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LES CHRONIQUES MUSICALES

de Patrick Favre-Tissot-Bonvoisin

N°30 Automne-Hiver 18/19 – 10ème Année !
Les chroniques sont mises en ligne en fin de chaque mois
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Les coups de coeur du musicologue

Patrick Favre-Tissot-Bonvoisin nous rappelle les concerts, récitals et opéras qui l’ont marqué au cours de ces dernières années. En voici l’essentiel. Pour lire les chroniques complètes, cliquer sur les liens ci-dessous.

Saison 2009 / 2010  / Avril-Mai-Juin : A l’Opéra, un Festival Pouchkine. Légendaire ! (à l’Opéra)
Saluons tout d’abord la fabuleuse performance de notre scène lyrique lyonnaise. C’est le mot, dans la mesure où une opération de cette envergure est du domaine du quotidien au Metropolitan de New York ou au Staatsoper de Vienne mais excède largement les moyens naturels d’une maison de la dimension de l’Opéra de Lyon. Photo Opéra Mazeppa © Stofleth. Voir la chronique complète :
https://www.lyon-newsletter.com/1003/news.html

Saison  2010 / 2011 / 4 Juin : Les adieux de Jun Märkl (à l’Auditorium).
Que de soirées exceptionnelles vécues depuis 2005 !

S’il y eut quelques concerts inégaux, jamais Märkl ne nous infligea un ratage et l’on peut se dire : que de soirées exceptionnelles vécues depuis 2005 ! Pratiquement toutes les écoles nationales auront été servies par cette baguette d’exception, dont la française – une intégrale Debussy chez Naxos en témoignera pour l’Éternité – au premier chef (on se souvient d’une Fantastique de Berlioz et d’une Turangalîla de Messiaen inspirées). Toutefois, c’est bien dans le répertoire germanique – au sens large – qu’il nous a laissé les plus inoubliables souvenirs. Permettez à l’auteur de ces lignes d’user (pour une fois) de subjectivité et de rappeler quelques grands moments privilégiés vécus ensemble : les poèmes symphoniques de Liszt ; la 3ème de Bruckner (où il dama le pion aux Wiener Philharmoniker eux-mêmes !), une IXème de Beethoven en communion avec le public pour le bis du finale ; une soirée Wagner où planait l’ombre de Sir Georg Solti ; une 3ème de Mahler titanesque ; le fabuleux voyage de Eine Alpensinfonie de Richard Strauss, enfin révélée dans sa plénitude en nos murs au même titre que la rare Genoveva de Schumann… et… s’il fallait n’en retenir qu’un ? Alors, sans hésiter, ce serait la miraculeuse soirée du 11 octobre 2008 où la monumentale Symphonie N° 2 « Lobgesang » de Mendelssohn accédait enfin au statut de chef-d’œuvre, tout simplement parce que notre Maestro l’empoignait avec une conviction exceptionnelle, nous offrant une interprétation historique où le frisson passa comme jamais dans la salle. De ces moments où l’on accepterait sereinement la venue de la mort après la dernière mesure, parce que l’on a perçu comme une vision de l’au-delà, bien peu d’artistes sont capables. Jun Märkl l’a fait et plus d’une fois ! Bien sûr, de telles émotions il aurait pu – en interprète idéal des grandes fresques – nous en donner encore bien d’autres et l’on regrettera toujours qu’il n’ai point dirigé devant nous trois partitions bien précises : Roméo & Juliette de Berlioz, la 8ème Symphonie « des Mille » de Mahler et le Concerto pour piano géant de Busoni. Il est fait pour elles et il les abordera sans doute un jour… ailleurs. Photo © Reinhardt Brenz.
https://www.lyon-newsletter.com/1105/musique.html#chronique

Saison 2011 / 2012 / 10 octobre : Le Nez de Chostakovitch (à l’Opéra).
Tout se conjugue et virevolte. 
Après « Moscou, quartier des cerises », l’Opéra de Lyon a l’excellente idée d’afficher « Le Nez », probablement le plus difficile à réaliser parmi les ouvrages lyriques de Chostakovitch. Une fois n’est pas coutume, c’est d’abord la mise en scène qui est une source de bonheur ! Réalisée en coproduction avec le Metropolitan Opera de New York et le Festival d’Aix-en-Provence, la scénographie de William Kentridge est une absolue réussite. Issu de la nouvelle de Gogol, rappelons que le livret mêle diaboliquement le fantastique, le surréalisme et l’absurde dans un univers délirant où plane l’ombre du théâtre de Meyerhold, axé sur la biomécanique et le constructivisme. Photo Opéra Le Nez © Stofleth.
https://www.lyon-newsletter.com/1112/musique-opera.html

Saison 2012 / 2013 / 5 septembre : Requiem de Berlioz (à l’Auditorium).
Quand l’oreille est éblouie !

Le 5 septembre. Après 23 ans d’absence, quelle félicité de renouer avec une œuvre insigne ! Rappelons que cette « Grande Messe des morts Opus 5 » fut donnée à 3 reprises lors du regretté Festival Berlioz de Lyon, sous les directions de : Serge Baudo (1981, le plus spectaculaire), John Nelson (1985, le plus mystique), Emmanuel Krivine (1989, le plus distingué). Puisqu’une partie de la presse locale s’est répandue en inexactitudes et autres approximations dont elle a le secret, observons qu’avec 347 choristes, 84 instrumentistes et les 4 fanfares fortes chacune d’une dizaine de pupitres, nous sommes presque à l’effectif de 500 exécutants souhaités par l’auteur [qu’on ne s’émeuve pas : pour son « Te Deum » et la fastueuse cantate « L’Impériale », il en exige… 900 !]. Jamais le plateau de l’Auditorium n’a paru si petit qu’en accueillant cette composition colossale (NB : les exécutions citées du « Requiem » avaient été respectivement reçues au Palais des sports, au Théâtre Antique de Fourvière et à la Halle Tony Garnier). Photo © David Duchon-Doris…
https://www.lyon-newsletter.com/1209/musique-opera.html#chroniquepftb

Saison 2013 / 2014 / 20 novembre : Trio Guarneri de Prague (chez Fortissimo Musiques). Une élégance qui sort de l’ordinaire.
Fondé en 1986, le Trio Guarneri – fait notable – conserve sa formation d’origine : Ivan Klansky au piano, Cenek Pavlik au violon et Marek Jerie au violoncelle. Ces deux derniers jouent sur des instruments historiques signés Guarneri (d’où le nom de l’ensemble). Leur élégance sortant de l’ordinaire est également appréciable  : nœuds et ceinture en satin bordeaux assortis des plus seyants. L’œil est flatté avant l’oreille et ce n’est pas pour déplaire… Photo, le Trio Guarneri de Prague auditorium de Lyon , Ivan Klànsky piano, Cenek Pavlik violon, Marek Jerie Violoncelle © Vincent Dargent.
https://www.lyon-newsletter.com/1309/chronique-musique.html

Saison 2014 / 2015 / 24 mars : Stabat Mater de Dvorak par Les Siècles Romantiques (Chapelle de la Trinité). Moment de haute spiritualité dont on sort régénéré.
En ce temps de Carême, l’exécution d’un Stabat Mater demeure opportune. Mais quand il s’agit de celui de Dvorák – qui plus est dans sa mouture d’origine avec orchestre – l’événement frise en soi l’exceptionnel tant cet ouvrage fut chichement proposé à Lyon ce dernier demi-siècle. Premier indice d’une frustration enfin éradiquée : la Chapelle de la Trinité est bondée, ce qui constitue un bon présage. Photo Jean-Philippe Dubor © Bertrand Pichene.
http://www.lyon-newsletter.com/15-01/musiqueoperajazz/chronique-patrick-favre-tissot-bonvoisin/

Saison 2015 / 2016 / 12 décembre : concert Mozart / Mahler(à l’Auditorium). 
Le plus mémorable concert en ces lieux depuis l’automne 2011 !
Sur le papier, quel séduisant programme danubien, passant du Classicisme salzbourgeois le plus pur aux prémices des orages artistiques inhérents aux temps dits modernes. Voilà qui est très incitatif et, si nous venions avant tout pour le rare monument mahlérien, la découverte locale d’une talentueuse soliste norvégienne, Vilde Frang, constitue un joli cadeau, bon présage aux fêtes de fin d’année. Si nous pressentions le concert de ce soir comme hors du commun, rien n’augurait qu’il serait aussi exceptionne. Photo Vilde Frang © Sussie Ahlburg.
http://www.lyon-newsletter.com/16-01/musique-opera-jazz/chronique-patrick-favre-tissot-bonvoisin/

Saison 2016 / 2017 / 13 novembre : Ermione de Rossini (à l’Opéra). Etat de choc pour une soirée historique ou l’euphorisante sensation de revivre un âge d’or.
Probablement le plus avant-gardiste des opéras de Rossini créés à Naples, Ermione tomba dans l’oubli immédiatement après la série de représentations du printemps 1819 au Teatro San Carlo. Si sa résurrection dans les temps modernes attendra 1977 à Sienne, la partition connaît son premier enregistrement mondial en 1986 : Erato confiant à un Claudio Scimone trop uniformément pressé un plateau vocal où d’éminents interprètes ne sont pas dans leurs meilleurs emplois. Au cours de l’été 1987, le Festival de Pesaro propose une production légendaire de l’œuvre – la plus significative de toute son histoire – réunissant sous la baguette enflammée de Gustav Kühn une distribution hallucinante : Montserrat Caballé, Chris Merritt, Marilyn Horne, Rockwell Blake, Giorgio Surjan et Giuseppe Morino (excusez du peu !). Depuis, l’œuvre connut de sporadiques exécutions, concertantes ou scéniques, à travers le monde, sans jamais s’imposer comme une évidence à la majorité des directeurs d’opéras. Aujourd’hui, Lyon relève magistralement le défi avec une éclatante version de concert, infligeant un superbe soufflet aux programmateurs sourds et aveugles. Photo Maestro Alberto Zedda © DR.
http://www.lyon-newsletter.com/16-09/chronique-patrick-favre-tissot-bonvoisin/

Saison 2017 / 2018 / 1er février : Beethoven / Chostakovitch, de l’Empereur à Leningrad (à l’Auditorium). Prodigieux ! 
En l’espace de deux semaines, les institutions musicales majeures de Lyon – l’Opéra, Les Grands Concerts et l’Auditorium – ne nous proposent pas moins que les créations (locales) de trois partitions du passé : Der Kreidekreis de Zemlinsky, la Messa di Gloria de Rossini et la 7ème Symphonie de Chostakovitch !
Car, en dépit de la présence à l’affiche de l’empereur des concertos, de surcroît servi par un de nos plus brillants pianistes français, c’est bien la plus prodigieuse symphonie de guerre du compositeur soviétique qui motive notre venue. Ajoutons à cela un chef dont nous avions déjà relevé l’inspiration. Toutes les conditions se trouvent donc réunies pour un évènement hors des normes communément admises. Photo Stanislas Kochanovsky © DR.
http://www.lyon-newsletter.com/18-03/musiqueoperajazz-2/chronique-patrick-favre-tissot-bonvoisin-2/ 

PS. Patrick Favre-Tissot-Bonvoisin est musicologue, historien de la musique et conférencier. Il a déjà réalisé deux livres sur Verdi et Beethoven et en prépare un troisième sur Berlioz. Voir extrait de ses conférences de la rentrée. patrick.ftb@gmail.com 

 

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