injustice des gouvernements, qui menace leur économie, leur santé et leur culture. On voit au fil de cette exposition tous les préjudices subis et en cours. Cette exposition est à rapprocher de celle sur « Les Sioux », visible actuellement au Musée des Confluences de Lyon. Voir ci-dessus. Photo Injustice environnementale. Masque articulé de la métamorphose du saumon. Ouvert c’est un masque de visage humain. Fermé il représente le saumon. Etats- Unis Alaska, Metlakatla 2020 © JPD.

Sous le titre « Les archives de la diversité humaine », l’exposition permanente, dont l’entrée est gratuite, présente une somptueuse sélection d’un millier d’objets, petits et grands, savamment choisis parmi plus des 70000 que contiennent les collections du MEG. Objets de référence, objets historiques et objets témoignants de la créativité humaine. Particularité cette exposition concerne une centaine de civilisations différentes, réparties tout autour du monde. Ils n’avaient pas été exposés depuis plusieurs générations. Et le MEG (Musée d’ethnographie de Genève) a été crée par un architecte de renom et est installé dans un superbe bâtiment contemporain. www.meg-geneve.ch  Photo. Collection permanente (visite gratuite). Armure japonaise avec syllabes protectrices en sanscrit. © JPD.

« Tout contre la Terre » / Museum Genève jusqu’au 6 novembre 2022
Un instantané pertinent de l’état de la planète. Il faut Agir !

« Lorsqu’il est évident que les objectifs ne peuvent pas être atteints,
ne les ajustez pas, ajustez les étapes de l’action »

Confucius. Philosophe chinois.

L’exposition propose, et réussit, à faire l’expérience d’un instantané de l’état actuel de la planète en termes de limites, de dégradations, et de relations pour mieux penser la question des solutions qui naissent de l’action. Et c’est la différence avec une énième exposition sur l’environnement, elle apporte un plus. Car elle traite du registre de la philosophie et des émotions par la psychologie et la linguistique. Et c’est bien là que se trouve l’originalité de cette exposition avec des textes vivants bien renseignés, des mots qui surgissent, des magnifiques dessins d’insectes, des dessins humoristiques. Le tout préparé par la designer Muriel Dégérine, le philosophe Tobias Brosch et Cristina Sorian, et des artistes de talents. Photo Abeille morte. Sakura. Sous chaque dessin est inscrit un prénom. celui le plus donné dans chacun des pays les plus consommateurs de pesticide. Ici Sakura pour le Japon © JPD. Des mots surgissent : photo © Philippe Wagneur / Muséum Genève.

Déclin des populations d’insectes, illustré d’exemples
– papillons – 53%
– coléoptères – 53%
– abeilles – 46 %

Dérèglement climatique, extinctions de masse du vivant, catastrophes en tout genre, effondrement des écosystèmes, voire menace de disparition de l’espèce humaine… Rien ne va plus. Nous ne connaissons pas tout de l’état de notre Terre, ni de son futur. Mais les scientifiques sont catégoriques. Nous en savons suffisamment pour prendre conscience que notre futur est menacé.

Le concept des 9 limites planétaires, élaboré par une collaboration internationale de scientifiques, est largement évoqué dans cette exposition. 1 Le changement climatique. 2 L’érosion de la biodiversité. 3 La perturbations des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore. 4 La modification de l’usage des sols. 5 L’utilisation de l’eau douce. 6 La destruction de l’ozone stratosphérique. 7 L’acidification des océans. 8 La pollution chimique, 9 La concentration d’aérosols dans l’atmosphère.

Une roue des émotions est proposée par le psychologue Tobias Brosch :
enthousiasme, empathie, colère, culpabilité, tristesse, peur, espoir émerveillement.
Pour permettre aux visiteurs de traduire leurs ressentis liés à leur propre expérience de visite. www.museum-geneve.ch

 

 


Infos & Liens

MUSÉES LYON

La Biennale de Lyon. www.labiennaledelyon.com
Musée des Confluences. 86, quai Perrache 69002 Lyon 04 28 38 12 12 – www.museedesconfluences.fr
Musée des Beaux-Arts (MBA). www.mba-lyon.fr
Musée d’art contemporain (MAC). Cité Internationale – www.mac-lyon.com
Institut d’Art Contemporain (IAC). Villeurbanne  – www.i-art-c.org
Musées Gallo-Romains de Lyon et Saint-Romain-en-Gal – www.musees-gallo-romains.com
Gadagne Musées – www.gadagne.musees.lyon.fr
Musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique. 13 rue de la Poullaillerie 69002 Lyon – 04 78 37 65 98  – www.imprimerie.lyon.fr
Musées des Tissus et Musée des Arts décoratifs de Lyon – 34 rue de la Charité F-69002 Lyon – 04 78 38 42 00 – www.mtmad.fr
Musée de l’Automobile Henri Malartre 645, rue du Musée 69270 Rochetaillée 04 78 22 18 80 – musee.malartre@mairie-lyon.frwww.musee-malartre.com