Site web d'informations culturelles & patrimoine - 13ème année

VOYAGES / PATRIMOINE

N° 40 – Été 2021
Informations sous réserve des dispositions gouvernementales présentes ou à venir
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Cinq châteaux du Mâconnais, Bourgogne du Sud
Cormatin, Saint-Point-Lamartine, Berzé-le-Châtel,  Chaumont, Pierreclos.

 

Les fastueux décors du château de Cormatin

Isolé dans les vertes collines du Mâconnais, le château de Cormatin surprend le visiteur par la richesse insoupçonnée de ses appartements, richement peints, sculptés et dorés. Ce sont d’authentiques décors du XVII° sans équivalent en France.

Son architecture, est le reflet d’une réussite militaire
Il a été construit sur la base d’une ancienne forteresse médiévale. Il est tout à la fois le reflet de la réussite militaire de deux générations d’une même famille, Antoine du Blé et son fils Jacques, dans la période 1605 – 1629, et la représentation d’un savoir faire bourguignon. L’allure générale est sobre, mais imposante. Il est construit en fer-à-cheval. Le rempart d’entrée a été abattu. Malheureusement l’aile Sud s’est écroulée, lors de sa transformation en usine en 1815. On entre par l’entrée latérale. Mais la vue la plus grandiose est sur l’aile Nord, depuis le parterre et les jardins. Car autrefois, on arrivait par le côté Nord, il fallait impressionner les visiteurs de marque, venant principalement de Dijon ou de Paris.

En fait c’est un château double. A l’époque, Monsieur et Madame, occupaient chacun une aile et un appartement. Les deux ailes étaient réunies par une galerie centrale, plus étroite, face à l’entrée. Les pierres dorées des façades, côté cour intérieure, sont à nu et seuls se dégagent les parements à bossages. Tandis que les façades extérieures sont valorisées par un beau crépi en fausses pierres. Les tourelles d’angle, sont supportées par des culs de lampe. La porte d’accès à la chapelle à colonnes antiques, est un modèle d’architecture. Le château en forme de quadrilatère était protégé par des douves, à nouveau remplies d’eau, ce qui rajoute au charme incontestable de l’ensemble.

A l’intérieur, boiseries, cheminées et plafonds richement peints
Au XVII°s. les visiteurs étaient accueillis selon des préséances bien dé finies. Il fallait graduer l’accueil. Le visiteur ordinaire, n’accédait qu’à l’antichambre, d’où l’expression « faire antichambre ». L’important était reçu dans la chambre de la marquise du Blé, pièce principale de l’appartement. Le privilégié était conduit, dans le cabinet de Curiosités, puis dans le superbe cabinet d’Harmonie.
Le visiteur actuel, est comme l’invité privilégié de la marquise. Il fait un cheminement passionnant, allant crescendo de découvertes en merveilles, dans un fastueux appartement Louis XIII.

L’escalier monumental L’escalier (1624) à trois volées droites, ornées de solides balustres, autour d’un vide central est haut de 21 mètres. Tout en nuances de pierres blanches et beige, il est parfaitement conservé. Il était destiné à impressionner les visiteurs ! C’est le plus bel exemple actuel de ce type d’escalier. Il fait référence à l’escalier du palais du Luxembourg de la reine Marie de Médicis. Réalisé en 1624.

L’antichambre de la Marquise
Fille et soeur de ministre, la pièce est un hommage à Louis XIII, jeune représenté en cavalier sur le tableau de 1615, accroché dessus de la cheminée L’antichambre est ornée de lambris rouge cramoisi, symbole de l’autorité. Réalisée comme les autres pièces en 1627-1628.

La chambre de la Marquise
A l’époque chacun vivait dans son appartement. La grande chambre était une pièce de vie, avec lit, table pour les repas, et fauteuils pour les visiteurs. C’est là qu’elle recevait. Un grand tableau de Vulcain et Vénus. Magnifique plafond or et bleu, à la française. Décors de corbeilles de fruits et de fleurs peints, symboles de fécondité et d’abondance.

Le cabinet des Curiosités et des miroirs
A l’époque, il fallait montrer qu’on avait du goût, et qu’on avait les moyens. D’où l’entassement d’objets rares, précieux et hétéroclites, venus souvent de très loin. Les miroirs et le plafond « à ciel » renforcent la magnificence de l’endroit.

Le cabinet d’Harmonie
Cette pièce maitresse du château est tout-à-fait remarquable. Par sa somptuosité et la richesse de sa réalisation, elle se présente comme un ensemble à la gloire de son commanditaire. Magnifique plafond et boiseries or et bleu lapis lazuli. Opulente décoration baroque. Nombreux tableaux, comme celui de Sainte Cécile au dessus de la cheminée. Riches dorures, dont l’éclat était magnifié par l’éclairage des bougies à l’époque !

 

La cuisine et le salon-bibliothèque 1900
Années 1900 Raoul Gunzbourg, directeur de l’Opéra de Mont-Carlo, a racheté le château et y reçoit toutes les célébrités artistiques de la grande époque. A voir, des tableaux, des sculptures, de beaux objets variés, des collections de papillons et d’insectes. Depuis la fenêtre, vue intéressante sur les jardins. La cuisine, réaménagée à la Révolution, présente une belle batterie de casseroles en cuivre. Ces pièces, encore habitées aujourd’hui, sont néanmoins ouvertes aux visiteurs.


De parfaits jardins à la française
Le jardin a été recrée par les trois associés, il a retrouvé sa disposition d’origine : un quadrillage dont le carré des douves forme l’élément central. Il présente les caractéristiques du jardin français du début du XVII° s. Horizontalité, importance des pièces d’eau, diversité (chaque carré est individualisé) harmonie et symbolisme (représentation du monde et de la destinée humaine).
Le parterre est carré, c’est une image du Paradis terrestre. En son centre un bassin unit dans sa forme, le carré et le cercle. Au milieu du bassin l’eau jaillit d’un arbre en fer forgé ( l’Arbre de Vie de la Genèse dans la Bible). Au fond du parterre, deux copies de statues antiques, Adam et Eve.
L’allée Nord-Sud représente les saisons et la Vie Collective. L’allée Est-Ouest évoque la journée et la vie individuelle.
Le labyrinthe de buis est un mythe universel, il représente le chemin intérieur, à travers les épreuves vers la connaissance de soi. La volière est l’image du Paradis céleste. La spirale de son escalier représente l’union de l’Ame à Dieu. L’ouverture au sommet de la coupole est la « Porte du Soleil », d’où la Lumière de la Sagesse descend sur les Elus.
Et il faut le souligner, le jardin est bien entretenu, les buis du labyrinthe sont parfaitement taillés, résultats d’un soin attentif et permanent.
En quittant le château, il faut passer par les communs, l’orangerie, devant laquelle poussent de vrais orangers et le jardin potager à l’ancienne.

 

17 siècles d’art et d’histoire
– 5° s. après J.C. : Martin, un guerrier franc, prend possession du site et lui donne son nom, d’où dériva Cormatin.
– 1280. Henri du Blé édifie un château sur l’emplacement actuel.
– 1606. Antoine du Blé reconstruit le château
– 1616. A la mort de son père, Jacques du Blé construit l’aile nord, terminée en 1625.
– 1627-1628. Les appartement de l’aile nord, sont richement décorés par les mêmes artistes qui ont travaillé pour Catherine de Médicis.
– 1629. Jacques du Blé est tué devant Privas(Ardèche).
– 1717-1723. Nicolas du Blé, maréchal de France, gouverneur d’Alsace, est exilé à Cormatin.
– 1789. Son neveu et héritier, Premier Ecuyer de Louis XV au moment de la « Grande Peur », calme les émeutiers, venus brûler le château, en leur ouvrant sa cave à vins ! Il sera ensuite le chef des Chouans de Bretagne.
– 1813. Alphonse de Lamartine, âgé de 20 ans, séduit Nina, fille des propriétaires «  un séjour d’attraits, d’art et de délices »
– 1843. Henri de Lacretelle devient propriétaire.
– 1847. Lamartine réunit au château ses amis politiques pour rédiger son programme « républicain et socialiste ».
– 1888. Naissance au château de Jacques de Lacretelle, grand romancier français.
– 1898. Vente du domaine à Raoul Gunsbourg, directeur de l’Opéra de Monte-Carlo.
– 1925-1980. Un long déclin, le château est au bord de la ruine.
1980. Anne-Marie Joly, Pierre-Albert Almendros et Marc Simonet-Lenglart, deviennent propriétaires. Ils engagent aussitôt la restauration ( re-création et mise en eau des douves (photo), réhabilitation du jardin, des abords et accès, restauration des décors peints, etc ) avec l’aide du Ministère de la Culture, du Conseil Général de Saône-et-Loire pour les travaux de rénovation du bâtiment. Ainsi c’est grâce aux 55000 visiteurs annuels que le budget de fonctionnement peut être assuré. (Salaires, entretien des bâtiments et des jardins, administration, communication, etc…).

De la nécessité d’avoir de nombreux de visiteurs
« En fait, le principal mécène du patrimoine, ce sont les visiteurs. Les aides de l’état et des collectivités, sont indispensables et très appréciées, mais elles ne sont apportées que pour des travaux précis et individualisés : toitures, murs,… Jamais pour les nombreux frais de fonctionnement ». Nous explique Marc Simonet-Lenglart.

Texte et photos © Lyon-Newsletter.com / J-P. & M-C Doiteau

Infos & Liens
Accès facile. Cormatin est à 100 km de Lyon. A6, puis voie rapide direction Cluny. A quelques km au Nord de Cluny.
Château de Cormatin. 71460 Cormatin. Tel 03 85 50 16 55
www.chateaudecormatin.com
Ouverture 7j/7 jusqu’au 12 novembre
Groupes jusqu’au 30 novembre  sur réservation
Hors saison de 10h à 12 h et 14h à 17h30
En saison 10h à 18h30 non stop.

 


 

 

Le riche passé littéraire
du château de Saint-Point-Lamartine

 

« Là, deux ruisseaux cachés sous des ponts de verdure
Tracent en serpentant les contours du vallon ;
Ils mêlent un moment leur onde et leur murmure,
Et non loin de leur source ils se perdent sans nom. »
Lamartine – Le Vallon

La route serpente entre les douces collines du Mâconnais. Ici tout est plus vert, plus net, plus propre. Des haies parfaitement taillées et des rangées d’arbres, délimitent les pâturages, où broutent de belles vaches blanches entourées de charmants petits veaux. Puis voici le vallon, où coule une petite rivière. Au beau milieu, apparait le château installé sur une butte castrale, caché derrière de hauts arbres et masqué par une charmante église romane. A l’entrée, une plaque gravée accueille les visiteurs. « Lamartine a beaucoup vécu et travaillé dans ce château  où il a reçu les plus illustres personnages de son temps,  Hugo, Nodier, Liszt, Sand. etc… ». Photo © JPD.

 

Voilà, le ton est donné, on entre dans un château au riche passé littéraire. Le château est classé Monument Historique. Au départ c’était une maison forte, ruinée à la révolution par la Bande Noire. En 1801, le père de Lamartine, rachète aux enchères les terres agricoles. Puis l’auteur le reçoit en héritage. Il vient de publier « Les Méditations », c’est le succès. Il entreprend des travaux de rénovation. Sous l’influence de son épouse anglaise, il lui donne une entrée de style Tudor. Puis une annexe, puis une grande terrasse néogothique (1820-1830). Enfin un pavillon, une tour dite « sarrazine ». Lamartine était très fortement intéressé par l’Orient. Il y vécut jusqu’en 1869. Photo le château de saint-Point-Lamartine © Château de Lamartine.

Les pièces ont gardé leur authentique décor d’époque
Les visiteurs auront le rare privilège de visites guidées par les tout nouveaux propriétaires du château, un jeune couple passionné et enthousiaste. Le cheminement passe devant une remarquable escalier à vis, puis par une succession de pièces classés. Au rez-de-chaussée
* La salle à manger, est entièrement habillée de boiseries du XVIII° s.

* Dans la grande salle des vitrines, sont exposées les objets symboliques de Lamartine. Le visiteur pourra y admirer les tableaux peints par sa femme, les meubles, les bustes, les nombreux cadeaux qu’il a reçu, le drapeau bleu, blanc, rouge. Etc…
* Le bureau de son secrétaire est rempli de ses livres et de ses amis. Plus une vingtaine de biographies de Lamartine ! L’intérêt pour l’auteur ne cesse pas, puisqu’une nouvelle biographie vient de paraître.
* Dans sa chambre tapissée de cuir de Cordoue, un lit, à baldaquin, mais aussi un grand bureau avec dessus, un écritoire portable en belle ébénisterie. Il l’emportait dans le parc et s’installait sur un banc avec pour écrire. Son buste en marbre blanc, est surmonté d’une peinture de son lévrier favori. Photo, Lamartine avec son lévrier Fido © Château Lamartine, tous droits réservés.

* Son cabinet de travail, petite pièce voutée, tendue de tissu vert et blanc. Une petite fenêtre laissait découvrir le parc. Des tableaux peints par sa femme Marianne. Il se dégage de l’endroit l’atmosphère de concentration nécessaire à l’écriture.
En un mot, on découvre ici, tout l’environnement parfaitement préservé, où l’auteur et sa femme vivaient quotidiennement. Lamartine était extrêmement célèbre de son temps. L’ année 1848, fut l’ année de sa gloire, partout où il passait, il était accueilli comme une star. Mais il était resté très simple.
Au delà du parc verdoyant, une petite porte, accède à l’église romane du village et son charmant petit cimetière, d’où surgissent de l’herbe, quelques stèles fort anciennes. Juste à côté se trouve le tombeau de Lamartine, dans un grand mausolée surplombant la vallée. Photos le cabinet de travail© Château Lamartine, tous droits réservés. Le tombeau, à côté de l’église © JPD.

La vie intense du poète, voyageur, homme politique
Alphonse, Marie-Louis Pratz de Lamartine est né en 1790 à Mâcon et mort à Paris en 1869. Son père était capitaine de cavalerie et sa mère très pieuse. Ils s’installèrent à Milly. Lamartine fit ses études à Lyon et Belley. Et voyagea très jeune en Italie. En 1816 à Aix-les-Bains, il écrit Le Lac, après la mort d’une tendre amie. Puis il se marie la même année, avec une anglaise Marianne-Elisa Birch. Et fait aménager le château de Saint-Point, à quelques kilomètres de Milly. Photo Julia de Lamartine peinte par Marianne-Elisa Birch © Château Lamartine, tous droits réservés.
En 1820, fréquentant les salons parisiens, il publie les Méditations Poétiques, suivi des Nouvelles Méditations. Considérés, à l’époque, comme les premiers livres de poésie romantique français. Vers 1830, il est diplomate à Florence et Naples et écrit de longs poèmes, Milly ou la Terre natale, et les Harmonies Poétiques.

Il est ensuite élu à l’Académie française, et en 1833 est élu député de Bergues dans le Nord. Il fait un fastueux voyage en Orient. Son livre : Voyage en Orient (Souvenirs, impressions, pensées et paysages pendant un voyage en Orient : 1832-1833), est publié en 1835. Devenu homme politique, très bon orateur, opposé à Louis-Philippe, il écrit en 1847 l’Histoire des Girondins. De royaliste, il devient républicain. Avec la Révolution de 1848, il devient, même Ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire. Il fut l’un des fondateurs de la 2° République. Brillant orateur il milite activement pour l’abolition de l’esclavage, la suppression de la peine de mort et le vote au suffrage universel. Ses idées seront reprises plus tard. Il est célèbre ! Photo Lamartine et la politique © Château Lamartine, tous droits réservés.

Emporté par son élan, il se présente à la présidence de la République, mais n’obtient malheureusement que 20000 voix. Son astre avait pâli. Déçu, il retourne à la terre en son château de Saint-Point. Les récoltes sont difficiles, des dettes. Il n’a d’autres ressources, pour vivre, que d’écrire à nouveau, des ouvrages de vulgarisation, avec facilité et sentimentalisme. Confidences, Toussaint Louverture, Tailleur de Pierre de Saint-Point, Histoire de la Turquie,  Histoire de la Russie, etc… Un de ses derniers et beau poème est La Vigne et la Maison, extrait de son Cours familier de littérature. Lamartine a aussi créé à Mâcon, l’hebdomadaire Le Bien Public paru de 1843 à 1848. Lamartine, mort à 79 ans, était un homme déterminé et opiniâtre. Par son combat politique, il eut une vie intense. Il nous a laissé des vers inoubliables, qui font de lui l’un des plus grands poètes français, sinon le plus grand ! Quittons ces lieux pleins de charme avec ces vers sublimes :

« Ô temps, suspend ton vol ! et vous, heures propices,
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! »

© Copyright Lyon-Newsletter.com et J-P. Doiteau

Infos & Liens

Le château. Ouverture au public le 12 juin 2021
Du 1er mai au 10 juillet le samedi après-midi.
Du 11 juillet au 29 août. Du mardi au dimanche après-midi
Visites guidées à 14h – 15 h- 16h et 17 h.
Rendez-vous à la grille du château au début de chaque visite, à heure fixe 14h – 15 h- 16h et 17 h.
Réservation recommandée au 06 73 01 94 59 ou contact@chateaulamartine.fr – www.chateaulamartine.fr
Accès. à 90 km de Lyon. Pour se rendre au Château, autoroute A6, sortie 29 Mâcon sud, puis voie rapide direction Moulins. Retour touristique par le Sud. On passe devant le charmant lac de Saint-Point-Lamartine. Sentier et aires de pique-nique autour du lac. Ensuite par le Haut-Beaujolais vers Ouroux, le Fût d’Avenas et l’autoroute à Belleville.
Note. Pour information, le quotidien le Bien Public actuel de Dijon est la propriété du Groupe Est Bourgogne Rhône-Alpes (EBRA), qui possède huit quotidiens régionaux dans l’Est de la France, dont Le Progrès de Lyon, le Dauphiné Libéré, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, etc. Photos. Le château. Le tombeau de Lamartine. Le charmant lac de Saint-Point © JPD.


 

 

Berzé-le-Châtel
Authentique forteresse médiévale

 

Le château de Berzé-le-Châtel était un rempart, réputé imprenable, il défendait le passage vers l’Abbaye de Cluny, quelques kilomètres plus au Nord. Le roi Louis XI n’a même pas réussi à le prendre, lors de sa reconquête de la Bourgogne en 1471 ! Bâti sur un éperon rocheux, dominant la vallée, avec ses quatorze tours et deux donjons, fortifications, remparts, il formait en puissant système défensif. Et reste l’un des rares en France, encore debout actuellement.


Il a tous les attributs d’un château médiéval, comme on en voit au cinéma ! Le metteur en scène américain Ridley Scott, y a tourné jusqu’en mars 2020, quelques scènes de son film, « Le dernier duel » « The Last Duel », qui devrait sortir en salles à l’automne 2021. Matt Damon, Ben Affleck, et Nicole Holofcener, en sont les acteurs principaux. Dans le  film, le château est la demeure du héros, Matt Damon, il devrait donc être ainsi bien mis en valeur !

 

On imagine la vie d’autrefois…
On imagine des chevaliers en armures, heaumes, hauberts, et longues épées, accompagnés d’hommes d’armes, équipés de piques, lances, fléaux d’armes, pertuisanes, etc. Quelques armes sont à voir dans l’une des salles.
On imagine les rondes des soldats sur les remparts, sur les terrasses, où la vue porte jusqu’à Solutré, sur une vallée verdoyante, bordée de douces collines se partageant entre pâturages et vignobles.
On imagine aussi les hommes d’armes, installés dans la tour de l’imposant châtelet de l’entrée (ci-dessus à gauche), guettant l’arrivée surprise d’éventuels attaquants, ou relevant le pont-levis.
On imagine, hélas, un prisonnier, croupissant au fond du cachot.
On imagine quelques siècles plus tard, une belle comtesse, flânant dans les jardins étagés, cueillant une fleur pour sa petite fille, en lui expliquant l’art des jardins à la française et de la taille des topiaires, en forme de pions d’échecs, toujours visibles actuellement.
Allant ensuite aux écuries, montrer à son jeune fils, l’étalon qu’il pourra monter plus tard. Avec en face et à côté, le jardin à l’anglaise et le jardin potager.
On l’imagine rentrant dans sa chambre à l’ameublement spartiate : un lit à colonnes, un grand coffre à vêtements, un prie-dieu et un bilboquet. Se changeant pour le dîner. Une chambre reconstituée est visible dans le châtelet.

On imagine surtout la vie du château. Le va et vient permanent des paysans apportant des légumes, des fruits, des quartiers de sanglier ou de cochon. D’autres venant chercher du pain à la boulangerie. La ruche bourdonnante de la cuisine. Le marèchal-ferrant, se dirigeant vers l’écurie. Un cuisinier descendant par l’escalier chercher des herbes aromatiques au jardin. Des pèlerins de Compostelle à héberger. Des visiteurs, venus souvent de loin, apporter des épices, des livres et des bibelots…. L’abbé venant dîner, après sa messe à la chapelle voisine. Une vie intense, qui dura des siècles. Ce qui a permis au château de rester si authentique et si évocateur aujourd’hui.                                                                                        Texte et photos © JP Doiteau

 

Infos & Liens
Accès. A 15 km à l’ouest de Mâcon et à moins de 100 km de Lyon.  En contrebas, de la terrasse, un TGV, passe furtivement, des voitures et des camions roulent sur la voie rapide et la nationale Mâcon-Cluny. Et les cyclistes traversent les ombrages de la voie verte. Une charmante petite route en lacets monte jusqu’à la butte du château
Juin. Visites libres tous les jours de 10h à 19 h. Visites guidées. Juillet-Août 10h à 19 h. Septembre-octobre 14 h à 17h. Visites guidés, groupes, scolaires : consulter le site. Web : https://forteresse-de-berze.com – Mail : berze@free.fr – 71960 Berzé-le-châtel – 03 85 36 60 83

 

 


 

 

Les incroyables écuries du château de Chaumont en Charolais

 

Quel est ce château aux magnifiques escaliers ? Erreur, en fait il s’agit des plus grandes écuries privées de France de l’Ancien Régime. Elle furent bâties pour le petit-fils du roi Charles IX. Et représentent l’un des plus beaux modèles d’architecture équestre du XVII° s. Leur beauté les rendent uniques dans le siècle de leur création, entre 1648 et 1652. Les rampes à balustres de pierre sont rythmées de dés coiffés de globes, symboles du pouvoir.

En cette période de pandémie, ou les voyages à l’étranger sont compromis, les français découvrent leur riche patrimoine. La France avait, à la veille de la Révolution, des familles nobles ayant construit quantité de forteresses, châteaux, manoirs, maisons fortes, fermes fortifiées, etc.
Après avoir publié une série sur les châteaux de Savoie, nous voulons mettre l’accent sur quelques châteaux de Bourgogne du sud, proches de Lyon. Une région située dans une zone à l’Ouest de Beaune et Mâcon et riche d’une quinzaine de demeures.
La Bourgogne a, de tous temps, été un lieu d’échanges et de passages entre le Nord et le Sud. La région parisienne et les villes de la vallée de la Saône, et la Provence. Le duché de Bourgogne, fût l’un des plus riches de France. De très nombreux châteaux en sont encore le témoignage aujourd’hui. Les familles nobles, avaient hâte de renforcer le contrôle de leurs possessions par des forteresses, puis ensuite par des châteaux. On trouve ici à peu près tous les styles Moyen-Âge, Renaissance, Classique et 19° siècle.
Certains sont célèbres, d’autre méconnus. Comme par exemple le château de Chaumont-Laguiche. Quelle incroyable surprise de découvrir ici l’une des plus grandes écuries privées de France. Ce chef d’oeuvre de l’architecture équestre du XVII° s. est d’inspiration italienne, fort à la mode à l’époque. Les propriétaires du château jouxtant, n’étaient pas des inconnus. Ces écuries furent bâties pour le petit-fils du roi Charles IX, par son épouse Henriette de Laguiche, duchesse d’Angoulême. A première vue, entrant dans la cour, on pense que c’est là le château, on n’imagine pas un seul instant que ces quatre escaliers majestueux ornent des écuries ! L’intérieur, même pour un néophyte, est tout à fait remarquable. Trois vaisseaux voûtés d’arêtes (rares) accueillent deux rangées de boxes de part et d’autre d’une allée centrale. Ici étaient parqués une petite centaine de chevaux. Le propriétaire devait par les fonctions de sa charge, voyager beaucoup… Il devait se déplacer, pendant ces périodes troublées, (trafiquants, brigands, égorgeurs) avec une bonne escorte d’hommes d’armes et il fallait pourvoir loger les chevaux. Le château, habité par la marquise de Laguiche, se trouve de l’autre côté du parc romantique mais il ne se visite pas. Par contre on le voit très bien depuis la superbe terrasse du parc à l’anglaise, d’où la vue s’étend, très au loin sur les riants vallonnements du Clunysois, au delà d’un discret saut de loup.

Ces écuries quasi princières ont été édifiées par Henriette de Laguiche pour son mari Louis-Emmanuel de Valois, Duc d’Angoulême. On peut voir, à gauche, l’ouverture des gaines, placées dans l’épaisseur du mur, qui permettaient d’alimenter les chevaux en fourrage. Les chevaux étaient nourris en un temps record.
Avec ces trois nefs voutées d’arêtes, d’après des dessins de Leonard de Vinci, et ses colonnes superbes, les écuries de Chaumont sont sans doute les plus italiennes de la Renaissance. Ce sont unes des rares de France, à loger des chevaux de chaque côté de l’allée centrale.
Tout est propre clair et lumineux. Les écuries de Chaumont reçoivent des repas de fêtes, et de mariages, à l’intérieur, des shows médiévaux, des concerts de jazz et des pic-nics sur le parvis, etc

Une porte centrale donne accès aux écuries, deux portes latérales s’inscrivent dans le massif de chacun des escaliers, deux cheminées monumentales, coiffées d’un fronton cintré encadrent la composition. Le parc donne de l’ampleur au bâtiment. Tout ici est monumental !

 

Cheminée à fronton ornée d’un blason. Ces écuries ne peuvent être réduites à leur seule fonction équestre. Elles manifestent aussi d’une façon théâtrale et spectaculaire la grandeur de la famille. Philibert de Laguiche, grand maître de l’artillerie sous le règne d’Henri IV, est représenté à cheval, entouré de canons, boulets, écouvillon sculptés, rappelant sa charge. Elles sont accolées aux armes de Charles de Valois.

Texte et photos © J-P Doiteau

Infos & Liens

Ecuries du château de Chaumont en Charolais. Visites guidées du 24 juillet au 20 septembre, tous les jours sauf lundi. Dates à confirmer. Accès 71220 St Bonnet de Joux. A6, sortie Macon, ensuite direction Charolles et D 993. www.chaumont-laguiche.fr – Mail : chaumont-laguiche@gmail.com

L’association des Amis des Ecuries de Chaumont en Charolais, organise cet été des spectacles médiévaux et un concert de jazz. Contact:  mfpesenti@orange.fr

Les Trois Mousquetaires / Les Lames sur Seine / 17 juillet
Après le Temple du Ciel à Pékin, le château de Versailles, Vaux le Vicomte, le Carnaval de Venise et bien d’autres hauts lieux prestigieux, « Les Lames sur Seine » se produisent à Chaumont en Charolais dans « Les Trois Mousquetaires ». Athos, Portos, Aramis et d’Artagnan affrontent la perfide Milady et le redoutable Rochefort. Les aventures époustouflantes du huit comédiens escrimeurs, héros d’Alexandre Dumas vont, pendant 1h30, croiser le fer dans des duels intenses ! Photo Les Trois Mousquetaires. © Les Lames sur scène © DR.

Tournoi Médiéval les 26 et 27 juin. Reporté à 2022.
L’association Le « Griffon Rouge », animera un tournoi médiéval, suivi d’un dîner médiéval accompagné de reconstitutions d’époque de combats à pied, joutes équestres, jeux, campement médiéval, etc.Les 26 et 27 juillet d 10 h à 19 h. Photo Tournoi Médiéval © Le Griffon Rouge © DR.

Jazz des années 50 / Les Primatics  le  7 août 
Devant les écuries. Hommage à Louis Prima, star mondial du swing, trompettiste de jazz, né à la Nouvelle Orléans, auteur du célèbre « just a gigolo ». Les Primatics font revivre le jazz tonique des années 50. Swing éclatant, et énergie du rock’n’roll dans le répertoire de ce pilier de la musique américaine. Interprété par les spécialistes du genre, l’orchestre est dans sa formation originale et le chanteur Marc Delhay est la voix de Louis, fermez les yeux vous y êtes ! Photo ©  Primatics © DR.

 

 

 


 

 

Dominant vignes et village,
se dresse le château de Pierreclos

 

« …au midi, le village de Pierreclos
et son vieux château de grandiose tournure… »
A. de Lamartine


Sur sa butte, au coeur du vignoble, ce vieux château du XVII° s. a de l’allure et il produit toujours du vin ! Autrefois, quelques maisons du village étaient installées à l’intérieur de l’enceinte de pierres closes du château d’où nom de Pierreclos.
Passé le superbe portail aux deux petits bâtiments accolés, couverts de tuiles vernissées, voici le corps du château, massif. Cette place forte a traversé les grandes périodes de l’histoire de France, guerres de cent ans, de religion, révolution. Il évolue depuis le XVIII° s. en château et jardins d’agréments. Dans la vaste cour intérieure subsistent le coeur et le clocher de la très ancienne église du XI° s.. Le bâtiment des communs a été transformé en agréables chambres d’hôtes.

 


Au delà de la terrasse, la vue s’étend au loin sur les monts du Beaujolais et la plaine de la Saône et les vignes du château en contrebas. Le clocher roman barlong, est à plan rectangulaire surmonté d’un toit pyramidal qui repose sur des modillons. Le portail d’entrée est surmonté d’un fronton reposant sur des pilastres cannelés du XIX° s. La salle d’armes contient une armure, de beaux heaumes et quelques armes anciennes, dont un étonnant « attrape-coquin ».

La grande cuisine est la pièce la plus intéressante de la visite, elle est vaste et ornée de panneaux didactiques expliquant la cuisine médiévale. Dont il faut surtout retenir que les 3/4 des plats de l’époque étaient épicés. Sans doute pour masquer le goût des plats, sans réfrigérateur ! A voir, les niches en hauteur, où l’on mettait les aliments, pour les protéger des animaux. La boulangerie est attenante, où se cuisait le pain pour tout le village. La salle des épices, ou chacun peut humer des échantillons de cardamome, de cannelle, de noix de muscade, de cardamome, de clou de girofle, d’anis étoilé. L’escalier Renaissance à vis incurvée est original et rare. Sur les bancs de la vaste terrasse on jouit d’une vue superbe. Le clocher roman barlong, est à plan rectangulaire surmonté d’un toit pyramidal qui repose sur des modillons. Le portail d’entrée est surmonté d’un fronton reposant sur des pilastres cannelés du XIX° s.

La salle d’armes contient une armure, de beaux heaumes et quelques armes anciennes, dont un étonnant « attrape-coquin ».La grande cuisine est la pièce la plus intéressante de la visite, elle est vaste et ornée de panneaux didactiques expliquant la cuisine médiévale. Dont il faut surtout retenir que les 3/4 des plats de l’époque étaient épicés. Sans doute pour masquer le goût des plats, sans réfrigérateur !  La boulangerie est attenante, où se cuisait le pain pour tout le village.La salle des épices, ou chacun peut humer des échantillons de cardamome, de cannelle, de noix de muscade, de cardamome, de clou de girofle, d’anis étoilé. L’escalier Renaissance à vis incurvée est original et rare. Dans les caves voutées, du XV° s. on peut voir tous les appareils, ustensiles, paniers, nécessaires au vigneron d’autrefois. Et un étroit cachot sans fenêtre. Dans l’enceinte, une dépendance est aménagée en chambre d’hôtes. A l’entrée, la boutique-caveau de dégustation propose à l’intérieur ou sur sa terrasse, des dégustations commentées de Mâcon-Villages, Saint-Véran, Pouilly-Fuissé et Bourgogne Pinot noir.

Texte et photos © JP Doiteau

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