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VOYAGES

N°31 HIVER-PRINTEMPS 19

 

Repérages en Périgord

Tout commence par d’infinies ondulations de collines. Des routes de campagne côtoient de charmants petits terroirs, aux sous bois de chênes verts et de châtaigners, piquetés de robustes maisons de calcaire, coiffées de hauts toits de lauzes pentus. Notez qu’il ne s’agit ni de dépaysement, ni d’exploration. Il s’agit avant tout de quitter l’autoroute et de faire des repérages et des découvertes impromptues. 

 

 

Les extraordinaires Jardins du Manoir d’Eyrignac. Une impeccable géométrie de sculptures végétales. Des bassins où se reflètent les topiaires et les haies taillées au cordeau. En cette fin d’automne, nous sommes presque seuls, dans les allées, et avons l’impression d’être les hôtes privilégiés d’une demeure superbe, empreinte de noblesse et de sérénité. Photo A l’écart, les riches communs du Manoir d’Eyrignac et leur bassin orné de buis parfaitement taillés © JPD

Sarlat, est la base idéale La ville possède sans doute l’un des plus beaux ensembles médiévaux de France. Si Prosper Mérimée a fait l’inventaire des monuments historiques. C’est André Malraux, qui a pris l’initiative de les faire sauvegarder. Et Sarlat fût l’un des premiers site complètement restauré. Ce qui frappe, c’est l’extraordinaire concentration d’hôtels gothiques et Renaissance, de riches maisons de marchands, accolées les unes aux autres. Parfois subsiste, coincée entre les deux, une très étroite maison, toute en hauteur très simple. Sarlat est un entrelac de ruelles tortueuses, de placettes cachées et de passages secrets. La nuit, le calcaire doré, apparait en nuances chaleureuses, sous les projecteurs. Sur la place, le « Bistrot » nous propose tout l’éventail savoureux de la cuisine périgourdine : foie gras, magrets, gésiers, enchaud de porc, truffes, pommes de terre à la sarladaise, gâteau de noix et le bergerac, grand vin d’Aquitaine. Mercredi matin, jour de marché. Il se tient dans l’église Ste Marie, réhabilitée par Jean Nouvel. Tout ce que le Périgord fait de belle gastronomie est présenté ici. Sarlat à un charme fou ! Dans la campagne, apparaissent, tour à tour, des châteaux, des manoirs, des chartreuses, des églises romanes à coupoles, et des abbatiales. Photos. La maison de Montaigne et le Boétie, à côté le »Bistrot » excellente table à cuisine périgourdine. De si étroites maisons entre de belles demeures.© JPD

Les Jardins suspendus du château de Marqueyssac, sont installés sur un belvédère au dessus de la Dordogne. Ces jardins sont ornés de dizaines de milliers de buis, artistiquement travaillés. Ils sont l’oeuvre de plusieurs générations, dans la même famille depuis 1692. Depuis ce promontoire, la vue vue embrase toute la vallée, où coule la Dordogne, en indolents méandres. Trois châteaux, Castelnaud, Beynac et Marqueyssac, bâtis sur des éperons rocheux se dressent face à face. Un peu comme si les valeureux seigneurs, remplis d’orgueil et d’arrogance, voulaient continuer à se défier jusque dans l’éternité ! Castelnaud et Beynac sont guerriers, tout en donjons, tours, courtines, enceintes, créneaux, mâchicoulis, remparts, salles d’armes, arquebuses, arbalètes et armures. Photo. Sur un promontoire les Jardins suspendus de Marqueyssac, d’où l’on domine la Roque-Gageac ci-dessous et toute la région alentour.© JPD

La Roque Gageac, base idéale de canoë et de gabarre
Au Moyen-Âge et à la Renaissance, la vie était pleine de tourments, d’épidémies et de conflits. Guerre entres les anglais et les français. Guerre de Cent Ans, guerres de Religion, jacqueries. Maintenant tout est tranquille et serein. Nous apercevons en contrebas, dans une courbe de la Dordogne, le village adossé à la falaise de la Roque-Gageac. Des canoës multicolores glissent sur l’eau, une gabarre sombre, passe lentement. Photo. La Roque-Gageac, village accolé à la falaise et base de canoe et départ de min-croisères en gabarre.© JPD

Carennac. Le portail du XII° s. de l’église Saint-Pierre est orné d’un superbe tympan qui n’a pas été abimé par les jets de pierre de la Révolution. Dans un bras mort de la Dordogne, des barques à moitié coulées et les feuillages mordorés, se reflètent dans l’eau créant un décor romantique. Ce n’est pas une étape très connue, mais elle a un réel charme d’autrefois. Photo. La tour d’un manoir abandonné, un derniers symboles du temps passé © JPD

 

Beaulieu-sur-Dordogne, au riche passé
La ville médiévale, ancienne place commercial, est déserte en cette fin d’automne. Mais l’abbaye cistercienne, se dresse fière au bord de l’eau, comme un symbole de la foi profonde de l’époque. C’était l’une des étapes du chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Son histoire fût mouvementée. Mainmise des moines de Cluny. Conflits de pouvoir. Guerres de Religion. Pillages. Devenue temple protestant puis rendue catholique. Et maintenant église paroissiale. Mais on imagine assez bien un riche passé, il suffit d’y pénétrer et admirer son très beau décor sculpté. Photo. L’abbaye. On aperçoit un canoe. D’ici partent des descentes de la Dordogne en canoe  © JPD.

La hardiesse de Rocamadour. Nous arrivons dans le Quercy. Le décor du causse de Gramat est plus aride. Des prairies avec de belles vaches salers, des chênes, des noyers. Nous arrivons à Rocamadour par le causse, c’est-à-dire par le haut. Du bord de la route, une formidable superposition de bâtiments s’offre à nos yeux. Rocamadour est un village-rue de vieux logis, installé à flanc de montagne, au dessus d’un canyon, surplombé par une basilique agrippée à une falaise, elle-même dominée par un château. A cet égard, les bâtisseurs de l’époque ont fait preuve d’une hardiesse incroyable. Il faut rappeler que la basilique Saint Amadour et son pèlerinage étaient célèbres autrefois, dans toute la France. Photo. S’arrêter au bord de la route et admirer la superpositions de bâtiments  © JPD.

En passant par Collonges-la-Rouge. Sous les rayons obliques du soleil couchant d’automne, les pierres de grès et d’oxyde de fer, des maisons de , rougeoient de mille feux. Ici on l’appelle « le brasier »! Ce village médiéval tout rouge, a un aspect unique. Les vieilles maisons alternent avec de charmants manoirs flanqués de tourelles. L’église du XI et XII° s. a un grand donjon carré, reste de ses anciennes fortifications, un clocher et des tours d’angles, tous aux toits ronds pointus. Un vrai décor de conte de fées ! Photo. Certes l’église est superbe, mais ce qui est le plus remarquable, c’est la couleur rouge des maisons, de la plus humble à la plus riche © JPD.

 

Le jardin suspendu du château deTurenne
Dernière halte de ce court repérage : Turenne. Cette petite ville a eu un grand passé historique et une histoire mouvementée. Elle avait d’immenses domaines et comptait jusqu’à 1200 villages ! Un château privé, vite visité. Deux tours, l’une à l’escalier si étroit qu’on ne peut s’y croiser à deux. Autrefois un seul vaillant guerrier pouvait en défendre l’accès. Un étonnant jardin à la française suspendu entre les deux tours. Et une vue splendide sur tous les environs.

Retour vers l’autoroute, par les innombrables détours des petites routes de campagne, sans GPS nous serions perdus. Photo. Turenne, imaginez un jardin à la française installé sur le toit d’un château, bâti en haut d’une falaise rocheuse ! © JPD.
Le Périgord et le Quercy sont restés longtemps à l’écart des grands axes et donc de la modernité. Ils ont ainsi conservé leur riche patrimoine artistique, historique, et gastronomique. Voici donc un très bref aperçu du Périgord et du Quercy.
Nous aussi, nous sommes passés trop souvent à côté, sans nous arrêter… Et si on prenait le temps une autre fois ?

Texte et photos © Jean-Pierre Doiteau

Infos & Liens

* Grand Hôtel de Sarlat****. Accueil parfait. Piscine chauffée, jacuzzi, sauna.
* La Vigne Grande. Collonges-la-Rouge. Chambre d’hôte simple En pleine campagne. Accueil chaleureux.
* Comité départemental du Tourisme du Périgord www.dordogne-perigord-tourisme.fr.