ÉVASIONS – VOYAGES

N° 41 – Automne-Hiver 2021-2022
Informations sous réserve des dispositions gouvernementales présentes ou à venir
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Et des accès aux frontières des pays concernés.

 

EUROPE, ASIE, OÙ PARTIR CET HIVER ?

 

Où partir cet hiver ? Le tourisme repart, les frontières se rouvrent petit à petit et évolue sans cesse.  Peut-on refaire cet hiver 2021/22, les voyages d’avant la pandémie ? Pour rêver un peu, voici quelques extraits et images d’articles que nous avons publié ces dernières années. Nous suggérons, de consulter régulièrement les sites des ambassades, consulats et office de tourisme des pays concernés. Et le site du Ministère des Affaires étrangères. Voir en fin de cet article la rubrique Infos & Liens.

 

La tendance, vue par les professionnels du tourisme

 

Catherine Valois, directrice de l’Espace Asia à Lyon. Nos clients apprécient l’accompagnement dans les démarches.
« Nous sommes très optimistes pour cet hiver. Nous avons des clients qui partent en ce moment. Sri-Lanka, Arménie, Jordanie, Réunion, Tanzanie. Ce sont des clients habituels qui nous font confiance. Mais pour l’instant les gens ne se décident qu’à la dernière minute. Ils attendent que les pays soient ouverts pour confirmer. Ainsi la Thaïlande où nous avons six voyages organisés, et l’Inde s’ouvrent enfin.
Mais rassurez vous, nous remboursons pour deux raisons. Si la France interdit de partir et re-confine. Si le pays de destination ne nous autorise pas à y accéder. Et il faut le savoir, tous les pays ont des conditions sanitaires particulières et nos clients apprécient énormément l’accompagnement que nous pouvons leur fournir dans les démarches d’accès à ces pays ».

 

Benjamin Ioan. Directeur Général – Huwans et Atalante.
Dès qu’une destination ré-ouvre, les voyageurs se manifestent
 » Les réservations ont repris de manière assez forte en Mai 2021, après la levée du confinement. Dans un premier temps, c’est clairement la France et l’Europe, notamment Grèce, Islande, Espagne et Italie qui ont été les destinations les plus plébiscitées, ainsi que la Tanzanie qui n’a jamais fermé ses frontières. Après un moment de flottement en Aout et Septembre a cause l’émergence du variant Delta, les réservations au mois d’Octobre sont reparties de plus belle, notamment sur les destinations d’Afrique du Nord et du Moyen Orient : Egypte, Jordanie, Oman, Maroc… ainsi que sur le Cap Vert.
Maintenant, c’est assez mécanique, dès qu’une destination annonce sa réouverture au tourisme, les voyageurs se manifestent et réservent leur prochaine voyage, comme on a pu le voir avec le Népal, et plus récemment le Sri Lanka. Nous sommes relativement confiants et pensons atteindre des niveaux de réservation équivalents a ceux de 2019 lors du premier semestre 2022! »

 

​Laurent Bourdenet, directeur de Chamina Voyages. La reprise est certaine, nous le voyons à l’agence
« Après ces deux années passées à redécouvrir la France, l’hiver 2021-2022 ouvre plus de perspectives de voyage, notamment sur l’Europe où la situation est revenue quasi à la normale. La reprise est certaine, nous le voyons à l’agence : les voyageurs repassent les frontières et le « Vieux continent » est une destination privilégiée par nos voyageurs, à juste titre car la diversité de paysages et de cultures est d’une richesse incroyable. Pour les amateurs de nature qui recherchent le soleil en hiver, les îles sont idéales pour se dépayser. Les Canaries, par exemple, au large des côtes africaines, offrent une palette de paysages étonnants : paysages lunaires autour du Teide, sommet de l’Espagne, à Tenerife, plages paradisiaques à Lanzarote, végétation luxuriante à la Gomera… Pour les amateurs de relief , l’île de Madère est également à ne pas rater : nature exubérante, climat subtropical agréable toute l’année, panoramas sur la mer et randonnées inoubliables le long des levadas…
Pour l’Europe continentale, l’hiver est l’occasion de (re)découvrir nos voisins du sud : vidés de la foule estivale, l’Algarve au sud du Portugal, les petits villages des Cinque Terre ou les palais d’Andalousie retrouvent leur calme. Et pour les amateurs de neige, la forêt Noire en Allemagne ou les grands espaces immaculés de Finlande sont de beaux terrains de jeu à parcourir en raquette ! L’hiver 2021-2022 marque définitivement un retour au voyage, et nous ne pouvons que nous en réjouir, 40 ans après nos débuts ! »

Anne Lefèvre. Responsable du service de Presse de l’ENIT – Paris. Les Français aiment toujours autant l’Italie et le prouvent
« Les premières estimations de fréquentation touristique pour la saison d’été 2021 sont particulièrement favorables à la France qui se bat coude à coude avec les deux premiers grands marchés de visiteurs étrangers en Italie : l’Allemagne et les USA. Ceci notamment grâce à la formidable couverture médiatique TV/Radio/Presse /Réseaux Sociaux dont il bel paese n’a cessé de jouir même lors du difficile contexte pandémique.
Les grandes villes phares ont généralement été les plus touchées. Elles sont à nouveau largement plébiscitées par les Français, à l’instar de Venise, Milan, Rome, Florence, Naples ainsi que les autres villes d’art comme Turin, Gênes, Trieste, Brescia, Bologne (dont les arcades viennent d’être inscrites sur la liste de l’UNESCO), Lecce, Palerme…et tant d’autres.
Si la culture, l’art de vivre à l’italienne ou la gastronomie restent les piliers de l’attractivité de la destination, l’Italie porte dorénavant une attention particulière au tourisme slow, nature, éco-responsable et durable, qui correspond aux nouvelles aspirations renforcées par la crise récente. Les campagnes, les lacs et les montagnes, reviennent ainsi sur le devant de la scène.
Les régions redoublent d’initiatives et de propositions pour répondre à cette demande. Des itinéraires de randonnée sont mis en lumière et valorisés : chemins de pèlerinage comme la Via Francigena, les Chemins de Saint-Benoît ou de Saint-François, notamment en Ombrie et dans le Latium. D’autres sont créés et médiatisés, tels que les Vie di Dante, (les Chemins de Dante) un itinéraire serpentant de la Toscane à l’Emilie Romagne, sur les pas du célèbre poète dont on célébrait cette année le 700ème anniversaire de la mort. La Sardaigne, au-delà de ses côtes et plages idylliques, dévoile son autre visage, sauvage et préservé, celui de l’intérieur comme dans la province ouest de l’Ogliastra où se concentre le plus grand nombre de centenaires !
Les deux grandes îles, la Sardaigne et notoirement la Sicile, à l’immense patrimoine artistique, naturel, gastronomique mondialement connu, attirent traditionnellement les Français. Selon les récentes estimations en termes de nombre d’arrivées de touristes étrangers sur les deux îles, les Français occuperaient comme toujours la première ou la deuxième place.
Les petites îles ne sont pas en reste. Procida, sœur cadette de Capri et Ischia, est prête à relever le défi en devenant en 2022 Procida capitale italienne de la Culture. « La culture n’isole pas » (littéralement en italien isola signifie île): c’est avec ce slogan que l’île située dans la baie de Naples a décroché son titre. Une belle récompense et un nouvel attrait pour cette petite île vivante et colorée chantée par Lamartine, racontée par Elsa Morante dans son célèbre roman «  L’île d’Arturo » et qui servit de décor naturel au film « Le facteur » avec Philippe Noiret. Nul doute que les Français affectionneront tout particulièrement cette jolie destination. https://www.procida2022.com/

 


 

La Thaïlande rouvre ses frontières
La mer d’Andaman, joyaux maritime de Thaïlande

La Thaïlande rouvre. Avec 22% de l’ensemble des départs, vers l’Asie-Pacifique, était la destination préférée des français en Asie, devant la Chine, le Vietnam, l’Australie, Hong Kong et Singapour. Les programmes sur la Thaïlande sont innombrables. Extraits. Après diverses pérégrinations dans le pays, nous voici maintenant au Sud du pays. Krabi et Ao Nang ne forment qu’une seule agglomération. Les plages sont sur Ao Nang. Disséminées dans la baie d’Ao Phra Nang, au milieu des pitons calcaires, formant des décors sublimes. Photo Plage de Krabi, barque « long tail » pourfaire un tour dans les îlots de la mer d’Andaman.

Krabi la ville, Ao Nang les plages
Contrairement à ce que nous lisons dans le Michelin, Krabi est bien plus qu’une bourgade attachante. Nous dirions plutôt une ville intéressante d’environ 35000 habitants. Pas trop touristique, si bien qu’on y côtoie plus facilement la vie quotidienne des habitants. Avec aéroport international, hôpital international, écoles anglophones pour thaïs aisés et expatriés, intéressant musée d’art contemporain, supermarkets, night market, parc public, hameaux de pêcheurs sur pilotis au bord de la rivière, temples, grottes cachées, etc. Les plages sont disséminées dans la baie d’Ao Phra Nang, d’où émergent des pitons calcaires. Seuls les habitués trouvent les accès, pour les plus sauvages d’entre elles. Les longtail boats, sont des barques de pêche effilées transformées en bateaux de promenades. Le moteur est bruyant, l’hélice est installée au bout d’un très long arbre de transmission relevable, ce qui permet d’accoster directement sur la plage. Ils ne sont pas si rustiques que ça, certains ont des panneaux solaires et les marins ont tous un téléphone portable et se dirigent au GPS. Ils nous emmènent nager aux pieds des fameux pitons karstiques. Les plages d’Ao Nang, autour de la péninsule de Krabi sont superbes. Thai Long Bay, Phra Nang Beach, East et West Rai Leh Beach, plus quelques criques sauvages méconnues, sont de véritables paradis tropicaux. Photo. Une des nombreuses plages d’Ao Nang.


« Sunset » à Ao Nang Beach
Commençons par le plus spectaculaire : les plages ! Les «sunsets» des plages d’Ao Nang-Krabi, sont réputés. Pour moi, ce seraient les 3 mouvements d’un brillant concerto de Mozart.
1er mouvement. Allegro. Marée basse. La mer se retire lentement. Des petits rochers noirs miroitent dans l’eau et le sable encore humide. Sur la plage tout est paisible et tranquille. Au second plan, la mer d’Andaman, calme et lisse, passe du vert émeraude au céladon, et du gris irisé à l’anthracite.
2ème mouvement. Andante. Des petits nuages pommelés, défilent en ribambelle au dessus des pitons et des îles, qui barrent l’horizon. Rétro-éclairés par le soleil déclinant, ils égayent le ciel de notes colorées fuchsia, mauve, parme, et violine. Merveilleux nuages !
3ème mouvement. Allegretto. Éclat final. La baie toute entière s’embrase de nouvelles notes. Orange, rouge, carmin, vermillon, garance, vermeil. Une majestueux concerto de feu. Moments inoubliables et magiques.
Soudain, la nuit tropicale tombe brusquement. Fin de ce romantique concerto. Photo © JPD.

Krabi  Aloe Ecological Boutique Villas
Nous logeons à Ao Nang, dans l’une des villas du petit complexe Aloe Ecological Villas, construit et dirigé par un jeune et dynamique, couple de français Laura et Etienne. Tombés amoureux de la Thaïlande, ils ont construit sur leurs propres plans et dans un style tropical contemporain, trois villas écologiques de luxe, destinées à recevoir des couples avec enfants, des amis, des petits groupes, etc… Toits de bambou, grande pièce centrale, chambres à l’étage, décoration exotique raffinée. Piscine individuelle pour chaque maison. Décor-jardin fleuri de nature sauvage, au pied des pitons karstiques. Sérénité. Services soignés. Navette aéroport. Excursions, découvertes, sorties en longtail boats, snorkeling, et couchers de soleil dans les îles et sur les plages de Hong Island et les petites îles Parkbia, LaoLading et Paradise Beach, Koh Daeng, Kho Phi Phi. Et c’est ainsi que nous avons découvert les fameux « sunsets » à Ao Nang et sur bien d’autres de ces îles. Pour nous, c’était la maison était idéale pour une vie proche de la nature. https://www.aloe-krabi.com. Photos Les Aloe Ecologiv$cals Villas © Aaloe-Krabi

Sur la rivière Krabi et au temple du Tigre
L’eau est vert-marron. Les rives sont bordées de palétuviers. Arrêt à une grotte. Une légende raconte. « Autrefois un géant a tué avec son épée, (krabi en thaï,) un serpent géant. » A l’occasion de la Biennale d’Art Contemporain 18/19, un artiste a installé, un vrai-faux squelette de géant de 5 m de long. Il est là, au sol sur la terre, comme issu de fouilles récentes. Très imaginatif. A nouveau en barque, nous pénétrons au ralenti dans la mangrove. Les racines tortueuses et enlacées, semblent impénétrables. Et pourtant ça passe. Le village de l’île de Koh Kwang, est entièrement sur pilotis. Le restaurant « Kanabram Seafood view and fisch farm » nous sert un succulent vivaneau à la sauce mangue. Je demande la note. On l’apporte à M-C. En Thaïlande, ce sont les femmes qui ont le pouvoir, qui font les notes et les encaissent. Le temple du Tigre, Wat Tham Sua, est caché dans la verdure à 5 minutes de Krabi. Il est agrémenté d’une multitude de grottes et de petits sanctuaires. Le chemin est bordé des cellules de méditation, devant lesquelles les bonzes font sécher leur fameuses robes safran. Puis nous voici, en un instant, en pleine jungle tropicale, au pied d’immenses arbres séculaires, sans doute des fromagers géants. Si près du centre ville ! Un singe farceur a attrapé la glace d’une petite fille. Il la déguste tranquillement, sous les yeux ébahis des badauds!

Krabi, même les Street Food sont contrôlés
La cuisine thaï est réputée pour sa grande richesse et sa finesse. Du petit restaurant de rue, au grand restaurant en terrasse sur le fleuve, on est rarement déçu. Ici, le soleil se couche à 18h, donc on dîne tôt, et on peut manger à toute heure et pour tous les budgets ! Pas de couteau à table, juste une grande cuillère et une fourchette. Poulet, porc, poisson, fruits de mer, arrivent prédécoupés ou décortiqués dans les assiettes. Ce sont les légumes, les épices et les herbes qui donnent toute leur saveur aux plats thaï. Impossible de les évoquer tous. Les grandes bases sont les soupes, les plats frits, les nouilles. Peu ou pas de desserts. Apprécié le mango sticky rice et de savoureux fruits : papaye, ananas, noix de coco, pastèque.
Un Street Food (restaurant de rue en plein air) est installé le long de la rivière Krabi. Dix brochettes de poulet plus une pour 100 bahts. Nous nous installons. Elles sont excellentes. Soudain trois « examiners » du « Thailand Professional Qualification Institude » viennent contrôler le restaurant. Il est certifié. On nous photographie. Tout le monde est content !

 

La baie de Phang Nga, décor spectaculaires de James Bond aux séries TV.
Au Nord de la mer d’Andaman. Pour accéder au bateau d’Adoun, nous empruntons un ponton aux planches rafistolées, au dessus de la mangrove et d’un monceau de détritus dans la vase. Inquiétant ? Non ! Le long-tail boat est propre, le moteur puissant et Adoun, est charmant. Cette partie de la baie de Phan Nga est un dédale de pitons karstiques, de tours, d’îlots et d’îles désertes, tous recouverts d’une impénétrable végétation. Les falaises sapées à leurs bases par le ressac, se délitent peu à peu, laissant suspendus au dessus de la mer, d’étranges stalactites de pierre. La barque passe, lentement, au raz de ces inoubliables formes ciselées. S’arrête pour nous faire visiter une grotte en surplomb de l’eau. Nous avons là, de vrais décors de films d’aventures. Trois films ont été tournés dans ces parages. En 1974 L’homme au pistolet d’or avec Roger Moore. En 1997, Demain ne meurt jamais, avec Pierce Brosnan. En 2000, La Plage, avec Leonardo DiCaprio. La tv aussi s’est emparée de cette superbe mer d’Andaman avec la fameuse série Koh Lanta, mais plutôt du côté de Krabi. Hors saison, nous sommes absolument seuls, un rêve. Arrêt à la fish farm flottante d’Adoun. Il nous montre dans ses casiers, des algues alimentaires vertes, des huitres, et un gros poisson noir à bandes blanches et tête plate, dont on n’arrive pas à savoir le nom. Une trentaine d’autres installations sont ancrées dans cette anse abritée. Photo. La fish farm d’Adoun, avec au fond kles pitons calcaires © JPD.
Sur la terrasse d’Ao Luek Panoramic Pool & Villa, d’où je vous écris. Devant moi s’étendent, une vaste plantation de palmiers, des bassins d’élevage de crevettes, une immense mangrove, une mer grise argentée, des hautes falaises tombant à pic dans la mer et des îles. Insolite en surplomb au milieu de ce décor vert intense, la villa est une résidence, en béton blanc et gris, aux balustrades d’acier noir. Elle se décline en niveaux superposés de terrasses, chambres et appartements. Tout en bas une piscine, du plus bel effet, est suspendue au dessus du vide.

Villages pauvres et SUV de luxe
Escapade au Nord de la province de Krabi, au bord de la mer d’Andaman. Arrivée à Ao Luek et Leam Sak, petit village de pêcheurs, aux maisons de bois sur pilotis au dessus de la mangrove. Une petit port, quelques barques, un pier , une digue basse. Pas de plage. Aucun commerce. Heureusement un seul restaurant ouvert Leam Sak Seafood. Les maisons sont anciennes et pauvres, avec une pièce ouverte sur la rue, d’où l’on aperçoit à l’intérieur, un incroyable bric-à-brac : ustensiles de cuisine, matelas, linge qui sèche. Une vieille édentée, lave son linge, accroupie au bord de la rue. Un pêcheur, revenu de sa nuit en mer, dort à même le sol de sa terrasse. Trois hommes réparent un scooter assis sur le ciment. Entre les maisons, des détritus, des parpaings en vrac, des sacs poubelle. Des pêcheurs salent des jelly-fish (méduses séchées), prêts à être chargés dans un camion. Pour quel usage ? Un groupe d’enfants nous salue spontanément. Au bout d’un pier branlant, deux superbes jeunes filles, magnifiquement maquillées, à leur fenêtre, nous gratifient de leur plus charmant sourire. Dans ce village pauvre, nous apercevons trois gros SUV haut de gamme Lexus, Toyota Fortuner, Ford Everest ! La voiture, est assurément, ici, un signe extérieur de richesse. Quel paradoxe !

Khao Sok et le lac Chieow Lan
Krabi, gare routière. Quatre heures de minibus, une longue montée. Nous arrivons à Khao Sok, village-rue touristique de montagne situé juste à l’entrée du parc national éponyme. Huit heures du soir, nuit d’encre, pas de réservation. Un charmant jeune homme nous trouve un bungalow, isolé en pleine jungle. Petit déjeuner sur la terrasse. Moment d’inattention, un singe facétieux, chipe la banane de M-C. !
Découverte du parc. Beaux sentiers dans la jungle. Après une demi-heure de marche. Stop ! «Au delà de cette barrière il faut être accompagné d’un guide du parc». Pause casse croûte. J’entre-ouvre mon sac un gros singe gibbon attrape le paquet de biscuits qui dépasse de l’ouverture et part en courant. Je me lève et l’apostrophe. Il se retourne en grimaçant avec ses grosses canines ! Quelques instants plus tard, je suis cerné par une bande de singes menaçants et hurlants. Un guide du parc, présent, est obligé de leur tirer dessus avec un lance-pierre pour les calmer ! A l’entrée du parc, un autre guide me fait remarquer «Avez-vous vu le serpent, là ?». Au bord du chemin, un adorable, mais mortel serpent vert, est lové dans un arbuste… Le lendemain. Nous montons en minibus à 1000 mètres d’altitude, jusqu’au fameux Chieow Lan lake. Cet immense lac de barrage s’est formé sur une vallée inondée, d’où émergent des pitons calcaires rocheux en forme de pains de sucre, couverts d’un fouillis d’arbres et d’arbustes tropicaux. En bateau depuis le «pier» de Rachabrapah. Au fond d’une anse, apparait un village flottant. Surprise, après le repas, une pirogue, repeinte à neuf, accoste au ponton. Des jeunes femmes ornent la barque de rubans multicolores, apportent des offrandes. Un chaman, vient officie, fait des incantations, souhaite longue vie au propriétaire et au bateau. Toute la famille et les amis sont là, attentifs, endimanchés et respectueux… Photos Khao Sok et le lac Chieow Lan, deux sites à découvrir d’urgence. Photo Le « pier » de Rachabrapah, sur Chieow Lan Lake et les bungalows pour les visiteurs. Photo © J-P. Doiteau © Lyon-Newsletter.com.


Jordanie. Petra l’énigmatique
Une immense cité, cachée au fond d’un étroit défilé

Qui n’a pas rêvé, un jour de marcher, tel un archéologue, à la recherche d’une cité perdue et de bivouaquer sous les étoiles dans le désert ?

Une impressionnante forteresse naturelle
Depuis Aqaba, la large route monte insensiblement à travers déserts et plateaux rocailleux, au sol sec et aride. Notre doublons d’énormes trucks de containers et de camions citerne, approvisionnant le pays, depuis le golfe d’Aqaba, vers la capitale Amman, par cette artère vitale. Nous abordons le site de Pétra, d’en haut, le point de vue, superbe, évoque le Grand Canyon du Colorado ! Nous voici à Wadi Musa (la vallée de Moïse). Tout en bas, Petra est un refuge naturel caché, au centre de cet imposant massif de grès rose. Pour y pénétrer, il faut passer par un étroit défilé, le sicq, aux parois hautes d’une centaine de mètres et d’un km de long. Cette impressionnante forteresse naturelle est restée longtemps dissimulée au regard. C’est la raison pour laquelle elle ne fut découverte que tardivement en 1812 par l’explorateur suisse J.L. Burckhard. Nous marchons à l’ombre. Au bout de ce défilé, nous entrons dans l’inimaginable site caché de Pétra. Le regard se porte immédiatement sur un l’imposant monument taillé dans la falaise, le Trésor du Pharaon. En trois jours, nous allons ensuite découvrir une véritable cité de temples et de tombeaux, truffée d’installations hydrauliques sophistiquées, de barrages, de canalisations et de citernes taillées dans la roche. Photo. Détail du Trésor du Pharaon, premier temple que l’on voit, à la sortie du siq en arrivant dans le site de Pétra © JPD.

Une classe de nouveaux riches fit bâtir les temples
Les Nabatéens, des Sémites proches des Hébreux, fondèrent Pétra au 4°s. avant J-C. et l’occupèrent jusqu’au 4°s. après. Puis les grecs, les romains et les byzantins s’y installèrent à leur tour. Située à un carrefour de routes caravanières, et de par sa position entre la Mer Rouge et la Méditerranée, Pétra allait vite devenir une cité florissante. Les Nabatéens abandonnèrent le nomadisme pour le commerce. Une classe de nouveaux riches créa et décora ces temples et ces tombes avec un luxe ostentatoire, inhabituel jusqu’alors chez les grecs et romains. Les artisans carriers et sculpteurs – de véritables artistes – ont construit les palais en creusant dans les falaises. Ils ont su se servir, avec talent, des formes tourmentées des rochers pour excaver d’immenses salles et façonner des chapiteaux et colonnes particulièrement réussies. Les niches pour les tombes accueillaient les corps des défunts, des banquettes latérales servaient aux convives lors des cérémonies funéraires, sous le regard des dieux installés dans des niches murales pour former ce qu’on appelle un triclinium. Nous évoluons dans un décor rare, le soleil révèle une infinité de nuances de couleurs. Les roches aux teintes cramoisies, ocres, sont striées de veines jaunes, orangées, bleutées, et crayeuses, rappellent les nuances d’une soie moirée. Au sol, les rares plantes sont poudrées de sable. D’innombrables monuments – peut-être deux mille – sont disséminés sur un très vaste territoire. La cité aurait eu trente mille habitants ? On ne sait rien de la vie réelle des Nabatéens, il ne subsiste aucune trace écrite de leur civilisation. Pétra reste une cité énigmatique.
Ab Salam, notre guide est cultivé, il maîtrise parfaitement le français, ici à défaut d’arabe on parle anglais. Ses commentaires sont indispensables pour apprécier les talents des Nabatéens. Avec lui, nous grimpons en haut du Djebel Attouf, le Haut Lieu du Sacrifice, pour passer dans un second canyon tout aussi passionnant que le précédent. Une dernière montée, nous voici arrivés. Au bivouac. Khaled, le cuisinier a déjà installé le camp au pied d’une haute falaise, en bordure du site. Le thé à la menthe nous attend dans la bouilloire noircie sur l’âtre de pierres. Six heures, la nuit tombe d’un seul coup. Dîner traditionnel de soupe de légumes et galettes. Ab Salam nous raconte les traditions bédouines. Nous passons notre premier bivouac, en plein air sous les étoiles, enroulé dans nos duvets.
Le lendemain, dans le calme, avant l’arrivée des groupes de touristes, nous cheminons à la découverte : Théâtre antique, Façades royales, Tombe à l’Urne, puis visitons les restes de l’église byzantine et de ses mosaïques. Nous parcourons la Rue en colonnades au centre de la ville basse, passons devant le Grand Temple. Nous remontons une succession d’escaliers, et un canyon jusqu’à Al Deir, le Monastère, la façade est superbe au soleil couchant. C’est avec le Trésor, un des monuments les mieux conservé. Le site de Pétra est vaste et impossible à visualiser d’un seul regard. Nous quittons Pétra par un magnifique sentier d’altitude aérien qui contourne les falaises et surplombe les canyons. Le bivouac est installé sur des grandes dalles de pierre. Khaled a préparé un mansaf, le plat national jordanien à base de riz, de mouton et de fruits secs : un régal ! La lune et les étoiles illuminent notre soirée. Petit matin nous partons pour Little Pétra. Cette cité est nichée dans un étroit canyon, le sicq froid, résume assez bien la grande Pétra. Photos.Al Deir, le Monastère © JPD.

Au Wadi Rum sur les traces de Lawrence d’Arabie
Imaginez un archipel de pierre dans une mer de sable rose : vous avez le Wadi Rum. C’est un désert à fond plat, hérissé de vieilles montagnes de grès et parsemé de maigres touffes d’herbes rabougries. Les wadis (oueds) ont modulé la roche. Nous serpentons dans un univers de montagnes érodées, fissurées aux formes tabulaires ou pyramidales. Nous longeons des falaises, remontons des canyons introuvables et passons des défilés secrets. Les faces sont taillées à grands coups de sabres verticaux, avec à leurs socles des chaos de roches. C’est un camaïeu de rose, de violine, de vert, de gris, changeant au fil des heures. Et les sables blonds et roses sont si légers, si fins ! Awad, le guide du désert, semble glisser sur le sable, sans effort apparent, droit et fier dans sa djellaba blanche le keffieh rouge et blanc sur la tête; alors que nous enfonçons à chaque pas et peinons à le suivre. Puis nous escaladons la montagne de la Grande Arche, à travers un incroyable dédale de rochers. Au retour, le thé à la sauge nous attend, suivi d’un savoureux dîner préparé par Salem. La veillée au son du luth et du tambourin, est d’un autre temps.
Ce désert fut traversé en 1917 par le lieutenant-colonel T.E. Lawrence et les tribus arabes qui chassèrent les Turcs d’Aqaba. Dans son autobiographie, Révolte dans le désert, (éditions Omnibus), il raconte ses méharées mémorables, de jour comme de nuit et sous une chaleur étouffante. Il fait une description précise du Wadi Rum. «Notre modeste caravane, consciente de son infinie petitesse devant cette grandeur de la nature, cheminait silencieusement, comme si elle était honteuse d’étaler sa médiocrité devant d’aussi prodigieuses montagnes». Célébré par David Lean, qui y tourna d’impressionnantes scènes du film Lawrence d’Arabie en 1962, le Wadi Rum a effectivement tout d’un décor de film d’aventure. L’acteur anglais Peter O’Toole y fit une composition saisissante. Photo © J-P. Doiteau © Lyon-Newsletter.com.


 

Madère, fleurs, picos et levadas

Madère vient d’être déclarée, à nouveau, meilleure destination insulaire d’Europe aux World Travel Awards 2021. Retour sur cette montagne dans la mer, ses falaises abruptes, et ses sommets couverts de fleurs.

Nous venons de faire le tour de l’île et quelques beaux détours par des sommets acérés, des levadas uniques et des sentiers côtiers vertigineux. La petite Renault Clio, malgré son moteur un peu faible, nous emmena vaillamment sur les abruptes routes de montagne, se comporta parfaitement dans les mille virages et sut se faire toute petite, sur les étroites routes côtières surplombant les falaises.

Levadas et sentiers vertigineux
Clio était la muse de l’histoire, voici donc quelques notes sur le passé de Madère. L’île est protégée par de très hautes falaises. Pouvoir y aborder n’était, autrefois, pas une mince affaire, car sans réel port, ni abri, les voiliers pouvaient attendre des jours, voire des semaines avant de pouvoir accoster. Les premiers habitants de l’île, les «guanches» étaient des agriculteurs, pas du tout marins. Dans son récit bien documenté « Le code secret de l’Odyssée  » Gilbert Pillot, note une vraie ressemblance entre l’île d’Eole décrite par Ulysse dans l’Odyssée et Madère. « C’est une île flottante, toute entière enclose d’un mur de bronze, indestructible, et où se dresse un rocher lisse ». En combinant la vitesse estimée des douze navires d’Ulysse, les temps de navigation, les estimations de la latitude et la longitude, la position des constellations, il pense que le navigateur parti d’Ithaque, cap plein Ouest, est passé par les colonnes d’Hercule (Detroit de Gibraltar), le sud du Maroc et les Canaries (Fuerteventura ou Lanzarote) pour arriver à Madère avant de continuer sur l’Irlande et l’Islande. Il fournit quantité d’indices vraisemblables et arrive à la conclusion suivante :  » Je connais maintenant deux points essentiels du voyage d’Ulysse : une étape intermédiaire, l’île de Madère, et le point final l’Islande. » Selon lui, l’Odyssée ne serait, en fait, qu’une série d’instructions nautiques, codées, enrobées de légendes héroïques, pour ne pas êtres comprises par un étranger. Un habile marin devait pouvoir décoder le sens caché et y retrouver les jours de navigation, la vitesse estimée des navires, l’estimation de la longitude, la position des constellations par rapport aux heures du jour et aux jours de marche, les écueils et courants de marée et enfin l’estimation de la latitude par la durée du jour, bien plus longue du côté de l’Ecosse et de l’Islande.
En 1419, les premiers navigateurs Joao Gonçaves Zarco et Tristao Vaz Teixeira touchèrent terre à Machico, démarrant immédiatement la colonisation et ouvrant l’ère des futures découvertes portugaises. En 1478, attaqué par des corsaires, Christophe Colomb, se réfugie sur la petite île de Porto Santo au nord-ouest de Madère. Il s’y marie avec la fille du gouverneur de l’île. Avant de partir découvrir l’Amérique vingt ans plus tard. Par la suite, Madère fut une escale de relâche importante, sur la route des Indes, pour les grands découvreurs de l’époque d’Henri le Navigateur. L’impératrice Sissi séjourna à deux reprises à la fin du XIX° s. Elle marchait en montagne si vite, que les dames de sa suite avaient peine à la suivre. Enfin Christiano Ronaldo, footballeur, Ballon d’Or 2014, est natif de Funchal. Photo Fleurs au sommet du Pico Ruivo © JPD.

Sur la place les vieux jouent aux dominos
Première étape. Sur la place du quartier ancien de Machico, des vieux jouent aux dominos, d’autres les regardent, noblement inactifs. Juste à côté est sise une église coloniale du XV° s. au clocher carré et trapu. Sur la jetée du port, une plaque rappelle l’arrivée des deux premiers navigateurs. L’ancienne route serpente à saute montagne dans un décor sub tropical très fleuri. Les maisons carrées, colorées et aux toits rouges, sont éparpillées jusque haut dans la montagne.

Le sentier du vide de Porto da Cruz à Machico
L’arrivée sur Porto da Cruz, par les hauteurs est spectaculaire. Un énorme piton domine le village, coincé entre de hautes falaises et la mer. Pas de port, juste une mince grève de galets gris. Le cimetière est installé en contrebas, le long du torrent. Les tombes sont toutes superbement fleuries. Ici on n’ oublie pas les morts ! Les sentiers côtiers sont rares, le plus connu est celui de Porto da Cruz à Machico. Celui de Larano à Machico est le plus spectaculaire. Il est taillé en corniche à flanc de falaise, à cinq cent mètres au dessus de la mer, aérien, vertigineux, exposé et pas sécurisé. La végétation est splendide. Des strélizias, des capucines, des patiences, des aéoniums, des bruyères, des fougères, des lauriers, des néfliers, etc. Au loin on aperçoit la silhouette déchiquetée de la pointe de Sao Lourençao. Par endroits, on devine un lopin de terre ou un carré de vigne en treille, accroché à la falaise. Trois paysans passent, chacun portant un énorme sac de cinquante kilos sur l’épaule. Des pommes de terre qu’ils viennent de récolter. Que le travail des champs devait être laborieux, autrefois sur ces terres accrochées aux falaises et si difficiles d’accès ! Repas express au restaurant au bord de la mer : poulpe et sardines accompagnés du fameux bola de coco, pain chaud beurré à l’ail et persil et bière Coral.

Routes bordées d’ hortensias et d’agapanthes
Le parcours jusqu’à Santana se fait sur les hauteurs, la route étroite, et sinueuse, contourne les embouchures de rivières. Elle est bordée d’hortensias blancs, d’arums, d’agapanthes. La petite ville de Santana est située sur un plateau à cinq cent mètres d’altitude. A part les coquettes maisons typiques aux toits de chaume, portes et fenêtres rouge et bleu, le lieu est trop tranquille. Mais c’est le point de départ idéal pour les plus belles randonnées de l’île. Et l’Hôtel Como est parfait : décor bourgeois, vaste chambres, bonne table de cuisine régionale roborative, piscine et jacuzzi bien chauffés.
Nous découvrons la marche sur les rebords des levadas Caldeirao Verde puis Caldeirao do Inferno, au milieu de la végétation exubérante qui nous surplombe. Les levadas sont des canaux d’irrigation creusés par les Madériens pour faire passer l’eau de la côte Nord, très humide et arrosée, à la côte Sud, sèche. Sur les quelques deux mille cinq cent kilomètres de levadas, seuls mille kilomètres sont accessibles. La marche sur ces levadas presque horizontales est un bonheur. Il faut quand même faire attention à ne pas tomber dans le vide ou dans l’eau.

Le Pico Ruivo, sommet fleuri de l’île
La route monte jusqu’à Achada do Teixeira à 1592m. Au bord de la route, nous avons un mélange de fleurs méditerranéennes parfaitement épanouies : lauriers, mimosas, hortensias. Au delà de la brume d’altitude, le ciel est d’un bleu intense. Parfaite transparence de l’atmosphère. Le sommet du Pico Ruivo n’est qu’à 1862m. Le sentier est large et empierré, comme seuls savent le faire les portugais. Montée facile en une heure. Dans ce décor la vue est évidemment superbe. Au dessus de la brume se profilent les silhouettes de volcans imbriqués les uns aux autres : : Pico das Torres (1847m), Pico do Gato (1712m), et Pico Ariero (1805m). Ce ne sont qu’arêtes déchiquetées et roches sombres déformées par les éruptions. La lumière changeante modifient à tout instant les teintes brun sombre, ocre rouge et violine des sommets. Nous continuons sur le sentier du Pico Ariero qui traverse un bois de grandes bruyères arborescentes. Des vipérines bleu dur, fleurs emblématiques de Madère, des bouquets de fleurs jaunes et blanches, apportent de vives touches de couleur. Un décor hors du temps !

La « levada » panoramique do Norte
De Santana nous descendons jusqu’à la mer. Pause à Sao Vicente. Le café est à 0,55 €. Le bord de mer dominé par une sombre falaise est triste et banal, mais l’intérieur du village est restauré et plus gai. Nous montons jusqu’à la Boca da Encumeada. Le grand et luxueux Hôtel Encumeada, est installé dans un coin superbe, juste sous le col. Vues splendides de tous côtés. Mille mètres d’altitude, l’air est frais.
Au col, la Levada do Norte est creusée à flanc de montagne, panoramique, elle domine la vallée. Ici, comme ailleurs la végétation est généreuse, vipérines, fougères-aigle, hortensias, mousses, etc. Nous remontons la levada, traversons un long tunnel. ll faut se baisser, sortir la frontale, nous pataugeons dans une eau terreuse, on lavera les baskets à la sortie. Le rebord du canal ne fait que 50 cm de large, on se croise comme on peut ! Un employé dégage la végétation qui déborde avec son coupe fils mécanique. Les levadas que nous avons parcouru, sont toutes parfaitement entretenues. Nouveau bonheur de marcher ici. Et d’évoquer cette citation de Jean-François Deniau «Le bonheur n’a pas la forme de la mer, il a celui d’une île, une île au loin.»
Le lendemain nous remontons au Pico Ruivo, mais par une autre voie et une interminable volée de hautes marches de pierres sèches. Le sous bois est d’une richesse incroyable. Des lauriers, des fougères, des marguerites blanches, des vipérines bleues, des genêts jaunes, des orchis violets et des fleurs éclatantes, enchantent notre parcours. Nous passons le Pico da Encumeada, puis le Pico do Jaorge pour arriver à la Boca do Torrinhas, où la vue sur le cirque de volcans et la mer est exceptionnelle. Un couple d’aigles vole en spirale dans les ascendances.

Bain de rêve dans une piscine de mer
La petite station balnéaire de Porto Moniz est récente et peu animée, elle serait banale, s’il n’y avait pas les Piscinas naturais. Au milieu d’écueils pointus, a été aménagée une superbe piscine d’eau de mer. L’espace est vaste, formant entre les rochers, tout un labyrinthe de bassins. L’eau est renouvelée par les vagues qui passent par dessus les digues à marée haute. On se baigne en toute tranquillité à l’abri du ressac.
Du côté d’Achadas das Cruz, un rustique télécabine privé, descend les paysans jusqu’en bas de la falaise, afin qu’il puissent cultiver des petits carrés de légumes, car il n’ y a aucune route d’accès. Voilà un petit univers inaccessible, né d’un acharnement à vivre séculaire et méritoire. A une dizaine de kilomètres de là, le Farol, phare de Ponta do Pargo est installé au sommet d’une falaise sur des pelouses rases. Première photo du gardien en uniforme de marine blanc, il revient, nous rappelle : il avait oublié sa casquette, re-photo. On ne badine pas avec le règlement.
Après moult virages nous arrivons à Paul do Mar, sur la côte Sud. Le village est installé entre la falaise et la mer. Les modestes maisons des pêcheurs et ouvriers de la conserverie et de la fabrique sucrière sont bâties sur une étroite bande de terrain entre la falaise et la mer. Pas de plage, juste une grève de galets. Dans le petit port, quelques rares barques de pêcheurs. Sur la jetée, des pêcheurs à la ligne.

Dans la « House of Cecilia » à Jardim do Mar
Jardim do Mar, joli nom ! Ce coquet village est construit en surplomb de la grève, sur des éboulis rocheux, en contrebas de la falaise. Les rues, sinueuses et pavées sont si étroites qu’à peine deux personnes peuvent s’y croiser. Tout ici est propre, net et largement fleuri. Les maisons sont ouvertes sur l’océan par de belles terrasses. Certaines de formes contemporaines et cubiques, aux larges baies vitrées, ont été crées par des architectes de talent. Parfois un petit coin de terrasse est consacré au potager. Nous logeons dans la «House of Cecilia», une vaste maison d’hôtes qui domine la mer. Les roses trémières du jardin de Cecilia sont superbes. A la table d’hôte, nous échangeons nos impressions avec d’autres français. Cécilia est chaleureuse et conviviale. Nous resterions bien quelques jours de plus. Des deux bars du village, nous retiendrons surtout «Maktub», une maison aux espaces à ciel ouvert et à la décoration décoration simple et nonchalante. Andreïa Henrique a beaucoup navigué et à su recréer une atmosphère de voyage. Maktub est une référence au célèbre roman de Paulo Coelho. Jardim do Mar sera notre coup de coeur !
Ici, comme partout dans l’île, les vagues et les pluies rongent le socle des falaises, élargissent les failles, détachent des pans entiers de roches. Elles se brisent en tombant et se transforment peu à peu en galets couvrant les étroites grèves. Il n’y a pas de plages naturelles sur l’île. C’est sans doute, ce qui a permis à Madère de conserver son cachet unique en la mettant à l’abri des masses touristiques.

Des petits ports tout autour de l’île
Nous accédons au port de Camara do Lobos par le haut. La ville est pittoresque, coincée entre deux falaises volcaniques à l’embouchure de la Curral das Freiras. Ce sont des petites bananeraies en terrasses. Puis la route descend en lacets entre les maisons blanches aux tuiles rouges. Sur le port des cafés populaires, des barques colorées tirées au sec. Sur l’une d’elles des morues étêtées sèchent au soleil. Accroupi sur la cale, un marin répare l’hélice de sa barque, les six autres, debout, le regardent, sans l’aider. Plus loin, des pécheurs discutent âprement, à grand renforts de bruit et de gestes. Dans les rues piétonnes ont peut acheter des souvenirs ou boire une «poncha», le punch fruité de Madère : jus d’orange, de citron et aguardiente.

 

Sur la « levada » des 25 fontaines
La route monte, abrupte et tout droit, dans la montagne. Nous arrivons sur le plateau pelé de Paul da Serra. Rien, ni habitations, ni arbres, ni sommets. Seuls quelques randonneurs traversent les chemins. La «Reserva Natural de Rabaçal» est inscrite au patrimoine de l’Uneso. Après une heure de marche facile sur la levada 25 Fontes, nous arrivons devant un lieu enchanteur. Vingt cinq sources s’écoulent d’une falaise dans un bassin. Du vert vif au vert tendre en passant par le vert émeraude et au vert sombre de l’eau, tout est vert. L’atmosphère humide se reflète dans la profusion de mousses qui couvrent les roches et les arbres. Au retour nous bifurquons jusqu’à la cascade de Risco, toujours sur la même «levada de Risco». Dans un autre cirque, tout aussi vert, une cascade se jette de très haut sur les rochers. Au delà du charme et du romantisme, l’inaccessibilité des lieux aux engins et aux constructions, permet aux forêts de vieillir et de rester intactes plus longtemps. Mais l’eau provoque aussi des chaos d’éboulements, des ravines facilitent les glissements de terrain et des éboulements de falaises, obstruant parfois des levadas et les routes et nécessitant un entretien coûteux.
Sur la route. L’Engendho, l’ancienne sucrerie mitoyenne de l’église devenu musée est ouverte. Le tour des machineries conduit à la boutique qui propose de l’aguardiente (alcool de canne), du miel et des gâteaux de miel de canne.des  port, les pécheurs discutent âprement
Nous accédons au port de Camara do Lobos par le haut. La ville est pittoresque, coincée entre deux falaises volcaniques à l’embouchure de la Curral das Freiras. Ce sont des petites bananeraies en terrasses. Puis la route descend en lacets entre les maisons blanches aux tuiles rouges. Sur le port des cafés populaires, des barques colorées tirées au sec. Sur l’une d’elles des morues étêtées sèchent au soleil. Accroupi sur la cale, un marin répare l’hélice de sa barque, les six autres, debout, le regardent, sans l’aider. Plus loin, des pécheurs discutent âprement, à grand renforts de bruit et de gestes. Dans les rues piétonnes ont peut acheter des souvenirs ou boire une «poncha», le punch fruité de Madère : jus d’orange, de citron et aguardiente.

Funchal et son patrimoine colonial
Funchal. Dernière étape. La capitale, où se trouve le gouvernement de l’île, est bâtie en amphithéâtre autour du port. Les maisons s’éparpillent sur les collines jusqu’à six cent mètres de haut. De la terrasse supérieure de notre hôtel l’Orquidea, nous avons une vue imprenable à 360°sur la ville. Funchal est une ville coloniale entre tradition et modernité. Des buildings de bureaux récents surplombent des masures en ruine. Les rues de la vieille ville de notre quartier de la Rua das Petras sont pavées à l’ancienne. De belles maisons bourgeoises abritent des antiquaires et magasins de décoration, mais d’autres tout aussi superbes, sont en ruine et inhabitées. Un peu comme si l’économie locale allait mal. On nous confirmera qu’il y a moins de touristes cette année.
La ville a un intéressant patrimoine architectural, témoin de son passé colonial et des industries qui firent sa fortune au XIX° et début du XX° s. La Quinta das Cruzes, ancienne demeure de Zarco, le fondateur de la cité, a conservé son atmosphère de riche maison coloniale. Les cabinets, armoires, coffres en bois rares et travaillés donnent immédiatement envie de partir à l’aventure. Juste à côté, les très riches chapelles du Convento de Santa Clara, l’ancien couvent des clarisses, démontrent, si besoin était, que les ors, les dorures et les azulejos, étaient à l’époque un puissant instrument de pouvoir. Dans le Mercado dos Lavores, l’animation est bon enfant. On trouve tout ce qu’un pays tropical peut donner en légumes, fleurs, et fruits, dont cinq variétés de macarujas ! Au delà du port, l’église Santa Maria Maior, est richement décorée elle aussi. Le Fortaleza de Sao Tiago, fortin aux murailles jaunes bordées de pierre de lave noir, recèle un musée d’Art Contemporain. Les portes des anciennes maisons de pêcheurs sont peintes de motifs récents qui rappellent l’activité de l’occupant. Ici une énorme bouche maquillée de rouge indique un dentiste, un serveur en tenue propose un restaurant, plus loin une jolie fille avec une guitare annonce une discothèque et là un pêcheur tient à bout de bras le fameux «spada», poisson-épée, long noir et laid, mais bon, que nous avons trouvé tous les jours au menu des restaurants. Le soir les gens sortent et descendent sur l’avenue Zarco et vers la cathédrale. Ils s’installent pour déguster une glace ou boire une bière. Puis ils vont dîner dans un des restaurants installés en plein air dans la rue piétonne Carreira. Ambiance de ville et de vacances tout à la fois.
Voilà c’est terminé, en tour et détours, nous avons fait trois cent vingt kilomètres en dix jours et nous sommes loin d’avoir tout vu ! Pas de soleil accablant, mais juste une douce chaleur, parfois perturbée par quelques nuages fugitifs. Pas de difficile trekking, mais plutôt des balades cool. « En quittant son vaisseau, aux voiles fatiguées dans les mers, Ulysse revint riche d’espace et de temps. » Nous sommes partis à la recherche de paysages grandioses, nous revenons avec bien plus que ce que nous avons espéré. © J-P. Doiteau © Lyon-Newsletter.com


 

 

Venise, nuit d’hiver
Le charme envoûtant de la cité hors saison

Venise !… De toutes les villes d’art et d’histoire : Rome, Florence, Prague ou Saint-Petersbourg, Venise est celle qui fait le plus rêver. Mais Venise ne se laisse pas découvrir facilement. Me voici donc reparti pour une courte semaine à Venise (l’hiver). Pour ma part, simple visiteur curieux, j’ai toujours pris soin d’éviter la foule, lorsque je visite une ville ou un pays. Bien que ce soit loin d’être chose facile. Hors saison, Venise ne perd rien de son charme, bien au contraire. Venise, d’autres l’ont décrite infiniment mieux que moi. Je vais quand même tenter de vous faire partager mes impressions.

Une cité à aborder, la nuit par la mer
Décembre. En cette fin d’après-midi, il fait déjà nuit noire. C’est par la lagune qu’il faut aborder Venise. L’Alilaguna, vaporetto-navette de l’aéroport, m’amène directement au coeur de la cité. Très vite la place Saint-Marc et San Zaccaria s’approchent. Voici le Danieli. Mon hôtel, la Casa Verardo, est caché, juste derrière, au coin d’une ruelle et d’un pont.
Venise se visite à pied. Le soir, pour découvrir la ville, je pars, dans Castello ou Dorsoduro, sans but précis, au hasard des ruelles, des placettes, des sottoportegos, des ponts et tolettas (passerelles de bois). Dans ce labyrinthe à l’éclairage succinct, je me perds immédiatement. Les petites boutiques de souvenirs, de masques extraordinaires, de sacs de cuir colorés, de fringues, sont ouvertes tard le soir. Elles forment autant de touches de lumière colorées qui attirent le regard.
Venise la nuit (l’hiver) est une cité envoûtante. Dans les rues, sur les places les gens se saluent s’interpellent dans une langue rude et vive. De riches dames aèrent leurs longs visons, leurs maris ressortent leurs vieux lodens ! Des jeunes filles, il y en a de fort belles à Venise, marchent avec une élégance naturelle.  Photo © J-P. Doiteau © Lyon-Newsletter.com.

Les chiches éclairages, recréent un décor d’époque
Le quartier du Castello, à deux pas de Saint-Marc, foisonne d’osterias, trattorias, wine-bars, charmants et animés. Ils proposent tous les mêmes plats : pâtes à l’encre de seiche, pizzas. Je choisis tour à tour, l’Aciughetta, l’Ai Tre Leoni et l’Ai Specchieri. Les vénitiens dégustent un Apérol ou un verre de Valpolicella parfois debout, dehors, malgré l’humidité permanente qui accroit la sensation de froid. Une amie m’avait fait découvrir l’Osteria do Spade, un authentique et séculaire petit restaurant, caché sous un sottoportego à deux pas du marché aux poissons du Rialto. Ses chicettis aux poissons sont succulents, comme la morue à l’ail, et au persil.
Plus on s’éloigne de San Marco, plus les passants sont rares. Mais je ne me sent jamais en insécurité. L’étroitesse des passages, les reflets des maigres éclairages sur l’eau, le silence étonnant, créent une atmosphère étrange de film en noir et blanc. Décor de complot…
Venise est une ville sur l’eau. J’ai pris le Citypass Vénezia Unica, indispensable pour les longs trajets, il permet d’utiliser, et de façon illimitée, les vaporettos. Une nuit, je décide de faire le tour de la cité. Le vaporetto remonte le grand Canal, passe sous le pont du Rialto, jusqu’à la place Roma, en zigzaguant d’une rive à l’autre. Où que se portent mes regards, ce ne sont que palais et belles demeures. Ils se jouxtent et se soutiennent, comme pour s’empêcher de ne pas s’enfoncer un peu plus dans la lagune. Ce soir, ils sont presque tous déserts. Parfois un hall est éclairé. De superbes lustres de Murano brillent à travers les hautes fenêtres de l’étage « nobile ». A l’étage suivant : rien. Les « mezzanines », tout en haut sont parfois habitées, car il est plus facile de se chauffer dans ces pièces (relativement) basses de plafond. Les chiches éclairages publics rappellent les lanternes de l’époque de la gloire de Venise… On s’y croirait presque.
Retour par le canal de la Giudecca, le vaporetto accélère, le moteur rugit, siffle, ralentit pour croiser un taxi, repart de plus belle, se freine à grand coups de marche arrière, de craquements, de grincements, avant d’accoster. A tout instant, on a l’impression que le moteur va exploser !
De jour, le trafic des bateaux de livraison, barges de travaux, taxis, ambulances, vigile del fuego et gondoles, est incessant. De nuit il se réduit, mais ne cesse pas pour autant. Nous croisons, des Alilaguna, des vaporettos, des taxis et des vedettes de la polizia. Je m’arrête sur l’île de la Giudecca, pour dîner, chez Il Redentor, à côté de l’église éponyme. Excellentes pizza et calzone, à petits prix, dans ce restaurant sans façon. A midi, j’avais pris un apérol, dehors au soleil à La Piscina, juste en face, sur le quai des Zattere, de l’autre côté du canal désert.
Venise était jadis, le plus grand port d’Europe. Ici venaient accoster des navires, venus de très loin, chargés de marchandises rares et précieuses. Le bassin de Saint-Marc était un lieu stratégique. D’un côté, la Dogana da mar, avec sa tour surmontée d’un globe terrestre doré, de l’autre San Giorgio Maggiore et son campanile. Juste en face Saint-Marc, le palais des Doges et son campanile, haut de 95 m. La traversée, de nuit, de ce vaste plan d’eau, avec pour seuls repères, dans la brume d’hiver, ces bâtiments illuminés quel spectacle !

Les trésors des Scuolas, Gallerias et Palazzi
Tout à été dit sur la basilique Saint-Marc, le palais des Doges, le musée Correr, la Fenice, etc… Voici cinq autres lieux qui ont particulièrement retenu mon attention. La Scuola Dalmata dei Santi Giorgio et Trifone, je passe devant sans la voir, coincée entre une ruelle et un canal. La façade est simple, mais élégante. Une salle, un escalier et une autre salle. C’est tout. Mais quels merveilleux murs et plafonds à poutres peints. Avec les cycles de saint Georges, de saint Tryphon et de saint Jérôme, rehaussés des vives couleurs de Vittore Carpaccio.
La Galleria dell’Accademia est un formidable musée des beaux-arts pour ses collections de peintures vénitiennes du XIV°s. au XVIII° s. Les portraits de madones, les scènes de la vie quotidienne se succèdent dans un merveilleux cheminement. Cinq nouvelles salles ont été ouvertes sous l’égide de l’Unesco. Les oeuvres sont présentées dans un décor moderne, dans des formats très variés. Tels ces motifs exceptionnels de plafonds de Tiepolo et Veronese. Avec aussi des peintres plus anciens et méconnus comme Paolo et Lorenzo Veneziano, Jacobello del Fiore et Giambono. Par une fenêtre en demi-lune de la Dogana da mar on aperçoit la brume du soir, descendre sur le canal de la Giudecca, alors que peu à peu s’illuminent l’église Il Redentore et San Giorgio Maggiore.
Le Palazzo Grassi-Pinault Collection, présente des rétrospectives d’artistes contemporains dans un décor de palais ancien, rénové avec goût. Il apporte un regard nouveau sur la collection et les artistes présentés. Cette année c’est Martial Raysse, un peintre sculpteur français actuel et méconnu (du grand public) qui est présenté.
La décoration de la Ca’ Rezzonico, restaurée récemment, a le charme d’une résidence privée. Lustres de Murano, meubles anciens, porcelaines rares, nécessaires de toilette, tapisseries. A l’étage, je découvre des oeuvres remarquables, des Canaletto, Guardi et Tiepolo, avec un rare souci du détail sur la vie vénitienne. En fin d’après midi, quand les visiteurs se font rares et que tombe la nuit, j’ai l’impression d’être l’invité privilégié de cette belle demeure.

Lumières d’hiver sur la lagune
Fin d’après-midi, en bateau, de retour de l’île de Burano. Le soleil couchant illumine le miroir argenté de la lagune déserte. Seuls, se détachent sur l’eau, les « bricolas », gros pieux de bois, qui joints par trois, balisent les canaux navigables. Escale à Murano. Les ultimes rayons du soleil rehaussent les ocres des maisons basses du Grand Canal de Murano. A une ou deux exceptions près, la plupart des échoppes ne propose que des pièces traditionnelles ou très kitch. J’aperçois toutefois de fort belles pièces d’art contemporain chez Venini, Salviati et Moretti. Les maîtres verriers – il en reste environ six cent – continuent de préserver leur savoir-faire en y ajoutant un indéniable souffle artistique actuel. La basilique Santa Maria e Donato date du XII°s est un chef d’oeuvre de l’art vénéto-byzantin qui recèle des éléments décoratifs intéressants. Dans l’osteria « Ai Frati », une immense fresque, reproduit fidèlement les visages d’une cinquantaine d’habitants, y compris celui du garçon de café qui me sert !

L’harmonie présente d’un passé glorieux
Aucun étranger ne peut espérer connaitre vraiment une cité. Et Venise encore moins qu’une autre. Il en a fallu du courage, de la pugnacité, à ces hardis marins, ces courageux marchands et ces habiles princes et doges, pour créer Venise. Les chaleurs extrêmes des caravanes de la Route de la Soie. Les tempêtes sur des galères difficiles à manoeuvrer. Le manque d’eau potable. L’eau fétide des canaux. Les épidémies de peste. Les conjurations. Les ruses. Les intrigues. Etc… Le luxe et l’art étaient des instruments de pouvoir. La vie était courte, la musique, les fêtes, le carnaval et les courtisanes, étaient là ! La page d’un millénaire d’histoire est tournée. Il reste l’harmonie des palais, des églises, des ponts, des canaux, et leurs reflets sur la lagune. C’est ce qui fait le charme unique de Venise l’hiver (la nuit).  Photo © J-P. Doiteau © Lyon-Newsletter.com.


Infos & Liens (non sponsorisés)

Asia. https://www.asia.fr/
Atalante. https://www.atalante.fr/
Chamina Voyages. https://www.chamina-voyages.com/
Enit / Office du Tourisme d’Italie. http://www.italia.it/fr/

* Ministère des Affaires étrangères. Conseils aux voyageurs : https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays-destination/
* Thaïlande. Nouvelles conditions d’entrée à compter du 1er novembre 2021 : https://www.tourismethai.fr/actualites/les-super-nouvelles-conditions-dentree-en-thailande/
* Thaïlande. « Sukhothai, Si Satchanalai et Ayutthaya ». Trois cités anciennes de la plaine centrale. Laissées à l’abandon pendant des siècles, elles revivent. A l’écart des grands courants touristiques, elles méritent plus qu’un détour, mais une halte de deux ou trois nuits. https://www.lyon-newsletter.com/19-09/voyages/
* Thaïlande. « Bangkok Express ». Deux jours, trois temples spectaculaires. Feu d’artifice de couleurs et profusion d’ors. www.lyon-newsletter.com/18-09/voyages/
* Sri-Lanka. https://www.lyon-newsletter.com/15-01/voyages/
* Inde-Rajasthan. « Au pays des Grands Moghols ». Ré-ouvre ses frontières.
https://www.lyon-newsletter.com/20-01/voyages/
* Vietnam « Du Nord au Sud et détour par Angkor » : https://www.lyon-newsletter.com/15-09/voyages/ Vietnam, pas encore ouverts à ce jour.
Photos Sri-Lanka, un bonze aux portes du temple. Inde Le Taj Mahal . Mais à ce jour l’Inde n’est pas encore ouverte © JPD.

 

 

 

* Petra. « Petra l’énigmatique » (voir ci-dessous)
* Oman. « Wadis, déserts, djebels ». L’exotisme authentique d’Oman : https://www.lyon-newsletter.com/17-09/voyages/
* Ouzbékistan. « Kiva, Boukhara, Samarcande, cités mythiques de la Route de la Soie » : https://www.lyon-newsletter.com/voyages/1109/index.html
Photos. Le Reghistan, coeur monumental de Samarcade. En 4×4 dans le désert d’Oman © JPD.

* Madère.  Vient d’être déclarée, à nouveau, meilleure destination insulaire d’Europe aux World Travel Awards 2021.
* Madère. Office de tourisme.  https://www.madeiraallyear.com/fr/
* Madère. « Fleurs, picos et levadas » https://www.lyon-newsletter.com/16-01/voyages/
* Lanzarote. « Lanzarote, la Palma, La Gomera »
https://www.lyon-newsletter.com/15-01/voyages/
Photos Vipérine au sommet du Pico Ruivo de Madère © JPD.
Cactus sur champs de lave à Lanzarote © JPD.

 

 

Italie. https://www.lyon-newsletter.com/16-09/voyages/
« Vallée d’Aoste ski, spa & wellness » . « Venise, la nuit l’hiver » https://www.lyon-newsletter.com/16-09/voyages-2/
* Les Cinque Terre : « Cinq villages classés » https://www.lyon-newsletter.com/15-09/voyages/ Photos Venise, la nuit, l’hiver. Vallée d’Aoste. Courmayeur le fabuleux Skyway Monte Bianco et sa benne panoramique et tournante © JPD.

Mis en ligne le 20/11/2021.