MUSÉES – GRENOBLE

N° 41 – Automne-Hiver 2021-2022

 

 

I – Bonnard. Les couleurs de la lumière

                                Musée de Grenoble
Du 30 octobre 2021 au 30 janvier 2022

Sous le titre évocateur, « Pierre Bonnard. Les couleurs de la lumière », le musée de Grenoble, en partenariat avec le Musée d’Orsay, plus un prêt rare du Musée national d’art moderne-Centre Pompidou et de plusieurs autres prêts de musées français, présente une grande exposition consacrée à l’artiste. En tout 75 peintures, une trentaine de dessins et d’affiches sur papier et une vingtaine de photographies, sont réparties dans les salles d’exposition temporaires. Elles embrassent la totalité de son oeuvre, et ça c’est exceptionnel ! Une lumière claire et douce les mets en valeur.
Le parcours s’organise en six sections. Le Grand-Lemps, village Dauphinois, où l’artiste passa durant sa jeunesse. Elle s’attache à l’ancrage Dauphinois de P. Bonnard et à exprimer par une lumière dorée, son vert paradis. Et aussi son engagement auprès des Nabis. Paris « ville lumière ». Il est le peintre de la vie moderne, des scènes diurnes inspirées des harmonies grises et bleutées de la capitale. Lumières normandes. Grand admirateur de Monet, il évoque la délicate lumière normande. Avec des astucieux dispositifs de porte-fenêtre. Entre ombre et lumière. Scènes d’intérieur : objets, figures féminines, animaux, des huis clos très cadrés, silencieux, mais quand même très évocateurs aux lumières irréelles.

Reflets. Les nus sont un thème central dans l’oeuvre de Bonnard. Une salle entière leur est dédiée. Les cadrages des scènes de toilette sont inédits et d’avant garde pour l’époque. Un peu comme des cadrages de photos dans un magazine ou au cinéma. Sous le soleil du midi. Il loue des villas à Grasse, Saint-Tropez, Antibes, Cannes et achète au Cannet. Ses oeuvres sont des éloges à la lumière intense du Midi, vibrantes de couleurs et d’émotions. Au fil de ces six regards, c’est une superbe et rare exposition, à voir absolument.
* Crédit photos. Musée : Ville de Grenoble/musée de Grenoble © J.-L. Lacroix
* Pierre Bonnard, L’Atelier au mimosa, 1939-1946. Huile sur toile. Paris, Centre Pompidou – Musée national d’art moderne. Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Bertrand Prévost. * Pierre Bonnard, La Place Clichy, 1912. Huile sur toile. Paris, Centre Pompidou, musée national d’Art moderne. Dépôt au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, Besançon © Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie – Photographie C. Choffet. * Pierre Bonnard, La Toilette, 1914. Huile sur toile. Paris, Musée d’Orsay Photo © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowsk. * Pierre Bonnard, Paysage normand, 1920. Huile sur toile. Musée Unterlinden, Colmar © Christian Kempf .

 

II – Les exceptionnelles collections du Musée

 

Ici, à la différence de bien d’autres musées, tout est sur le même plan. En sortant de l’exposition temporaire, on traverse un immense hall donnant sur un bassin extérieur. Et on arrive immédiatement dans une succession de salles et de galeries : salles d’art contemporain, d’art moderne, du XIX° s., du XVIII° s., du XVII° s; du XII°-XIV° s. et des antiquités. C’est-à-dire, un passionnant parcours à remonter le temps.
Comment se fait-il que se trouve à Grenoble, qui ne fût en rien par le passé un foyer artistique, ne compta aucun collectionneur prestigieux et n’est même pas une capitale régionale, une collection d’art d’une telle qualité et d’une telle ampleur ?
La réponse est donnée par Guy Tosatto, directeur du musée, dans le premier des deux tomes « Musée de Grenoble. Guide des Collections ». En voici des extraits. « Son histoire commence très tôt, puisque le musée de Grenoble est fondé en 1798, avant même l’arrêté consulaire du 14 fructidor (1801) créant un réseau de quinze principaux musées de province. Cette précocité est due à l’engagement d’une centaine de citoyens entrainée par Louis-Joseph Jay, professeur de dessin à l’École Centrale. En 1815, il est destitué, période sombre. En 1817 avec Benjamin Rolland, élève de David, l’institution retrouve son équilibre. En 1887, Jules Bernard succède à Rebelle jusqu’en 1917, trente années où le musée de Grenoble s’impose peu à peu, comme l’un des plus importants de France. Il offre à Grenoble, les quatre tableaux de Zurbaran, un des sommets de la collection. Il veille aussi à donner sa place aux principaux représentants de l’école dauphinois de paysage. En 1919 avec Andry-Farcy , l’art ancien est classé au second plan, c’est l’aventure de l’art moderne. Il faudra attende la fin du siècle et l’installation du nouvel édifice, pour que l’art ancien et l’art moderne coexistent ». Il serait trop long de citer tous les chefs d’oeuvre de ce musée. Voici les plus remarquables. Saint Grégoire de Rubens. Saint Jérôme de Georges de la Tour. Le Christ en Croix de Philippe de Champaigne. Le Martyre de saint Barthélémy de Ribera ou de saint Pierre par Mattia Preti. Le Noli me tangere de Véronèse. Le Saint-Cyran de Ph. de Champaigne. La Vue de Venise de Canaletto. La série des quatre formidables tableaux de Zurbaran. Certes les peintures italiennes, espagnoles, françaises du Moyen-Âge et de la Renaissance, sont remarquables. Mais pour ma part les peintures belges, hollandaises, flamandes, certes moins connues, sont tout aussi passionnantes à observer. Il faut s’attarder un peu pour en apprécier toutes les qualités. Clairs-obscurs, qualité des portraits, beauté des natures mortes, souci des détails dans les scènes de groupe. Les quelques peintures de montagne sont toutes de parfaite qualité, ce qui est rare, tant il est difficile de représenter correctement la montagne, comme le Lac de l’Eychauda de l’abbé Guétal. Au XIX° s. ils sont presque tous représentés.J.L. David, H. Flandrin, E. Delacroix, Corot, Millet, Bartholdi, G. Doré, H. Fantin-Latour, E. Boudin, A. Sisley, Cl. Monet. A. Rodin, A. Renoir, P. Gauguin, F. Vallotton,… Enfin le XX° siècles est très présent avec Signac, Modigliani, Gauguin, Fantin-Latour, Magritte, Picabia, Delaunay, Fernand Léger, Matisse, Picasso, Max Ernst, etc.
* Crédit photos. Zurbaran. 1638-1639. L’Annonciation, l’Adoration des Bergers, L’Adoration des Mages, La Circoncision. A contempler dans des fauteuils Le Corbusier ! © JP Doiteau. * Canaletto. L’Entrée du Grand Canal, avec Santa Maria della Salute et le canal de la Giudecca, vue de l’extrémité occidentale du Môle, vers 1726 – 1728. Collections. © Ville de Grenoble/musée de Grenoble © J.-L. Lacroix. * Rubens. Saint Grégoire pape, entouré de saints et de saintes, vénérant l’image miraculeuse de la Vierge à l’Enfant, dite de Santa Maria in Vallicella, 1606 – 1607. Collections. © Ville de Grenoble/musée de Grenoble © J.-L. Lacroix. * Fr.A. Bartholdi, J-F. Champollion, déchiffreur des hiéroglyphe, le pied sur une tête de sphinx. A l’arrière plan à g. A Laemlim, l’Echelle de Jacob, à dr Gabriel Guay, Le Lévite d’Ephraim © JP Doiteau. * Jean Richier. Hercule. Bronze 1609. A gauche Veronese. Le Christ rencontrant la femme et les fils de Zébédée © JP Doiteau. * David Teniers. Partie de carte dans une hôtellerie. Laurent Guétal Le lac de l’Eychauda © JP Doiteau.

 

 

III – Napoléon. Autour de la Route des Alpes

Exposition. Couvent Sainte Cécile Grenoble
Fonds Glénat pour le patrimoine et la création / Jusqu’au 31 décembre

La Chapelle du couvent Sainte-Cécile à Grenoble est le siège social des éditions Glénat. Jusqu’au 31 décembre une intéressante petite exposition présente « Napoléon. Autour de la Route des Alpes ». A l’occasion du bicentenaire de sa mort, les Grenoblois accueillent à nouveau l’Empereur. Cette passionnante exposition rassemble de nombreuses pièces authentiques et originales : masque mortuaire, chapeau bicorne en castor, bustes, statues, lithographies, tableaux, somptueux coffret de voyage, etc. Des pièces de collections provenant de musées, du Palais Vivienne et des Collections du Palais princier de Monaco. On découvre Napoléon, autour de la route des Alpes, appelée désormais « Route Napoléon ». Puis voici Napoléon au quotidien. De la gloire à l’exil. Les derniers jours de l’Empereur. Deux cent ans après sa mort, par son destin exceptionnel, ses réformes et ses réalisations durables comme le Code civil, Napoléon, continue de fasciner et d’intriguer. Cette exposition est un véritable hommage et c’est pour cela qu’elle mérite une visite.
Crédit photos © JPD. Étendard de Waterloo. Tissu. Collection Palais Vivienne. Portrait de Napoléon. Huile sur toile. D’après François Gérard, dit Baron Gérard. Collection du Palais princier de Monaco. Buste de Napoléon en empereur romain. Marbre sur socle de bois. Collection Palais princier de Monaco. Campagne de France. HoraceVernet. Collection Palais Vivienne.

 

Infos & Liens

* Musée de Grenoble. Nouveau site internet. Le musée..; et vous !. La vie du musée. Focus sur la collection. www.museedegrenoble.fr. Le Musée de Grenoble, mérite à lui seul le déplacement. Le décor contemporain et clair est superbe, à deux pas de la vieille ville, au pied de l’Isère et de la Bastille. Et à cinq minutes en tram depuis la gare.
* A offrir ou à s’offrir pour Noël : Les deux Guides des Collections. Le catalogue de l’exposition Bonnard.
* Restaurant. Découvert , à 150 m du musée, un petit restaurant branché et tendance, au look décalé et vintage et à la cuisine inventive : « ICI Grenoble », c’est son nom. rue du Vieux Temple. C’est l’annexe du restaurant du musée.

* A offrir ou à s’offrir pour Noël. Les éditions Glénat ont sorti toute une série de BD et de livres sur Napoléon. Fonds Glénat pour le patrimoine et la création 37, rue Servan Grenoble. www.fondsglenat.com.
Vient de paraître aux éditions Glénat. Le Lac du Cygne. Histoire d’un oiseau blanc sur le Léman. Ce livre accompagne l’exposition Le Lac du Cygne au Musée du Léman à Nyon (canton de Vaud en Suisse). Peut-on imaginer le Léman, sans ses cygnes ? Ses eaux bleues sans ses oiseaux blancs ? Difficile vous diront les touristes. Impossible surenchériront les riverains ! Tant les cygnes appartiennent à leurs souvenirs et à leur quotidien. Ce livre est une rétrospective historique et culturelle, illustrée de gravures anciennes, lithos, photos, tableaux, affiches. Un heureux mélange de rigueur scientifique et de fantaisie.
* Bar-restaurant. Juste en face, de l’autre côté de la rue « Le Café de France », décoré en bistrot traditionnel. Note. Les liens ne sont pas sponsorisés.