N°18 Hiver- 2014

Voyages

 

La Route de la Soie. Contrées lointaines et cités mythiques

Contrées lointaines : Un bref aperçu de la Route de la Soie.

Cités mythiques : Pétra, Venise, Gênes. Khiva, Boukhara, Samarcande, Agra, Jaisalmer. Xian et la  Chine

 

Contrées lointaines...

Le seul nom de "La Route de la Soie", évoque, pour nous occidentaux, tout un passé de mystères, de rêves, d'épopées et d'aventures. De caravanes et de marchands. Mais aussi, de palais, de sultans, de harems, de concubines, de tissus somptueux et de luxe fabuleux. Une route qui enflamme encore les imaginations.
L'histoire de ces contrées lointaines n'est qu'une longue série de raids, d'invasions, de fureur, de férocité, de pillages, de viols, de massacres, de kidnapping, de razzias, de rançons, de prisonniers, d'esclaves, de conquêtes et de destructions. Ajoutons à cela des réminiscences bibliques,  un goût des occidentaux pour les déserts aux horizons infinis, un attrait complexe du passé et la quête d'une civilisation perdue. Bref, nous avons là tous les ingrédients pour que ces cités restent mythiques à jamais !

 

On ne met pas ceux qui tressent les nattes

avec ceux qui tissent les soieries,
On ne place pas le tambour à côté du joueur de luth !
Abolabbas de Rabendjan X° siècle


Les conquérants les plus célèbres se succédèrent à tour de rôle dans ces steppes alternativement brûlantes et glacées : Darius, Alexandre-le-Grand, Gengis Khan, Kubilaï Khan, Tamerlan, Marco Polo, Babour, etc. Les splendeurs et les décadences se succèdent.
La soie avait un attrait magique, elle était un symbole de pouvoir pour les empereurs, les khans, les rois, les princes et les nobles. Elle avait aussi une valeur de numéraire, un peu comme un lingot d’or. On s’en servait comme monnaie d’échange, ou comme récompense de services rendus, voire même pour payer les fonctionnaires chinois ou même les rançons de prisonniers de haut rang. On offrait aux visiteurs de haut rang, une robe d’apparat en soie. Pour le marchand, il valait parfois mieux emporter de la soie que du numéraire. Les voyages de Marco Polo, une odyssée de 25 ans de 1271 à 1295, ont longtemps mêlé le rêve et la réalité. Après les marchands, ce furent le tour des explorateurs, des archéologues, des écrivains et des grands voyageurs.

 

Des confins de la Chine à l'Europe,

un réseau complexe

et mouvant d’itinéraires

Pour évoquer la Route de la Soie, on peut commencer où on veut, il y aura toujours eu une cité mythique ou une autre qui étaient au faîte de sa gloire tandis que les autres déclinaient. Un itinéraire actif, tandis que les autres étaient abandonnes ou coupés. Cette Route de la Soie, il est très difficile d'en déterminer avec exactitude le début et encore moins la fin. Disons en gros qu’elle fonctionna du II° siècle avant J-C au XV° siècle après.
En fait Route de la Soie est un terme générique récent qui désigne l'ensemble des routes terrestres et maritimes reliant la Chine et un peu l'Inde à l'Europe. Les chinois l'appelaient Route vers l'Ouest et c'est un géographe allemand, Ferdinand von Richthofen, qui au XIX° siècle l'appela Route de la Soie.

Elle allait de Xian en Chine à Constantinople, Venise et à Gênes. Mais il s'agissait plutôt d'un réseau d'itinéraires terrestres et maritimes comportant de nombreuses variantes et ramifications et évoluant sans cesse au fil des guerres, des conquêtes et des siècles. La direction principale restant toujours plus ou moins la même.
De l’Orient à l’Occident, un réseau de pistes et chemins caravaniers a traversé ou contourné les très hautes montagnes, les plateaux arides, les steppes interminables, les déserts brûlants ou glacés. « De toutes les routes aventureuses et légendaires, celle de la soie possède sans doute le plus grand réseau» Philippe Lamarque. Ces routes étaient aussi celles des pèlerinages, des pierres précieuses, des épices et des armes. Ces routes nous emmènent à travers une mosaïque de déserts, de steppes infinies, d'oasis célèbres, de cités mythiques, de fleuves frontières, de cols de hautes altitudes et de très hautes montagnes. En fait c'est très compliqué de s'y retrouver dans ces routes car les informations sont innombrables et parfois contradictoires.

 

© Lyon-Newsletter.com

 

Quelques unes des routes principales

* Ainsi, certaines routes contournaient le désert du Taklamakan, Kashgar, le col de Turgat (3500m), passaient par Samarquand, Boukhara, Khiva, Merv, Téhéran, Ispahan, Persepolis, Bagdad, Pétra, Palmyre/Tadmur, Antioche/Antakya, Alep, Byzance/Constantinople, ou par Damas Saint-Jean-d’Acre et Alexandrie.

* Ou encore par Agra et les ports de la mer d’Oman. Pour arriver par bateau soit à Venise, soit à Gênes, qui régnaient à l’époque, sur le commerce européen avec l’orient.
* Route des montagnes. Départ de X'ian en Chine (Chang'an), Lanzhou , Lhassa (Chine) ou le Sud du désert du Takamakan, la traversée du Karakorum, de l'Himalaya, Peshawar (Pakistan), Kaboul (Afghanistan), Téhéran (Iran), Bagdad (Irak), Alep (Syrie), Damas (Syrie), Pétra, Saint-Jean-d'Acre (Palestine), Venise et Gênes. Avec une variante vers Alexandrie (Egypte).
* Route par l'Inde Depuis Calcutta, Bénarès, Mathura (Inde), Agra (Inde), le Shekhawati (Rajasthan Inde), Islamabad (Pakistan), Kaboul (Afghanistan),...
* Route du Nord. Depuis Boukhara, via Astrakan au bord de la mer Caspienne et l'embouchure de la Volga et du Don, Tbilissi.
* Route maritime. Depuis Canton (Chine), Ceylan (Sri Lanka), Aden(Yemen), Le Caire, Alexandrie (Egypte), ensuite Venise et Gênes.
* Route mixte. Par terre via l'Inde, jusqu'à Bombay, ensuite par mer vers Venise et Gênes.
On avait accolé l'étiquette "Route de la Soie" sur tout itinéraire plus ou moins suivi à un moment ou un autre par les marchands entre l'est et l'ouest. En fait, il est assez difficile de se faire une idée exacte des itinéraires, tant les informations disponibles sont nombreuses et contradictoires.


Des frontières se sont ouvertes, d'autres se sont refermées

Mais du fait de l'éloignement des sites, des aléas de la politique, ces routes sont restées longtemps inaccessibles au tourisme. Depuis quelques années, quelques tronçons de ces itinéraires sont devenus une destination culturelle et touristique de qualité pour le grand public instruit ou simplement curieux. En effet, après l'éclatement de l'URSS, l'ouverture de la Chine, des frontières se sont ouvertes. Ainsi l'Ouzbékistan, pays phare de l'Asie Centrale, symbolise les monuments et l'imaginaire de la Route de la Soie. Mais d'autres routes se sont, déjà hélas, refermées, en Afghanistan, en Iran, en Irak, en Syrie. L'Egypte devient à son tour instable.

 

Caravanes et caravansérails

Les marchands n'écrivaient pas les récits de leurs voyages, sans doute pour ne pas dévoiler leurs sources, aussi on ne trouve que peu de traces des caravanes de cette époque. Mais paradoxalement, les historiens disposent de plus de textes, de récits de voyageurs et de documentation pour cette période d’apogée de la route de la soie provenant d’Asie Centrale, que de textes émanant du monde chrétien occidental. Les civilisations d'Asie Centrale étaient assez développées, du moins pour les élites culturelles et scientifiques.
Comme partout dans le monde, on préférait transporter ce qui avait beaucoup de valeur sous un faible poids, un faible volume et qui pouvait voyager longtemps et loin. Les caravanes transportaient les soieries précieuses, l'or, l’argent, les pierres précieuses (saphirs, rubis, jades, lapis-lazuli, diamants), les perles, les armes, les épices (poivre, gingembre, cannelle, girofle), les parfums (santal, musc), l'encens, les miroirs, les bronzes, les bois précieux, et les plantes médicinales. On imagine aussi que les caravanes pouvaient transporter, outre les produits précieux, le nécessaire à la vie quotidienne des oasis comme par exemple du thé, du feutre pour les yourtes, de la laine, du coton, des grains, des ustensiles etc... Des chevaux destinés, à être vendus accompagnaient souvent les caravanes.

Bien entendu il n'y avait pas que la soie qui circulait le long de la Route de la Soie. Le compas que les marchands arabes ont ramené de Chine. L'invention du papier. L'invention de l'imprimerie qui au début dans les années 1040, était faite de petits blocs de bois : la xylographie. La poudre à canon. Plus tard bien d'autres applications technico-scientifiques et mécaniques arrivèrent en Europe : métiers à tisser, ponts suspendus avec des chaînes, colliers de chevaux et jougs de boeufs, pompes et vannes de canaux.
Les légendes évoquent ces lentes caravanes empruntant des itinéraires encore mal connus, subissant des vents violents, des chaleurs et des froids extrêmes. La nuit on faisait étape dans des caravansérails fermés et gardés. Les caravansérails étaient organisés afin de faciliter le passage régulier des caravanes. Ils servaient aussi de relais entre les villes et étaient fortifiés. Ils avaient un plan carré avec des tours aux quatre coins. On trouvait tout ce qui était nécessaire à la poursuite du voyage : hôtellerie, loueurs ou vendeurs de chameaux, de poneys et de chevaux, ravitaillement, fourrage, eau, etc. Ainsi les caravanes pouvaient cheminer inlassablement au pas lents et sûrs des chameaux, des mules, des ânes, voire de yaks ou des rennes. Mais les plus mythiques sont sûrement ces fameux chameaux de Bactriane a deux bosses, alors que les dromadaires n'en ont qu'une! Les caravaniers montaient des chevaux ou des poneys de selle. Il y avait parfois aussi des chariots munis de grandes roues à forts bandages.
Selon les extraits des récits des Voyages en Orient du Baron d’Aubonne (1676), «Les caravanes étaient de six cent chameaux et presque d’un pareil nombre de gens de cheval. Elles se trouvent quelques fois plus grosses, et les chameaux, n’allant qu’à la file, une caravane paraît une armée, et soit dans la marche, soit quand elle campe, elle occupe beaucoup de terrain» J-B Tavernier Ed. Favre. Elles faisaient la journée d’une seule traite, plutôt de nuit que de jour afin d’éviter les grosses chaleurs et d’arriver en plein jour pour installer le camp. L’étape duraient de six à douze heures en fonction des distances jusqu’aux points d’eau ou des caravansérails.
Mais contrairement à l’idée la plus répandue, si le courant des échanges commerciaux était un flux ininterrompu, les caravaniers se bornaient à ne traverser que leur propre pays. C’était déjà une performance avec les steppes arides alternativement brûlantes et glacées. C’est ce qu’indique Philippe Lamarque dans son livre Les routes de la Soie. Ils allaient à la rencontre d’autres caravaniers à des points connus, caravansérails, comptoirs européens et villes. Et chaque fois il y avait passage en douane, paiement de taxes, rupture de charge, mise d’une sorte de scellés, déchargement et rechargement. Et reconstitution d’une nouvelle caravane. De ce fait la durée du trajet entre la Chine et l’occident était très longue.

 

Les vers à soie étaient cachés dans le chignon de la princesse !

Les chinois gardaient jalousement le secret de la fabrication de la soie. Les soieries une fois arrivées en Occident, valaient leur poids d'or. En Chine et en Perse, le commerce de la soie était une sorte de monopole d’état. Les frontières étaient strictement surveillées. Il était impossible d'acheter, il était interdit d'exporter, des graines de murier ou des vers à soie. La légende nous dit : "Le roi de Yutan demanda la main d'une princesse chinoise. Un ambassadeur envoyé à la cour chinoise alla chercher et escorter la princesse. Il lui demanda", "Nous qui n'avons ni soie, ni soieries, pouvez-vous nous ramener quelques graines de murier et quelques oeufs de ver à soie afin de pouvoir vous faire des vêtements" Luce Boulnois. On dit que la princesse, après avoir longtemps hésité, cacha dans sa coiffure ce qui lui était demandé et le passa en fraude à la frontière chinoise. Et que sa servante en fit autant, ayant dissimulé des graines dans sa trousse de simples, la pharmacie de l'époque. Une grandiose réception accueillit la princesse à son arrivée au Yutan. On dit que ce seraient deux moines qui passèrent en contrebande à travers la Perse, les premiers oeufs de ver à soie, pour le compte de l’empereur byzantin Justinien.


L'avantage avec l'histoire,
c'est qu'on peut commencer où on veut.
Il n'y a jamais de début, il n'y a jamais de fin.
Jean d'Ormesson. La Douane de Mer

 

Du II° siècle avant J-C au XV° siècle

A l’origine le commerce de la soie se pratique aux confins de la Chine. A partir de l’ère chrétienne c’est le début des relations commerciales entre la Chine, l’Asie Centrale, le Nord de l’Inde, l’empire Parthe et l’empire romain. Les bazars d’Asie centrale et du moyen-orient se développent. Les différentes routes sont jalonnées de caravansérails fortifiés, où les marchands peuvent passer la nuit et se protéger des brigands. Car les voyages peuvent durer de 8 mois à 1 an.
Comme les voies terrestres étaient moins sûres, à partir du XIV° s., les voies maritimes se développent et raccourcissent d’autant la durée. Mais les voyages par mer étaient aussi risqués. Les navires étaient moins fiables que maintenant, l’océan indien célèbre pour ses tempêtes et il y avait déjà des pirates !
Antioche/Antakya, étape importante de la route, était la troisième ville de l’Empire Romain, juste après Rome et Alexandrie. Palmyre/Tadmur, en plein désert, contrôlait la route. Et Byzance/Constantinople/Istanbul en était le principal terminus terrestre, d’où sa puissance commerciale à l’époque.

* Premier siècle après J-C. Début du commerce régulier de la soie entre la Chine et l’occident
* 750 Chang’an, l’actuelle Xian d’où part la route de la soie est la plus grande ville de Chine et peut-être du monde.
* 1200-1227 Âge d’or de la route de la soie avec les mongols de Gengis Khan. L’empire mongol se désintègre et la route de la soie périclite.
"Le première route qu'on peut tenir pour aller par terre à la Chine est celle des Indes et du Mogol, que le grand nombre de voleurs, et les vastes déserts qu'il faut passer, rendent très dangereuse et presque impraticable" Philippe avril
* Au XI° s. Les Byzantins accordent une concession aux Vénitiens sur la rive Sud de la Corne d’Or.
* Constantinople fut reprise en 1155 par les romains. L’Empereur Michel VIII Paléologus, une concession est aussi accordée aux Gênois sur la colline de Galata. IL se construsit peu a peu une véritable ville italienne avec cathédrale, églises, des murs d’enceinte dont il ne reste que la fameuse tour de Galata. Les Gênois et les Vénitiens étaient ennemis, car en concurrence pour le commerce maritime en méditerranée.
* 1245-1246 Jean de Plan Carpin, fût sans doute le premier occidental à aller en Asie centrale. Avant le concile de Lyon de 1245, le pape Innocent IV envoie le franciscain Jean de Plan Carpin en mission d’information auprès du grand khan des mongols. Parti de Lyon en avril 1245, il arrive à Karakorum en juillet 1246. Il revient à Lyon en 1247, où Innocent IV le reçut avec les honneurs. Et il avait 65 ans ! «Sa description du monde mongol est rapportée avec détails et précisions». Michel Jan. Le voyage en Asie Centrale et au Tibet.

er.


* 1271-1295 Voyage de Marco Polo. Le Devisement du Monde
* 1370-1405 Le turco-mongol Tamerlan, fondateur de la dynastie timouride. Il développe Samarcande, Boukhara, et Khiva en Ouzbékistan.
1299 - 1922 Le puissant empire Ottoman est le lien entre l’orient et l’occident.
* La route de la soie était à son apogée entre le 2° et le 7° s.
* En 1496 Constantinople ferme ses ports aux Vénitiens
* En 1536 François 1er accorde à Lyon, le monopole du commerce de la soie. Les premiers canuts s’installent dans les quartiers de Saint-Georges et de Saint-Jean. Avant de s'installer plus tard sur les pentes de la Croix-Rousse.
* Au XV° s. La route de la soie est progressivement abandonnée.

* Du XVII° au XIX° s. Âge d’or de la soierie à Tours, puis à Lyon.
* 1800 le lyonnais Joseph-Marie Jacquard (1762-1834) invente le métier à tisser qui porte son nom. Il permet ainsi à Lyon de prendre la place de leader en Europe.
* Vers 1850, la soierie constitue l’essentiel de l’activité économique de Lyon. 27000 tonnes de cocons frais. Puis hélas recul progressif du fait des hausses de salaires des canuts.
* XX°s Redécouverte de la Route de la soie par les récits et cartes de voyageurs-explorateurs : Aurel Stein, Sven Hedin, A. Grünewedel, Paul Pelliot, Ella Maillart, Etc...
* XX° s. Les plus beaux sites étaient en piteux état, leurs abords sales et négligés. Sous l’impulsion de l’Unesco et des Etats, la plupart sont parfaitement restaurés, avec de belles perspectives, des cheminements et abords impeccables, sûrement mieux qu’à l’origine.
* XXI°s. Réouverture des pays de l’ex URSS au tourisme. Développement de l’hôtellerie, la restauration et les aéroports. Sécurité et fiabilité des voyages.

Et si c'était seulement un beau mythe ?

De l'influence de la mousson sur les routes maritimes. C'est grâce à la découverte des vents saisonniers et réguliers de mousson, par le marchand et pilote d'Alexandrie Hippalus, que les routes maritimes commencèrent à être utilisées avec des résultats économiques considérables. Ainsi à l'aller, la mousson d'été de S-O permettait de naviguer à travers l'Océan Indien depuis Oman jusqu'à la côte de Malabar et ensuite avec celle du S-E jusqu'en Chine. Au retour, ils revenaient avec la mousson du N-O jusqu'au détroit de Malacca. Ensuite la mousson du N-E les conduisaient depuis l'Inde dans la Golfe Persique.
Soyons réalistes. Pour certains historiens, ce qu'on a appelé, rétrospectivement "Route de la Soie", n'existe plus à partir du moment où les Portugais, ayant fait le tour de l'Afrique et doublé le Cap de Bonne Espérance, ont implanté des comptoirs dans les ports indiens. Les réseaux commerciaux par terre et par mer et les courants d'échanges en furent dévitalisés.

... et cités mythiques

Les cités mythiques : X'ian, Agra, Jaisalmer, Samarcande, Boukhara, Khiva, Pétra, Venise, Gênes.  A venir prochaînement Istanbul.

 

 

 

Tant de livres, de guides, de récits d'écrivains, de voyageurs et d'explorateurs, ont été écrits sur la Route de la Soie. Je vais donc plutôt essayer de vous parler de quelques uns des plus beaux détours culturels et touristiques de la Route la Soie. Extraits de nos récents carnets de route.

 

La soie partait de Xian, l'ancienne capitale de la Chine

Les avis sont unanimes, Xian/ Chang'an l'ancienne capitale de l'Empire du Milieu était le point de départ de la Route de la Soie. L'intéressant et superbe musée d'histoire de Xian présente les différentes branches de la route. Xian fut sans doute autrefois la plus grande ville du monde avant Paris, Constantinople et bien d'autres. Un paysan, en creusant un puits, découvrit un jour la fabuleuse armée de soldats enterrés. On peut y voir, sous un immense hangar, 6000 soldats de terre cuite : cavaliers, archers, fantassins, cochers et les restes de leurs chars. Ce fut une des découvertes archéologique majeures du XX° siècle. Depuis cette date, le site est le plus visité de Chine. Xian est peut-être la seule ville chinoise à posséder d'aussi impressionnants remparts. Sur ces imposantes fortifications se courre chaque année un semi- marathon. Le quartier tout proche et animé des Ouïgours mérite le détour.

Voir ici notre reportage Chine.

 

 

Agra, Jaisalmer et le Shakhawati
mais aussi le Taj Mahal et les Palais des Mille et une nuits

Le Rajasthan. Cet état, grand comme la moitié de la France, est le plus touristique et le plus spectaculaire de l’Inde. Agra, Jaisalmer et le Shakhawati furent des lieux de passage des caravanes. Le Fort Rouge, la cité fantôme de Fatehpur Sikri, qui fût la capitale éphémère de l'Empire Moghol, et bien sûr le Taj Mahal, fabuleux mausolée de marbre blanc. Voilà les trois lieux à voir absolument à Agra.

 

Jaïpur.
"Une grande ville rose, entièrement rose, du même rose
et semée des mêmes bouquets blancs,
ses maisons, ses remparts,
ses palais, ses temples, ses tours et miradors,
quel étonnant caprice de souverain !"
P. Loti

 

Les somptueux palais-forteresses des Mille et une Nuits de Jaisalmer , Udaïpur, Jodpur, Jaïpur et leurs fabuleux décors justifient un voyage au Rajasthan.
Nous voici au pays des Grand Moghols. «On dirait aujourd’hui un nom de vieux conte oriental, un nom de légende» S’exclame Pierre Loti dans son récit «L’Inde sans les anglais». Au nord-ouest, le Shakhawati était un lieu de passage des caravanes qui se dirigeaient vers les ports de la mer d'Oman. C’était une des nombreuses branches secondaires de la route de la soie. Les havelis, palais-maison de grès rouge et de bois sculpté, des riches commerçants de l'époque tombent en ruine, mais ils méritent quand même le détour.
Jaisalmer trône au milieu du désert de Thar. Les caravanes qui venaient de l'Est et se dirigeaient vers l'Arabie, la Perse et l'Egypte passaient par cette cit? aux fortifications impressionnantes. Les riches commerçants rivalisaient de talents pour construire de belles demeures aux balcons et fenêtres en pierre ajourée comme de la dentelle. Tandis que les jaïns, bâtissaient deux temples aux mille statues et décorations fantastiques... Puis les caravanes se firent plus rares et les riches commerçants émigrèrent vers des régions plus prometteuses, abandonnant, en l'état, leurs demeures et palais. Mais le climat sec les a préservés de l'oubli et certains commencent petit a petit a revivre.
Nous sommes aussi dans une des régions les plus authentique du pays. «Corvées d’eau, de bois, matin et soir, les femmes travaillent ici plus qu’ailleurs.» Paul Morand. Encore maintenant elles chargent des briques sur la charrette et portent d’énormes fagots sur la tête. Ici, bien plus qu'ailleurs, la gloire des souverains est au centre de l'attention, non la vie matérielle des peuples.
En visitant le Taj Mahal, se rappeler ce vers de Beaudelaire dans l'Invitation au Voyage : "Là, tout n'est qu'ordre et beauté". Découvrir le mausolée, pur joyau de marbre blanc aux panneaux incrustés de pierres semi-précieuses, d'arabesques florales, de dentelles de marbre et de versets du Coran est "le grand moment" du voyage ! Mais laissons plutôt la parole à Pierre Loti, dans son roman L'Inde (sans les anglais). "Si l'on s'approche ensuite, on distingue des arabesques adorablement délicates qui courent sur les murailles, soulignent les corniches, encadrent les portes, s'enroulent aux minarets, et qui sont de très minces et précises incrustations de marbre noir". Voir ici notre reportage Rajasthan.Photo © JPD.


Samarcande, la Perle de l'Orient
Ce qui frappe immédiatement le voyageur à son arrivée à Samarcande, ce sont les larges avenues aux ombrages bienfaisants, les parcs et jardins agrémentés de bassins et fontaines. Les somptueuses perspectives architecturales qui entourent les impressionnants sites historiques. A aucun moment on imagine se trouver au milieu de steppes arides ! Cette ville, de 2500 ans, aussi ancienne que Rome ou Babylone, est absolument superbe et mérite amplement, par ses grands espaces et l'extravagance de ses monuments, son titre de Perle de l'Orient. Il n’est pas d’autre lieu en Asie Centrale qui ait d’équivalent. Au Reghistan, plus encore qu'ailleurs, nous apprécions à leur juste valeur ces lieux tant vantés dans les dépliants et les guides. L'ampleur du complexe, la grande hauteur des frontons des medersas, les somptueuses coupoles cannelées, les tourelles élancées, les entrelacs d'arabesques de majolique et de mosaïque, les murs peints en bleu lapis lazuli, les versets du Coran recouverts d'or, les immenses perspectives de jardins et jets d'eau, tout est beau. Cette ancienne place du marché est entourée de trois côtés par les majestueuses médersas d'Ouloug Beg (15° s.), de Chir Dor (17°s.) et de Tilia Kari (17°s.).  Voilà bien le complexe le plus grandiose de l'art islamique ! Non loin de là, Eldor, le guide nous raconte que Tamerlan fit construire la mosquée de Bibi Khanoum parce qu'il était inconsolable du décès de sa première épouse. Dans le grand bazaar, très propre, à deux pas de là, nous nous sentons a l’aise au milieu d’une foule bigarrée. Voir ici notre reportage Ouzbékistan.

Photo © JPD

 

Boukhara, la ville sainte de légende

Cette ville, au passé tumultueux d'invasions et de conquêtes, est une des mieux préservée d'Orient. Notre hôtel est installé dans l'ancienne maison d'un riche marchand juif, les chambres et la salle du petit déjeuner sont superbement décorées du stuc traditionnel. A deux pas de là, se trouve l'ancien complexe de Liab-i-Haouz où vit, autour des bassins et des "kafe", l'âme de l'Asie Centrale. A Boukhara, les monuments et curiosités sont concentrés dans la vieille ville et tout se visite à pied. Cette ville sainte possède un nombre incroyable de mosquées et médersas. Comme les médersas doubles, c'est-à-dire face à face, de Modar-i-Khan et d'Abdullah Khan. La mosquée Kalon, ou mosquée Juma du vendredi dont l'esplanade vaste comme un stade pouvait accueillir toute la ville ! Cette cité sainte, fut un haut lieu de la science et de la force de l’islam. Voir ici notre reportage Ouzbékistan.

 

Khiva, l'authentique

Cette ancienne ville, de commerce sur la route de la soie, avait des caravansérails et était un important marché aux esclaves. Dans cette région du Khorzem, il y avait selon la voyageuse Ella Maillart, environ 50000 esclaves et prisonniers de guerre ! A l’époque, la cruauté du khan de Kiva révoltait jusqu’aux khivites eux-mêmes ! Ce qui frappe en arrivant à Khiva c'est la compacité du site, environ 2 km x 1 km. On entre à pied dans la citadelle médiévale fortifiée entourée de hauts murs crénelés, par une porte fortifiée. Les ruelles sont étroites et sinueuses. Et au fur et à mesure de notre chemin nous découvrons les trésors de la cité. Le Kalta Minor est un énorme minaret inachevé, au cône tronqué, il est totalement recouvert de mosaïques. Le minaret de la mosquée Juma est haut de 47 m, une belle performance architecturale à l'époque ! Du haut de cette immense tour, on découvre, au delà de l’oasis, le désert de Karakoum. Les intérieurs des palais sont saturés de motifs émaillés et de décorations époustouflantes qui reflètent bien tout l'art de cette région du Khorezm. Au milieu d’une cour s’élève une plateforme circulaire, haute de quelques marches, où le khan installait sa yourte pour l’hiver, car le palais était glacé. Rappelons que dans cette région les températures peuvent être extrémes en chaud et froid. Le charme de Khiva réside dans son homogénéité. Cette ville musée, parfaitement intacte et restaurée, est comme figée dans le temps... Tout est calme et tranquille, on se croirait revenus plusieurs siècles en arrière. Voir ici notre reportage Ouzbékistan.

Pétra, la cité caravanière cachée

Les historiens se perdent en conjectures sur l'origine de la richesse de Nabatéens, qui ont construit les formidables temples et monuments de Pétra. Dans cette région semi-désertique, de quoi pouvaient ils bien vivre, sinon du commerce et du passage des caravanes ? Dans son livre La Route de la Soie, Luce Boulnois, ingénieur de recherche au CNRS évoque, Pétra, comme lieu de passage des caravanes en transit entre vers la Mer Rouge et la Méditerranée. Puis le rôle de Pétra a diminué au profit de Palmyre, une oasis du désert de Syrie à 210 km au nord-est de Damas. Pétra, cachée au fond d'un étroit canyon le sicq, est une des cités les plus incroyables qui soit. Comment ne pas être surpris, bluffé par ces innombrables monuments artistiquement ciselés en creux dans le granit et le grès des falaises ? Pétra est unique au monde. Le système ingénieux d'irrigation émerveillait les caravaniers. Mais la ville s'est effondrée à cause d'un tremblement de terre, le site est si immense, 70 km2, qu'il reste largement assez de monuments. Et même en trois jours on ne peut pas tout voir.
Le désert voisin du Wadi Rum, où s'illustra Lawrence d'Arabie, époustoufle par tant de majesté minérale. Les hautes falaises brun foncé se détachent sur le sable rouge, et forment un labyrinthe, d'où il serait impossible de s'extraire sans un guide !
Un million de touristes viennent à Pétra chaque année ! Et la plupart d'entre eux va ensuite marcher et bivouaquer deux ou trois jours dans le Wadi Rum. Bien qu'il soit enclavé par des pays socialement et politiquement perturbés, le royaume hachémite est un pays calme et sûr. Voir ici notre reportage Pétra.

 

Constantinople, était le terminus terrestre de la Route de la Soie

Byzance. C’est la continuité de Rome, la nouvelle Rome, mais avec le christianisme en plus. Sous l'empire byzantin, les églises remplacèrent les temples romains. Les plus beaux exemples de cette nouvelle religion furent érigés à Istanbul. Les empereurs romains, latins, grecs se succédèrent. L'empereur Justinien qui a règné pendant une partie de l'âge d'or de l'Empire Byzantin décida de faire bâtir Sainte Sophie.
Constantinople. Mais un autre empire continua à modeler la ville, à savoir les Ottomans. Aucun dommage ne fut fait à Sainte Sophie. Les meilleurs architectes turcs, comme Mimar Sinan se surpassèrent pour que le monument soit préservé et renforcé. Il est encore intact de nos jours. Photo © JPD
Le sultan Mehmet II (Fâtih le Conquérant) conquiert Constantinople en 1453. L'apogée de l'Empire ottoman se situe en 1483. Une quarantaine de sultans, certains aux noms évocateurs se succèdent : Bayezid Ier (Bajazet), Selim 1er (le Terrible), Süleyman 1er (le législateur), Selim III (l'Inspiré), etc... Et pendant 450 ans, durant tout l'empire Ottoman, la ville s'embellit et fut dotée de magnifiques palais et mosquées.
Istanbul. Apres la guerre de 14-18, la ville subit une occupation franco-anglaise. Puis Mustafa Kemal (Atatürk) obtint l'indépendance. Abolition du sultanat. La république turque fut proclamée en 1923, Ankara devint la capitale. Istanbul est nommée Capitale Européenne de la Culture en 2010. Les vénitiens avaient leur comptoir a Istanbul. Les gênois s'étaient installés, à Péra et les grecs à Samataya et Fener. Le quartier juif de Balat, était aussi appelé le ghetto.
Istanbul, a de tout temps, été une des cités les plus maritimes du monde. Vingt quatre heures sur vingt quatre un nombre incroyable de cargos, tankers, navires de croisière passe le Bosphore de la mer de Marmara à la Mer Noire. Sans oublier les innombrables ferries, canots à moteur, bateaux taxis, cabin-cruisers, voiliers, chalutiers et barques de pêcheurs qui sillonnent incessamment le Bosphore. Cette ville bouillonnante de 15 millions d'habitants est un tourbillon incessant d'activités. Cosmopolite, elle se trouve au carrefour des civilisations et des cultures occidentales et orientales. Certes Ankara est désormais la capitale administrative, mais Istanbul est la vraie capitale économique et culturelle de la Turquie. Plus de détails sur Istanbul. Voir notre reportage sur Istanbul dans le numéro du printemps prochain.

 

Gênes, discrète mais efficace
La cité république de Gênes était une puissance maritime de tout premier plan. Elle fut aux XIV et XV° siècles, l'un des deux terminus de la Route de la Soie, toujours en concurrence avec Venise. Après le traité de 1261 avec l'Empereur Byzantin Michel Palaleogus, le rôle des Génois au Moyen-Orient devint plus substantiel ce qui permit une expansion en Mer Noire et en Asie Mineure où Gênes avait installé des comptoirs. A Constantinople, quartier de Galata, à Trébizonde, puis en Egypte à Alexandrie. Gênes avait ainsi pu créer des routes maritimes régulières vers l'Est. Les lourdes galères marchandes partaient en convois, les "mudae", protégées par des fines galères de guerre. A la différence de Venise, il s'agissait toujours d'entreprises privées organisées par l'aristocratie marchande de la cité. En s'alliant avec l'Espagne de Charles Quint, Gênes avait obtenu une souveraineté sur la Corse et la Sardaigne. Elle s'est ainsi assuré la maîtrise de la Méditerranée Occidentale. Ce qui lui a permis de créer des routes régulières vers l'Ouest : la Provence (Marseille, Aigues-Mortes), l'Espagne (Barcelone), le Portugal, les Flandres (Bruges) et l'Angleterre (Southampton). Le port Génois est ouvert sur la riche plaine du Pô et au delà la riche Allemagne. Gênes devient alors une cité-république riche de somptueuses demeures inscrites au patrimoine Mondial de l'Humanité de l'Unesco. Dans son excellent dossier La Via Della Seta, Elisa Gagliardi Mangilli précise : "Gênes assurait ainsi la maîtrise du commerce à courte distance, auparavant monopolisé par les businessman locaux. Bien que sponsorisées par des pays plus puissants comme Aragon et la Provence, les villes de Barcelone et de Marseille avaient moins de fonds disponibles, un plus petit nombre de bateaux marchands et militaires et une organisation commerciale, un crédit et des assurances moins efficaces." Gênes a toujours été ouverte sur l'étranger, les byzantins et les musulmans au Moyen-Age, les espagnols et les nordiques a l'époque moderne. Les ateliers étaient très actifs, les marchés encombrés de foule. Et sur les pavés on parlait un langage utilitaire la "lingual franca", un langage utilitaire, mélange de Génois, Vénitien, Catalan, accompagné de mots Grecs, Turcs, Arabes, Occitans et Français. Pour les puristes, certains lieux de la cité sont en écho avec cette ancienne route de la soie : la Torre degli Embriaci , la Commenda di San Giovanni di Prè (Chiesa e Ospitale), le Palazzo San Giorgio, la Cattedrale, la Loggia degli Abati (dans le Palazzo Ducale) et la Via di Sottoripa. Bien plus tard, Gênes fut la ville de départ pour l'immigration massive italienne vers l'Amérique. Photo, galérien attaché à son immense aviron.

Voir dans ce numéro notre reportage Gênes.

 

Venise l’empire maritime

et la renommée
C'est ici qu'arrivait aussi la soie, avant d'être acheminée dans toute l'Europe. Venise a fondé du XIII° au XVI° siècle sa prospérité sur le commerce maritime. Les navires ronds et les galères à trois mats, voiles latines et deux cent rameurs, sillonnaient les mers. Et c'est à la Douane de Mer que les navires payaient les taxes. La République de Venise ne se contentait pas de percevoir des taxes, elle escortait par des vaisseaux de guerre, les convois les "mude". Ils allaient à dates régulières en Mer Noire, à Tana, sur le Don, à Constantinople, à Beyrouth, à Alexandrie, en Italie du Sud et à Aigues-Mortes (dont le port était actif à l'époque). Et même parfois jusqu'en Angleterre ou en Belgique et aux Pays-Bas. L'Etat était fortement impliqué dans ce commerce maritime il fournissait parfois des galères marchandes par adjudications, organisait les convois, les défendait contre les pirates, il se créait de véritables sociétés et compagnies, les "colleganze". Il y avait même un arsenal où l'on construisait et entretenait les navires, fabriquait les canons. entreposait les armes et munitions. Cette marine de guerre, avait de redoutables galères cuirassées armées chacune d'une cinquantaine de canons, voire plus.

Voir dans ce numéro notre reportage Venise, la puissance et la gloire.

 

De quel royal éclat tu brillais, ô Venise !
Au temps où te peignait Paul Véronèse, assise
Sur un velours d’azur, tenant un sceptre d’or !
A. Von Platen, Venise

 

Les vénitiens qui avaient un sens aigu du commerce maritime, ils ont même transporté les croisés vers Saint-Jean d'Acre, puis ils continuaient sur Jerusalem et les pèlerins musulmans vers Alexandrie afin qu'ils rejoignent La Mecque ! Venise avait des comptoirs un peu partout en méditerranée. C'est ainsi que forte de son trafic elle obtint un certain nombre de privilèges, dont la facilité de créer un vaste quartier dans Constantinople, comme le firent aussi les Gênois. Ils obtinrent l'exemption de taxes, ainsi que des droits dans les îles. Ceci facilita le commerce maritime et permit ainsi une sorte de contrôle des échanges Méditerranée et Mer Noire. Venise à son apogée possédait avec ses escales, bases, points d'appui, comptoirs et aussi ses recteurs, gouverneurs locaux et consuls, un très vaste empire maritime.
De Venise la soie et les autres produits de luxe légers, comme les épices, remontaient la vallée du Pô, la vallée d'Aoste, ou passent par les cols des Alpes Grand et Petit Saint-Bernard et autres cols en direction de Bâle, Zürich, Cologne, Anvers, Augsbourg, Nuremberg, Vienne et Prague. Mais dans tous les cas le transit se faisait à Venise.
Tant de belles pages ont été écrites sur Venise, par les plus grands écrivains, Michel Butor, Lord Byron, Casanova, Théophile Gautier, Goethe, Goldoni, E. Hemingway, Thomas Mann, Paul Morand, Marcel Proust, Jean-Jacques Rousseau, George Sand, A. de Musset, Chateaubriand, Jean-Paul Sartre, Philippe Sollers, Hyppolite Taine et bien d'autres... Que je me bornerais à ne citer que quelques lieux incontournables de Venise. A suivre...

Texte © J-P. Doiteau

contact@lyon-newsletter.com

Photos © JPD.

 

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Partir sur la route de la Soie et ses variantes.

Quelques voyagistes à Lyon : Asia, Atalante, Tamera, etc...

Guides & Lectures
La Route de la Soie à suscité une abondance d'ouvrages de vulgarisation, de BD, de documentaires et de films. Impossible de tous les citer.
* Route de la soie. Guide. Bibliothèque du voyageur Gallimard
* La Route de la Soie. Luce Boulnois. Éd. Olizane
* Ouzbékistan - Découvertes Guides Olizane
* Marco Polo et la Route de la Soie. J-P. Drege. Ed. Découvertes Gallimard
* Le Devisement du Monde de Marco Polo. Nombreuses éditions.
* Voyages. Ibn Battuta, Ed. Maspéro 1982.
* Les récits de Guillaume de Rubroek et de Jean du Plan Carpin, si vous les trouvez...

* Bibliothèque Municipale de Lyon : livres, cd, dvd, bd, etc. Cliquer sur "catalogue"
www.bm-lyon.fr

 

 








Voyages

 

Lyon, la soie toujours vivante

La Sériciculture a toujours été une activité coûteuse. Il fallait cultiver des mûriers, le bombyx du mûrier ou le ver à soie, se nourrissant exclusivement des feuilles de mûrier. Faire bouillir les cocons et les dévider. Souple et lustré le fil de soie, peut mesurer jusqu'à mille cinq cent mètres de long. Il est facile à tisser.  Le soie est née dans une région bien précise, la province chinoise du Shandong, elle était fabriquée en petites quantités et commercialisée selon des itinéraires bien définis. Pendant trois millénaires les chinois limitèrent l'accès aux diverses phases de la sériciculture.


"Au 14° s. les gouvernements européens trouvaient que trop d'or sortait du royaume pour payer les tissus de luxe que venaient vendre les Italiens aux foires de Champagne et de Lyon. En 1536 François 1er accorda à deux négociants italiens des lettres patentes leur permettant d'établir des métiers dans la ville." C'est ainsi que naquit l'industrie de la soie à Lyon ; la Fabrique de Lyon. La plus belle période fût au 18°s. avec une primauté mondiale sur les plans techniques, commerciaux et surtout artistiques".
Dans toutes les cours d'Europe. Plus de la moitié des soies grèges exportées de Shanghai étaient à destination de Lyon soit plus de 1500 tonnes ! Une mission d'exportation commerciale en Chine fût organisée par la Chambre de Commerce de Lyon en 1895-1897. Un corse Joachim Aloisi, partit pour l'Asie en Ouzbékistan à Samarquand, Boukhara, Tachkent, Khodjent, il introduisit en Asie centrale le ver à soie corse, des machines pour le traitement des cocons et y enseigna les méthodes françaises de sériciculture. Puis l'industrie lyonnaise a périclité, mais la soie a conservé sa place dans certains usages industriels : gazes à blutter, filtres très fins, fils à usage chirurgical, guipage de fils électriques. Mais grâce à son niveau de perfection la technique française a conservé un vrai débouché dans la reconstitution du patrimoine historique et artistique. A Lyon on sait encore faire des lampas, des brocarts comme au 18°s. ainsi par exemple pour la restauration de la Chambre du Roi à Versailles...

Photo. Jean-François Bony. Echantillon de tenture. Lyon, dernier quart du XVIIIe siècle. Broderie au passé, points lancé, de graine, soie : filé métallique riant, application de tulle brodé de chenille. Fond satin. Musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon. © Pierre Verrier


La route de la Soie : une vie entière ne suffirait pas à épuiser le sujet !

Ainsi s’achève ce survol de la Route de la Soie, un sujet aussi vaste, qu’une vie entière ne suffirait pas à l’épuiser. De retour chez moi, au fil des lectures et des contacts, je me suis vite rendu compte qu’il faudrait repasser sur mes traces pour commencer à voir et comprendre. Au fur et à mesure que je creuse, je mesure mon ignorance. Rendez-vous compte, si je tape Route de la Soie sur le catalogue du site de la bibliothèque municipale de Lyon, j’ai 156 résultats qui s’affichent !

 

La plus importante collection de tissus du monde est au Musée des Tisssus de Lyon !

Trois questions à Maximilien Durand, directeur du Musée des Tissus et des arts Décoratifs de Lyon.

- L-N.C. Qu'évoque pour vous

la Route de la Soie ?
- M.D. C'est un mythe qui recouvre une réalité. Le concept est assez récent, environ 150 ans. Il est d'abord le fait de géographes qui vont dresser une cartographie de l'Asie Centrale et qui lient le développement de ces régions aux activités commerciales. On peut parler des Routes de la Soie. Les itinéraires sont extrêmement variés et nombreux, ils évoluent au fil du temps. Mais pour moi, ce qui compte, c'est moins la manière d'importer la soie, que la transmission des techniques qui sont liées au tissage de la soie.
Avec une collection comme celle du Musée des Tissus, on comprend très bien comment les techniques très élaborées en Chine, passant par l'Asie Centrale, sont progressivement adaptées vers le proche-orient et introduites vers l'Empire Romain autour du 1er siècle. La transmission des techniques montre mieux les échanges entre les populations que le fait de savoir comment se transportaient les balles de soie. Les métiers a tisser ont évolué entre le 1er siècle dans l'Empire Romain, puis aux 6e, 8e et 10e siècle. Ils permettaient peu à peu de réaliser des étoffes de meilleure qualité, économisant du temps en évitant les ruptures du fil de chaîne. Les métiers devenaient de plus en plus complexes.

 

- L.N.C. En quoi le Musée des Tissus est-il unique ?
- M.D. Le musée des Tissus à la plus importante collection de textiles au monde. 2,5 millions d'oeuvres d'art y sont conservées. Comme toutes les œuvres appartenant aux Musées de France elles sont inaliénables. Les points forts. L'histoire universelle de tous les continents y est représentée : 4500 ans d'histoire. Toutes les techniques et matériaux confondus sont là, pas uniquement de la soierie bien entendu. Mais tout ne peut pas être présenté. Le textile est très fragile et pour des raisons de conservation, les œuvres ne peuvent pas être exposées plus de 3 mois a une lumière de 50 lux maximum. Les pièces sont donc présentées par rotation. Nous avons des œuvres qui n'ont pas d'équivalents dans le monde. Tel ce pourpoint de Charles de Blois. Des pièces archéologiques. Ou anciennes de toutes origines : égyptiennes, islamiques, chinoises, japonaises, médiévales. En fait nous n'avons que des points forts. Mais attention, nous ne sommes pas un musée de la mode, c'est un autre sujet. Les autres grands musées textile sont le Metropolitan Museum de New-York, le Victoria & Albert Muséum de Londres, le Musée des Arts Décoratifs de Paris, le musée de Krefeld en Allemagne.

Photo. Philippe de Lasalle. Feuille d’écran, fragment de la tenture dite « auxpaons et faisan », exécutée pour Catherine II de Russie. Lyon, vers 1773. Lampas broché, fond satin de 8. Soie et chenille. Musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon. © Pierre Verrier

 

- L-N.C. Lyon et la soie,

toujours vivante ?
- M.D. L'histoire de la soie commence à Lyon avec François 1er. Lyon n'en devient la capitale qu'au milieu du 18e s. À Lyon a cette époque on a des fabricants qui sont à la fois, ingénieurs, dessinateurs, et tisseurs. Ce qui va distinguer Lyon, c'est qu'à chacune de ces étapes Lyon va produire les plus belles qualités qui soient. Et c'est ce qui explique que dans la seconde moitié du 18e s. et tout au long du 19e s. toutes les commandes royales d'Europe, soient passées par Lyon. Une innovation constante qui a permis à Lyon de rester le centre de production le plus exceptionnel au monde malgré une concurrence devenant de plus en plus importante.
Vers 1850, l'Angleterre s'industrialise, avec des techniques comparables et des coûts de production bas. Mais Lyon reste toujours en pôle position grâce à l'innovation constante des motifs, des ornements et de la qualité. Et encore aujourd'hui, même si la production est extrêmement localisée, la qualité et la recherche restent constantes. ici on produit pour la haute couture et le retissage de pièces historiques. Dans ces domaines, la région Rhône-Alpes est toujours active, innovante et exigeante.

 

Coponat SA importateur de soieries de Chine

Les métiers de la soie sont nombreux. La filière est complexe depuis l'élevage des vers à soie au moulinage, au tissage, et à l’impression et l'ennoblissement en passant aussi par l'importation. La plupart des métiers sont méconnus du grand public. Robert Coponat et son fils Romain répondent aux questions

de Lyon-Newsletter.com

 

LNC. Les lyonnais connaissent

mal les métiers de la soie.
R.C. Coponat SA, est une des rares sociétés françaises, agent à l'importation de tissus pour des transformateurs qui les ennoblissent et qui ensuite les revendent à des confectionneurs moyen et haut de gamme. La société importe des soieries de Chine, sous forme de tissus blancs, prêts à teindre ou à imprimer : crèpes de Chine, twill, satin, habotai (pongé) etc... Et elle les revend en Europe : France,  Italie, Allemagne, Espagne, Suisse et Belgique. Vous les retrouverez plus tard sous forme de superbes chemisiers, de robes de marques, d'écharpes haut de gamme, chez les grandes griffes internationales du luxe.


LNC. D'où viennent les tissus ?

R.C. Les soies importées de Chine viennent des régions du Shandong, du Zhejiang, du Jiangsu. Dans les villes de Hangzhou, Suzhou, Nanjing, Chandong et autres . Nous allons une dizaine de fois par an chez les tisseurs et aussi aux grands salons textiles de Shanghai, Pékin et Canton.
Nous négocions, achetons, inspectons les marchandises et vérifions que les normes européennes (Reach, Oekotex), sont bien respectées. Il est important que la qualité soit correcte et que le grade de qualité soit conforme aux normes en vigueur. Maintenant les acheteurs européens sont de plus en plus exigeants. Heureusement il faut reconnaître qu'en Chine de gros progrès ont été faits ces dernières années.
 
LNC. Négocier avec les chinois,

on dit que c'est difficile.
R.C. Les chinois sont, en théorie, des grands négociateurs, mais en pratique, quand la demande est forte ils restent très fermes sur les prix. Et si de plus, nous avons des exigences de qualité, nous ne pouvons pas être trop difficile sur les prix qui sont aussi sujets à variations, la soie est une fibre naturelle, les prix dépendent de la récolte influencée par la météo et l'économie, tout comme les autres matières premières telles que la laine et le coton. Le prix de la soie se calcule par rapport au poids. L'unité de mesure est le "mome  m/m"qui correspond à 4,3 gr/m2. Les tissus de soie les plus courants pèsent entre 5 et 40 "m/m".  Ils sont donc légers car un 5 m/m correspond environ à 21,5 gr/m2 et 40 mome à 172 gr/m2. A titre de comparaison le poids du papier courant pour une imprimante informatique est de 80 gr/m2.
Les negociations se font en anglais, avec parfois, lorsque le responsable ne parle que Chinois,  une traduction aléatoire ou orientée de son personnel. Les chinois ont en effet un sens prononcé de la hiérarchie et en aucun cas ils ne veulent perdre la face. Quand ils sont embêtés par une question, ils sourient, ce qui démontre chez eux une certaine gêne et une difficulté à répondre, mais jamais une moquerie. Mais nous avons l'habitude car cela fait plus de 100 ans que la société existe et 35 ans que nous allons en Chine !  Les chinois sont ouverts et il est agréable de travailler avec eux.


La Maison des Canuts,

la visite incontournable

Lyon, c'est la soie. Un dossier sur la Route de la Soie serait incomplet sans La Maison des Canuts. Pour qui veut s'intéresser, ou tout simplement, se rappeler la soie à Lyon, une visite à La Maison des Canuts s'impose. Interview expresse de son directeur Philibert Varenne, ici en photo devant une carte perforée du métier à tisser Jacquard.

 

Pourquoi à la Croix-Rousse et pas en centre ville où sont les touristes ?
Ph.V. Située en plein coeur de la Croix-Rousse, quartier de Lyon classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco, la Maison des Canuts est un lieu historique qui fut à la fin du XIXème siècle, le siège du syndicat des Ouvriers Tisseurs et Similaires.
Cet ancien quartier du tissage de la soie se caractérise par des immeubles-ateliers, aux pièces hautes de plafond afin de pouvoir accueillir les métiers à tisser. Les traboules sont nombreuses ici aussi. Il fallait absolument être au coeur du quartier historique.

 

LNC. 30000 visiteurs par an !
Ph.V. En 2004 la ville devient propriétaire de la collection. Après un appel d'offre la gestion est confiée à un fabricant textile : Soieries Varenne. Philippe Varenne est issu d'une famille de soyeux et Virginie Varenne avait une entreprise de foulards et d'écharpes. Il a fallu remettre en fonctionnement les métiers à tisser, réaménager, agrandir. Puis moderniser, créer un site internet, nous avons même une application pour smartphone. Et maintenant nous avons 30000 visiteurs par an ! Lyonnais 40%, autres français 30%, étrangers belges, suisses, allemands, américains 30%. Plus de 700 groupes sont passés ici l'année dernière.

 

LNC. Quelles sont les réactions des lyonnais ?
Ph.V. Les lyonnais ont perdu le lien avec la soie. Il ne faut jamais oublier que la soie ici, cela a toujours été du B to B (business to business)., donc rien de très visible à l'extérieur. Le soyeux travaille avec des créateurs, des stylistes, des décorateurs, des éditeurs, des fabricants, mais jamais directement avec le consommateur. Comme on est à l'âge de la communication il est important de communiquer. Nous avons des jeunes parents qui se re-questionnent sur leur histoire et la redécouvrent, ils veulent la faire partager avec leurs enfants. Dans cet esprit nous avons aussi beaucoup de seniors. Nous avons eu les équipes d'Australie et de Nouvelle Zélande, lors de la Coupe du Monde de Rugby en 2007. On est là pour transmettre l'histoire et faire un lien avec la vie d'aujourd'hui.

 

LNC. Anciens métiers

et métiers Jacquard ?
Estelle. Guide démonstratrice. Dans la pièce où nous sommes vous avez deux métiers à tisser. Le plus ancien dit métier à la tire. Il faut deux personnes pour le faire fonctionner le tisseur et un assistant, le "tireur de lac". Le métier Jacquard inventé en 1804 utilise un mécanisme de cartes perforées. Il faut payer sur la "marche". Une seule personne suffit à le faire marcher. Faire une carte perforée était très long et très compliqué, il fallait des personnes qualifiés. Le canut, doit son nom à la canette de fil qu'il utilisait tout le temps, il était le tisseur. Le soyeux s'occupait de tout. Il négociait, achetait, vendait. Il faisait faire les dessins, les cartons, achetait le fil de soie, le fournissait au tisseur. Ce dernier n'était payé - et trop peu - qu'après le travail fait. Les pièces devaient être claires et hautes de plafond. Les métiers étaient bruyants. Il fallait des jours et des jours pour faire une pièce de tissus. Les brochés (1 fil de chaîne + 1 fil de trame) n'avançaient que de 30 cm par jour ! De nos jours un tissus d'ameublement tissé à l'ancienne revient à 2000 € le mètre. Les clients sont les états, les rois, les millionnaires, les hommes d'affaires. Les velours ciselés (2 fils de chaîne + 1 fil de trame) c'était guère mieux : 40 cm par jour et au même prix actuel. Les brocards aux fils d'or et d'argent étaient très chers. Actuellement deux firmes lyonnaises Presle et Tassinari et Chatel tissent pour des commandes privées.

 

LNC. Parlez-nous un peu de l'historique de la soie
Estelle. Les XVII et XVIII ème siècles sont l'âge d'or de la soierie lyonnaise. Puis survint une baisse. Au XIX ème siècle les commandes repartent. Napoléon oblige les personnes d'un certain rang et travaillant pour l'état à des vêtement de soie. Il fait faire des commandes pour le Mobilier National. Napoléon crée aussi les prudhommes. Mais ce fut une arme à double tranchant. En 1831, les canuts manifestent pour demander l'instauration d'un tarif minimum. Refus des soyeux. Les canuts se révoltent : 600 morts. Echec, ils n'obtinrent jamais satisfaction. Ce fût la première révolte sociale. A partir de 1831 tout change avec les nouveaux métiers automatiques.
Estelle poursuit. A la fin du XIXème siècle M. Chardonnet découvre la viscose, soie artificielle. Les fibres synthétiques se développent. La région Rhône-Alpes est la première région textile de France avec les nouvelles fibres de carbone, de verre, optique et tous les T.U.T. textiles à usages techniques : coques et mats de bateaux, nez d'avions, fusées, cannes à pêche, prothèses médicales, artères en polyester... Tout ça tissé sur des métiers à passementerie. Dans notre vie quotidienne les fibres techniques sont partout. Estelle nous montre la carte mère d'un ordinateur en fibre de verre tissée.

Visites commentées en français en anglais tous les jours
de la semaine à 11 h et 15h30 et sur demande pour les groupes.
10, rue d'Ivry - 69004 Lyon 04 78 28 62 04
E-mail : maisondescanuts@wanadoo.fr

Web : www.maisondescanuts.com

 

 

Les importations de soie

ont progressé de +39 %

Une belle vitalité !

Pierric Chavin est Délégué Général d'Unitex,

l'association professionnelle qui regroupe les industriels du textile en Rhône-Alpes. À Unitex sont associés aussi les centres techniques, un centre de promotion et de formation, un pôle de compétitivité, etc... Il nous parle de la soie et du textile. Ici en photo devant un murier rarissime du jardin de la Villa Créatis.


Aujourd'hui une trentaine d'acteurs, représentant 1500 personnes travaillent dans l'industrie de la soie en France, dont 90% en Rhône-Alpes. A Lyon, on a la chance d'avoir toute la filière de la soie. Mais il n' y a plus de magnaneries, sauf peut-être en démonstration. La soie est importée de Chine et du Brésil. Il poursuit. Le secteur fait montre d'une belle vitalité. En 2012, les importations de fil de soie ont progressé de + 39 % ! La soie est bien orientée, parce que le luxe se vend bien. Les grandes maisons ont de bons résultats à l'export, donc les usines tournent à plein. Ceci entraine toute la filière, avec des extensions d'usines, des investissements industriels et des recrutements. L'artisanat, puis l'industrie de la soie nécessitaient des activités annexe. Il fallait teindre et imprimer. Des industriels ayant la technique et le savoir faire se sont peu peu installés. Des fabricants de produits chimiques se sont installées ici. Ils ont créé des grandes usines. On peut dire que, si Lyon est devenu le couloir de la chimie, c'est un peu grâce aux soyeux.
En effet, après la guerre, Les maisons de soierie se sont complètement diversifiées et se sont attaquées au fil de verre. Le point commun avec le fil de soie : le fil de verre est long et continu. Ainsi le savoir faire acquis dans la soie a été transposé au tissage du fil de verre. Avec les excellents résultats que l'on connait.
La région Rhône-Alpes est le premier pôle français de recherche et de formation textile. Et la plus forte concentration européenne d'entreprises spécialisées dans les textiles à usages techniques et fonctionnels (12% de la production européenne).
Unitex organise aussi Le Marché de la Soie. Il a lieu le dernier week-end de novembre au Palais du Commerce. Il est ouvert au grand public. 15000 visiteurs viennent chaque année acheter des tissus, des cravates, des carrés uniques en Europe. Les fabricants qui d'habitude réservent leur production aux grandes marques viennent vendre au public. Il y aussi des démonstrations du ver à soie au fil de soie.

 

Texte © J-P. Doiteau

contact@lyon-newsletter.com

Photos Musée des Arts décoratifs et des Tissus et J-P.Doiteau

 

 

 

 

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