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MUSÉES

N°32 Eté 2019 – Les expositions temporaires des musées de Lyon.

Attendez-vous à être surpris !
Quatre expositions évolutives de la jeune création contemporaine
Les jeunes artistes contemporains ne manquent ni d’idées, ni de talent. Comme en témoigne la nouvelle exposition du MACLyon. Certaines oeuvres présentées sont achevées, d’autres en cours, ou a venir. Les espaces sont donc occupés partiellement. L’exposition se veut évolutive. Et puisque les titres des expositions sont souvent en anglais : « Expect to be surprised ». Attendez-vous à être surpris ! Visite express.

Story Telling. Sept artistes en résidence
Sept artistes vont se succéder dans le temps jusqu’en juillet. Mettant la première oeuvre en présence de matériaux de construction : exposition-processus, qui renouvellent la relation entre le visiteur et l’artiste. Les grands panneaux blancs réalisés à main levée et au stylo feutre noir, par Chourouk Hriech, sont superbes. Au cours d’une performance elle fait même des dessins, dos à la feuille blanche ! Elle sera suivie dans le temps par Lou Masduraud & Antoine Bellini, de Sara Bichâo, Cecile Langlois, Hannelore Van Dijk et Violaine Lochu. Photo. Superbe panneaux, au feutre, appel à la contemplation d’architectures anciennes et récentes réelles et imaginaires de Chourouk Hriech © JPD.

Tal Isaac Hadad. Breathing Pictures
Regarder, respirer. Dans une salle sombre, ambiance tamisée, deux pianos de concert sont là, modifiés. L’un réduit à trois notes par octave, l’autre à six, au lieu de sept. Les touches sont regroupées. La partition est adaptée. L’artiste invité joue, le son est différent, moins de nuances, mais original et intéressant quand même. Photo. Le piano de Tal Isaac Hadad. Artiste invité, son aperçoit le clavier aux touches regroupées © JPD.

Maxwell Alexandre. « Pardo é Papel »
Maxwell Alexandre est brésilien, né à Rio de Janeiro, dans une favela. Il s’inspire, avec un réel talent, de la peinture murale, du rap et de sa pratique du roller. Sa vision de l’espace urbain est très pertinente. Ses oeuvres, monumentales ne laissent pas indifférents. Elles nous parlent de vie quotidienne de politique et de culture. Il peint sur des papiers kraft d’emballage brun ( « pardo é papel »), regroupés en immense panneaux muraux. D’autres petites bâches étanches, utilisés pour les mini-piscines d’enfants des favelas, forment ses autres supports. Il met en avant les minorités, les difficultés, les violences. Photo. Maxwell Alexandre, oeuvre murale réalisée en tissus étanche de min-baignoire pour enfants des favelas © JPD.

Sounding new. Oeuvres sonores de la collection
Le MAC possède dans ses collections des oeuvres sonores exceptionnelles. Elles sont exposées autour de Rainforest V de David Tudor et Composers Inside Electronics, qui constitue l’origine de l’exposition Sounding new. Le visiteur peut ainsi découvrir une sélection d’oeuvres de 17 artistes, autour de la musique, des arts visuels, du théâtre, de la danse et de la poésie. Les pièces exposées sont audacieuses dans leur conception et originales par leur créativité.
Mais pour comprendre, il faut s’arrêter, regarder, écouter, lire, ressentir les oeuvres de ces artistes dont certains ont marqué l’histoire de l’art contemporain. George Brecht. Philip Corner, Molly Davies, Morton Feldman, Anna Halprin, Joe Jones, Allan Kaprow, Alvin Lucier, George Mc Lunas, Peter Moore, Nam June Palk, Terry Riley, david Tdor & Composers inside Electronics, Stephen Vitiello, La Monte Young et Marian Zazeela. Photo. Ces roues et jantes ne roulent pas. Mais elles émettent des sons mélodieux. Approchez-vous. Et écoutez ©  JPD.

A venir Charlie Adlard, Walking Dead. Du 7 juin au 7 juillet
Illustrateur de « comics » (BD en français), depuis près de 20 ans, Charlie Adlard se fait connaître pour son travail de dessinateur pour Mars Attacks!, X-Files, Batman. Notamment grâce à son encrage de plus en plus affirmé, aux larges aplats noirs… A venir donc une exposition exceptionnelle de planches originales de Walking Dead, série évènement publiée en France par Delcourt… A suivre

Un pôle des musées d’art de Lyon pour faire rayonner l’art
Après le départ en retraite de Thierry Raspail, fondateur du MAC en 1984, le musée d’Art Contemporain de Lyon se dote d’une nouvelle une direction. L’objectif est d’ impulser un projet axé sur l’émergence, les nouveaux territoires artistiques, l’international et des partenariats innovants. Isabelle Bertolotti, actuelle responsable des expositions du MAC, prend la direction du musée. Elle sera accompagnée de Matthieu Lelièvre, historien de l’art et commissaire indépendant, en tant que conseiller artistique avec pour mission de développer les liens avec la jeune création et les réseaux internationaux.
Le pôle des musées d’art de Lyon se veut un nouveau modèle pour faire rayonner l’art. Dans un contexte international en pleine mutation, de nombreux grands musées à travers le monde ont redéfini leur projet et imaginé de nouvelles propositions à travers des rapprochements entre établissements, comme c’est le cas notamment à la Tate de Londres, au Städel Museum, à la Schirn Kunsthalle et à la Liebieghaus à Francfort; ou encore au MoMA /PS1 à New York. Avec le nouveau pôle des musées d’art qui réunit désormais le musée des Beaux-Arts et le musée d’Art contemporain, Lyon s’inscrit dans cette ambition d’expérimenter un nouveau modèle pour ses musées. La création de cette nouvelle entité, placée sous sa direction, permet d’offrir à la Ville de Lyon la plus grande collection d’art en France, hors Paris.
Sylvie Ramond, direction générale. Directrice du musée des Beaux-Arts de Lyon depuis 2004. Diplômée de la Sorbonne et de l’Ecole du Louvre, ancienne élève de l’Ecole nationale du patrimoine, conservateur en chef du patrimoine et professeur associé à l’ENS Lyon, Sylvie Ramond a hissé le musée des Beaux-Arts au premier rang des musées français de stature internationale. Photo Sylvie Ramond © Siegfried Marque.
Isabelle Bertolotti, directrice du musée d’Art Contemporain de Lyon. Historienne d’art, formée à l’Université Lyon 2 et à l’Ecole du Louvre, avec une spécialisation en muséologie et en art contemporain, Isabelle Bertolotti est responsable des expositions au musée d’Art Contemporain depuis 1995. Elle est la co-fondatrice et co-directrice artistique depuis 2002, de la manifestation « Rendez-vous/ Jeune création internationale », évènement consacré à la scène émergente française et internationale qui se tient au moment de la Biennale de Lyon. Photo Isabelle Bertolotti © Tony Noël.

Matthieu Lelièvre, conseiller artistique pour la jeune création au MAC de Lyon
Diplômé de l’École du Louvre et de l’Institut national du patrimoine, Matthieu Lelièvre est un historien de l’art qui a été simultanément commissaire et responsable de collections pour des musées et des galeries à Paris et à Berlin. En tant qu’expert en art contemporain, il travaillé avec plusieurs associations, des galeries privées et des musées à Berlin (KunstBüroBerlin, Mars, Hamish Morrison Galerie, Berlinische Galerie…). Photo Matthieu Lelièvre © DR.

 

« Désir d’Art ». La collection africaine Ewa et Yves Develon
Des masques et cimiers extraordinaires d’Afrique
Musée des Confluences jusqu’au 12 mai 2019
« La collection n’est pas une accumulation d’objets, c’est un chemin. Ce n’est pas un but, c’est une manière de mieux se connaître » dit Yves Develon. Une quinzaine de pièces rares et peu vues jusqu’ici dans les musées d’Europe.  Durant une cinquantaine d’années, Ewa et Yves Develon ont constitué une incroyable collection d’objets d’Afrique, dont notamment des masques, cimiers et statues du Nigéria. Cette exposition présente les quarante premières pièces de leur donation ainsi que vingt prêts exceptionnels. Et le parcours retrace l’esprit qui a guidé la constitution de cette originale collection.
Photos. Masque-heaume agbogho mwo Sud-est du Nigeria, population igbo Don d’Ewa et Yves Develon © musée des Confluences © Gregor Podgorski. Vue d’une des salles de  la collection africaine Ewa et Yves Develon » au musée des Confluences, Lyon © Bertrand Stofleth.

 

 

« Coléoptères », petite, mais dense exposition d’insectes extraordinaires
Musée des Confluences jusqu’au 28 juin 2020
Coléoptères. Une petite mais dense exposition. Ils font depuis toujours partie de notre quotidien. Et parfois on ne les remarque même pas ! Comme dans ce tableau lumineux interactif représentant un bouquet de fleurs de Pieter Bruegel l’Ancien (1525-1589. Des insectes sont peints, mais en minuscule parmi les fleurs. Au visiteur de découvrir les coléoptères avec son doigt tactile. Avec l’exposition Coléoptères, le Musée des Confluences n’a pas fini de nous étonner par l’originalité et la pertinence de ses expositions. De la coccinelle au scarabée atlas en passant par le doryphore et la luciole, les coléoptères nous impressionnent par leurs dimensions ou leurs capacités étonnantes. Présents sur la totalité du globe à l’exception des pôles et des mers, ces insectes font partie de notre quotidien. Ils sont à l’origine de nombreux mythes et croyances à travers le monde. En associant les regards scientifiques et artistiques, cette exposition propose de découvrir ces créatures extraordinaires. Le saviez-vous? De la coccinelle au scarabée atlas en passant par la cétoine dorée, le doryphore et la luciole, les coléoptères représentent plus de 387000 espèces réparties sur tous les continents à l’exception du Pôle Sud, et sont présents sur terre depuis plusieurs centaines de millions d’années. Puisant dans l’incroyable collection entomologique du musée des Confluences, l’exposition propose de découvrir ces insectes si communs, aux caractéristiques pourtant extraordinaires. Photo Mistro, extrait de la série « Mask & totem » 2017 © photo Pascal Goet.

« Fêtes himalayennes, les derniers Kalash »
Photos de reportages
Musée des Confluences jusqu’au 1er déc 2019.
Fêtes himalayennes, les derniers Kalash, raconte l’histoire d’un trio de voyageurs originaires de Lyon. Viviane Lièvre est ethnologue et photographe, Jean Yves Loude, ancien directeur de Lyon Poche est ethnologue et écrivain et Hervé Nègre, photographe, il arpente le monde depuis 45 ans. Ils firent dix séjours dans ce pays en 1976 et 1990, et en ramenèrent des photos rares, des impressions, des notes et des objets originaux. Les Kalash sont animistes. Ils font des fêtes spectaculaires. Ils vivent dans trois vallées à l’Ouest de la chaîne himalayennes, au N-O du Pakistan. Ils vivent entre pâturages d’altitude et villages isolés de vallées. Leur donation permet, pour la première fois au Musée des confluences de mettre en lumière, ces habitants d’une région lointaine et oubliée. Photo. Fillettes en « habits d’ancêtres » pour la fête des vendanges, Prun, dans la vallée de Birir musée des Confluences © Viviane Lièvre.

Yokainoshima  » Esprits du Japon »
Superbes photos d’art de Charles Fréger et objets traditionnels du Japon
Musée des Confluences jusqu’au 25 août 2019

Le musée présente une petite, mais originale exposition temporaire. « Yokainoshima », une série de photos d’aujourd’hui, qui représentent « l’île aux esprits et aux monstres ». Les « Yokai » désignent des êtres surnaturels vivant parmi les japonais et générant des phénomènes mystérieux. A la différence des européens, les japonais semblent très attachés à leurs traditions. L’artiste photographe Charles Fréger réalise d’immenses photos, qu’il tire lui-même. Il s’agit d’un travail artistique très préparé, qui relève presque de l’anthropologique, avec une mise en scène, des personnages, des vrais costumes, des masques de collection, des cadrages frontaux, et des arrière-plans évocateurs. Charles Fréger a déjà fait une vingtaine d’expositions et réalisés plusieurs livres. C’est l’occasion pour le musée de montrer, aussi, quelques objets anciens, superbes et rarissimes, choisis parmi les 1000 pièces de ses collections japonaises. Une statue de Kannon. Un daruma. Des masques. Des statuettes de la spiritualité shintô, les « kami », présentées dans des petits sanctuaires reconstitués. Etc.  Bref, une scénographie recherchée qui met immédiatement le visiteur dans une ambiance japonaise.
Photo Oneone-No-Odoriko (Karitate, île de Fuku-e, archipel Goto, préfecture de Nagasaki – entre 2013 et 2015) © Charles Fréger.
Photo. Masque d’Hyottoko (Japon- 2e moitié du 20e siècle) Musée international du Carnaval et du Masque, Binche, Belgique Photo © Olivier Desart pour le MiCM. Hyottoko et Okame sont des personnages emblématiques du Japon.

 

Rêver de voyages et d’exploration
« Hugo Pratt, lignes d’horizons »
Musée des Confluences / Jusqu’au 24 mars 2019
Voilà une belle exposition, à voir (et à revoir avec plaisir) qui donne des envies immédiates d’évasion et de voyages lointains. Les planches des BD d’Hugo Pratt, sont ici particulièrement bien mises en valeur en grands formats suspendus. Et aussi grâce aux objets de collection qui l’ont inspiré. Et l’exposition le montre bien : 94 objets exotiques liés à ses albums sont présentés. 130 planches et aquarelles originales, plus de 50 reproductions de cases de bande dessinées de 3 à 7mètres de haut, et 390 portraits composent la galerie des personnages crées par Hugo part, intégralement présentés dans l’exposition. Plus « La Table des vents », (photo), une originale tentative vidéo interactive de cartographier le monde passionné de l’artiste (les enfants adorent). Une vidéo de 45 minutes retrace sa vie, son oeuvre. Enfin « La Lanterne », un espace rond, sur les murs desquels sont projetées des vidéos animées, d’extraits de ses oeuvres. Bref une superbe exposition qui va durer jusqu’à l’année prochaine. Hugo Pratt 1927-1995, est un créateur, au graphisme et à l’art du récit, reconnaissable entre tous. Il savait, d’un trait sûr, saisir l’essentiel d’un paysage, d’une intrigue, d’un fait historique ou d’une légende oubliée. Dans ses dessins, il savait aussi mieux que quiconque occuper tout l’espace. Laissant même par de grands blancs, faire rêver le lecteur d’horizons infinis.Il était avant tout dessinateur de noir et blanc. Les grands films en noir et blanc des années 60, les photos en noir et blanc des grands photographes ont un réel charme évocateur. De même les dessins de Hugo Pratt, laissent une grande part à l’imagination. C’est ce qui fait son originalité et son style unique. Passionné de géographie, il était tout à la fois vénitien (de naissance), irlandais, argentin, éthiopien, mongol et maori. JPD. Photos. Scénographies de l’exposition Hugo Pratt, lignes d’horizons ©  Bertrand Stofleth, Musée des Confluences. La Ballade de la Mer Salée (1967) © Cong SA Suisse. Tous droits réservés.


Infos & Liens

La Biennale de Lyon. www.labiennaledelyon.com
Musée des Confluences. 86, quai Perrache 69002 Lyon 04 28 38 12 12 – www.museedesconfluences.fr
Musée des Beaux-Arts (MBA). www.mba-lyon.fr
Musée d’art contemporain (MAC). Cité Internationale – www.mac-lyon.com
Institut d’Art Contemporain (IAC). Villeurbanne  – www.i-art-c.org
Musées Gallo-Romains de Lyon et Saint-Romain-en-Gal – www.musees-gallo-romains.com
Gadagne Musées – www.gadagne.musees.lyon.fr
Musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique. 13 rue de la Poullaillerie 69002 Lyon – 04 78 37 65 98  – www.imprimerie.lyon.fr
Musées des Tissus et Musée des Arts décoratifs de Lyon – 34 rue de la Charité F-69002 Lyon – 04 78 38 42 00 – www.mtmad.fr
Musée de l’Automobile Henri Malartre 645, rue du Musée 69270 Rochetaillée 04 78 22 18 80 – musee.malartre@mairie-lyon.frwww.musee-malartre.com