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VOYAGES

N°33 – Automne 2019

THAÎLANDE

LES TROIS CITES ANCIENNES
DE LA PLAINE CENTRALE

La Thaïlande, se visite plutôt en saison, de novembre à mars. Mais un voyage hors saison, pour qui ne craint pas trop la chaleur, présente le double avantage, d’une vraie tranquillité dans les sites historiques et de prix très doux dans l’aérien, l’hôtellerie et les déplacements intérieurs. Voici donc quelques notes extraites d’un voyage hors saison, en mai, précédé d’un premier, en saison, en novembre.
La plaine centrale. Une belle route file dans la campagne. Le sol est sec, ni riz, ni autres plantations, ni vaches, rien en ce moment. Çà et là une maison de bois sur pilotis, au toit coloré, égaye le décor. Rien à voir. Mais cette plaine recèle pour le voyageur curieux, trois trésors culturels inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Sukhothai, Si Satchanalai et Ayutthaya. Photo © JPD.

Sukhothai, vaste et impressionnante
cité royale abandonnée

Old Sukhothai est un long village-rue aux où alternent le riche palais municipal, un temple, des vieilles maisons de bois sur pilotis, des petites boutiques, des restaurants, des loueurs de vélos et de scooters. Sur la route, un trafic incessant. Tout au bout de la rue, à une demi heure à pied de l’hôtel, se trouve le site historique. Heureux d’avoir trouvé un hôtel, le seul du village. Car tous les autres hébergements se trouvent à New Sukhothai, à 12 km de là.
A 6h du matin, le parc est quasi désert !
De bon matin. Le parc qui ouvre à 6 heures du matin, est quasi désert. Moments rares de déambuler au milieu de ces ruines séculaires, à l’ombre des grands fromagers, des banians et des acacias. De découvrir les vestiges des palais royaux, les innombrables bouddhas, des temples, des chedis, des colonnes, des terrasses, des douves, des étangs et des fortifications. Disséminés dans une végétation exubérante ils composent des ensembles originaux et impressionnants. Ils me font immédiatement penser à Angkor. Sukhothai, cette cité royale fondée en 1238 a été redécouverte dans les années 60, défrichée, puis inscrite à l’Unesco en 1991. La cité est cernée par les douves d’une triple enceinte de briques de latérite rouge-brun.

Les majestueux vestiges des deux temples principaux le Wat Maharat et le Wat Siri, sont de plus entourés d’une enceinte basse et d’anciennes douves, transformées en vastes pièces d’eau fleuries (en saison). Ils furent le coeur spirituel de la ville, à son apogée et rappellent la grandeur passée de la cité. L’ensemble a beaucoup d’allure. Si les temples se délitent peu à peu, les bouddhas sont toujours là, indestructibles, apaisants et protecteurs. Ils semblent avoir mieux résisté aux outrages du temps. Des fidèles viennent se recueillir, déposant des offrandes ou une fleur de lotus.
L’après-midi, repos !
L’après-midi, sieste et bain dans la piscine du Legendha Hotel. Notre bungalow est charmant, boiseries en teck, béton ciré, décoration très tendance. Le personnel est courtois, nous salue d’un souriant « sawat-tii » à chaque passage. Mais leur anglais est incertain. Incompréhension : avec le plat principal je demande un peu de riz « rice » en anglais, cérémonieusement un garçon stylé nous apporte un plein seau à champagne de glace « ice » ! Pendant le dîner, sur la scène du restaurant, de superbes danseuses fines et racées, somptueusement vêtues, exécutent des danses traditionnelles aux gestes sophistiqués et codifiés.
Dans le site et hors les murs en vélo
Le lendemain nous louons des antiques vélos. Hors les murs, un colossal bouddha est assis entre les hauts murs d’un « mondop ». Plus loin, le petit Wat Chang Lom, est le seul temple dont le socle est entouré d’éléphants ayant conservé leurs trompes intactes. Partout ailleurs elles ont été brisées. L’éléphant est l’animal céleste de la mythologie indienne, on en voit partout ! Plus loin ce sont des « kijln », des fours à poteries. Le céladon aurait été inventé ici en même temps qu’en Chine. Des ouvriers déblaient minutieusement et les briques du four apparaissent. Un archéologue présent nous explique ses travaux. Encore trois mois de fouilles. Après ce sera au four suivant. Forte chaleur. Nous pédalons sous les allées ombragées. Puis arrêt au bord de la route à un « street food » : cuisses de poulet grillées, et mangue. Pour échapper à un soleil vertical, nous allons nous mettre au frais au Ramkhamhaeng National Museum, un beau bâtiment moderne. Climatisé ! A voir, une intéressante galerie d’antiquités et de sculptures. Avec la description des 11 étapes de la fabrication du « stucco » thaïlandais qui a si bien protégé les bouddhas des temples anciens. Photo © JPD.

Si Satchanalai, le charme d’une cité
cachée dans la forêt et désertée

Départ de Sukhothai. Trois quarts d’heure de taxi dans la campagne, puis une forêt et nous arrivons à Si Satchanalai. Rien ne laisse deviner qu’il puisse y avoir ici quelque chose à voir. Ce site caché du XIII° siècle, est remarquablement intégré dans son environnement. Passé les fortifications, nous entrons dans un lieu calme et serein. Personne, c’est la morte saison. Les temples, éparpillés au milieu des palmiers, des fromagers géants et des acacias, n’en sont que plus majestueux. Certains sont encore mangés par les lianes. L’ensemble, entre les murs de cette cité, plus restreinte que la précédente, contiendrait quelques 130 édifices. Du XIV° au XVI° siècle, la ville avait un rayonnement important. Au XVIII° la population la  déserta, suite à des guerres incessantes. 

Trois temples remarquables
Je citerai surtout le Wat Chang Lom et le Wat Chedi Chet Thaco. Mais celui qui m’a le plus surpris c’est le petit temple, le Wat Khao Phanom, bâti en haut d’une colline et d’un escalier majestueux de 122 marches usées. Arrivant là-haut, nous avons l’impression d’être des découvreurs. Aujourd’hui il fait vraiment très chaud. Nous nous mettons en mode doux ! Marche lente, pauses fréquentes et boissons. A 2 km de là, voici un beau temple ancien à forme « prang », accolé à un temple récent, où les habitants viennent prier.

 

Ayutthaya, l’ancienne capitale
détruite par les Birmans en 1767

Une autre année. Pour résumer l’histoire de ces trois cités. Disons qu’il y eu d’incessants affrontements entre les birmans et les khmers qui se disputaient les territoires de la Thaïlande. Sukkhothai a démarré au premier millénaire. Ayutthaya a été fondée en 1351, puis s’est imposée face à Sukhothai à partir de 1450. Mais cette première capitale royale, crée avant Bangkok, sera détruite par les Birmans en 1767. Elle fût pendant plus de 300 ans, une des villes les plus riches d’Asie. Depuis, la succession de rois a permis la stabilisation et l’installation durable du royaume de Siam. Comment ne pas être impressionnés par la grandeur de ses temples, sanctuaires, palais. Ayutthaya, assurément méritait la visite. D’autant plus, qu’elle n’est qu’à une heure de train de Bangkok. Et le prix du billet de train est dérisoire ! La ville est construite au bord du fleuve Chao Phraya, – celui-là même qui passe à Bangkok-, et des rivières Pa Sak et Lop Buri.
Un chambre d’hôtes au bord du fleuve
Nous étions dans la chambre d’hôte d’un riche chinois : Athithara, Home Stay. Depuis la terrasse nous avions une vue de premier plan sur le trafic incessant. De petits remorqueurs crachant une fumée noire, tiraient laborieusement et dans un grondement sourd, d’énormes barges noires. D’où l’idée, d’aller nous aussi, faire un tour sur les canaux et voir d’un peu plus près les « klongs », ces authentiques canaux, bordés de maisons rustiques sur pilotis bâties, comme à Bangkok. De plus nous avions la chance d’avoir à deux pas de notre maison, le plus beau restaurant de la ville. Terrasse au bord de la rivière, orchestre et ambiance sympathique ! Whisky et bière coulaient à flot. Il m’a semblé que ce soir là, les thaïs aisés, buvaient beaucoup d’alcool ! Ces trois cités anciennes méritent un détour, voire un séjour d’une ou deux nuits, histoire de se détendre un peu et de pouvoir mieux s’imprégner de l’esprit du lieu.

Photos & texte © Jean-Pierre Doiteau

INFOS & LIENS

Tourisme. www.tourismethaifr.com
www.guidethailande.com
www.finearts.go.th/sisatchanalai.historicalpark/
www.tat.or.th (Tourisme Authority of Thailand)
Avion. Nombreuses compagnies aériennes intérieures.
Sukhothai, aéroport à 40 km de la ville.
www.airasia.com
www.lionairthai.ocm
www.kanairlines.com
www.nokair.com
www.bankokair.com
Train. Pour Ayuttaya à 86 km de Bangkok www.railway.co.th
Bus. www. transport.co.th (bus climatisés et confortables, sièges couchettes)
Deux adresses
The Legendha Sukhothai Hotel à 800 m du centre historique. www.legendhasukhothai.com
Chambre d’hôte. Athithara Homestay à Ayutthaya, près du fleuve Chao Praya. www.athitharahomestay.com

Photos. Danseuse au restaurant du Legendha Hotel Sukhothai
Chambre d’hôtes au bord du fleuve à Ayuttaya

* Les liens ne sont pas sponsorisés