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PATRIMOINE

N°30 Automne 2018  – Septembre – Octobre – Novembre – Décembre – 10° ANNIVERSAIRE
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I – Livres. Viennent de paraitre
II – Le Grand Hôtel-Dieu / La chapelle de l’Hôtel-Dieu

Paul Bocuse, le Feu Sacré
La biographie du cuisinier du siècle

Alors que va s’ouvrir prochainement à Lyon au Grand Hôtel-Dieu, la « Cité de la Gastronomie », il nous parait tout-à-fait utile, de vous présenter la nouvelle édition réactualisée du livre « Paul Bocuse Le Feu Sacré ». Car s’il est un personnage, qui fait désormais partie du patrimoine gastronomique lyonnais, c’est bien Paul Bocuse. Voilà donc un parfait cadeau de Noël.

Une nouvelle édition réactualisée
Le cuisinier du siècle, le pape de la gastronomie française a tiré sa révérence le 20 janvier 2018. Il laisse orphelins les lyonnais, qui le pensait éternel et la France dont il était le symbole, et les chefs du monde entier.
« Le Feu Sacré » écrit et réactualisé par Eve-Maire Zizza-Lalu raconte l’histoire du fabuleux destin d’un fils, petit-fils de cuisiniers, devenu héraut de toute une profession. Il retrace l’aventure de la « nouvelle cuisine » et l’impulsion donnée par Paul Bocuse pour permettre aux cuisiniers d’échapper à la servitude et à l’anonymat des fourneaux des temps anciens. Afin qu’il puissent devenir des propriétaires, des créateurs et parfois même des experts en marketing.

Il a côtoyé les grands de ce monde
Riche en péripéties, l’épopée flamboyante de Paul Bocuse est savoureuse, relevée et généreuse. Elle est ponctuée par les recettes emblématiques de l’Auberge du Pont de Collonges. Dans le dernier chapitre qui retrace les dix dernières années de la vie de Paul Bocuse, Eve-Marie-Zizza-Lalu, complète le portrait de ce personnages à facettes qui a suscité une véritable passion chez ses contemporains. Ses compagnons de route disaient de lui « il n’est pas compliqué, il est complexe ». Un homme dont l’incroyable énergie continuer de vibrer à Collonges et aussi au coeur des projets qui portent son nom. Le charme de ce beau livre, c’est qu’il fourmille de photos, noir et blanc et couleur, comme extraites d’albums de famille et de photos de presse en noir et blanc, qui lui confèrent un réel parfum d’authenticité. « Paul Bocuse, le Feu Sacré ». Eve-Marie Zizza-Lalu est journaliste et critique gastronomique. Editions Glénat. En librairies. 240 pages 35 €.  www.glenatlivres.com           

Lyon Inédit 1953-1976
du photographe Guy Borgé, écrit par J-P. Tabey

A parcourir cet album de photos anciennes inédites, on se rend vite compte de l’immense chemin parcouru à Lyon depuis cette période. Le Lyon de 1953, les façades étaient sombres et sales. Le parcours nous emmène aux bords de Saône, puis dans la presqu’île et enfin sur la rive gauche du Rhône. Quelques photos. 1953 : le Pont de Serin, remplacé par le Pont Koenig. 1954 : la ficelle de Saint-Jean et son plateau ouvert sur lequel montaient les voyageurs. 1954 : la sortie de l’usine Lumière qui faisait de très beaux papiers photos pour les tirages argentiques. 1955 : un pied humide. 1956 : des scouts en short, montant dans le train, gare des Brotteaux. 1956 : la rotonde du dépôt de locomotives à vapeur de Vénissieux, site sur lequel a été construit une zone industrielle. 1957 : le Train Bleu sur les quais de Saône… Dommage qu’on l’ait supprimé. 1959 : on imagine pas un seul instant que sur cette prairie ait été construite La Duchère. 1962 : la gare de Perrache, avec une machine à vapeur pour les trains des lignes secondaires et la locomotive électrique du célèbre Mistral qui faisait Paris-Lyon en moins de quatre heures ! 1965 : le quai Romain Rolland où les boulistes ont été remplacés par un parking. 1966 : le Grand Bazar, devenu Monoprix, place des Cordeliers. Etc… Un livre-album qui nous fait apprécier de vivre dans une ville claire et lumineuse. JPD. Editions lyonnaises d’art et d’histoire. www.editions-lyonnaises.fr – 192 pages 29 €.

L’Alpe 1998-2018. les 20 ans d’un magazine éclectique

Voici un magazine de qualité qui pour son 20° anniversaire, nous propose une intéressante radiographie des Alpes. Très moderne dans sa conception, la maquette de « l’Alpe » évolue avec une belle typographie, due au graphiste bulgare Radomir Tinkov, et un balisage visuel élaboré. « L’Alpe » propose une alternance de dossiers et de brèves d’actualité de toute l’Europe. Un rythme procurant un confort de lecture inégalé. Les articles de fond sont rédigés par des spécialistes sur les cultures et patrimoines de l’Europe Alpine. Comme par exemple « Quelles Alpes vingt ans après ? » Des pistes pour décoder la montagne d’aujourd’hui et de demain. L’Alpe magazine. Editions Glénat www.glenatlivres.com et www.lalpe.com -100 pages. 18€.

 

L’Epopée des Stations de Ski

Un patrimoine vivantPatrimoine les stations de ski ? Et bien oui. On est habitué à la notion de patrimoine ancien, beau, mais statique. Une propriété rare et unique, qu’il faut entretenir et améliorer, transmise par les ancêtres. Il faut le reconnaître, le patrimoine français des stations villages et des stations d’altitude et leurs remontées mécaniques, est unique au monde. Et c’est un patrimoine vivant en constante évolution.
Ce livre nous fait découvrir qu’en 1938, la France ne comptait qu’une vingtaine de funiculaires et téléphériques et que 80 ans plus tard on dénombre 3287 remontées mécaniques : téléphériques, funiculaires, télétextes, télésièges, et téléskis. Pour les installer les hommes ont dû surmonter d’immenses défis physiques et techniques.
A l’aide de photos d’époque, de croquis, de reproductions des premières affiches, d’articles sur la sécurité, les canons à neige, les nouvelles pratiques du ski et de la montagne, les défis du manque de neige, et aussi le futur des stations, l’auteur fait un point complet sur des pratiques de la neige.
Un livre bien documenté et très largement illustré de photos d’époque et de plus récentes, qui aide le skieur et le simple vacancier à la neige, à mieux comprendre l’univers des stations de ski. Quand une épopée devient un patrimoine unique au monde !
Ecrit par Guillaume Desmurs. 238 pages 29€. Editions Glénat.  www.glenatlivres.com            

 

A travers les Montagnes d’Europe

Voici un somptueux road-movie en photos, qui nous fait voyager du Spitzberg à la Crète en passant par la Scandinavie, l’Ecosse, les Alpes et les Balkans. Johan Lolos vit en Belgique, il est passionné de grands espaces, de nature sauvage et de montagne. Ses photos ont été publiées par le National Geographic Magazine, le Daily Mail, le Huffington Post, Outside magazine.etc..
Première impression, ce livre est imprimé sur papier mat, ce qui donne plus d’authenticité, de nuances et d’épaisseur au contenu. Un peu comme si l’auteur voulait s’échapper du papier glacé des belles photos de montagne vues partout.
Deuxième impression, à la lecture, on se rend compte que l’auteur Johan Lolos a voulu donner de l’importance aux gens rencontrés dans chacun des pays visités.
Comme on le découvre dans ce livre, les montagnes d’Europe sont uniques avec une infinie variété de paysages. L’auteur est fasciné par le spectacle de la nature, mais à travers ses portraits, c’est la qualité de l’expérience vécue et la diversité des cultures, qu’il cherche et réussit parfaitement, à restituer… Et c’est une leçon à méditer, pour nous voyageurs pressés, qui traversons trop souvent les montagnes sans nous arrêter, sans prendre le temps de discuter avec les montagnards… Et si nous aussi, on prenait un peu le temps ?
Avec son 4x4, et sa tente, il a parcouru 40000 km et sillonné 17 pays, sommets, vallées, alpages, et rivages, postant quotidiennement sur Instagram 20 photos pendant 145 jours. Il est suivi par 500000 followers.
Il a sélectionné ses 200 images préférées, souvent inédites, accompagnées de courts textes. Ses photos des îles Lofoten (Norvège du N-O) sont absolument superbes et rares. Elles reflètent parfaitement la météo imprévisible, le temps incertain, et les lumières extraordinaires. Pour nous c’était plutôt la pluie ! Dommage que si peu de français les connaissent. Ses vues d’Islande sont exceptionnelles, seul un très bon photographe, montagnard et disposant d’assez de temps, pour trouver, le bon moment, le bon angle de prise de vues, peut arriver à de tels résultats. Un livre pour s’évader, avant de partir sur les routes de montagne l’été prochain. 256 pages 39,50 €.  www.glenatlivres.com            

 

Une Histoire du Secours en Montagne,
qui se lit comme un roman

Voici un livre qui vient à propos, pour Noël et au moment où s’ouvre la saison d’hiver. Attention, ce n’est pas le livre d’un historien, mais plutôt celui de l’épopée du secours en montagne. Avec des histoires vécues, des récits passionnants de sauvetages qui se lisent comme des romans. L’Eiger, la caravane de secours à l’Olan. Vincendon et Henry. Le télécabine de la Pointe Helbronner. Le drame des Grandes Jorasses. Des affaires célèbres qui ont fait, à l’époque, la « Une » de Paris Match et de la télévision. Des caravanes de secours. Des crashes d’avion.. Des récits bien documentés agrémentés de photos d’époque. Il fait aussi l’historique des origines à la naissance du métier de secouriste, de la gendarmerie de montagne, le fameux PGHM. Du secours au quotidien. Le Mont-Blanc, pas si facile ! Des nouvelles pratiques de la montagne : toujours plus haut, plus loin. Grimper, voler et mourir… Un monde sans risques ? A lire et à méditer, avant de s’engager, sciemment ou inconsciemment dans des aventures simples, qui peuvent vite tourner à l’extrême. Une Histoire du Secours en Montagne de Blaise Agresti. Editions Glénat 192 pages 25 €. www.glenatlivres.com


Grand Hôtel-Dieu
Une rénovation unique en Europe

 

Les lyonnais l’appellent l’Hôtel-Dieu. Mais c’est bien le Grand Hôtel-Dieu, dont il s’agit, comme en témoigne la plaque apposée au dessus de la porte d’entrée. Il était déjà grand par sa renommée européenne et sa taille, mais désormais il est vraiment impressionnant. Juste deux remarques. Quoique l’ensemble ne soit plus du tout médical, pourquoi pas un petit musée de la médecine, comme aux Hospices de Beaune ? La chapelle, joyau baroque, n’a pas pu être englobée dans les grands travaux réalisés. Dommage. Voici en photos et en chiffres l’essentiel de cette impressionnante rénovation, unique en France. Photo détails de la restauration du Dôme Soufflot © Vincent Ramet.

Un lieu réinventé


Tout au long de son histoire, le Grand Hôtel-Dieu, patrimoine lyonnais emblématique qui contribua à la vie et au rayonnement de la cité a été le théâtre de nombreuses aventures médicales, militaires et religieuses. Aujourd’hui, le Grand Hôtel-Dieu propose un nouveau lieu de vie pour des lyonnais et les visiteurs du monde entier. Boutiques, bureaux, cours historiques, restaurants. En 2019, l’hôtel Intercontinental 5 étoiles ouvrira sur la façade monumentale des quais du Rhône avec un centre de convention, puis la Cité Internationale de la Gastronomie. Photo. Une plaque rappelle que François Rabelais, médecin et écrivain exerça ici de 1532 à 1535 © JPD.

Une rénovation qui marque la renaissance
d’un lieu historique et prestigieux

La réhabilitation du Grand Hôtel-Dieu fut un immense défi ! Le challenge : transformer l’édifice à l’architecture exceptionnelle en une destination exclusive, tout en saisissant la complexité du site et en affirmant son identité. Le patrimoine légué entre autres par les architectes Jacques-Germain Soufflot et Paul Pascalon, ne fut pas une contrainte mais bien le socle pour offrir une nouvelle approche et accompagner la perpétuelle mutation du Grand Hôtel-Dieu. Ce chantier de plus de 4 ans fut l’un des plus emblématiques de l’agglomération lyonnaise et de France, portant sur la reconversion d’un Monument Historique prestigieux. Outre une rénovation visant à faire recouvrer aux bâtis et extérieurs leur majesté, il fut question de faire, d’un site historique majeur, un nouveau quartier à vivre au coeur du centre-ville, dans une zone inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO depuis 1998.
Il s’agit de la plus vaste initiative privée de rénovation d’un Monument Historique jamais réalisée à ce jour en France. Le projet de reconversion a été supporté par Eiffage Immobilier et conçu par les architectes Albert Constantin (AIA Architectes) et Didier Repellin (RL&A), avec le soutien de la Ville de Lyon. Crédit Agricole Assurances, en partenariat avec la Caisse Régionale du Crédit Agricole Centre-Est, s’est porté acquéreur du site, convaincu du succès de ce projet ambitieux de reconversion. La gestion du site a été
confiée à la société Scaprim. Photos. Les nouveaux bâtiments, vue du côté de la rue Bellecordière © Vincent Ramet. Reflets du bâtiment côté rue Bellecordière © JP Doiteau.

Les chiffres impressionnants, d’un projet hors normes

– 51500 m2 de surface totale
– 42000 m2 de bâtiments réhabilités et reconvertis
– 40000 m2 de façades restaurées
– 2,2 hectares de surface au sol
– 11500m2 de constructions neuves
– 1100 m2 de verrière dans la Cour du Midi, 400 vitrages et un poids de 120 tonnes !
– 173654 m2 de commerces, boutiques et restaurants
– 3900m2 Cité Internationale de la Gastronomie
– 13237m2 Hôtel Intercontinental 5*****
– 14000 m2 de bureaux
– 837 logements
– 8000 m2 de cours et jardins
– plus de 35 enseignes commerciales
– 2740 m2 pour le Centre de Convention
Photo le Dôme Pascalon, au dessus de la cour Saint-Martin © JP. Doiteau

Un lieu à la fois préservé et ouvert sur la ville
avec 7 entrées différentes


– 3 rue Bellecordière, accès Amédée Bonnet
– 31 rue Bellecordière, accès Cour du Midi
– 9 rue de la Barre, accès Cour du Midi
– 11 rue Marcel-Gabriel Rivère accès Cour du Cloître et place de l’Hôpital
– 24 quai Jules Courmont accès Cour St Martin
– 2 place Pascalon accès Cour Pascalon
– 20 quai Jules Courmont accès Cour St Henri sous le Grand Dôme, accessible à partir de 2019. Photos Les portes quai Jules Courmont et rue de la Barre © JPD.

Des enseignes, des restaurants, des bars,
des entreprises innovantes et d’autres à venir

Ils sont les reflets des tendances actuelles.
Bars et restaurants : Beefhouse. Second Cup, Coffee shop, Vatel Gourmet, Sushishop, Wagamama, Artisan de la Truffe, Buddha Bar, Mokxa, Miss Paradis.
Boutiques : Blanc Cerise, Bobbies, Clarins, Ecocentric. le Roy René, Brochier 1890 Soieries, Alexandre de Paris, AM.PM., Aroma Zone, Citadium, Marie Sixtine, Maison Montagut, Bobo Design, Polidiam, Antony Morato, COS, Un Jour Ailleurs.
Bureaux. En alliant le charme de l’ancien et la fonctionnalité du neuf, les bureaux situés au-dessus des commerces sur 3 ou 4 étages, dévoilent un large choix d’implantations et de surfaces. Ils se répartissent dans des bâtiments neufs (6 240m²), rue Bellecordière et Cour Sainte-Elisabeth, ainsi que, pour l’autre moitié, dans les ailes historiques. Citons : aga2, allegorithmic, axpo, elior, expert &finance, hr team, KBL Richelieu, nextdoor, pwc, Cider, Extia, Mérieux, CNA.
L’année prochaine l’hôtel Intercontiental*****. Et la Cité Internationale de la Gastronomie.
Photos. Sous la grande verrière, les boutiques sur deux niveaux, avec ascenseur © JPD. Les deux dômes Soufflot et Pascalon, vue du côté Rhône © Vincent Ramet.

Infos & Liens

Horaires d’ouvertures
– Boutiques : du lundi au samedi, de 10h à 19h30
– Restaurants et cafés : 7j/7, . partir de 7h30 jusqu’à 1h du matin
– Cours et jardins : 7j/7, à partir de 7h30 jusqu’à 1h du matin
(Cour du Midi et Cour du Cloître à 20h)
Avec bien entendu des ouvertures exceptionnelles :
– Dimanche 14 octobre 2018
Festival Lumières, dimanches 25 novembre et 2, 9, 16, 23 décembre 2018
– Fêtes de fin d’année
Une application gratuite est téléchargeable et donne des informations pratiques sur chaque enseigne, des plans interactifs, les horaires, les actualités, la programmation événementielle ainsi que les offres du moment. Un audioguide
sera aussi disponible via cette application permettant ainsi de découvrir l’histoire du site.
Web https://grand-hotel-dieu.com/frhttps://grand-hotel-dieu.com/fr/informations/


 

Une restauration d’envergure
à prévoir
pour un lieu d’exception,
la Chapelle de l’Hôtel-Dieu

Une très ancienne et très belle chapelle. Troisième église baroque lyonnaise avec les chapelles de Saint-Bruno des Chartreux et de la Trinité, elle possède un décor peint unique en trompe-l’oeil réalisé par Denuelle au XIXe siècle, ainsi que des vitraux harmonieux, une chaire remarquable et des grands tableaux exemplaires du XVIIe au XIXe siècle… Une chapelle ancrée dans l’histoire lyonnaise, qu’il ne faut pas oublier.
La chapelle de l’Hôtel-Dieu a été construite de 1637 à 1655, accolée à l’hôpital dit des quatre-rangs achevé en 1622, et élevée à l’emplacement de l’hôpital du Moyen-Âge où exerça Rabelais de 1532 à 1534. Ouverte sur une voie principale de circulation au XVIIe siècle, elle accueille deux tribunes dans son transept, qui offraient aux patients et aux soeurs hospitalières un accès direct depuis l’hôpital. Son architecture issue de la Contre-Réforme est ainsi adaptée à sa fonction hospitalière.

Financée par les marchands drapiers
et les grandes familles lyonnaises

Consacrée dès 1645, la chapelle, financée par les marchands drapiers et de grandes familles lyonnaises, auxquelles six chapelles latérales ont été concédées, s’inscrit dans un mouvement d’affirmation du pouvoir laïc à travers notamment la Loge du Change et l’Hôtel de Ville. Ses pierres blanches apparentes ont été blanchies trois fois au XVIIIe siècle, avant que la Révolution transforme la chapelle en dépôt de salpêtre, et que ses oeuvres soient détruites ou dispersées. Seules la Vierge à l’enfant de J. Mimerel et la Pietà de T. Blanchet seront conservées. Lors des bombardements de l’Hôtel-Dieu en août 1793, la chapelle accueille les parturientes dans un rôle de protection qu’elle retrouvera lors de l’incendie du grand dôme en septembre 1944.
Après la création des Hospices Civils de Lyon en 1802, la chaire baroque de l’ancien couvent des Carmes Déchaussés est installée en 1803, la chapelle est reconsacrée en 1806, et jusqu’en 1809 trois tableaux sont offerts pour le choeur, notamment par un administrateur de l’Hôtel-Dieu et une soeur. Puis les chapelles latérales ont été réornementées, avec un grand reliquaire offert par le cardinal de Bonald (1849), des retables sculptés par J.-H. Fabisch et C. Dufraine (1850), un orgue offert par une soeur hospitalière (1852), et le dallage est refait en 1857. La chapelle doit son originalité actuelle au décor peint par A. Denuelle en 1868, accompagné de deux toiles marouflées de A. Sublet et de deux peintures murales de J.-B. Chatigny. Ce décor, créé en harmonie avec l’architecture, reprend des motifs sculptés sur la façade et la porte, et recouvre chaque surface de la chapelle de saisissants trompe-l’oeil de relief et de matériaux rehaussés de liserés d’or. Photo la chaire de la chapelle © JPD.

Un siècle d’oubli… Et le début de la restauration en 2007

En dépit du classement monument historique avec l’Hôtel-Dieu en 1941 et du baptême de près de 40000 enfants entre 1945 et 1975, suscitant un fort attachement des lyonnais à cet édifice, la chapelle a subi un siècle et demi de chauffage au charbon et d’oubli. Au début du XXIe siècle, au vu de la noirceur des surfaces murales, bon nombre de visiteurs demandaient combien d’incendiess’étaient déclarés dans la chapelle… Les HCL, sensibilisés à l’intérêt de cet édifice par le Professeur Claude Lapras, décident en 2007 de restaurer la chapelle, et confient la maîtrise d’oeuvre à Didier Repellin, architecte en chef des monuments historiques, en prenant le parti de restaurer le décor du XIXe siècle. Photo, la porte de la chapelle est incrustée d’un siècle d’oubli et de poussière © JPD.

Une souscription publique,
et les premiers résultats

Pour mener à bien cette restauration d’envergure, distincte du projet du Grand Hôtel-Dieu, les HCL font à nouveau appel au mécénat, et le Crédit agricole Centreest/Fondation des Pays de France, la Fondation GDF-Suez, la Fondation du Patrimoine, l’association diocésaine de Lyon, l’étude Conan Auction, une souscription publique et la vente de meubles des HCL, permettent de restaurer en 2012-2013 la chapelle de la Vierge, la Vierge à l’enfant de J. Mimerel, la chaire, les tableaux et les vitraux.

L’Etat, la Ville et la French Heritage Society
apportent les premières subventions

La qualité du décor et des restaurations amènent l’Etat et la Ville de Lyon à accorder des subventions importantes, qui complètent un premier mécénat de French Heritage Society obtenu en 2008, pour restaurer la chapelle saint Jean-Baptiste, dite des fonts baptismaux, en 2013-2014. Le prix French Heritage Society 2014, soutenu par Florence Gould Foundation, est attribué à la chapelle de l’Hôtel-Dieu pour restaurer les trois dernières chapelles latérales sud. Il est accompagné à nouveau par l’Etat et la Ville de Lyon. Les chapelles saint Joseph et du Sacré-Coeur ont été restaurées en 2015 et la restauration du transept sud sera achevée fin octobre 2016. Grâce à un nouveau mécène et à la souscription publique auprès de la Fondation du Patrimoine, qui a déjà réuni 190 000 €, les HCL ont entamé fin 2016 la restauration de la chapelle Notre-Dame de Pitié, première chapelle latérale construite au 17e siècle.

Une restauration complète estimée à 4 millions d’euros !

La restauration de la nef, du choeur, et des cinq chapelles latérales nord est estimée à environ 4 millions d’euros. L’orgue et la sacristie seront également restaurés. La chapelle de l’Hôtel-Dieu, dont la restauration requiert la mobilisation de tous, est un lieu doté d’une dimension culturelle forte. Les HCL souhaitent l’inscrire dans les grands événements qui rythment l’année culturelle et du patrimoine artistique (Journées Européennes du Patrimoine, Journées Européennes des Métiers d’Art, concerts, etc.), avec leurs partenaires et autour des valeurs de partage, de contribution et de qualité. Dans les années à venir, la chapelle de l’Hôtel-Dieu est appelée à retrouver une place centrale sur la presqu’île lyonnaise, au sein d’un nouveau pôle patrimonial. Photo dans les chapelles et sur les murs, il reste encore beaucoup à faire © JPD.

Une association dynamique qui avancer les choses

Créée en janvier 2015, à l’initiative d’un groupe de passionnés, l’association de la Chapelle du Grand Hostel-Dieu de Lyon entend donner une nouvelle vie à ce monument en participant à la recherche du financement consacré à la restauration de la chapelle, ainsi qu’à sa valorisation culturelle. Cette chapelle est fermée au public en dehors des offices car elle reste consacrée, cependant les Hospices Civils de Lyon, propriétaires de la chapelle, ont autorisé l’association à y organiser des activités culturelles afin de faire redécouvrir cet édifice aux Lyonnais. La volonté de rendre la chapelle accessible à un nouveau public et notamment aux jeunes semble nécessaire pour inculquer un second souffle à la vie du monument. Photo Suzanne Marchand, présidente de l’Association de la Chapelle du Grand Hostel-Dieu et Joseph Campagnolo, trésorier. © JPD.

L’essentiel c’est de participer !
Déjà 20000 € de dons reversés à la Fondation du Patrimoine

Les lyonnais soucieux de patrimoine peuvent participer et donner pour la restauration. Participer à la vie associative en tant que membre adhérent ou mécène et associez votre nom de manière durable à la chapelle. Les 20000€ ont été versé par l’association en 2018 et ils représentent les résultats des activités de l’association pour 2017. L’association fait tous les ans un chèque à la fondation du patrimoine. Pour information la cotisation couple 80 €, adulte 50 € et étudiant 15 € Considérée comme un organisme d’intérêt général, l’association peut bénéficier d’avantages fiscaux. Ainsi les dons reversés peuvent permettre des déductions fiscales. L’association organise régulièrement des visites combinées chapelle et Grand Hôtel-Dieu, balades autour de l’Hôtel-Dieuavec guide et auteur historique, concerts, de musique où l’art baroque est à l’honneur, etc… Le Quartier s’organisait avant le XIXéme siècle le long des rues Mercière et du Confort autrefois unies, axe majeur de la Presqu’île d’antan, donnant directement sur le parvis de l’Hôtel-Dieu. Le patrimoine architectural, les plaques mémorielles, les vieilles enseignes, les noms de rues singuliers etc.. Association de la Chapelle de l’Hôtel-Dieu. 3, Quai des Célestins 69002 Lyon
E-mail: asso.chapelle.ghd@gmail.com / 06-46-21-00-30/ 04-72-40-75-70


Prochain numéro Hiver 2019 – Janvier – Février – Mars – Avril
Parution le 22 décembre 2018
Retrouvez la page Livres viennent de paraître dans le précédent numéro. Voir ici.