MUSÉES

N° 41 – Automne-Hiver 2021-2022 – L’essentiel des expositions de septembre à février.
Patrimoine. Mécènat et rénovation de la Chapelle de l’Hôtel-Dieu.
Voir aussi Musées-Grenoble. L’exposition Bonnard. Les couleurs de la lumière.

Expositions en cours à Lyon et une courte escapade à Genève

Musée des Confluences – Expositions temporaires et une galerie permanente

1/ La Galerie Émile Guimet : une galerie permanente des donateurs. Visite gratuite le week-end
La Galerie Émile Guimet rendra hommage, dans un espace permanent de près de 400 m², aux donateurs du musée des Confluences depuis ses origines. Elle sera accessible gratuitement aux visiteurs le week-end, comme un écho à la générosité de ces donateurs, et permettra l’accueil d’événements professionnels en semaine. Photo Scénographie de la Galerie Émile Guimet © Groupement SNOOPP.

 

2 / Sur la piste des Sioux du 22 octobre 2021 au 28 août 2022
Une remarquable exposition !
« American Indian » : « Tipi, plume, bison, calumet de la paix, flèche, tomahawk, coiffe… Aujourd’hui encore, ces mots sont parmi les plus cités par les Français pour décrire les cultures des populations natives de la moitié nord du continent américain*. Les récits de voyages puis les oeuvres picturales, les spectacles de folklore et le cinéma ont façonné cette image stéréotypée. Au cours de cette longue construction iconographique, l’Indien des Plaines, particulièrement le Sioux, a pris peu peu une place centrale, au point d’incarner, à lui seul, l’ « Indien d’Amérique ». Ce panneau à l’entrée de l’exposition nous rappelle ces clichés. Et toutes les représentations possibles de ces clichés sont là. Dans les extraits de films, les affiches publicitaires et de westerns. Mais cette remarquable exposition, nous montre aussi avec sérieux et un réel souci de vérité, à l’aide de documents, de photos, de gravures et de tableaux, la vie réelle des indiens. Sur la piste des Sioux remonte aux sources de cette représentation, en Europe et en France. Elle décrit avec justesse comment l’image s’est construite et s’applique à déconstruire et rectifier cette image caricaturale des indiens d’Amérique. Et c’est là sont grand mérite. Photo lithographie. Osages. Peuplade sauvage de l’Amérique Septentrionale, dans l’état de Missouri, arrivés à Paris le 13 août 1827. Recueil des Grimaces, planche CIV. Louis-Léopold Boilly (1761-1845). Lithographie aquarellée. © Collection Didier Lévêque. Autres photos. Chemise de guerre : cuir, cheveux humains, os, queue d’hermines, perles de verre, clous, tissus, coquillages. Mocassins Dakota du Sud. Le guerrier « osage » « Esprit Noir », pose pour le sculpteur Jean-Pierre Dantan 1827, il meurt de la variole pendant son voyage de retour © JPD
* « Enquête sur les représentations des Indiens d’Amérique du Nord en France », Musée des Confluences CREDOC 2020.

 

3 / Jusqu’au bout du monde, regards missionnaires / Musée des Confluences jusqu’au 8 mai 2022
À partir de 1822, la création à Lyon de l’Œuvre de la Propagation de la Foi permit le départ pour l’aventure de centaines de jeunes ecclésiastiques missionnaires, hommes et femmes, vers des terres inconnues d’Afrique, d’Asie, d’Océanie, ou d’Amériques. Le musée des Confluences en garde le témoignage avec le dépôt, depuis 1979, de quelque 2 300 objets appartenant aux Œuvres pontificales missionnaires, son nom aujourd’hui. L’exposition offre un parallèle entre leurs récits et l’histoire des objets, collectés sur place, qu’ils envoyèrent ou rapportèrent ensuite à Lyon. Ni tout à fait explorateurs, ni vraiment voyageurs, certains développeront des compétences scientifiques : ethnologie, linguistique, cartographie, zoologie… Ces objets, rituels ou du quotidien, témoignent de cultures jusqu’alors méconnues. Mais l’exposition invite aussi à questionner cette vision du monde et le regard qu’un musée se doit de porter aujourd’hui sur cette histoire. Modèle réduit de pirogue double Nouvelle Calédonie, Mélanésie, Océanie  Chanoine Brachet © musée des Confluences – Olivier Garcin.

4 / La Terre en héritage, du Néolithique à nous / Jusqu’au 30 janvier 2022
La Terre en héritage, du Néolithique à nous dresse un bilan de notre impact sur la Terre en ce début de 21e siècle. L’exposition propose d’observer les grands défis environnementaux contemporains à l’aune d’une période charnière de notre histoire, le Néolithique, qui marqua le début de notre exploitation de la nature et bouleversa notre relation au monde naturel et au reste des êtres vivants. A voir une intéressante série de visuels-maquettes, ici le circuit de  l’eau.
À cette époque, des communautés humaines commencent à se sédentariser et à assurer leur subsistance par l’agriculture et l’élevage. Nous établissons alors progressivement un rapport de domination à la nature tout en adoptant, pour la première fois, une économie de production. Domestication des animaux, culture des plantes, production, consommation, habitat, transport : pour chacun de ces sujets, l’exposition déroule le temps afin d’identifier les amorces de modifications environnementales d’une ampleur sans précédent, l’Anthropocène, période caractérisée par l’influence majeure de l’activité humaine sur l’écosystème terrestre. Exposition coproduite par le musée des Confluences et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), avec la participation de l’École Urbaine de Lyon. Photo Mute Migration L’artiste indienne Hema Upadhyay a beaucoup travaillé sur la migration, les déplacements forcés, le développement urbain.

 

À la mort, à la vie / Vanités d’hier et d’aujourd’hui / Musée des Beaux Arts jusqu’au 7 mai 2022 
L’exposition présente les différentes typologies auxquelles les artistes ont eu recours, du XVe au XXIe siècle, pour rappeler le terme inéluctablement assigné à toute activité humaine, à travers une sélection de près de 150 œuvres d’art : estampes, gravures, dessins, peintures, sculptures et installations. Une réflexion menée par les artistes au fil des siècles sur la finitude de l’existence humaine en faisant entrer en dialogue des œuvres du musée, des collections du macLYON et d’une collection particulière. Cette exposition est organisée dans le cadre du Pôle des musées d’art, qui rassemble depuis 2018 le musée des Beaux-Arts et le musée d’art contemporain de Lyon. Photo Vincenzo Campi, Les Mangeurs de Ricotta, vers 1580. Huile sur toile. Lyon, musée des Beaux-Arts. Image © Lyon MBA – Photo Martial Couderette.

 

 Par le Feu, la Couleur / Céramiques contemporaines/ Musée des Beaux-Arts. Jusqu’au 27 février 2022
La céramique contemporaine, une nouvelle collection au musée des Beaux-Arts de Lyon Grâce à la générosité de Denise et Michel Meynet, Bernard Bachelier, Claire et Jean-François Lerat et Françoise et Arnauld de L’Épine, le parcours du musée des Beaux-Arts de Lyon s’est enrichi d’une section permanente dédiée à la céramique contemporaine, laquelle a pris place dans l’écrin néo-classique du salon de La Norenchal, au premier étage du musée. Près de deux cent oeuvres, créations de céramistes touchés par l’Extrême-Orient, y sont présentées au public. Le chawan, bol traditionnel japonais de la cérémonie du thé, constitue le point de départ d’une narration, conçue comme une introduction à l’exposition-dossier Par le feu, la couleur présentée au deuxième étage du musée. Sont exposés de grands noms de la céramique contemporaine tels Jean et Jacqueline Lerat, Daniel de Montmollin, Camille Virot, Claude Champy, Claudi Casanovas, Bernard Dejonghe, Daniel Pontoreau, Daphne Corregan, Jean-François Fouilhoux, Pierre Bayle, Setsuko Nagasawa, Haguiko, Masamichi Yoshikawa, comme des représentants de la jeune génération, notamment Maho Nakamura et Akashi Murakami.Photo Haenen Babs, Turbulent vessel « garden of earthly delights », 2019. Collection particulière.


 

Escapade à Genève

« Injustice environnementale – Alternatives autochtones » / MEG Genève jusqu’au 21 août 2022
Urgences climatiques – Les peuples autochtones ont le droit de décider.
Le thème abordé dans cette très intéressante exposition, est l’urgence climatique, l’un des enjeux majeurs de notre époque. Le parcours est très varié, panneaux didactiques, photos anciennes, objets traditionnels rares, vidéos explicatives. Il se veut un espace pour écouter la voix des peuples autochtones, pour tisser avec eux un futur commun. Protection de leurs territoires, réparation des préjudices subis, responsabilités à leur égard, respects de l’environnement. Le tout est bien présenté. On découvre, ce chiffre incroyable, près de 500 millions d’autochtones, défendent leurs droits face à l’injustice des gouvernements, qui menace leur économie, leur santé et leur culture. On voit au fil de cette exposition tous les préjudices subis et en cours. Cette exposition est à rapprocher de celle sur « Les Sioux », visible actuellement au Musée des Confluences de Lyon. Voir ci-dessus. Photo Injustice environnementale. Masque articulé de la métamorphose du saumon. Ouvert c’est un masque de visage humain. Fermé il représente le saumon. Etats- Unis Alaska, Metlakatla 2020 © JPD.

Sous le titre « Les archives de la diversité humaine », l’exposition permanente, dont l’entrée est gratuite, présente une somptueuse sélection d’un millier d’objets, petits et grands, savamment choisis parmi plus des 70000 que contiennent les collections du MEG. Objets de référence, objets historiques et objets témoignants de la créativité humaine. Particularité cette exposition concerne une centaine de civilisations différentes, réparties tout autour du monde. Ils n’avaient pas été exposés depuis plusieurs générations. Et le MEG (Musée d’ethnographie de Genève) a été crée par un architecte de renom et est installé dans un superbe bâtiment contemporain. www.meg-geneve.ch  Photo. Collection permanente (visite gratuite). Armure japonaise avec syllabes protectrices en sanscrit. © JPD.

 

« Tout contre la Terre » / Museum Genève jusqu’au 6 novembre 2022
Un instantané pertinent de l’état de la planète. Il faut Agir !

« Lorsqu’il est évident que les objectifs ne peuvent pas être atteints,
ne les ajustez pas, ajustez les étapes de l’action »

Confucius. Philosophe chinois.

L’exposition propose, et réussit, à faire l’expérience d’un instantané de l’état actuel de la planète en termes de limites, de dégradations, et de relations pour mieux penser la question des solutions qui naissent de l’action. Et c’est la différence avec une énième exposition sur l’environnement, elle apporte un plus. Car elle traite du registre de la philosophie et des émotions par la psychologie et la linguistique. Et c’est bien là que se trouve l’originalité de cette exposition avec des textes vivants bien renseignés, des mots qui surgissent, des magnifiques dessins d’insectes, des dessins humoristiques. Le tout préparé par la designer Muriel Dégérine, le philosophe Tobias Brosch et Cristina Sorian, et des artistes de talents.

Déclin des populations d’insectes, illustré d’exemples
– papillons – 53%
– coléoptères – 53%
– abeilles – 46 %

Dérèglement climatique, extinctions de masse du vivant, catastrophes en tout genre, effondrement des écosystèmes, voire menace de disparition de l’espèce humaine… Rien ne va plus. Nous ne connaissons pas tout de l’état de notre Terre, ni de son futur. Mais les scientifiques sont catégoriques. Nous en savons suffisamment pour prendre conscience que notre futur est menacé.

Le concept des 9 limites planétaires, élaboré par une collaboration internationale de scientifiques, est largement évoqué dans cette exposition. 1 Le changement climatique. 2 L’érosion de la biodiversité. 3 La perturbations des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore. 4 La modification de l’usage des sols. 5 L’utilisation de l’eau douce. 6 La destruction de l’ozone stratosphérique. 7 L’acidification des océans. 8 La pollution chimique, 9 La concentration d’aérosols dans l’atmosphère.

Une roue des émotions est proposée par le psychologue Tobias Brosch :
enthousiasme, empathie, colère, culpabilité, tristesse, peur, espoir émerveillement.
Pour permettre aux visiteurs de traduire leurs ressentis liés à leur propre expérience de visite. www.museum-geneve.ch

Photo Abeille morte. Sakura. Sous chaque dessin est inscrit un prénom. celui le plus donné dans chacun des pays les plus consommateurs de pesticide. Ici Sakura pour le Japon © JPD. Des mots surgissent : photo © Philippe Wagneur / Muséum Genève.


 

Expositions récentes

MACLyon – Musée d’Art Contemporain – Cinq expositions temporaires

 

​1 / Delphine Balley Figures de cire du 15 septembre au 2 janvier
Un remarquables film sur « Le Pays d’en haut »

L’exposition Figures de cire est composée d’un ensemble de trois films, dont un inédit, accompagnés de tirages photographiques et de sculptures. Delphine Balley s’inspire du huis clos familial. Figures de cire marque un tournant avec un effacement progressif de la figure au profit de l’objet. Nous avons apprécié le remarquable film sur le thème « Le Pays d’en haut », il évoque avec talent et émotion les rites de passages de la vie : le baptême, le mariage et l’enterrement. Ses images sont sublimes, elles ressemblent à des photos figées, avec un grand souci du détail, dans les objets, décors, vêtements, et casting des personnages. On dirait presque des tableaux post-impressionnistes. Pour bien comprendre l’esprit du film, il faut le regarder complètement et depuis le début. Durée 16 minutes.

2 / Jasmina Cibic Stagecraft – une mise en scène du pouvoir du 15 septembre au 2 janvier
Pour l’exposition Stagecraft – une mise en scène du pouvoir, Jasmina Cibic rassemble sous forme très visuelle ses recherches consacrées à la notion de don dans le contexte diplomatique et au soft power. Elle montre en particulier le film The Gift, présenté à Lyon pour la première fois dans sa version finale.

3 / Christine Rebet Escapologie du 15 septembre au 2 janvier
Pour son exposition Escapologie, Christine Rebet présente sur tout un étage du musée six films d’animation, dont un spécifiquement réalisé à cette occasion. L’univers singulier de chacun est accompagné de peintures murales et sur toiles ainsi que de dessins.

4 / Marina Abramovic et Ulay du 15 septembre au 2 janvier
Le macLYON possède toute l’œuvre commune de Marina Abramovic et Ulay. Outre Nightsea Crossing et The Lovers – the Great Wall Walk, la pièce qui consacra leur séparation, quelques performances marquantes du couple au début de sa collaboration seront exposées. A voir une série de 20 grandes photos de Sitting Crossing avec sur le mur latéral,  encadrés des fragments des tissus qu’ils portaient lors de ces sittings. Ces deux artistes, rappelons le, sont les pionniers de la performance depuis 1976

5 / Crossover : Hélène Hulak × Mel Ramos du 15 septembre au 2 janvier 2022
Le format d’exposition Crossover est construit comme un dialogue entre les œuvres de la collection du macLYON et des artistes émergents. Cette invitation faite à Hélène Hulak permet de croiser, à partir d’œuvres de Mel Ramos, deux approches de la représentation du corps et de la construction du regard. Si les démarches se complètent et se contredisent, l’évolution des enjeux philosophiques et sociétaux des collections et des pratiques artistiques, en constant renouvellement,  produisent une confrontation stimulante qui ne dédouane cependant jamais les visiteurs de leur responsabilité d’interprétation, puisque, comme le disait Marcel Duchamp : « C’est le regardeur qui fait l’œuvre ».
Crédit photos. 1 /© Delphine Balley, Le Temps de l’oiseau, 2021 [extrait]. Vidéo HD couleur, son, 17’32’’. Courtesy de l’artiste. 2/ © Jasmina Cibic, The Gift, 2021 [extrait]. Installation vidéo 4K couleur sur 3 écrans, son stéréo. Courtesy de l’artiste.
3/ © Christine Rebet, Ultravision, 2020. De la série Otolithe. Encre sur papier 24 × 32 cm. Courtesy de l’artiste.
4 / © Marina Abramović et Ulay, Nightsea Crossing, sitting au macLYON, 1986. Collection macLYON/Photo Blaise Adilon. © Adagp, Paris, 2021. 5 / © Hélène Hulak, Les sœurs fatidiques, 2018. Peinture murale. Dimensions variables. Courtesy de l’artiste.

 Lʼoiseau rare, de lʼhirondelle au kakapo… Musée des Confluences jusqu’au 2 janvier 2022
Le parcours de l’exposition. La scénographie, conçue par Bruno Reccole, joue de la sobriété. Elle fait alterner le noir et le blanc, pour mieux s’effacer derrière les couleurs éclatantes des oiseaux. De formes irrégulières, en escalier, les vitrines évoquent de manière stylisée des falaises ou des blocs de roches dans lesquels se nichent les spécimens naturalisés.
Au milieu de la salle, deux podiums à la géométrie éclatée forment des îlots. Des jeux de lumière parcourent l’exposition afin de faire percevoir l’iridescence des colibris, de focaliser le regard sur un oiseau chanteur ou de donner à voir, de façon plus théâtralisée, la fragilité des oiseaux, jusqu’à la vitrine des espèces disparues. Et comme d’habitude une scénographie très travaillée, rendant le parcours passionnant et instructif. « L’identité d’un musée puise d’abord à la racine de ses collections. Parmi toutes les pièces inventoriées dans les réserves du musée des Confluences, les oiseaux occupent une bonne place. Avec plus de 30 000 spécimens, cette collection est même la deuxième plus importante de France. En outre,elle raconte l’histoire de notre établissement, depuis la première grande galerie zoologique du muséum de Lyon en 1837, jusqu’aux dernières donations et en particulier celle d’Hubert Bonnetain en 2018″. Nous dit Hélène Lafont-Couturier. Directrice du musée des Confluences.  Photos. * Quetzal resplendissant, Amérique centrale, Mexique – Les reflets métalliques du plumage proviennent de la diffraction des rayons lumineux sur celui-ci. Les couleurs disparaissent lorsque les plumes sont à l’envers © Musée des Confluences – Olivier Garcin.  * Ara à gorge bleue, Bolivie © Musée des Confluences – Olivier Garcin. * Colibri du Chimborazo, Equateur et Colombie, collection de Claudius Côte – © Pierre-Olivier Deschamps / Agence VU’.


 

ESCAPADES à Evian et Martigny

Un superbe catalogue. Alain Le Foll, Maître de l’imaginaire. L’exposition s’achève, mais le catalogue reste / Palais Lumière Évian /  
Alain Le Foll (1934-1981) était réputé par ses dessins pour la publicité et pour les journaux, aussi bien français qu’étrangers. Il avait un talent multiformes : illustrations, art décoratif, dessins, estampes, et lithographies. L’art publicitaire avec la célèbre affiche OBAO. Celle pour l’eau d’Evian. Les dessins d’une brochure sur les grandes heures de la 2CV. Des illustrations pour ELLE, pour des livres d’art. Il fut un merveilleux conteur en images. Ainsi pour les livres « Shéhérazade à coeur ouvert », « Rêves d’amour pour la princesse Yang » ou « Les Trois Arbres du samouraï». Dans le livre « C’est le bouquet », ses grandes fleurs émergeant d’immeubles sont sublimes. L’effet spectaculaire est accentué par le choix de points de vue audacieux, et dans les surprenants dessins en noir et blanc, du fameux conte des Mille et Une Nuits : « Sindbad le marin ». Des travaux décoratifs, céramiques et verres pour Rosenthal. Une belle série de dessins et de lithographies sur les thèmes d’anatomies, de minéraux, de coquillages, de végétaux, de zoologie et de voyages, qui font rêver d’ailleurs. Ce grand catalogue retrace, avec de superbes illustrations en grand format (25,(x31cm), une vie de cet artiste singulier à l’univers visuel exceptionnel. L’exposition s’achève, mais le catalogue (édition Fabelio) reste en vente pour longtemps au Palais Lumière d’Evian. www.ville-evian.fr 
Prochaine exposition Christian Bérard, Au théâtre la vie. Du 5 février au 22 mai 2022.

Alain le Foll, maître de l’imaginaire /Jusqu’au 2 janvier 2022
Dès 1958, Alain Le Foll s’orienta vers une carrière de graphiste. Lié à Peter Knapp et Jean Widmer, il participa à plusieurs campagnes publicitaires. On se souvient de celle pour l’eau d’Evian, l’Eau vraie qui a donné lieu à un lm d’animation d’Alexandre Alexeieff. La geisha imaginée par Alain Le Foll pour la campagne Obao, bain de mousse à la japonaise a longtemps été l’emblème de cette marque. Les bannières recouvrant les façades des magasins du Printemps ont été des événements publicitaires marquants. Alain Le Foll noua également une collaboration avec Robert Delpire qui avait créé une maison d’édition et une agence de publicité.

Parallèlement, Alain Le Foll se consacra à l’illustration. Il collabora avec de nombreux magazines en France et à l’étranger, dont Elle : il illustra aussi bien les rubriques habituelles de la revue que des feuilletons hebdomadaires. Il travailla aussi pour l’édition : en 1964, il signa les dessins de C’est le bouquet !, un album édité par Robert Delpire qui a marqué l’histoire de l’édition enfantine. En 1969, parut chez le même éditeur, l’histoire de Sindbad le marin écrite par Bernard Noël ornée de planches en noir et blanc. Il dessina aussi des motifs de tissus, des céramiques, des pochettes de disques, des papiers peints. Photos Publicité pour la bain moussant Obao, le bain de mousse à la japonaise, conçue par Alain Le Foll, 1963 @ succession A. Le Foll. © Laboratoires Garnier. O.BA.O. Bain bleu moussant. 1965 (France). Alain-Le-Foll. Dessin pour Cest le bouquet de Claude-Roy 1964. Encre. Collection particulière © succession-A.-Le-Foll.

 

Les personnages saisissants de réalisme de Gustave Caillebotte,
peintre Impressionniste et moderne
Fondation Gianadda Martigny. Jusqu’au 21 novembre 2021
Gustave Caillebotte (1848-1894) était un homme très actif. Il fût, collectionneur, mécène et organisateur des expositions impressionnistes de 1877 à 1882. Peintre méconnu, il fut oublié et finalement redécouvert. Son rôle de collectionneur a sans doute mis son talent de peintre un peu à l’écart. Cet hommage à Gustave Caillebotte, en forme de rétrospective, réunit quelque 90 toiles peintes entre 1870 et 1894 : un ensemble rare révélé au public grâce aux prêts essentiels consentis par plusieurs musée européens
Comme un photographe, Gustave Caillebotte sait saisir avec pertinence et acuité, les moments de vie de ses contemporains. Il nous fait découvrir le quotidien et les loisirs des hommes de son époque. Le monde ouvrier au travail, au bistrot, sur les bords de la Seine, etc. Ses tableaux sont très préparés. Comme deux ou trois de ses plus célèbres. Ainsi «  Le Pont de l’Europe » grande huile sur toile de 1876 est présenté, entouré d’études partielles et d’esquisses préparatoires.
De même « Les raboteurs de parquet » autre grande huile sur toile de 1875, très aboutie, est entourée d’oeuvres préparatoires.  Une quinzaine d’oeuvres, avec personnages, sont ainsi particulièrement remarquables.« Rue de Paris, temps de pluie », huile de 1877. « Au bistrot » huile, 1880. « Régates à Argenteuil » 1893. « Bord de la Seine au Petit Gennevilliers, en hiver ». 1893. Les autres, les paysages sont plus convenues. Gustave Caillebotte a le sens de la mise en scène et du portrait. Ses cadrages sont soignés. Les hommes, les femmes, sont vivants, saisissants et d’un réalisme quasi photographique. Cependant j’invite le visiteur à s’attarder un instant dans une salle annexe. Deux vidéos sur écran nous démontrent avec images de synthèse à l’appui, et perspectives reconstruites, que l’artiste s’est servi d’une boite claire. Qu’il a adapté les avant-plans et arrière-plans, de ses sujets, à partir de photos de quartiers existantes. Rappelons que son frère Martial était photographe. Pour Claude Ghez, Pietro Galifi della Bagliva et Benjamin Bothereau, qui ont réalisé cette belle contribution scientifique intitulée : « Le Point de l’Europe et Rue de Paris, temps de pluie » entre ironie et dystopie; ce seraient plutôt des trompe-l’oeil particulièrement réussis plutôt que des vues réalistes. Mais peu importe le résultat est là, on s’y croirait vraiment et c’est l’essentiel ! JP Doiteau.
Photos. Régates à Argenteuil, 1893 Huile sur toile. Collection privée
 © Comité Gustave Caillebotte. Les raboteurs de parquet, 1875. Huile sur toile. Paris, musée d’Orsay, don des héritiers de Gustave Caillebotte par l’intermédiaire d’Auguste Renoir, son exécuteur testamentaire, 1894
Photo © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski. Au bistrot © JPD.

Mécénat et rénovation de la Chapelle de l’Hôtel Dieu
Curieusement la rénovation de la Chapelle de l’Hôtel Dieu, n’était pas comprise dans la vaste opération de rénovation de l’Hôtel Dieu, confiée à une entreprise privée. La Chapelle était restée en l’état, sombre, couverte de poussière, peintures écaillées.Il fallait la faire connaître et valoriser son riche environnement culturel et patrimonial. L’Association de la Chapelle de l’Hôtel Dieu, à été crée en 2015, pour la restauration  principalement de l’intérieur de la chapelle.

Mécénat, dons, bénévoles, manifestations, et 4500 visites !
Pendant 6 ans, elle a rempli sa double mission grâce à l’action passionnée et permanente de ses membres, de ses bénévoles, et de jeunes du Service Civique. Mais, restaurer à un coût et n’est pas une mince affaire. Les 177 manifestations organisées : visites, concerts, lectures, conférences ont permis à 4500  participants de découvrir ce magnifique bâtiment, trop longtemps laissé en l’état. Les recettes correspondants à ces activités, plus les dons ont permis d’affecter 124100 euros aux chantiers de restauration.  L’Association a déjà été le mécène de la rénovation de la Vierge de Fabish pour 13500 euros. Et de l’autel de la Chapelle Sainte-Marthe pour 20000 euros. En octobre 2021, l’Association de la Chapelle de l’Hôtel Dieu a remis un chèque de 91000 euros, représentant le Mécénat des 3 dernières années à la Délégation Régionale Rhône-Alpes de la Fondation du Patrimoine. Il sera consacré au financement, dans la Chapelle des Reliques, de l’ensemble mobilier dit du Grand Reliquaire et, en fonction de l’évaluation des travaux, de sa mise en lumière. Les visites et autres activités ayant été mis en sommeil à cause de la covid. Mais les nouvelles conditions d’action de l’association n’étant pas remplies pour lui permettre de se relancer, l’Association a cessé ses activités.

Deux chapelles restaurées, mais il reste encore beaucoup à faire.
Si la façade a été restaurée dans le cadre des obligations faites aux propriétaires lyonnais de nettoyer et le cas échéant de restaurer, l’intérieur de la chapelle est loin d être terminé. Les chapelles latérales droites et le transept droit sont entièrement restaurés. Deux chapelles latérales gauche sont terminées : la chapelle notre Dame de pitié ou se trouve la pieta de Fabisch ; la chapelle de Sainte Marthe dont l’association a assuré en partie le financement de l’autel .
La prochaine phase devrait concerner la chapelle de l’entrée celle des reliques et le transept nord.
Ce qui permettrait d’avoir les 2 ailes latérales de la chapelle complètement visibles. La partie centrale Nef chœur et orgue seraient  programmée dans la dernière phase. Photos. Deux chapelles restaurées.  A g. la vierge de Fabish dans la chapelle ND de la Pitié. A dr. la chapelle Sainte Marthe. © JPD. Pour en savoir plus sur le mécénat, ou pour faire un don : www.fondation-patrimoine.org



Infos & Liens

MUSÉES LYON

La Biennale de Lyon. www.labiennaledelyon.com
Musée des Confluences. 86, quai Perrache 69002 Lyon 04 28 38 12 12 – www.museedesconfluences.fr
Musée des Beaux-Arts (MBA). www.mba-lyon.fr
Musée d’art contemporain (MAC). Cité Internationale – www.mac-lyon.com
Institut d’Art Contemporain (IAC). Villeurbanne  – www.i-art-c.org
Musées Gallo-Romains de Lyon et Saint-Romain-en-Gal – www.musees-gallo-romains.com
Gadagne Musées – www.gadagne.musees.lyon.fr
Musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique. 13 rue de la Poullaillerie 69002 Lyon – 04 78 37 65 98  – www.imprimerie.lyon.fr
Musées des Tissus et Musée des Arts décoratifs de Lyon – 34 rue de la Charité F-69002 Lyon – 04 78 38 42 00 – www.mtmad.fr
Musée de l’Automobile Henri Malartre 645, rue du Musée 69270 Rochetaillée 04 78 22 18 80 – musee.malartre@mairie-lyon.frwww.musee-malartre.com