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MUSÉES

N°31 HIVER-PRINTEMPS – LES EXPOSITIONS TEMPORAIRES DES MUSEES DE LYON…
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Claude, Un empereur au destin singulier
Musée des Beaux-Arts / Jusqu’au 4 mars 19

L’exposition retrace la vie de Claude, l’empereur né à Lyon, et seul empereur romain, né hors d’Italie. L’intérêt de cette exposition est double. Elle met en valeur la vie et de règne de cet homme au destin singulier. Naissance en l’an 10 av. J.-C., mort en 54 après J.-C. Et il rappelle aussi aux lyonnais que Lyon avait une place prépondérante dans l’empire romain. Comme le fait remarquer François Chausson, co-commissaire de l’exposition et professeur d’histoire romaine à la Sorbonne « Lyon a une potentialité historique sous développée ». En effet de nouvelles interprétations et de nouvelles approches historiques, permettent d’affirmer que Claude n’était pas le personnage falot et manipulé que les historiens voulaient bien dire. C’était un érudit. En 14 années de règne, il conquit le sud de l’Angleterre, annexa d’anciens territoires et doubla la surface de l’empire. Bon gestionnaire, il fit des grands travaux d’utilité publique, des aqueducs à Rome, organisa le recensement de la population, et créa le grand port d’Ostie, proche de le capitale. Il travaillait à la lyonnaise, « discret, mais efficace ». Photo. Claude dans sa nudité héroïque, vers 40 ap. j.-C..© RMN-Grand Palais (musée du Louvre)  © Hervé Landowski.

Les drames de la famille de Claude,
comme des tragédies de Shakespeare ou de Racine !

Caligula fait admettre son oncle Claude parmi les sénateurs. Caligula est éliminé à la suite d’une conjuration, dont Claude aurait été le témoin ? Claude eut une vie sentimentale agitée. Après trois fiançailles, dont une jeune fille morte. Claude se marie avec Messaline, qui fut par la suite répudiée. Nait un fils Germanicus, qui prend le nom de Brtiannicus. Sa grand-mère Livie, est divinisée. Messaline, le trompe et est contrainte de se donner la mort. Il épouse sa nièce Aggripine la Jeune, fille de son frère Germanicus. Claude adopte Néron, fils d’Agrippine la Jeune. Agrippine est répudiée. Procès et mise à mort de Domitia Lapida, tante de Néron. Mort naturelle ou par empoisonnement de Claude en octobre 54. Octavie, fille de Claude est répudiée par Néron, exilée et assassinée. De même qu’Antonia son autre fille. Britannicus est assassiné. Néron se donne la mort. Avec ces drames terribles, nous avons là tous les ingrédients d’une pièce de Shakespeare. Il faut savoir aussi que les membres de cette nébuleuse de plusieurs familles, faisaient des mariages consanguins, afin d’assurer une sorte de légitimé dynastique et ainsi conserver le pouvoir. Cette lignée est dite Julio-Claudienne. Nul doute que Shakespeare et Racine aient été inspirés de cette terrible saga familiale pour écrire leurs pièces. Photo. Ch. Lebayle (1856-1898), Claude proclamé empereur, 1886, huile sur toile, Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, Photo © Beaux-Arts de Paris, Dist. RMN-Grand Palais / image Beaux-arts de Paris.

Des statues , bustes, bas reliefs, aux fins de propagande
A cette époque on faisait les portraits des grands personnages de la famille régnante, aux fins de propagande. Ils étaient envoyés dans l’empire. C’est pour cela que plusieurs bustes sont encore visibles de nos jours. Ils sont très travaillés, par des sculpteurs de grand talent. Il suffit de voir le superbe buste de Livie en Cérès (en marbre : buste en albâtre jaune africain) pour s’en rendre compte immédiatement. Saurait-on faire aussi bien maintenant ?
On lui doit la Table Claudienne
Cette grande plaque de bronze a été découverte en 1528 à la Croix-Rousse. Elle porte un texte en latin sur deux colonnes avec une superbe épigraphie lapidaire (inscription sur pierre), sans doute réalisée par report sur de la cire perdue. Dans ce discours prononcé à Rome, il est le premier à soutenir les notables gaulois qui demandent que leur soit accordé le droit de devenir magistrats à Rome et d’entrer au Sénat. « Il y’a déjà trop d’étrangers au Sénat, il vont prendre la place des Romains d’origine ! » disait-on déjà à l’époque ! Il insista et fit ainsi entrer au Sénat, des esclaves affranchis et des chevaliers… Si bien que la gestion de l’Etat s’en trouva fortement améliorée. Cette grand plaque de bronze intéresse au plus haut point les italiens, puisque, après Lyon, l’exposition part ensuite pour Rome.
Photo. La Table claudienne : discours de Claude devant les sénateurs de Rome pour accorder aux Gaulois le droit d’accès aux magistratures et au Sénat romains, Lyon, bronze, Lugdunum-Musée et théâtre romains de Lyon, Image © Lugdunum-Musée et théâtre romains de Lyon, J.-M. Degueule.
Les grandes photos murales, donnent une âme à l’expo

L’architecte photographe italien Ferrante Ferranti invite au voyage dans les vestiges du monde, en présentant sur les murs de l’exposition, d’immense photos qui ainsi lui donnent une âme. Comme il le dit lui-même « il donne du sens caché sous les formes ». De plus, en résonance avec l’exposition, il présente sa propre exposition « L’Esprit des Ruines » au Musée & Théâtres Romains de Fourvière (jusqu’au 3 mars)
4 ans de travail pour réunir 150 oeuvres
Cette exposition présente environ 150 pièces, bustes, bas reliefs, glaives, gravures, plaques, assiettes, gobelets, coupes en céramique, vases, camées, lampes à huile, livres de la Renaissance, sesterces (monnaies de l’atelier de Lyon), tableaux. Etc… Des musées et institutions prêteurs d’Allemagne, d’Angleterre, d’Autriche, de Belgique, des Etats-Unis, d’Italie et de France ont participé par leurs prêts. La préparation, les recherches historiques, les focus explicatifs, les photos, les films… Il a fallu 4 ans aux commissaires de l’exposition, Geneviève Galliano et François Chausson, pour réaliser cette intéressante et fort documentée exposition. 

Coléoptères, insectes extraordinaires. Musée des Confluences jusqu’au 28 juin 2020
Avec l’exposition Coléoptères, le Musée des Confluences n’a pas finie de nous étonner par l’originalité et la pertinence de ses expositions. De la coccinelle au scarabée atlas en passant par le doryphore et la luciole, les coléoptères nous impressionnent par leurs dimensions ou leurs capacités étonnantes. Présents sur la totalité du globe à l’exception des pôles et des mers, ces insectes font partie de notre quotidien. Ils sont à l’origine de nombreux mythes et croyances à travers le monde. En associant les regards scientifiques et artistiques, cette exposition propose de découvrir ces créatures extraordinaires. Le saviez-vous? De la coccinelle au scarabée atlas en passant par la cétoine dorée, le doryphore et la luciole, les coléoptères représentent plus de 387000 espèces réparties sur tous les continents à l’exception du Pôle Sud, et sont présents sur terre depuis plusieurs centaines de millions d’années. Puisant dans l’incroyable collection entomologique du musée des Confluences, l’exposition propose de découvrir ces insectes si communs, aux caractéristiques pourtant extraordinaires. Photo Mistro, extrait de la série « Mask & totem » 2017 © photo Pascal Goet.

Musée des Confluences / Fêtes himalayennes, les derniers Kalash / Jusqu’au 1er déc 2019.
Fêtes himalayennes, les derniers Kalash, raconte l’histoire d’un trio de voyageurs originaires de Lyon. Viviane Lièvre est ethnologue et photographe, Jean Yves Loude, ancien directeur de Lyon Poche est ethnologue et écrivain et Hervé Nègre, photographe, il arpente le monde depuis 45 ans. Ils firent dix séjours dans ce pays en 1976 et 1990, et en ramenèrent des photos rares, des impressions, des notes et des objets originaux. Les Kalash sont animistes. Ils font des fêtes spectaculaires. Ils vivent dans trois vallées à l’Ouest de la chaîne himalayennes, au N-O du Pakistan. Ils vivent entre pâturages d’altitude et villages isolés de vallées. Leur donation permet, pour la première fois au Musée des confluences de mettre en lumière, ces habitants d’une région lointaine et oubliée. Photo. Fillettes en « habits d’ancêtres » pour la fête des vendanges, Prun, dans la vallée de Birir musée des Confluences © Viviane Lièvre.

Musée des Confluences jusqu’au 25 août 19 / Yokainoshima /  » Esprits du Japon » Superbes photos d’art de Charles Fréger et objets traditionnels du Japon.
Le musée présente une petite, mais originale exposition temporaire. « Yokainoshima », une série de photos d’aujourd’hui, qui représentent « l’île aux esprits et aux monstres ». Les « Yokai » désignent des êtres surnaturels vivant parmi les japonais et générant des phénomènes mystérieux. A la différence des européens, les japonais semblent très attachés à leurs traditions. L’artiste photographe Charles Fréger réalise d’immenses photos, qu’il tire lui-même. Il s’agit d’un travail artistique très préparé, qui relève presque de l’anthropologique, avec une mise en scène, des personnages, des vrais costumes, des masques de collection, des cadrages frontaux, et des arrière-plans évocateurs. Charles Fréger a déjà fait une vingtaine d’expositions et réalisés plusieurs livres. C’est l’occasion pour le musée de montrer, aussi, quelques objets anciens, superbes et rarissimes, choisis parmi les 1000 pièces de ses collections japonaises. Une statue de Kannon. Un daruma. Des masques. Des statuettes de la spiritualité shintô, les « kami », présentées dans des petits sanctuaires reconstitués. Etc.  Bref, une scénographie recherchée qui met immédiatement le visiteur dans une ambiance japonaise.
Photo Oneone-No-Odoriko (Karitate, île de Fuku-e, archipel Goto, préfecture de Nagasaki – entre 2013 et 2015) © Charles Fréger.
Photo. Masque d’Hyottoko (Japon- 2e moitié du 20e siècle) Musée international du Carnaval et du Masque, Binche, Belgique Photo © Olivier Desart pour le MiCM. Hyottoko et Okame sont des personnages emblématiques du Japon.

 

Hugo Pratt, « lignes d’horizons » Musée des Confluences / Jusqu’au 24 mars 2019
Hugo Pratt 1927-1995, est un créateur, au graphisme et à l’art du récit, reconnaissable entre tous. Il savait, d’un trait sûr, saisir l’essentiel d’un paysage, d’une intrigue, d’un fait historique ou d’une légende oubliée. Dans ses dessins, il savait aussi mieux que quiconque occuper tout l’espace. Laissant même par de grands blancs, faire rêver le lecteur d’horizons infinis.Il était avant tout dessinateur de noir et blanc. Les grands films en noir et blanc des années 60, les photos en noir et blanc des grands photographes ont un réel charme évocateur. De même les dessins de Hugo Pratt, laissent une grande part à l’imagination. C’est ce qui fait son originalité et son style unique. Passionné de géographie, il était tout à la fois vénitien (de naissance), irlandais, argentin, éthiopien, mongol et maori.
Et l’exposition le montre bien : 94 objets exotiques liés à ses albums sont présentés. 130 planches et aquarelles originales, plus de 50 reproductions de cases de bande dessinées de 3 à 7mètres de haut, et 390 portraits composent la galerie des personnages crées par Hugo part, intégralement présentés dans l’exposition. Plus « La Table des vents », (photo), une originale tentative vidéo interactive de cartographier le monde passionné de l’artiste (les enfants adorent). Une vidéo de 45 minutes retrace sa vie, son oeuvre. Enfin « La Lanterne », un espace rond, sur les murs desquels sont projetées des vidéos animées, d’extraits de ses oeuvres. Bref une superbe exposition qui va durer jusqu’à l’année prochaine. JPD. Photos. Scénographies de l’exposition Hugo Pratt, lignes d’horizons ©  Bertrand Stofleth, Musée des Confluences. La Ballade de la Mer Salée (1967) © Cong SA Suisse. Tous droits réservés.

Bernar Venet / Rétrospective / MAC / 21 sept au 6 janv. 19
L’exposition Bernar Venet, « Rétrospective 2019-1959 » présente un ensemble inédit et exceptionnel de plus de 170 oeuvres, depuis les premières performances, dessins, diagrammes, peintures, jusqu’aux photographie, oeuvres sonores, films et sculptures, retraçant 60 années de création. Le commissaire de l’exposition est Thierry Raspail. Bernar Venet a vécu à New-York, et s’est installé au Muy dans le Var. Il a exposé dans le monde entier et reçu diverses et importantes récompenses. En hommage au sculpteur Arman, il a enlevé le « d » à son prénom. La réalisation de cette importante rétrospective, avec plus de 170 oeuvres, est due à Thierry Raspail qui quitte le Mac, qu’il a brillamment créée et développé, pour prendre sa retraite.

Effondrements, combinaisons aléatoires, surfaces indéterminées.
Une originale et superbe exposition Bernar Venet
Voila une exposition-rétrospective originale. Il s’agit d’un ensemble inédit et assez exceptionnel de 170 oeuvres. Le parcours sur les trois niveaux du MAC se décline en peintures, dessins, photos, pièces sonores, tableaux-diagrammes mathématiques et présentation d’immenses barres d’acier droites et courbes. Trois sujets remarquables. Les tableaux en carton recouverts de laque automobile. La beauté des mathématiques présentés de façon orginale en diagrammes, théories et formules, qui font découvrir les chiffres sous un angle esthétique. Et enfin les effondrements, dispersions, ruptures, de barres d’acier corten, à la rouille voulue de couleur intense et installés dans un désordre organisé. Les grincheux pourraient dire que ce n’est pas de l’art. Et pourtant il y a de de l’innovation, de l’originalité, du talent, et un vrai savoir-faire technique et artistique, qui n’est pas donné à tout artiste. Bref des oeuvres aux « hypothèses inédites », tellement différentes de celles habituelles du milieu de l’art. Une superbe exposition élitiste pour amateurs éclairés. JPD.  Deux photos. Bernar Venet, 77.5˚ Arc × 30, 2005. Acier Corten 410 x 360 cm. Exposition : Museum Küppersmühle für Moderne Kunst, Duisbourg, Allemagne, 2007. Crédit photo: Werner Hannapel, Essen © Adagp, Paris, 2018. Bernar Venet, Tas de charbon et Goudrons, 1963. Sculpture sans dimensions spécifiques. Goudron sur toile. Environ 150 x 130 cm chacun. Exposition : Mücsarnok Kunsthalle, Budapest, Hongrie, 2012. Crédit photo : Archives Bernar Venet, New York © Adagp, Paris, 2018.

 

Les 40 ans de l’IAC et monographie Katinka Bock
A l’occasion de ses 40 ans l’Institut d’Art Contemporain présente une exposition monographique de Katinka Bock. L’artiste est allemande, a fait ses études aux Beaux-Arts de Lyon et vit à Paris. « Radio/Tomorrows Sculpture », explore en multiples variations les notions de matière et d’espace qui sont la base de sa pratique sculpturale. Les oeuvres sont en argile, pierre, bois, bronze, végétaux. Elles sont enroulées, pliées, moulées, marquées. Le décor blanc épuré de l’IAC, met bien en valeur les oeuvres. A noter la série Collection à l’étude, sous le titre, « Observables d’Apeiron, de Célia Gondol, un superbe déroulé de tissus de haute technicité. Soie, lurex et polyester aux motifs cosmiques : étoiles, galaxies…. Produit au sein d’une résidence du Holding Textile Hermès. Photo Katinka Bock © JPD


Infos & Liens

La Biennale de Lyon. www.labiennaledelyon.com
Musée des Confluences. 86, quai Perrache 69002 Lyon 04 28 38 12 12 – www.museedesconfluences.fr
Musée des Beaux-Arts (MBA). www.mba-lyon.fr
Musée d’art contemporain (MAC). Cité Internationale – www.mac-lyon.com
Institut d’Art Contemporain (IAC). Villeurbanne  – www.i-art-c.org
Musées Gallo-Romains de Lyon et Saint-Romain-en-Gal – www.musees-gallo-romains.com
Gadagne Musées – www.gadagne.musees.lyon.fr
Musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique. 13 rue de la Poullaillerie 69002 Lyon – 04 78 37 65 98  – www.imprimerie.lyon.fr
Musées des Tissus et Musée des Arts décoratifs de Lyon – 34 rue de la Charité F-69002 Lyon – 04 78 38 42 00 – www.mtmad.fr
Musée de l’Automobile Henri Malartre 645, rue du Musée 69270 Rochetaillée 04 78 22 18 80 – musee.malartre@mairie-lyon.frwww.musee-malartre.com