Site web d'informations culturelles & patrimoine  - 12ème année


VOYAGES / ÉVASIONS

N° 37 – Automne-Hiver 20-21. 

Autour d’Annecy. Quatre châteaux remarquables et un jardin extraordinaire
A Thonon et Yvoire. Un château et un autre jardin extraordinaire.
Voir directement sur leurs sites web les périodes, jours et horaires d’ouverture

I – A Lovagny, à 20 minutes d’Annecy,
à 5 minutes des Jardins Secrets
et dominant les Gorges du Fier

 

MONTROTTIER, LA FORTERESSE
AUX INSOLITES COLLECTIONS

Souvent les forteresses médiévales, ne recèlent en guise de décoration, que quelques rares meubles, armures et armes. Ici, c’est tout le contraire. Ce château médiéval possède tant de pièces de collections, qu’on pourrait aménager tout un musée !

Une architecture médiévale type
Le château est installé sur une butte isolée, surplombant le profond défilé des Gorges du Fier et dominant toute la campagne alentour. Autrefois il contrôlait une route entre Genève et Chambéry. Les divers bâtiments ont été édifiés entre le XIII° et le XV° s. Ils se composent d’un haut donjon cylindrique du XV° s., symbole de puissance et de pouvoir (dont on refaisait le toit lors de notre passage). De la Tour des Religieuses du XIII° s., partie la plus ancienne du château ornée d’un bel escalier à vis à noyau évidé tout en pierre. Les Logis des Chevaliers et des Comtes, furent construits au XIV° s. L’ensemble compose une architecture militaire médiévale type avec donjon, tour, mâchicoulis et créneaux. Des galeries Néo-Renaissance ont été crées par Madame de Rochette au XIX° s. elles évoquent certaines demeures Renaissance du Vieux-Lyon. Et surtout le château renferme de rares et précieuses collections. Photo © JM Kuntz.

La demeure d’un riche collectionneur
Toutes les pièces du château sont meublées. Avec sur les murs, les étagères, dans les vitrines, les bibliothèques, d’innombrables objets de collection de styles et d’origines très différents, souvent de grande qualité, parfois hétéroclites, mais sans esprit de classification, comme le ferait un musée. A chaque nouvelle pièce, c’est une découverte, une surprise et c’est ce qui fait son charme ! Une immense salle des faïences surprend par le nombre de pièces exposées. Le salon privé, le salon Frèrejean et le bureau de Léon Marès, sont comme une photo d’époque. La salle des armes est passionnante à se faire expliquer. Les tapisseries des Flandres du XVIII°s. aux couleurs vives sont parfaitement conservées. Les collections orientales sont rares. D’autant plus que Léon Marès, le collectionneur, n’a pas voyagé mais il avait le goût sûr.
Fabien le guide commente avec humour les détails des collections. « Napoléon, avait réservé à ses vieux grognards, le privilège de tenir un bureau de tabac et l’enseigne au lieu de la carotte actuelle était ce vieux grognard fumant une pipe accroché au dessus de la porte ». Dans une salle à part, on peut voir des bas-reliefs en bronze de la Renaissance allemande, chefs d’oeuvre de Hans et Peter Vischer. Montrottier est une de ces dernières demeures de collectionneur, comme on en trouvait à la fin du XIX°s. et au début du XX°s. Photo. Salle des chevaliers © JM Kuntz. Vieux grognard © JP Doiteau.

Une suite d’acquéreurs successifs
Au début, il est la propriété des seigneurs de Montrottier. La famille de Grésy le donne au duc de Savoie Amédée VIII en 1425. Qui le revend aux comtes de Menthon-Montrottier, qui gardent le château jusqu’à la Révolution Française. Il est confisqué et vendu au suisse, le Général Dufour. Le baron de Rochette l’achète en 1839. Ensuite le maître de forges Victor Frèrejean, ancien président de la CCI de Lyon, l’achète et l’achève complètement. En 1906 il passe à Léon Marès, riche viticulteur de Montpellier qui y réunit d’inestimables collections. Sans héritier, il lègue en 1916, le château et ses collections à l’Académie Florimontane, société savante fondée en 1606 par François de Sales et Antoine Favre et qui préfigure l’Académie Française ! Le château a obtenu le label « Musée de France ». Photo bas relief © JM Kuntz.

Infos & Liens
Château de Montrottier
60, Allée du Château 74330 Lovagny – T. O4 50 46 23 02 – info@chateaudemontrottier.com – www.chateaudemontrottier.com – Activités. Dans les jardins un parcours scénographie ludique et interactif. Visites pour des groupes constitués. Espaces intemporels pour réceptions et événements : entreprises, fêtes de famille, mariages, etc. Accueil des scolaires. Et une équipe de médiateurs professionnels. Montrottier : 35000 visiteurs par an. Les Jardins Secrets 37000 visiteurs/an. Les Gorges du Fier 130000 visiteurs/an.
A noter un partenariat entre les trois châteaux de Menthon, Montrottier et Ripaille qui offre des réductions sur les tickets d’entrées valables toute la saison. Photo. L’étroite et austère cour intérieure, typiquement médiévale © JP Doieau.

Les Gorges du Fier
Le Fier passe dans un étroit canyon aux à pics vertigineux. Des galeries sont accrochées aux parois surplombées par les frondaisons. Tout un décor très vert. On a un premier aperçu, en descendant la route en contrebas du château, au niveau d’un passage niveau.T. 04 5046 23 07 – www.gorgesdufier.com.

Les Jardins Secrets. Voir ci-dessous.

Un jour, trois visites. La visite du château peut se combiner dans la journée, avec les Jardins Secrets à 5 km de là, à côté de Lovagny et les Gorges du Fier à 2 km en contrebas.
Photo en bas du château, au niveau du passage à niveau, le pont sur les Gorges du Fier où se trouve l’entrée des visites.

 


 

I.I – A Lovagny, à 5 minutes de Montrottier,
et isolés en pleine nature

 

LES JARDINS SECRETS…
COMME DANS UN CONTE ORIENTAL

 

Passé Lovagny, la route zigzague en pleine campagne. Au détour d’un virage voici Les Jardins Secrets… Des jardins extraordinaires, issus d’une incroyable aventure humaine et familiale. Photo © JP Doiteau.

Une saga familiale où chacun s’exprime avec originalité et talent
Myriam, la directrice nous raconte avec passion la saga familiale. En 1980, ses parents, un couple d’artisans du bois, Nicole et Alain Moumen, achètent un grande ferme inhabitée, en vue d’en faire leur atelier. Ils créent des meubles peints. Tout en pratiquant leur activité professionnelle, il commencent par aménager les abords d’un grand marronnier, puis peu à peu le terrain vague alentour. Ils remblaient, plantent, installent, rajoutent, organisent des massifs floraux, des fontaines, des jardins. Leurs amis leurs disent « il faut montrer ce que vous avez fait ». En 1994, ils ouvrent au public et c’est le succès immédiat. Ils ont maintenant 37000 visiteurs par an, soit bien plus que la plupart des jardins privés qui se visitent. Ils obtiennent le label « Jardin remarquable » du Ministère de la Culture. Photos © JP Doiteau et © Jardins Secrets.

Des jardins qui évoquent l’Andalousie, la Tunisie, et l’Extrême-Orient
Dès la porte franchie, nous entrons dans un décor de conte oriental. Chacun des 25 jardins et espaces évoque un patio d’Andalousie, de Tunisie, d’Orient et d’Extrême-Orient avec des ambiances indiennes. Les fontaines, les sculptures, les arcades, les murets, le foisonnement des végétaux, et l’exubérance des fleurs, renforcent cette impression initiale. Les sculptures, les ferronneries, les motifs sur bois, les vitraux, les accessoires, complètent les mises en scène de ces jardins évolutifs. Chacune des quatre pièces de la vieille ferme rénovée évoque un thème différent : apothicairerie, Savoie, Provence et Autriche. La grande réussite et la particularité de ces Jardins Secrets : tout est fait maison par chacun des membres de la famille. Boiseries, sculptures, meubles peints, ferronneries, vitraux, bassins et fontaines, il y en a 38 ! Et ils ont un talent fou ! Chacun est libre de visiter à sa guise, de flâner, de s’asseoir, de boire un verre, de grignoter, dans l’un ou l’autre des salons en plein air ou d’intérieur. On passe ici, deux belles heures de rêve et d’évasion. Un beau voyage immobile !
Photos. Le jardin andalou © Jardins Secrets. On devine les fontaines et sur le faîte du toit d’originales ferroneries faites maison. © JP Doiteau.

 

Infos & Liens
Les Jardins Secrets
1561 route de Lagnat 74150 Vaulx – T. 04 50 60 53 18
contact@jardins-secrets.com – www.jardins-secrets.com Activités. Visites individuelles, groupes. Enfants.Restauration à midi, produits locaux dans les salons ou sous les tonnelles. Evénements : brunch au jardin. Balades gourmandes et contées. Soirées exceptionnelles.
Coronavirus : il est prudent de s’informer au préalable des conditions d’accès qui peuvent évoluer au cours de la saison d’été. Dès l’entrée un jaillissement de fleurs. C’est maintenant qu’il faut y aller ! Photo. Ce salon évoque l’Orient lointain, où on peu faire la pause © JP Doiteau.


 

II – A 20 minutes d’Annecy et du plateau des Glières

 

LE CHÂTEAU DE CHARME DE THORENS

 

Dans un écrin de verdure
Passé le pont levis, on s’attend à trouver une austère forteresse aux murs rugueux. La terrasse est gazonnée, les murs sont couverts de vigne vierge, à travers des arcades de charmilles, s’offre une vue bucolique sur un vert vallon. Au loin on devine le rebord du plateau des Glières. On tombe immédiatement sous le charme de ce trop discret château, entretenu avec soin par ses propriétaires.

Une forteresse aux allures
de castel romantique

La poterne fortifiée du XV°s. donne l’accès, à une superbe terrasse ouverte au XIX°s. La façade du château est ornée en son centre, de deux tours rondes d’escaliers, aux curieux toits pointus. A sa droite un gros donjon cylindrique de défense du XIII° s. A sa gauche une grosse tour carrée du XV° s., au plafond vouté, où les gardes logeaient avec leurs chevaux. Par une grille du sol, on peut voir l’oubliette-prison, où pendant les guerres et les sièges, on mettait les provisions à l’abri. Il y avait aussi un passage souterrain. Son accès est marqué par une archivolte de pierres de taille en plein cintre, du XVII°s. Photos © JP Doiteau.
Dans l’entrée de la demeure, une grande fresque d’armoiries présente l’arbre généalogique. Une salle est dédiée à Saint-François de Sales avec son portrait et son orfèvrerie liturgique. Puis ensuite on découvre des oeuvres d’art insoupçonnées, de la Renaissance au Second Empire. Tapisseries des Flandres du XVI°s. de Van Orley. Des tableaux de maîtres. Au fond d’une niche un Saint-Etienne de Marco d’Oggiono, le portrait de l’Infante Isabelle d’Espagne par Van Dyck, etc.
Le bureau de Cavour est orné de son portrait, de deux buffets dits « à hauteur d’appui » de style Boule-Napoléon III, et de deux imposantes armoires de palais du XVI°s et du XIX°s. provenant de Toscane (3m50 de haut). « C’est sur ce bureau que nous sommes devenus français et que l’Italie est née », aimait à répéter le comte Jean-François de Roussy de Sales, arrière petit-neveu de Camille de Cavour. La cuisine aux deux imposantes cheminées (1632) évoque les festins d’un temps passé. Elle est restée en usage jusqu’à la fin du XIX° s. Photos Saint-Etienne et bureau de Cavour © JP Doiteau.

Un passé riche en péripéties et rebondissements
L’histoire de ce château construit, à différentes époques du XI° au XIX° s.  est compliquée. Son histoire riche en péripéties et rebondissements, serait trop longue à raconter ici. Mais deux personnages incontournables ont marqué son histoire. Saint François de Sales, nait en 1567, au château voisin de Sales, qui a disparu. Il est ordonné prêtre, puis rapidement nommé prévôt du diocèse d’Annecy avant d’être évêque de Genève. Il part en Chablais protestant occupé par les Bernois, prêcher avec succès la contre-réforme. Enfin  après sa canonisation , il a été désigné et reste un docteur de l’église . Il fonde avec Antoine Favre, l’Académie florimontane en 1606, et l’Ordre de la Visitation avec Sainte Jeanne de Chantal en 1610. Prédicateur, théologien, écrivain il est devenu depuis le saint patron des journalistes. François de Sales écrivait beaucoup. Le Traité de l’Amour de Dieu. La Défense de l’étendard de la Saint-Croix et la fameuse Introduction à la vie dévote, publiée en 1608.


Philippine de Sales épouse en 1781, le marquis Giuseppe Benso di Cavour. Elle sera la grand-mère du célèbre ministre italien Camille de Cavour, artisan de l’unité italienne. Celui-là même qui fut à l’origine du traité de Turin qui organisa la cession de la Savoie et du comté de Nice à la France par référendum en 1860. En 1813, Pauline de Sales épouse Félix de Roussy. Le château de Thorens appartient de nos jours aux descendants du comte Jean-François de Roussy de Sales. Photo Saint François de Sales © JP Doiteau.

Infos & Liens
Chateau de Thorens. Accès. A la sortie du village de Thorens-Glières sur la route qui monte au plateau des Glières. 74570 Thorens-Glières Tél & Fax : +33.(0)4.50.22.42.02
contact@chateauthorens.fr – www.chateauthorens.fr
Gîte du château
Un gîte de charme a été aménagé avec un goût parfait dans une aile du château par la propriétaire actuelle Isabelle Roussy de Sales et sa famille. L’escalier pittoresque du donjon médiéval conduit directement dans un gîte élégamment décoré. Il s’agit de l’ancien appartement familial du comte Jean-François de Roussy de Sales. contact@chateauthorens.fr – www.chateauthorens.fr Photo © Château de Thorens.

Voir aussi, dans ce numéro,  en page « Les chroniques de Patrick Favre-Tissot-Bonvoisin » l’article « Etonnants compositeurs ». Il fait allusion à Cavour dans sa biographie de Verdi.


 

III – A 20 minutes Annecy, entre lac et montagne

 

LE CHÂTEAU DE MENTHON
A LA SILHOUETTE ALTIÈRE

Partout Menthon.Toujours Menthon
Devise de la famille de Menthon

Du château médiéval au château de contes de fées
Il se dresse fièrement sur un rocher de 200 mètres de haut, au dessus du vieux village de Menthon et du lac d’Annecy. Vu du côté lac, le château peut paraître impressionnant, voire austère. Avec donjon, tours, tourelles, clochetons, galerie à colombages, échauguettes, mâchicoulis. Il contrôlait le passage au niveau du col de Bluffy. Depuis l’entrée, avec son immense mur de pierre, cette forteresse parait tout-à-fait inexpugnable ! Elle surgit soudain au détour de la route du col de Bluffy, isolée dans la verdure. Un peu comme un château de contes de fées. Walt Disney, en vacances à Talloires, avec son neveu, s’en serait fortement inspiré pour son célèbre dessin animé, La Belle au Bois Dormant ! La vue depuis la terrasse est rare. Jugez plutôt. En contrebas le sublime lac d’Annecy, puis le Semnoz barrant l’horizon. En se retournant, et surplombant le château, les Dents de Lanfon, et à l’arrière plan, dominant des monts et vaux verdoyants, le Parmelan. Photos. Vue du côté montagne © Eric Sander. Vue du côté lac © C. Max.

 

Ces murs austères recèlent un patrimoine de grande qualité
La visite fait revivre, en résumé, l’histoire de ce majestueux château. Depuis le Moyen-Âge jusqu’au XIX°s. il y eut des transformations successives particulièrement en 1740 et 1880. Première impression, les murs sont si épais que le château est imprenable. La Tour d’Armes et le Donjon sont des XII° et XIII° s. Les chemins de ronde des XV° et XVII° s. L’escalier central du XVII° s. La façade du lac du XVIII° s. La terrasse qui domine le village de Menthon a été bâtie au XVIII° s. sur les anciennes prisons. Photo © Eric Sanders.

Toutes les pièces, dont le grand salon et la chambre de la comtesse, sont meublées avec du mobilier ancien de grande qualité, des tapisseries d’Aubusson et des Gobelins, des portraits de famille, des tableaux, des meubles de style signés, des tentures et draperies, des cheminées monumentales avec armoiries et blasons. Les deux éléments majeurs sont deux belles madones, dues à des primitifs italiens du XIV°s. Les propriétaires actuels, Maurice et Pierre-Henri de Menthon, ont toujours eu une politique de restauration et d’acquisition, afin d’enrichir les collections. Ainsi, cette bannière de procession en soie, richement tissée d’or et restaurée récemment. Et ce tableau d’un peintre genevois. Ou cette rare et originale gravure du XVII°s de « Salanche ». Et une remarquable collection de coffres anciens, dans lesquels les jeunes filles apportaient leur dot. La salle des pèlerins, ou ancienne cuisine et salle de garde, date du XIII°s. était consacrée à ceux qui allaient à Saint-Jacques-de-Compostelle, Rome ou Jérusalem. Ils pouvaient s’y restaurer et s’y reposer. Encore maintenant, même après tant d’années, le château est en parfait état et tout-à-fait habitable. Ce qui lui permet de recevoir 40000 visiteurs par an ! Photo. La chambre de la comtesse © Eric Sanders.

Deux nouvelles salles ouvertes au public
La petite et intimiste chambre du « Vieux Comte » est le reflet de la piété et de l’humilité de son occupant. Elle fût aménagée au XIX°s. Elle tranche avec le luxe de la chambre de la comtesse ! Un charmant petit salon vient d’être réaménagé. La tapisserie d’Aubusson, début XVII°s., est remarquable. Le château étant bâti sur un rocher, à l’espace limité, il ne faut pas s’étonner de l’exiguïté de ces deux pièces, ainsi que celle de la cuisine, qui se trouve dans la cour intérieure. Entre ces hauts et épais murs, on devait autrefois se sentir parfaitement protégés de toute attaque extérieure ! Photo. La chambre du Vieux Comte © Nicolas Martinon.

Une bibliothèque riche de 12000 volumes !

La bibliothèque comprend 12000 volumes antérieurs à la Révolution Française. Elle est issue de legs d’une importante famille de parlementaires franc-comtois avec de nombreux livres de droit, d’économie, de finances, de botanique, de géographie et de belles cartes. Des manuscrits, des incunables richement illuminés, des livres d’heures, des missels romans. A noter aussi l’intégralité de l’Encyclopédie de Diderot, et l’Histoire Naturelle de Buffon en 36 volumes. Photo. L’impressionnante biblitothèque © Eric Sanders.

Dans la famille de Menthon depuis neuf siècles !
La généalogie, remonte aux années 1150 et 1190. Ce château médiéval à l’origine avait une puissance féodale considérable allant de Talloires aux portes de Genève. Il contrôlait les passages entre Annecy, les villages du lac, Faverges, Menthon, le col de Bluffy, Dingy-Saint-Clair, Thônes, Le Faucigny et Genève. Ce château est le résultat d’une longue histoire entre la France et l’Etat de Savoie. Le blason de la famille, en forme de cri de guerre et de fierté est « de gueules au lion d’argent à la bande d’azur brochant sur le tout » (de gueules veut dire rouge). De nombreux Menthon ont joué un rôle au cours des siècles. Henri de Menthon, bailli de Vaud. Bernard de Menthon, bailli du Faucigny. Pierre de Menthon, bailli du Genevois. Nicod de Menthon, Ambassadeur en France, Gouverneur de Nice et Amiral d’une flotte envoyée par la concile de Bâle à Constantinople. Georges de Menthon, capitaine général de Savoie, Gouverneur de Montmélian. Rappelons que la Savoie (l’Etat Savoyard), en même temps que le Comté de Nice ne furent rattachés à la France qu’en 1860. Plus récemment François de Menthon, fût Compagnon de la Libération, Ministre de la Justice du Général de Gaulle et représentant la France, comme procureur français, au Tribunal Militaire de Nuremberg, contre les nazis. Photo. Table florentine armoriée, en marqueterie de marbre et de pierres dures © JP Doiteau.

Saint Bernard, patron des alpinistes

Saint Bernard de Menthon, fût proclamé par le pape Pie XI, patron des alpinistes. Il serait né au château en 1008 et mort en Italie à Novarre en 1081. La légende raconte qu’il aurait quitté la château familial la nuit précédant son mariage en se sauvant par la fenêtre. Il rejoignit Aoste. Et fonda les hospices des cols du Grand-Saint-Bernard (entre Aoste et Martigny) et du Petit-Saint-Bernard (entre Bourg-Saint-Maurice et La Thuile). Grâce à lui, les voyageurs et les pèlerins pouvaient échapper aux pillards et aux sarrasins qui les rançonnaient et trouver refuge pour la nuit. Il participa grandement au développement du commerce et des pèlerinages entre l’Italie et la France. L’oeuvre de Saint Bernard de Menthon est poursuivie activement par les chanoines de l’ordre de Saint-Augustin au col Grand-Saint-Bernard. Sans oublier les fameux chiens Saint-Bernard, qui ont tant secouru de voyageurs en péril ! Ces chiens sont visibles au col et aussi au Musée et Chiens du Saint Bernard à Martigny, en Valais Suisse. La chapelle médiévale ancienne dédiée à Saint Véran date de 1262. La chapelle récente, plus élancée avec corniches date du XIX° s. est dédiée à Saint Bernard. Photo. Magnifique primitif italien classé © JPDoiteau.

Infos & Liens
Château de Menthon. Le château se visite (en visites guidées) de mi-avril à mi-novembre. A noter un partenariat entre les trois châteaux de Menthon, Montrottier et Ripaille qui offre des réductions sur les tickets d’entrées valables toute la saison. En contrebas du château, au cœur de son parc boisé, le Créquier Sinople, dépendance à l’allure raffinée datant du XVIIème s., sert aussi à des mariages, séminaires d’entreprises, cocktails, anniversaires.
Tél : 07 81 74 39 72 – www.chateau-de-menthon.com – contact@chateau-de-menthon.com.
Vignoble et potager du château
Dominant le village de Menthon-Saint-Bernard, les coteaux du château, ont depuis des temps immémoriaux été plantés de vignes, et ce jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. C’est vers la fin du XIXe siècle les vagues de phylloxéra (espèce de pucerons) déciment les vignes entrainant leurs disparitions. En 2017, la famille de Menthon décide de redonner vie à ces vignes à travers un projet ambitieux. Il s’agit d’en réintroduire au pied du château mais aussi de mettre à disposition du public et en particulier des écoliers, un appareil pédagogique mettant en lumière l’histoire rurale de notre région.
Le but de l’association « Clos du Château » est de réimplanter de la vigne au pied du château en aidant Florent Héritier, vigneron-paysan à Frangy, naturellement choisi pour son savoir-faire ainsi que pour ses actions ponctuelles sur le terrain. La première récolte aura lieu en Octobre 2021…
Un potager en permaculture est conçu en s’appuyant sur le respect de l’écologie. Cette méthode nous reconnecte au rythme réelle de la nature, s’inscrit dans une démarche de développement durable, en espérant provoquer des réactions positives par le partage du bon, du beau et du naturel  … Le potager-verger du château fut développé en ce sens et s’articule autour de 4 axes : Vente des produits, visites dédiées, collaboration avec des organismes de formation et des chantiers participatifs, séminaires de mise au vert pour les entreprises. www.chateau-de-menthon.com/domaine-naturel . Photo. La très haute façade, impressionne le visiteur dès l’entrée au château © JP Doiteau.


IV- A 30 minutes Annecy, de Rumilly, de Bellegarde et de Genève

 

LES SUPERBES
GALERIES RENAISSANCE
DU CHÂTEAU DE CLERMONT

Nous voici en pleine nature à Clermont-en-Genevois. Un lieu isolé entre Annecy, Rumilly, Belllegarde et Genève. Pour comprendre le l’évolution de ce château, commençons juste par un peu d’histoire. Photo Les galeries et l’une des tours © F. Colomban © Dep. 74.

I. Au Moyen-Âge. Un château se dressait sur la butte qui domine le bourg de Clermont. Il avait une vocation stratégique et de péage, pour surveiller deux axes majeurs. Les routes de Chambéry à Genève et d’Annecy à Seyssel, petite ville où embarquaient les bateaux de marchandise en direction de Lyon. Rappelons la précarité des communications, de l’époque. Seules quelques routes existaient, et elles n’étaient pas toutes sûres. On à peine à imaginer aujourd’hui qu’il y ait pu avoir, autrefois ici, une importante voie de circulation de personnes et de marchandises.
Le château est détenu jusqu’au 14e siècle par les comtes de Clermont. Ils viennent l’été avec coffres, linge, tapisseries etc… Des familles nobles bâtissent de belles demeures en pierre dans l’enceinte du château. Mais la famille de Clermont s’éteint et le château est détruit. Les vestiges sont ruinés par l’invasion des français en 1630.
A quelques mètre en contrebas de la butte, quelques maisons demeurent, dont celle des Regard, une famille de notaires.
Actuellement une équipe de chercheurs, : un archéologue et des étudiants en archéologie, fait une campagne de fouilles sur les traces de l’ancien château. A la fin de l’été, tout est numérisé en 3D, recouvert et rebouché pour faire face aux frimas de l’hiver. Et on recommence l’été suivant. Photo Loïc Benoit, archéologue et Catherine Salardon responsable du site de Clermont © JPD.

II. Au XV°s. un nouveau château. Gallois de Regard, brillant chanoine et prieur, devient évêque de Bagnorea, à côté de Rome, il obtient en plus la charge de dataire à la cour pontificale. (dataire, c’est-à-dire chargé d’aider le pape à résoudre les problèmes délicats de la noblesse : divorces, enfants illégitimes, etc.). Devenu célèbre et riche, il se fait construire le château actuel de Clermont, en contrebas de l’ancien château médiéval. Il s’appuie, au départ, sur les solides maisons de pierre restantes, dont celles de sa famille. Puis édifie le corps du bâtiment orné de trois ailes de galeries à double étage qui encadrent la cour d’honneur. Ces galeries Renaissance d’apparat, sont d’inspiration italienne. C’était une résidence d’été, mais il fallait malgré tout, montrer aux savoyards, sa puissance et sa réussite ! Les deux tours carrées qui encadrent un très beau portail Renaissance, sont plutôt massives et savoyardes. Une vaste esplanade herbeuse surplombe le village de Clermont, très utule pour les animations. Avec une large vue sur les lointains horizons de cette, très verte, région de l’Albanais. Le château est resté dans la famille jusqu’en 1860. Puis racheté. Puis tombé en ruine est vendu à des fermiers. Et mis en vente en 1963. Photos L’ancienne maison de la famille Regard sur laquelle s’appuie le nouveau château. Le portrait de Gallois de Regard dans le bureau. Les galeries Renaissance à double étage  © JPD.

A l’intérieur nous découvrons trois salles sommairement meublées, mais décorées de belles pièces de mobilier du XVI°s. La salle à manger est aménagée avec un buffet deux corps orné de canéphores (cariatides), de chaises recouvertes d’un cuir façon cuir de Cordoue. Dans le bureau : deux portraits de Gallois de Regard. Dans la chambre : un superbe coffre de mariage et un miroir ancien. Les murs sont recouverts de boiseries en pin du XVII°s. Photos Le canéphore, le coffre et le miroir © JPD.

III. Clermont racheté et restauré par le Département de la Haute-Savoie
Clermont est racheté en 1966 par le Département de la Haute-Savoie qui le restaure parfaitement. Mais il s’agit de calcaire et de mollasse. Cette dernière pierre tendre prend l’humidité et nécessite un soin constant. L’Association Agir 74 intervient pour l’entretien avec une équipe de jeunes en contrats de réinsertion. Clermont est classé monument historique en 1950, puis l’intérieur en 1988.

Désormais, le rôle de château est de d’apporter une culture de qualité à tous, surtout à ceux qui n’en ont pas les moyens. Ainsi le prix d’entrée est très faible 3 €. Des activités nombreuses sont proposées. Le château a une double activité. Il reçoit 7000 visiteurs par an, plus 7000 spectateurs, dont ceux du festival du Jazz Club d’Annecy. Les spectacles sont malheureusement suspendus cet été à cause du covid 19.
A la confluence du Saint Empire Romain Germanique, de la Bourgogne, du Lyonnais, du Dauphiné et du Piémont, la Savoie est un vaste carrefour, un creuset où les différentes formes artistiques se fondent. Pas étonnant donc qu’un savoyard ait pu se construire un château inspiré de la renaissance italienne. Photo. La visite guidée devant la porte Renaissance. © L. Guette © Dep 74.

Infos & Liens
Château de Clermont 74270 Clermont-en-Genevois
T 04 50 33 50 33
* Visites guidées * Campement médiéval. * Sorties nature rallye-forêt autour du château * Journées européennes du patrimoine. Etc.
Mail : billetterie.chateauclermont@hautesavoie.fr
Web : hautesavoiexperience.fr
Tarif 3€. Tarif réduit 2€. Gratuit le 1er dimanche du mois.
Ouvert juin à septembre. Info Covid-19 : attention mesures sanitaires à respecter. Porter un masque.
Photo Public visitant a cour intérieure, lors des Journées Européennes du Patrimoine © C. Riabtchouk © Dep 74.


 

V – A la sortie de Thonon, à 10 minutes d’Evian

LE CHÂTEAU DE RIPAILLE ET LA MAISON DE SAVOIE

 

La vie du château est liée à l’ascension de la maison de Savoie, famille dominante à l’époque et à sa période la plus brillante. Amédée VIII, duc de Savoie, agrandit la résidence, installe un prieuré d’augustins, abdique, se retire, est rappelé, élu pape sous le nomme Félix V, et se retire à nouveau à Ripaille. Ce grand château dans un parc à la française est entouré d’un vignoble réputé et bordé d’une forêt d’arbres rares transformée en arboretum ouvert au public. Le Mémorial national des Justes tout proche, complète l’ensemble. Dossier réalisé par J-P. Doiteau.

Un château et un domaine vinicole réputé
On entre par un pavillon. A droite de la vaste cour est érigé le château dont il ne reste qu’une bonne moitié et quatre tours sur sept. L’ancienne église a été détruite est devenue une terrasse. Chacun des six chevaliers de Saint-Maurice avait son logement, son toit et sa tour. Evidemment le logis d’Amédée VIII était le plus grand et la tour la plus haute. Les tours ont un couronnement octogonal supporté par des mâchicoulis. Sur la gauche les bâtiments construits par les chartreux au XVIII° s. En s’enfonçant dans le parc on découvre à droite une petite tour carrée : le pigeonnier. En ce moment le toit est en cours de réfection : coût 1,2 millions d’euros !
Le dernier acquéreur Frédéric Engel-Gros a métamorphosé le château, en réinterprétant le passé dans le style Art Nouveau, pour en faire un exemple de modernité en 1900. Meubles, boiseries exceptionnelles, plafonds, salles de bains, téléphone, électricité, etc… Tous ces éléments de décoration, d’avant garde pour l’époque, sont encore visibles actuellement. C’est d’ailleurs une des rares demeures où l’Art nouveau est encore en situation en Auvergne-Rhône-Alpes.
Ripaille est aussi un centre gastronomique apprécié avec la production sur le domaine privé d’un vin AOC réputé, le « Château de Ripaille », et un partenariat avec un traiteur connu, pour les repas et les soirées organisées au Château de Ripaille. Photos. Le château et son toit bientôt achevé © JP Doiteau. Le château et son domaine vinicole vue de drône © Ripaille.

 

La Cour de Savoie, s’installe à Ripaille
A la fin du XIII°s.création d’un pavillon de chasse par Amédée V. Par la suite,  Bonne de Bourbon, épouse le comte Vert Amédée VI. Ripaille devient sous le règne du Comte Rouge (1383-1391), le séjour habituel de la Maison de Savoie. Amédée VIII fait bâtir en 1410 le prieuré de Ripaille. Marie de Bourgogne, épouse du nouveau comte, ramène la Cour sur les bords du Léman. En 1434, Amédée VIII fait bâtir Ripaille, à côté du prieuré, le château aux sept tours. Il crée l’ordre religieux de Saint-Maurice, qui a disparu depuis. Mais grisé par la puissance et les honneurs, peut-être lassé du pouvoir, il se retire. Il est rappelé et élu pape en 1449, sous le nom de Félix V.
Le château est à son apogée. Mais voici les années trouble, la décadence. Les guerres du XVI°s. furent désastreuses pour le domaine. Il est brûlé par des armées étrangères, puis reconstruit. Les Bernois occupèrent le Chablais (1536-1564). Deux chartreuses se bâtirent. François de Sales décide de réunir les deux monastères existants et de les transférer à Ripaille sous le nom de « Chartreuse de l’Annonciade-des-Monts. A la Révolution, le domaine devient national et est racheté par le général Dupas. En 1892, l’ensemble devient la propriété de Frédéric Engel-Gros, riche industriel du textile. Il le rénove entièrement, le meuble et crée les jardins, mettant en valeur le château. Photo, Le salon meublé Art Nouveau par Frédéric Engel-Gros © Ripaille. Un salon pour repas intimes © JPDoiteau.

 

 

Infos & Liens
Château et Domaine de Ripaille
Activités. Visites, découvertes. On peut louer le château pour une soirée privée, un mariage, une entreprise, un séminaire, etc. La Fondation Ripaille est depuis 1976, reconnue d’utilité publique (1977) et a pour but de conserver et de mettre en valeur le patrimoine de Ripaille.La famille exploite les forêts et a développé le vignoble et le vin de Ripaille, avec un succès certain, puisque le domaine produit maintenant environ 140’000 bouteilles par an, qui reçoivent régulièrement des médailles d’or et des mentions très flatteuses dans les guides. Le château a 45000 entrées par an.
83 Avenue de Ripaille 74200 Thonon-les-Bains T +33 (0)4 50 26 64 44
fondation@ripaille.fr – www.ripaille.fr/ – www.fondation-patrimoine.org
Photos. Il faut se promener dans le parc et découvrir au détour d’un sentier, ce pigeonnier fortifié. La réfection du toit du château coûte la somme de 1,2 millions d’euros ! © JP Doiteau.

 

 


 

VI – A Yvoire à 10 minutes de Thonon
et du Château de Ripaille

LES RICHES ÉMOTIONS DU JARDIN DES CINQ SENS

 

Si le château d’Yvoire, ne se visite pas, par contre voici un lieu à ne pas manquer c’est bien le Jardin des Cinq Sens, juste en face. Inspiré des labyrinthes du Moyen Âge, cet étonnant jardin privé révèle les secrets des plantes parfois oubliés. Cet espace clos, protégé des vents du lac et des froidures de l’hiver, contient sur un petit espace environ 1500 variétés de plantes. Il ne faut pas s’attendre à un jardin organisé à la française. Au contraire ce serait plutôt un labyrinthe de charmilles et de pommiers palissés, recelant à l’intérieur les trésors de fleurs et plantes retrouvées grâce à l’ingéniosité et les recherches de ses créateurs il y a 30 ans.
Photo. Le jardin est juste derrière le château © JP Doiteau.

 

Des plantes et des fleurs à voir, à goûter, à sentir, à toucher et de l’eau à écouter
Un univers tout-à-fait étrange, à l’idée originale. Il s’agit pour le visiteur de faire une promenade dans 5 jardins sensoriels. Mais rien n’est imposé, chacun les découvre à sa manière. Le jardin du toucher : textures inattendues de feuillages rares ou anciens. Le jardin de l’odorat : roses, pivoines, pélargoniums, jasmins et seringas, tous odorants. Le jardin de la vue : camaïeu de plantes bleues. Le jardin du goût : on croque la feuille du stévia au goût très sucré, et une autre feuille au goût surprenant d’huitre ! Le jardin de l’ouïe : la fontaine, avec le ruissellement et le clapotis de l’eau. Un petit cloître de charmilles est réservé aux plantes médicinales. Le jardinage se fait devant les visiteurs. Fabienne, guide du patrimoine et jardinière ici depuis 15 ans, nous confie « Ce jardin, est le lieu de travail où je me ressource au quotidien ! ». Un univers insolite, très vert, ménageant des vues sur le château, au coeur d’un village médiéval classé et au bord du lac Léman. Photo 1. Des harmonies de couleurs avec des plantes rares. Photo 2 Des bordures de charmilles créent une protection et un micro climat favorable aux fleurs et plantes © JP Doiteau.

 

Infos & Liens. Jardin des Cinq Sens
Rue du Lac 74140 Yvoire – T. 04 50 72 88 80
mail@jardin5sens.net – www.jardin5sens.net – Visites guidées, explorations familles, ateliers adultes, jeux, etc. Photo. Une entrée discrète dans une maison ancienne. Mais les surprises sensorielles sont à l’intérieur !© JP Doiteau.

 

 



« Vue sur lacs » Architecture et patrimoine en Savoie Mont-Blanc. De Marie-Christine Hugonot.
Ce beau livre réunit pour la première fois les quatre lacs de Savoie Mont-Blanc : Aiguebelette, le Bourget, Annecy et le Léman. Il s’attache à démontrer qu’à travers des lieux culturels originaux, ce patrimoine continue de se réinventer. La très riche créativité de cette région, s’exprime à travers les talents d’artistes, d’artisans et de designers. Une destination, un lieu de vie qui est à la fois une muse et une ressource. Des « Visites privées » ouvrent les portes de quelques belles demeures d’hier et d’aujourd’hui. Inventaire à la Prévert et carnet d’adresses des charmes multiples de ces quatre lacs. Marie-Christine Hugoniot est journaliste et auteure de livres « L’art de vivre à la montagne ». « Décoration chalet, le style Savoie Mont-Blanc ». Elle a crée son blog « lart-devivrelamontagne.com ».

Lacs de Savoie. Le saviez-vous ?
Ces grandes nappes d’eau douce entourées de montagnes de tous côtés ont des superficies bien différentes.
* Lac Léman 580 km2 dont France 239 km2 et Suisse 343 km2. La frontière passe juste au milieu entre les deux.
* Lac d’Annecy 28 km2.
* Lac du Bourget 45 km2.
* Lac d’Aiguebelette 6 km2.