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PATRIMOINE

N°31 HIVER-PRINTEMPS 19

Un conservatoire dynamique et innovant

Si le mot conservatoire a parfois une connotation désuète, pour ce qui est du Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Lyon, c’est toute autre chose. C’est un bouillon de culture, aux multiples compétences. Les jeunes du CNSMD, dansent, jouent, composent et chantent. Ils s’appuient, bien sûr, sur le socle artistique et les bases de leurs professeurs et de leurs ainés. Mais aussi sur les trois axes que le conservatoire a soutenu et développé ces dernières années, les partenariats professionnels, les partenariats de l’enseignement supérieur et des écoles d’art et les partenariats internationaux. Des parcours de transversalité entre musique et danse. Des classes de composition. De très nombreux partenariats dans le monde entier. Des jeunes artistes qui participent à des concours internationaux. Des brillants solistes célèbres. Et surtout des enseignants passionnés et des élèves très motivés. En un mot une ébullition artistique permanente. En voici l’essentiel.

Près de 400 concerts
publics gratuits par an
Nicolas Crosio, chef du service programmation et communication précise.  » Pour former les étudiants aux exigences de la scène, nous avons été obligés de construire une saison publique. De façon à ce que les étudiants prennent rapidement l’habitude du métier qui sera le leur ». Nous avons près de 400 concerts par an et l’entrée est gratuite. Au conservatoire et aussi à l’extérieur comme par exemple au MACLyon en performance sur une exposition d’art contemporain. Avec des nouveaux rendez-vous, des temps forts, des regards, des musiciens, des chorégraphes, et chefs invités, des nuits festives, un laboratoire de scènes actuelles, de la musique de chambre et de la musique ancienne, de la recherche, des partenariats avec l’ENSATT et le TNP, tout au long de la saison culturelle. Photos. Photo le conservatoire vu du ciel © Blaise Adilon. Voir ici l’agenda de la saison publique : http://www.cnsmd-lyon.fr/saison-publique/

N’entre pas qui veut au conservatoire
A titre indicatif, pour la dernière promotion, sur 1288 candidats, seuls 197 ont été admis ! C’est le même système qu’à l’université. Licence en 3 ans. Master en 2 ans. Doctorat. Une formation valable dans tous les conservatoires supérieurs d’Europe. Il n’y a que deux conservatoires supérieurs en France : Paris et Lyon. A noter la vitalité de la musique de chambre et de la musique ancienne et les très bons résultats de la danse. Photo Nicolas Crosio © JPD.

Les chiffres clé, d’un lieu aux innombrables ressources
613 étudiants. 180 enseignants permanents. 175 intervenants extérieurs. 14,6 millions de budget total. 430 manifestations culturelles. 48 master-classes, séminaires d’artistes et de professionnels. 1 auditorium. 1 salle d’ensemble de 50 places. 1 salle d’orgue de 100 places avec un orgue Grenzing, conçu sur mesure), 5 studios de danse dont l’un de 350m2 aménageable en lieu scénique. 1 médiathèque ouverte au public avec 100000 documents disponibles. Photo l’orchestre des étudiants © Blaise Adilon.

Un rayonnement international
Le conservatoire a des partenariats avec 86 établissements. En Europe avec Erasmus et hors d’Europe avec la Suisse, le Brésil, la Colombie, les USA, le Canada. C’est-à-dire un vrai rayonnement à l’international Un quart des étudiants est étranger. Si celui de Paris privilégie les profils atypiques pour former des grands solistes. Avec 600 élèves, celui de Lyon a la bonne taille, ce qui permet aux étudiants de se connaître. Lyon forme des étudiants plus ouverts aux métiers de la musique et de la danse, qui évoluent sans cesse. Les étudiants sont ainsi plus complets, ils travaillent ensemble, jouent en public, s’expriment en public. Avec de très bons résultats : 93 % des étudiants sortants ont trouvé, 3 ans après leur diplôme, un emploi dans le domaine de leur formation et avec une rémunération correspondant à leur niveau de diplôme. Soit en statut d’intermittent soit en emploi permanent. Ainsi à l’ONL, 1/4 des musiciens sont issus du CNSMD. Photo, un étudiant fait une performance au MAC Lyon pendant une exposition © Blaise Adilon, avec l’aimable autorisation du MACLyon.

Des têtes d’affiches
déjà célèbres

Des solistes. Anne Gastinel, violoncelle, Stéphanie d’Oustrac, soprano, Jean-Guilhen Queyras, violoncelle, Gilles Apap, violon, Julien Behr, ténor.
Des quatuors à cordes. Debussy, Hermès, Varèse, Béla, Yako, Confluences, Wassily.
Des ensembles. Percussions Claviers de Lyon, Concert de l’Hostel Dieu (Franck-Emmanuel Comte), Ensemble Correspondances (Sébastien Daucé).   Des danseurs. Benjamin Millepied (New York City Ballet), Denis Plassard (Compagnie Propos),  Guy Albouy (Soliste du Ballet de l’Opéra de Dresde), Mimosa Koïke (soliste Ballet de Monte-Carlo), Julie Gardette (Étoile du Ballet National de Norvège), Abou Lagraa (Compagnie La Baraka).   Raphaël Boumaïla (Danseur principal de la Limon Dance Company).  Des postes de direction. Nicolas Chalvin (Directeur de l’Orchestre des Pays de Savoie). Eric Crambes (Directeur académie et Festival des Arcs). Gérard Lecointe (Directeur du Théâtre de La Renaissance, Oullins). Benjamin Levy (Directeur musical de l’Orchestre de Cannes). Nicolas Bucher (Directeur du Centre de Musique baroque de Versailles). Etc… Photo, studio de danse  © Blaise Adilon.

Un conservatoire performant, largement ouvert à la pratique et aux partenariats
Comme on le voit, le conservatoire est innovant, largement ouvert aux nouvelles formes de spectacles, aux projets de toutes sortes, à une plus grande pratique de la part des étudiants, à des partenariats, à Lyon, en France et à l’international. Tout en formant des étudiants déjà opérationnels et très performants. JPD  Plus de détails :  www.cnsmd-lyon.fr Photo © Blaise Adilon.


 

Un lieu de patrimoine où se sont succèdés,
médecins, religieuses, vétérinaires…

Ces bâtiments uniques en France ont une riche histoire. Pendant la période gallo-romaine, il y aurait eu des thermes. Un hôpital dépendant de la Collégiale Saint-Paul (l’église Saint-Paul qui n’est pas loin, est l’une des plus anciennes de Lyon) fut supprimé par le pape Alexandre VI en 1492. Ensuite la propriété fut attribuée à frère Bourgeois, désireux d’y fonder un couvent. En 1496, il comprenait une petite église gothique et le couvent des Cordeliers de l’Observance. Il fût en partie détruit en 1562 par les protestants. En 1675, après travaux, il devint couvent Sainte-Elisabeth des Deux Amants. A la Révolution, les 37 religieuses furent expulsée et il fût saisi. En 1795 il fût décidé d’y transférer l’école vétérinaire, crée peu de temps avant, par Bourgelat. Plusieurs architectes successifs furent chargés (1795 à 1847) de l’adaptation et de la transformation des bâtiments. Mais, au final, l’ensemble manquait de cohérence, l’Ecole Vétérinaire déménageait en 1978 à Marcy l’Etoile.

Avec maintenant musiciens et danseurs

Entre-temps, le Conservatoire national supérieur était devenu opérationnel en 1979. Il accueillait ses élèves dans des locaux provisoires rue de l’Angile, en attendant son installation définitive quai Chauveau. Et en 1988, voici 30 ans déjà, le conservatoire emménageait dans des locaux entièrement réhabilités. Outre les bâtiments, il dispose de vastes terrasses extérieures avec des décors paysagers sur mesure et qui communiquent entre-elles par des passages et des escaliers. Un deuxième site. Depuis 1992, la danse occupe un deuxième site, le « Grenier d’Abondance », un grenier à blé, construit au XVIII° s. au 3° étage du bâtiment de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), de l’autre côté de la Saône, juste en face. Photo © JPD.

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