La Lettre Culturelle de Lyon - N°27 Printemps-Eté 2017  - Création 2008

THÉÂTRE

Mars / Avril

 

Le Cid « L’amour n’est qu’un plaisir, l’honneur est un devoir »
TNP 1er – 11 mars

De Pierre Corneille. Mise en scène Yves Beaunesne. L’action se déroule à Séville. Décor sobre de l’Espagne andalouse et costumes d’époques réactualisés absolument somptueux.
« L’amour n’est qu’un plaisir, l’honneur est un devoir ». Cette brève citation, résume a elle seule toute la pièce et son célèbre dilemme cornélien entre l’honneur et l’amour. L’oeuvre de 1637 (380 ans), est aussi emblématique qu’audacieuse. Elle a tous les ingrédients pour un succès éternel. Une construction conforme à la vraisemblance. Une juxtaposition des caractères mise en valeur avec une extraordinaire intensité. Et surtout de la grandeur, de l’émotion et du coeur. Elle fourmille de vers célèbres qui font la gloire du patrimoine littéraire français. Citons. « Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! «  Ou bien « Rodrigue, as-tu du cœur ? Tout autre que mon père L’éprouverait sur l’heure ».  » À moi, Comte, deux mots. – Parle. – Ôte-moi d’un doute. Connais-tu bien Don Diègue ? » Ou bien « Le trop de confiance attire le danger ». Ou encore. « Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort. Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port ». Et pour conclure sur une note poétique « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles ». Il faut souligner la belle performance des dix acteurs qui ont su déclamer avec justesse et talent les quelques 1800 vers de cette longue pièce. JP Doiteau. Photo © Guy Delahaye.

La Fille sur la banquette arrière / Théâtre Tête d’Or 7 – 18 mars
Une comédie de Barnard Slade avec Christian Vadim et Christelle Reboul. Mise en scène Thierry Harcourt. New-York. Intérieur bourgeois. Ronald Carmichaël est un auteur à succès. Son plus précieux collaborateur le quitte. Pour le remplacer survient une institutrice provinciale nunuche et maladroite Pénélope Craddock. Elle présente sa propre pièce « La Fille sur la banquette arrière ». Elle écrit si bien qu’ils vont connaître le triomphe et l’échec. Christian Vadim incarne un auteur hautain, cassant, sûr de lui. Christelle Reboul est un petit bout de femme hyper tonique, virevoltante, au franc parler dévastateur et pleine de fantaisie. Trois autres comédiens complètent la belle distribution. Les costumes très chic de Jean-Daniel Vuillermoz sont superbes. Plus qu’une simple comédie de boulevard, c’est aussi un moment intense sur l’amour et l’amitié entre un homme et une femme. Une pièce interprétée avec finesse et sensibilité par Christian Vadim et Christelle Reboul. JPD. Photo © Laurence Porteil.

UND / Théâtre des Célestins 8 – 15 mars
De Howard Barker . Mise en scène Jacques Vincey. Avec Nathalie Dessay et Alexandre Meyer.Une femme attend un homme. L’homme est en retard. Alors elle parle. Derrière l’apparent simplicité de cette situation, « UND », traite du jeu trouble qui se noue entre deux êtres sans que l’on sache véritablement lequel est le bourreau ou la victime. On découvre les premiers pas de comédienne de la célèbre soprano Nathalie Dessay avec à ses côtés le musicien Alexandre Meyer. Ce monologue d’Howard Barker rappelle Cocxteau et Beckett… Et montre le pouvoir d’une parole en arme de combat.

Fleur de Cactus / Radiant-Bellevue 9 – 10 -11 mars
Mensonges, quiproquos et portes qui claquent. « Fleur de Cactus » est une comédie dans la plus pure traction du boulevard de Barillet et Grédy. Mise en scène et interprétée par Michel Fau, avec Catherine Frau. La fantaisie mélancolique, la virtuosité burlesque, le côté pince sans rire de Catherine Frot vont encore enchanter le public. Humour et bonne soirée assurée.

Le Noshow / Théâtre de la Croix-Rousse 9 – 11 mars
« The show must go on ». Sur une idée originale et mise en scène d’Alexandre Fecteau. Comment ça marche le monde du théâtre ? Mal répondent les collectifs québécois. Nous sommes Ici et le Théâtre DuBunker. Et pourquoi ? Eh bien, c’est ce que propose d’expliquer (en 2h15) ce « NoShow » autrement dit, pas de spectacle ! Mais pourtant, si.

Werther ! / Théâtre de la Croix-Rousse 14 – 17 mars
D’après « Les Souffrances du jeune Werther » de Goethe. En une version bien secouée mis en scène par Nicolas Stemann. Avec Philipp Hochmair. Introspection maniaque, mais avec une bonne dose d’humour ! En français et en allemand surtitre.

Le Couronnement de Poppée / TNP 16-19 mars
Opéra De Claudio Monteverdi. Direction musicale Sébastien d’Hérin. Mise en scène Klaus Michael Grüber. Voir en page Musique-Opéra-Jazz

Les Chansonniers / 2017, Ah ! Ça rira, ça rira, ça rira / Radiant-Bellevue 19 mars
Ils son indémodables, ils traversent le temps, les républiques et les modes. A trois ils refont le monde et la politique. Ils ont l’art de dénicher des drôleries, derrière la morosité ! Avec Jacques Mailhot, Florence Brunold et Michel Guidoni.

Bella Figura / TNP 21 – 30 mars
Texte et mise en scène Ysamina Reza, qui a déjà publié de nombreuses romans et oeuvres théâtrales. Avec une belle distribution dont Emmanuelle Devos. Un homme et une femme se tiennent sur le parking d’un restaurant de province. Son amant essaie de la convaincre de sortir, en dépit de l’erreur qu’il vient de commettre : mentionner que le restaurant lui a été conseillé par sa femme… Une pièce tragi-comique, légère et brillante. Rien à voir avec la chorégraphie de Jiri Kylian « Bella Figura » pour le Ballet de l’Opéra de Lyon.

Le Syndrome Ecossais / Radiant-Bellevue 21 – 22 mars
Thierry Lhermitte et Bernard Campan sont réunis sur la scène dans la pièce  » Le Syndrome de l’Ecossais » d’Isabelle Nouvel. Bernard Campan est un hilarant chef d’entreprise et Thierry Lhermitte excelle en écrivain fliqué par sa femme. Incidents, secrets, bouteilles et non-dits, vont voler en éclats.

MayDay / Théâtre des Célestins 21 – 25 mars
De Dorothée Zumstein. Mise en scène Julier Duclos. MayDay est une remontée libre et sauvage dans le temps où différentes époques coexistent au présent. Elle montre le reflet fragmenté d’un geste originel, un crime à l’âge de onze ans. Du théâtre aux frontières de l’intime mêlant réalité et autofiction.

L’envers du décor / Radiant-Bellevue 24 – 25 mars
Mise en scène Daniel Auteuil. Avec trois acteurs dont Daniel Auteuil. Une pièce de Florian Zeller. Une remarquable comédie dans laquelle l’auteur prend à témoin le public, qui se voit confier les pensées intimes des acteurs.

La Femme rompue /Théâtre de la Croix-Rousse 28 mars – 1er avril
D’après « Monologue » extrait de « La Femme Rompue » de Simone de Beauvoir. Mise en scène Hélène Fillières avec Josiane Balasko. Au coeur des trois nouvelles qui composent « La femme rompue », il y a ce monologue surprenant, âpre et haletant. C’est un cri de rage, tantôt mordant, tantôt ironique, tantôt extrêmement cru et même carrément crash.

Momo / Radiant-Bellevue 30-31 mars -1er avril
Muriel Robin et François Berléand, les irrésistibles comédiens font de « Momo » une comédie désopilante et féroce qui fait exploser les codes de la filiation. Des bourgeois apeurés dans une situation qui les dépasse. Mise en scène Ladislas Chollat. Une comédie de Sébastien Thiéry.

Artefact / Thêatre Nouvelle Génération 4 – 13 avril
Jeune Public. Création TNG / CDN Lyon. On désigne habituellement par « artefact », un phénomène créé de toutes pièces dans des conditions expérimentales, il peut s’agir d’un effet indésirable voire même d’un parasite. A mi-chemin entre installation et performance, « Artefact » se veut une aventure surréaliste qui trouble notre perception du réel en interrogeant notre relation aux objets. Un récit entre théâtre optique et imprimante 3D, peuplé de marionnettes virtuelles.

Karamazov / Théâtre des Célestins 30 mars – 7 avril
D’après « Les Frères Karamazov » le dernier roman de F. Dostoïeski en 1880. Un chef d’oeuvre de la littérature unanimement apprécié. Texte philosophique et intrigue policière. Il s’agit d’un drame spirituel. Amour, abjection, grotesque, tragique. Un écrit majeur. Le metteur en scène Jean Bellorini lui donne du rythme, de la force et de la poésie.

Place des héros / TNP 6 – 13 avril
De Thomas Bernhard. Mise en scène scénographie et lumières Krystian Lupa. Place des héros (Heldenplatz) de 1938 à nos jours. La dimension historique, sociale et politique de la pièce, provoque lors de sa sortie à Vienne un énorme scandale. En représailles, l’auteur interdit par testament toute représentation ou publication de ses textes en Autriche ! Durée 4:00. Spectacle en lituanien surtitre en français ! Photo © D. Matvejevas, Lithuanian National Drama Theatre.

Vu du Pont / Arthur Miller / Radiant-Bellevue 11-15 avril
Après « Mort d’un commis voyageur » mis en scène par Claudia Stavisky aux Célestins, voici la célèbre pièce d’Arthur Miller « Vu du pont », mise en scène par Ivo van Hove. Miller est un des dramaturges les plus importants du XX° s., capable de monter les problématiques sociales, politiques et morales. Une intrigue immémoriale, version moderne du mythe du Paradis perdu. Avec 8 acteurs dont Charles Berling.

Honneur à notre élue / Théâtre des Célestins 11 – 20 avril
De Marie NDiaye, Prix Goncourt 2009 pour « Trois Femmes puissantes ». Mise en scène Frédéric Bélier-Garcia. Avec Isabelle Carré et Patrick Chesnais. Entre jeux d’ombres et de pouvoir, « Honneur à Notre Elue », Isabelle Carré, interroge avec subtilité sur la face cachée du politique à traversa tout ce qui fascine ou éloigne dans la figure du dirigeant ; son charisme mais également son opacité. Une pièce terriblement d’actualité.

Secrets / Théâtre de la Croix-Rousse 12 – 14 avril
Un spectacle musical qui repose sur une idée simple et formidable. La soprano américaine Claron McFadden a demandé à son public de lui confier un secret, sous le sceau de l’anonymat. La chanteuse et aussi à l’aise dans le jazz que dans l’opéra, elle utilise tous les registres de sa voix : blues profond, squat débridé, vocalises virtuoses. Aux limites de la frontière entre musique de chambre, jazz et tapis sonores.

Comme s’il en pleuvait / Théâtre Tête d’Or 21 mars – 15 avril
Comédie de Sébastien Thiéry. Avec L. Astier, V. Boulanger et E. Boucher. Mise en scène Jean-Luc Revol. Bruno et Laurence, un couple sans histoires, découvrent un soir de l’argent dans leur salon. Tous les jours, des billets de banque apparaissent, de plus en plus nombreux, comme s’il en pleuvait. D’où vient cet argent ? Cette richesse soudaine chance ou malédiction. Une comédie désopilante sur l’argent qui rend fou !

Petits crimes conjugaux / Théâtre Tête d’Or 24 25 avril
De Eric Emmanuel Schmitt. Avec Marianne Epin et Eric Savin. Mise en scène Marianne Epin. Suite à une chute , Gilles est frappé d’amnésie. Après l’hôpital il rentre chez lui et fait table rase des différents et rancœurs. Mais surtout excellente façon d’investigation de disséquer une totrueuse quête de vérité et d’identité. Un duo plein de finesse, de profondeur et de légèreté en l’honneur de l’amour.

 

Mai, Juin, Juillet

 

Comme s’il en pleuvait / Théâtre Tête d’Or 2 – 21 mai … suite
Comédie de Sébastien Thiéry. Avec L. Astier, V. Boulanger et E. Boucher. Mise en scène Jean-Luc Revol. Bruno et Laurence, un couple sans histoires, découvrent un soir de l’argent dans leur salon. Tous les jours, des billets de banque apparaissent, de plus en plus nombreux, comme s’il en pleuvait. D’où vient cet argent ? Cette richesse soudaine chance ou malédiction. Une comédie désopilante sur l’argent qui rend fou !

Rocco et ses frères / Théâtre des Célestins 4 – 6 mai
D’après le film de Luchino Visconti. Adaptation et mise en scène de l’Australien Simon Stone. Il puise au coeur d’oeuvres classiques la matière de son écriture théâtrale et livre une adaptation puissante et contemporaine de Rocco et ses frères. Intensité tragique et poignante. Joué en allemand, surtitré, avec la troupe du Kammerspiele de Münich.

Seuls / TNP 10 – 21 mai
Texte, mise en scène et jeu Wadji Mouawad. Harwan étudiant montréalais se trouve enfermé par erreur dans le Musée de l’Ermitage à Saint-Petersbourg. La nuit sera longue. Comment faire lorque, pour redevenir celui que l’on a été, il faut devenir quelqu’un d’autre ? Un spectacle qui réunit d’autres formes d’écritures comme la projection vidéo, l’utilisation de voix off et bien d’autres encore. Photo © Thibaut Baron.

Soeurs / TNP 16 – 21 mai
Texte, mise en scène Wadji Mouawad. Jeu Annick Bergeron. le symbole du fils dans « Seuls » est aujourd’hui suivi de « Soeurs ». Geneviève, brillante avocate est incapable de nommer le moindre de ses désirs. Elle pense à ce vide soudain, à cet étrange brouillard qui vient l’envahir. Ces deux pièces seront bientôt rejointes par « Frères, Père et Mère ». A venir.

Le Cas Schneijder / Théâtre des Célestins 16 mai – 4 juin
D’après Jean-Paul Dubois, (Prix Fémina 2004 pour Une Vie française). Adaptation et mise en scène Didier Bezace. Avec Pierre Arditi, Sylvie Debrun et Thierry Gibault. Paul Schneijder est victime d’un accident d’ascenseur… Débute alors l’étrange remise en question de tout ce qui composait jusqu’alors sa vie, son épouse qui le trompe, ses deux fils qui le méprisent et son travail qu’il déteste. Une analyse subtile de tous les petits arrangements et de toutes les visions étriquées qui composent notre réalité.

Borg et Théa / Théâtre de la Croix-Rousse 9 – 7 mai
Création musicale. Livret J-F Vrod. Musique La Soustraction des Fleurs avec le Quatuor Bela. Mise en scène Jean Lacornerie. Ce contre plonge dans le futur pour en ramener les fragments loufoques de la grande éposée humaine du troisième millénaire. Un opéra de poche pour récitants, quatuor à cordes et violon traditionnel mutant, percussions et choeurs. Production Opéra de Lyon – Théâtre de la Croix-Rousse.

Qui a peur de Virginia Woolf ? / TNP 30 mai – 3 juin
De Edward Albee. Mise en scène Alain Françon. Il ne faut pas dévoiler l’intrigue de « Qui a peur de Virginia Woolf ? » à ceux qui vont découvrir la pièce. En résumé, selon l’auteur « Qui a peur de vivre sans illusions trompeuses ? ». Une fabuleuse scène de ménage à l’allégresse féroce. Photo © Dunnara Meas.

 


Le Vent se lève / Théâtre des Célestins 6 – 10 juin
Co-production. Conception, réalisation et mise en scène David Ayala. D’après des textes de P.P. Pasolini, du Comité invisible, D.A.F. de Sade, de Guy Debord, de Ph. Murray et d’Ed. Bond. Critique ludique et époustouflante, « Le Vent se lève » s’emploie à traquer et mettre en scène les comportements dis « normaux » et « anormaux » des citoyens-spectateurs. La machine déraille. Il se crée un monde peuplé d’individus privés d’intelligence, de discernement et de révolte. De longues (2h30 environ) séries de séquences en short cuts en tragi-comédie. Photo © Création Domaine d’O Montpellier 

Nobody / Théâtre des Célestins 13 – 17 juin
D’après Flk. Richter. Mise en scène Cyril Teste et Collectif MxM. Avec le collectif d’acteurs de La Carte Blanche. Jean Personne est consultant en restructuration d’entreprise : intelligence, charisme et assurance… Il devient le héros cynique d’un jeu dont il n’a pas le contrôle. Une langue vivante, un dispositif mêlant vidéo, son lumière et nouvelles technologies. Une performance filmique de haute facture artistique dans un société ou chacun surveille l’autre.


 Liens

* Théâtre des Célestins – Tél. 04 72 77 40 00 – www.celestins-lyon.org

* TNP Villeurbanne – 04 78 03 30 00 – www.tnp-villeurbanne.com

* Théâtre Tête d’Or – Accueil 04 78 62 96 73  – www.theatretetedor.com

* Théâtre de la Croix-Rousse. Place Joannes Ambre 69004 Lyon –  Tél. 04 72 07 49 49 – www.croix-rousse.com

* Radiant-Bellevue-Caluire – Tél. 04 72 10 22 19 – www.radiant-bellevue.fr

* Les Ateliers – Tél. 04 78 37 46 30  – www.theatrelesateliers-lyon.com

* Les Subsistances- www.les-subs.com

* TNG Théâtre Nouvelle Génération – www.tng-lyon.fr