Site d'informations culturelles indépendant - 9 ème Année 

 

PATRIMOINE

I – Le majestueux château de Menthon qui domine le lac d’Annecy
II – 2000 ans d’art et d’histoire. Le riche passé culturel de la Vallée d’Aoste

Majestueux château de Menthon
Entre lac d’Annecy et montagne

« Partout Menthon.Toujours Menthon »
Devise de la famille de Menthon

Une silhouette altière, œuvre d’hommes d’action
Il se dresse fièrement sur un rocher de 200 mètres de haut, au dessus du vieux village de Menthon et du lac d’Annecy. Vu du côté lac, le château peut paraître impressionnant, voire austère. Par contre vu depuis la route du col de Bluffy, il a tout d’un château de conte de fées. Avec donjon, tours, tourelles, clochetons, galerie à colombages, échauguettes, mâchicoulis…
Il surgit soudain au détour de la route au milieu de la verdure. Un peu comme le château féérique que les enfants voient en imagination. Si bien que Walt Disney, en vacances à Talloires avec son neveu, s’en est fortement inspiré pour son célèbre dessin animé La Belle au Bois Dormant ! Photo vue du côté montagne © Eric Sander.
Photo vue du côté lac © C. Max.

Dans la famille de Menthon depuis neuf siècles !
La généalogie, remonte aux années 1150 et 1190. Ce château médiéval à l’origine avait une puissance féodale considérable allant de Talloires aux portes de Genève. Il contrôlait les passages entre Annecy, les villages du lac, Faverges, Menthon, le col de Bluffy, Dingy-Saint-Clair, Thônes, Le Faucigny et Genève. Ce château est le résultat d’une longue histoire entre la France et l’Etat de Savoie.
Le blason de la famille, en forme de cri de guerre et de fierté est « de gueules au lion d’argent à la bande d’azur brochant sur le tout » (de gueules veut dire rouge). De nombreux Menthon ont joué un rôle au cours des siècles. Henri de Menthon, bailli de Vaud. Bernard de Menthon, bailli du Faucigny. Pierre de Menthon, bailli du Genevois. Nicod de Menthon, Ambassadeur en France, Gouverneur de Nice et Amiral d’une flotte envoyée par la concile de Bâle à Constantinople. Georges de Menthon, capitaine général de Savoie, Gouverneur de Montmélian. Rappelons que la Savoie (l’Etat Savoyard), en même temps que le Comté de Nice ne furent rattachés à la France qu’en 1860. Plus récemment François de Menthon, fût Compagnon de la Libération, Ministre de la Justice du Général de Gaulle et représentant la France, comme procureur français, au Tribunal Militaire de Nuremberg, contre les nazis. 

Saint Bernard proclamé saint patron des alpinistes
Saint Bernard de Menthon, fût proclamé par le pape Pie XI, patron des alpinistes. Il serait né au château en 1008 et mort en Italie à Novarre en 1081. La légende raconte qu’il aurait quitté la château familial la nuit précédant son mariage en se sauvant par la fenêtre. Il rejoignit Aoste. Et fonda les hospices des cols du Grand-Saint-Bernard (entre Aoste et Martigny) et du Petit-Saint-Bernard (entre Bourg-Saint-Maurice et La Thuile). Grâce à lui, les voyageurs et les pèlerins pouvaient échapper aux pillards et aux sarrasins qui les rançonnaient et trouver refuge pour la nuit. Il participa grandement au développement du commerce et des pèlerinages entre l’Italie et la France. L’oeuvre de Saint-Bernard-de-Menthon est poursuivie activement par les chanoines de l’ordre de Saint-Augustin au col Grand-Saint-Bernard. Sans oublier les fameux chiens Saint-Bernard, qui ont tant secouru de voyageurs en péril ! Ces chiens sont visibles au col et aussi au Musée et Chiens du Saint-Bernard à Martigny en Valais Suisse. La chapelle médiévale ancienne dédiée à Saint-Véran date de 1262. La chapelle récente, plus élancée avec corniches date du XIX° s. est dédiée à Saint-Bernard. Photos © JPD.

Du château médiéval au château de contes de fées
La visite fait revivre, en résumé, l’histoire de ce majestueux château. Depuis le Moyen-Âge jusqu’au XIX°s. il y eut des transformations successives particulièrement en 1740 et 1880. Première impression, les murs sont si épais que le château est imprenable. La Tour d’Armes et le Donjon sont des XII° et XIII° s. Les chemins de ronde des XV° et XVII° s. L’escalier central du XVII° s. La façade du lac du XVIII° s. La terrasse qui domine le village de Menthon a été bâtie au XVIII° s. sur les anciennes prisons.

Toutes les pièces, dont le grand salon et la chambre de la comtesse, sont meublées avec du mobilier ancien de grande qualité, des tapisseries d’Aubusson et des Gobelins, des portraits de famille, des tableaux, des meubles de style signés, des tentures et draperies, des cheminées monumentales avec armoiries et blasons. Et une remarquable collection de coffres anciens, dans lesquels les jeunes filles apportaient leur dot. La salle des pèlerins, ou ancienne cuisine et salle de garde, date du XIII°s. était consacrée à ceux qui allaient à Saint-Jacques-de-Compostelle, Rome ou Jerusalem. Ils pouvaient s’y restaurer et s’y reposer. Encore maintenant, même après tant d’années, le château est en parfait état et tout-à-fait habitable ! Photos © Eric Sander.

 

Une bibliothèque unique  et riche de 12000 volumes !
La bibliothèque comprend 12000 volumes antérieurs à la Révolution Française. Elle est issue de legs d’une importante famille de parlementaires franc-comtois avec de nombreux livres de droit, d’économie, de finances, de botanique, de géographie et de belles cartes. Des manuscrits, des incunables, richement illuminés. Des livres d’heures, des missels romains. A noter l’intégralité de l’Encyclopédie de Diderot en 28 volumes. Et l’Histoire Naturelle de Buffon en 36 volumes !

Infos & Liens
Le château se visite (en visites guidées) du 1er mai au 30 septembre du vendredi au dimanche et jours fériés. Et du 15 avril au 15 octobre en visites de groupe et sur réservations.
En contrebas du château, au cœur de son parc boisé, le Créquier Sinople, dépendance à l’allure raffinée datant du XVIIème s., sert aussi à des mariages, séminaires d’entreprises, cocktails, anniversaires. Visible sur la photo vue du côté lac, en bas.

 Dernière minute Le château se visite en nocturne les vendredis du mois d’août. Une visite sympathique. Promenade dans la cour du château, vue superbe sur le lac d’Annecy. Visite par petits groupes. Dans chaque salle, un acteur en costume d’époque raconte l’histoire du château, les meubles, la bibliothèque, etc. Des cracheurs de feu nous disent au revoir devant la poterne. www.chateau-de-menthon.com – contact@chateau-de-menthon.com


 

2000 ans d’Art et d’Histoire
Le riche passé culturel de la Vallée d’Aoste

 

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Que savons nous d’une vallée italienne dont le coeur bat en français ? Suite du précédent numéro. Aoste, ski, spa & wellness. Voir ici. Nous nous sommes penchés sur nos notes et nous voudrions vous parler de quelques sites culturels remarquables de la Vallée d’Aoste. Photo. Trésor de la cathédrale © Enrico Romanzi.

 

Face au Ruitor, le château de Saint-Pierre

aoste320-stpierreNous descendrons la vallée par la nationale SS26, en évitant l’autoroute qui n’est qu’une succession de tunnels sans vue. Dès la sortie du tunnel du Mont-Blanc, nous tournerons à gauche direction Entrèves. Nous irons via Courmayeur et Aoste, jusqu’au fort de Bard qui fait la limite de la Région Autonome Valle d’Aosta avec le piémont italien. Un court trajet de 90 km. C’est le premier que nous verrons de la centaine de châteaux, demeures seigneuriales et places fortes subsistants encore en Vallée d’Aoste. Saint-Pierre construit à pic sur un éperons rocheux, domine la vallée. Avec son donjon surmonté de quatre tourelles il a fière allure. Mais, il est en cours de rénovation et ne se visite pas pour l’instant. Photo château de Saint-Pierre © JPD.

 

Le château de Sarre, royal relais de chasse

Situé sur un coteau au milieu de la vallée, il est carré, massif, sans charme particulier. Mais à l’intérieur nous découvrons deux superbes salles ornées de centaines de trophées de chasse, de cornes de chamois et de bouquetins. Ces trophées forment aux plafonds et sur les murs des motifs décoratifs harmonieux. Ce vaste château était le relais de chasse de Victor Emmanuel II et d’Humbert 1er de Savoie. La vue depuis la terrasse sur le château d’Aymaville et les vignobles justifie la halte. Le château de Sarre © Enrico Romanzi.

 

Aoste, la plus romaine après Rome. Théâtre antique, cryptoportiques, arc d’Auguste, porte Prétoria


Le Théâtre romain d'Aoste. Photo Enrico Romanzi.
Pour les voyageurs du XIX° s. Augusta Prétoria (par contraction Aosta) était « la petite Rome des Alpes ». Aoste est située au carrefour des routes des cols du Grand Saint-Bernard vers la Suisse, du Petit Saint-Bernard vers la France et de la route du Piémont. La ville nouvelle fût construite en l’an 25 av. j.-C., sur un plan d’urbanisme rectangulaire et précis (750mx570m). Les rues se croisaient déjà à angle droit. Du forum légèrement surélevé, il ne reste que le cryptoportique, vaste soubassement souterrain voûté, haut de plafond et parfaitement intact.  

valle-daosta320criptoportico-aosta-enrico-romanziLe Théâtre Romain était une imposante structure. Il ne reste qu’une grande partie de la façade, un peu des gradins et de la scaena (front de scène). Mais hélas pas de quoi pouvoir faire de grands spectacles.
Les murs d’enceinte sont parmi les mieux conservés de l’époque romaine, ils avaient quatre tours d’angle. Ils étaient percés de quatre portes, dont subsiste seule la porte Prétoria. Cette porte était l’entrée principale Est de la ville d’Augusta Prétoria. Elle est composée de deux courtines contemporaines percées de trois arcades chacune et prolongée sur les côtés par les vestiges des murs romains qui datent de -25 avant J.-C. Des rues piétonnes colorées et animées, la Via Porta Prétoria et la Via Sant’Anselmo, conduisent de part et d’autre à cette porte.

valle-daosta320aosta-arco-daugusto-enrico-romanziL’Arc d’Auguste est un monument érigé en l’honneur de l’empereur Auguste et de sa victoire sur les Salasses en -25 av. J.-C. époque de la fondation de la ville. Il est construit en blocs de poudingue en style dorique et corinthien. Il marque majestueusement l’entrée de la ville, côté Est. Assez réussie pour l’époque, disent les spécialistes, la ville devint le symbole de la colonisation romaine. Photos La Place E. Chanoux, coeur de la cité. Le cryptoportique L’arc d’Auguste © Enrico Romanzi. Le théâtre romain © JPD.


valle-daosta-dolmen-area-megalitica-saint-martin-de-corleans-aostaenrico-romanzi
aoste-stele320jpdNous entrons dans la ville par la route de Courmayeur et le Corso Saint-Martin-de-Corléans. Les monuments romains sont situés un peu plus loin en centre ville. La vraie nouveauté de 2016, c’est le Parc Archéologique Musée de Saint-Martin-de-Corléans. Il est situé juste à côté de la petite église éponyme à l’entrée de la ville. C’est en 1969, en creusant le sol pour bâtir un immeuble que des ouvriers mirent à jour une aire archéologique ayant eu des fonctions funéraires et datant de 4000 ans avant J.-C. Une vaste musée contemporain a été bâti par dessus le site et inauguré l’année dernière. Un peu comme celui de l’armée de guerriers enterrés de X’Ian en Chine. On put y voir des mégalithes (pierres sculptées de grandes tailles), des stèles anthropomorphes (représentant des figures humaines). Ce musée dû à l’architecte Maximo Vengeons nous plonge dans une sombre et mystérieuse atmosphère de métal, de terre et de couleurs ocre, grise et noire.  Photo. Dolmen de l’aire mégalithique © Enrico Romanzi. Stèle anthropomorphe © JPD.
valle-daosta320aosta-piazza-chanoux-enrico-romanziPiazza Emilio Chanoux, vers où convergent les agréables rues piétonnes du centre ville. Installés, avec nous, à la terrasse d’un bar, Dolores, nous raconte. « L’autonomie du Val d’Aoste avait déjà été reconnue par le Duc de Savoie, Emmanuel Philibert, en 1561. Depuis 1948 le Val d’Aoste est une région autonome. La langue française et la langue italienne sont à parité. A l’école on apprend l’italien et le français et tous les actes publics sont rédigés dans les deux langues. On y parle encore un dialecte franco-provençal. Et dans 74 communes des vallées latérales on trouve 82 dialectes différents. Les valdôtains se sont battus de tous temps pour conserver leur particularisme et leur autonomie en dépit des pressions ».
aoste-cathedrale320stgratjpdvalle-daosta320reliquiario-san-grato-museo-tesoro-cattedrale-aosta-enrico-romanziLa cathédrale est juste à côté de la place E. Chanoux. Cachés sous la charpente, les combles sont ornés de fresques médiévales. Le « Musée du Trésor » de la cathédrale réunit des sculptures de marbre, des icônes sur bois, des bustes d’évêques et des reliquaires recouverts d’or et d’argent. Ils nous rappellent la foi profonde des montagnards valdôtains au Moyen-Âge. Elle mérite une visite.

Les monuments romains et médiévaux : cryptoportique, théâtre, porte Prétoria, Arc d’Auguste, cathédrale, et collégiale Saint-Ours, se visitent facilement en une demi-journée, car ici les distances sont courtes. Nous ressortons de la cité par l’Arc de triomphe d’Auguste et la Via Valli Valdostane, pour rejoindre la nationale SS26. Photos. Buste reliquaire d’évèque et fresques médiévales des combles. © JPD.  Reliquaire recouvert d’or de Saint Grat © Enrico Romanzi. Non loin de là, la collégiale Saint Ours, regroupe l’église Saint-Ours, la crypte, le cloître aux chapiteaux historiés et le clocher de 45m de haut ! Saint-Ours est un moine qui a vécu à Aoste, mais le patron de la ville est Saint-Grat. Photo La Collégiale Saint-Ours, le cloître et le clocher de 45 m de haut ! © Enrico Romanzi.

 

L’apparat militaire du château de Fénis

Ce château est situé sur une butte, à une douzaine de km à l’Est d’Aoste. Il a tous les attributs du château fort : remparts, donjon, tour carrée, chemins de ronde, échauguettes, galeries en bois, escalier semi-circulaire, sarrasines, créneaux, meurtrières, corbeaux, mâchicoulis, barbacane, enceintes, fresques. Un vrai château médiéval. Cet important apparat militaire était destiné à impressionner par ses capacités de défense et à faire valoir le prestige et la puissance des Challant, la famille dominante de l’époque. A l’intérieur on trouve une collection de mobilier valdôtain : meubles et coffres anciens en mélèze, proches du style du Queyras. Les peintures murales sont bien conservées. Mais la double enceinte, rajoutée lors d’une restauration maladroite, fait perdre de l’ampleur à l’ensemble. A voir quand même. Le château de Fenice © Enrico Romanzi.

 

Le château de courtoisie d’Issogne

aoste320issogneLe château d’Issogne, n’est pas un de ces nombreux châteaux primitifs de défense de la vallée, mais plutôt un château de courtoisie. C’était la demeure familiale de la noble famille de Challant, qui fût la plus puissante de la Vallée d’Aoste pendant sept siècles. Le château de défense était celui de Verrès, juste en face, de l’autre côté de la Doire Baltée. Le château d’Issogne est resté dans son jus, il n’a pas subi de transformations comme les autres. Des fresques médiévales, véritables photographies de l’époque sont presque intactes, car elles sont sous des galeries couvertes bien protégées. Le climat sec, la qualité de construction et les pigments des peintures y sont sans doute aussi pour beaucoup. De nombreux graffitis originaux sont inscrits en bas des fresques, ils sont en français, en latin, en italien, en allemand, en espagnol, le plus ancien date de 1489 ! Dans la cour, la fontaine octogonale est le symbole de vie. Sur la porte d’entrée, cette inscription en vieux français. « Tous ceux qui maldisent d’austruy et rapporte nentre ceans nous leur deffendons lapporte car que d’austruy, mal dira le diable le rapourtera». Un plafond bleu à caissons et fleurs de lys, réalisé en l’honneur du passage du roi de France, orne la plus belle pièce. Photo château d’Issogne © JPD.

 

 L’imprenable forteresse de Verrès

Dans la Vallée d’Aoste, cent châteaux se dressent tels des sentinelles dans les lieux stratégiques et débouchés des vallées latérales. Celui de Verrès est sans doute le plus emblématique. Construit sur un à-pic rocheux, surplombant un torrent et dominant le bourg de Verrès, le château est massif. Il contrôle l’accès à la vallée d’Ayas et l’axe de la vallée principale. Yblet de Challant gouverneur et capitaine général du Piémont, qui fut pendant quarante ans au service des Ducs de Savoie, le fit construire dès 1287. En 1536, René de Challant le renforça. Il fût restauré en 1920. Il a tous les atouts d’un château fort. Enceinte, embrasures, éperons, contreforts, tourelles polygonales, avant portail, pont-levis, fenêtres à meneaux, escalier monumental et murs d’une épaisseur phénoménale. Rustique, mais impressionnant ! Le château de Verres © Enrico Romanzi.

 

 Le romantique Castello Savoia de Gressoney

aoste-castelsavoia150jpdjpgNous partons, par delà le fort de Verres, faire une escapade dans la vallée latérale de Gressoney jusqu’au Château Royal de Savoie. Pendant que son mari, Humbert 1er, chassait l’été depuis le château de Sarre, la reine Marguerite fit construire Castello Savoia à Gressoney-Saint-Jean. Il devint pendant 26 ans sa demeure d’été habituelle. Voilà le plus romantique des châteaux. Il est installé, sur un belvédère, au milieu des pins, et domine toute la vallée jusqu’au glacier du Lyskamm, un des sommets du massif du Mont Rose qui barre l’horizon. Il fût bâti dans les années 1900, en style lombard du XV° s., fort en usage dans le Midi de la France et en Savoie, berceau des souverains régnants. Il évoque un manoir fourni de tours et revêtu de pierres grises. Les plafonds de mélèze à caissons, tous différents sont remarquables. Un élégant escalier en chêne à double révolution, rehausse la touche noble de l’ensemble. Les motifs héraldiques liés à la maison de Savoie sont nombreux avec des cartouches à devises Sempre avanti. Aux pieds du Castello Savoia, un jardin alpin, riche en espèces, apporte de vives touches de couleur à ce charmant décor. Gressonney-Saint-Jean, est un village très coquet, aux belles maisons valdôtaines. Photo © DR.

 

 L’imposant fort militaire de Bard. Trois funiculaires successifs et un ascenseur pour y accéder !

valle-daosta-forte-di-bard-400enrico-romanzi-jpgLa vallée se resserre en un étroit défilé. Au beau milieu de la Doire Baltée, un haut piton rocheux barre le passage. Sur ce passage obligé, qui contrôle l’accès à la Vallée d’Aoste, a été érigé l’impressionnant fort de Bard. Les troupes de Napoléon, après avoir passé le col du Grand-Saint-Bernard et progressé rapidement, furent arrêtées par la garnison autrichienne qui gardait le fort, tourné face au Piémont. Exaspéré de cette résistance inattendue de 14 jours, Napoléon fit raser le Castel de Bard. Craignant une nouvelle agression des français, le fort fût reconstruit, mais cette fois avec ses défenses tournées face à la France. Cette place forte est constituée d’une série de redoutes, bâtiments autonomes installés sur des niveaux successifs, permettant à chacun d’entre eux de se défendre en cas d’attaque de l’ennemi. Il y avait 283 locaux pouvant recevoir 416 hommes. L’accès se fait par trois petits funiculaires successifs, plus un ascenseur pour arriver tout en haut. Lu sur la paroi de l’ascenseur cette citation de Stendhal  « …j’étais si heureux en contemplant ces beaux paysages et l’arc de triomphe d’Aoste que je n’avais qu’un voeu à former c’était que cette vie durât toujours. » Tout le fort est restauré. Chaque opera (niveau), est dédié à une activité. Musées du fort et des frontières. Opéra des enfants. Espace d’expositions temporaires. Et il y même un hôtel de luxe dans la cour du haut ! La muséographie inventive du Musée des Alpes nous fait vivre la montagne avec une profusion d’images réelles et de synthèse, de vidéos et d’interviews. Ecrans à gogo, petit train de montagne avec paysage défilant, vues d’hélicoptère en 3D, etc… Bonheur des petits et des grands ! Photo fort de Bard © Enrico Romanzi.
Le vieux bourg de Bard est installé en contrebas du fort, sur l’ancienne voie romaine, il contrôlait le transit des marchandises et le passage des hommes. Il a un certain cachet, avec ses toits de lauzes grises et son noyau urbain médiéval préservé. Quelques beaux édifices subsistent encore, comme la Maison Challant et l’élégant palais de la famille des derniers comtes de Bard.

Une superbe vallée de montagne de 90 km de long

valle-daosta-courmayeur-e-320grandes-jorasses-enrico-romanziLa forteresse de Bard, qui commande la haute vallée de la Doire Baltée, marque la limite de la Vallée d’Aoste. Au delà c’est le Piémont italien. Après Bard, avant le Piémont on trouve les communes de Donnas avec ses vignobles et la Route Romaine et Pont-Saint-Martin avec son pont romain. Ainsi s’achève notre parcours culturel et touristique. D’Entrèves à la sortie du tunnel du Mont-Blanc à Pont Saint-Martin l’itinéraire direct , hors détours, ne fait que 90 kilomètres seulement ! Mais pour apprécier tout le charme de cette vallée unique un week-end de deux ou trois jours est nécessaire. Il faut le souligner, nous avons au cours de nos différents séjours en Vallée d’Aoste, toujours été accueillis partout avec le sourire. Et nous avons parlé français ! Photo Courmayeur et les Grandes Jorasses © Enrico Romanzi.

Copyright © Jean-Pierre Doiteau

 


Infos & Liens
Une région autonome à statut spécial
La Vallée d’Aoste est une région autonome à statut spécial, un peu comme une province.
Elle est située au Nord-Ouest de l’Italie, reliée à la France par le tunnel du Mont-Blanc depuis Chamonix et l’été par le col du Petit Saint-Bernard depuis Bourg-Saint-Maurice.

Site officiel du tourisme en Vallée d’Aoste en français : www.lovevda.it
Promotion de la Région autonome de la Vallée d’Aoste à Paris : www.maisonvda.com

 

Une vallée principale, celle de la Doire Baltée
et une douzaine de vallée latérales de haute montagne
Ce parcours culturel n’est qu’un aperçu, car il reste encore une douzaine de vallée latérales de haute montagne surmontées de sommets de 4000m à découvrir !
Rive gauche de la Doire Baltée.
– Val Ferret. A partir d’Entrèves. Lavachey. Arp Nouva. Col Grand-Ferret 2540m. Val Ferret Suisse (à pied). Vues sur les Grandes Jorasses. La dent du géant et le Mont-Blanc de Courmayeur.
– Val du Grand-Saint-Bernard 2473m, vers la Suisse Bourg-Saint-Pierre, Martigny.
– Valpelline, Bionaz, lac de Place Moulin, refuge Prarayer. Vues superbes sur le glacier des Grandes Murailles et la Dent d’Hérens 4171m.
– Valtournenche. Vieux village de Paquier. Station de ski de Breuil-Cervinia 2050m. Liaison avec Zermatt en Suisse par le Plateau Rosa et le col du Theodule (3458m) et accès au téléphérique du Klein Matterhorn 3884m, juste un peu plus haut que l’Aiguille du Midi. Le jeu permanent des nuages qui s’accrochent au Cervin 4478m est spectaculaire et la très longue descente jusqu’à Cervinia, tout simplement magique ! Beaux hôtels. Hôtel Hermitage Relais & Châteaux. Photo © JPD.
antagnod-campanile-1– Val d’Ayas. Antagnod, Champoluc et Frachey. Liasion avec le val de Gressoney par le col de Bettaforca 2672m. Et les trois vallées du grand domaine Monterosa Ski. Vues superbes sur les 4000 du Mont Rose (Breithorn, Lyskamm Punta Gnifetti).
– Val de Gessoney. Gressoney-Saint-Jean, très charmant village typique et Gressoney-la-Trinité, Stafal. Liaison d’un côté avec les pistes du val d’Ayas (Champoluc et Frachey) et de l’autre avec les pistes d’Alagna valésia en Piémont par le col Passo Salati 2971m. Depuis ce col, le téléphérique de la Punta Indren (3275m) offre un superbe itinéraire hors-piste sur glacier.
– Dans la vallée, les nouveaux thermes de Saint-Vincent ont été requalifiés avec piscine à 36°, saunas, hammam, cascade de glace, massage thérapie, médecine esthétique, aire de relaxation et buffet gourmet. Bref tout ce qui se fait de mieux actuellement. Photo Antagnod le campanile © JPD.
Rive droite de la Doire Baltée 
– Val Veny italien. A partir d’Entrèves. Vues superbes sur les glaciers de la Brenva et de Miage. Col de la Seigne 2512m vers la France (à pied)
– Val de la Thuile. La Thuile. Col du Petit-Saint-Bernard 2188m, vers la France et Bourg-Saint-Maurice. L’hiver le domaine skiable de la Thuile est relié à celui de La Rosière en France.
valle-daosta-fontana-ferro-cogne-foto-enrico-romanzi-3133– Valgrisenche haute vallée de montagne au charme intact.
– Val de Rhêmes aux charmants villages anciens de Rhèmes-Notre-Dame et Rhèmes-Saint-Georges.
-Valsavarenche. Depuis Pont accès aux refuges Chabod et Victor Emmanuel pour faire le Grand Paradis 4061m.
– Valnontey. Superbe vieux village classé de Cogne. Accès au Parc National du Grand Paradis. Jardin botanique. Fameuses pistes de ski de nordique. Célèbre course Marciagranparadiso de 45km. Superbes panoramas. Somptueux hôtels de luxe : Bellevue(Relais & Châteaux) et Miramonti.
– Val de Champorcher. Très petite station de ski de Champorcher. Photo fontaine à Cogne avec au fond e Grand Paradis © Enrico Rimanzi.

Une douzaine de sommets de plus de 4000m, dominent ces vallées.
Ils sont tous visibles en montant un peu dans les vallées de haute montagne. Comme tout montagnard, nous sommes particulièrement impressionnés par les 4000 qui dominent la vallée et qui surplombent les vallées latérales de haute montagne. Plus on prend de l’altitude, plus les vues prennent de l’ampleur. L’Aiguille de Bionassay 4050m, le Mont-Blanc 4810m, le Mont Maudit 4466m, la Dent du Géant 4013m, les Grandes Jorasses 4201m. Au delà du Mont Dolent seul point commun France-Suisse- Italie; ce sont successivement le Grand Combin 4314m, la Dent d’Hérens 4171m, la Dent Blanche 4357m, le Cervin 4478m, les deux Breithorn 4165m/4171m, Pollux 4092m, Castor 4228m, les deux Lyskam 4480m/4527m, la Punta Gifetti 4559m le Dufourspitze 4634m (Mont-Rose), la Pyramide Vincent 4215m, Et à part, le Grand Paradis 4061m.

Retrouvez notre précédent web-reportage
N° 26 – Voyages. Vallée d’Aoste, ski, spas & wellness.
Skyway Monte Bianco. Thermes de Pré-Saint-Didier.
Courmayeur et la Thuile. voir ici