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MUSÉES Saint-Etienne

N°29 Printemps-Eté 2018
Jusqu’en novembre 2018 à Saint-Etienne
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Musée d’Art Moderne et Contemporain
30 ans et déjà 20000 oeuvres !

Pour son trentième anniversaire le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne, présente, avec « Considérer le Monde », une sorte de « best off » thématique de ses collections. De l’avis des critiques d’art, le MAMC est le second des musées de France, après le Centre Pompidou, pour la richesse, et la diversité de ses collections. Cette institution pluridisciplinaire est aussi une pionnière par l’originalité et la qualité de ses oeuvres. Celles-ci vont de l’art ancien, à l’art contemporain, en passant par la photographie et le design. L’exposition actuelle présente 170 artistes d’époques différentes du 16° au 21° s., avec un accrochage de plus de 300 oeuvres.

Une thématique passionnante et variée
Mieux que des longs discours , voici en photos quelques unes des pièces les plus remarquables. Ce qui frappe dans ce parcours, ce sont les formes originales, l’utilisation des matières nouvelles, les vives couleurs de la peinture, la sérigraphie, les détournements d’objets à des fins artistiques, l’apport de la technologie… L’imagination des artistes est sans limites.

Considérer le Monde, le « best off » des collections

Hall d’entrée. Le visiteur se rend immédiatement compte que le MMAC, ne possède pas que des oeuvres contemporaines, mais aussi des peintures du 16° au 21° siècles. Photo : © JPD.

Joan Miró, Danse de personnages et d’oiseaux, 1968. Huile sur toile. 172 x 293 cm. Collection MAMC+. © ADAGP, Paris 2017. Photo © JPD.

Claes Oldenburg et Coosje van Bruggen, From the Entropic Library, 1989. Tissus, bois, métal polystyrène expansé et mousse d’uréthane recouverts de résine époxy et de latex. 442 x 899 x 315 cm. Collection MAMC+. © C. Oldenburg et C. van Bruggen. Photo © MCD.


A gauche René Iché, La contrefleur, 1933. Plâtre. Collection MAMC+. © ADAGP, Paris 2017Georg Baselitz, Elke VI, 1976. Huile sur toile. Collection MAMC+. © ADAGP, Paris 2017. © Photo © Charlotte Piérot. A droite Peter Haley The Science of cool © Photo © JPD.


A gauche : coin, design Le Corbusier, Charlotte Perriand, Pierre Jeanneret, Ludwig Mies van der Rohe. © Photo : JPD. A droite : Jan Fabre,Sanguis / Mantis Landscape, 2004. 18 pièces en silicone et bronze, parterre d’écorces. Collection MAMC+. © Photo : MCD

Design Objets & meubles hifi des années 60/70. Pier Giacomo et Achille Castiglioni, Chaîne Stéréo RR126, 1967. Coffrage en bois, pied central en aluminium moulé monté sur roulettes, composantes électroniques. Dépôt CNAP. Au 2nd plan, à gauche : Jacques Monory, Meurtre n° 1, 1968. Huile sur toile. Collection MAMC+. Au 2nd plan, à droite : Bernard Rancillac, Le Dernier whisky, 1966. Peinture vinylique sur toile. Collection MAMC+. Photo © MCD.

A gauche : Orlan refrigeration self hybridation série indienne-américaine N°7 1947/2005 Photo © MCD.
A droite : Anthony Caro, Emma Scribble, 1977-1979. Collection MAMC+. © Barford Sculptures Ltd. Au second plan, les chevalements de mines, nous rappellent que la première activité de Saint-Etienne fût autrefois la mine. Bernd et Hilla Becher, Typologie, Chevalements de puits de mines, 1996. Collection MAMC+. © Bernd et Hilla Becher. Photo : ©Charlotte Piérot / SEM.

Au 1er plan : Sol Lewitt, Serial project n°1, A 4 – 1966. Tube de section carré en aluminium laqué. Dépôt IAC. © ADAGP, Paris 2017. Au 2nd plan, à gauche : Frank Stella, Fladrine, 1994. Acrylique sur toile. Collection MAMC+. © ADAGP, Paris 2017
Au 2nd plan, à droite : Bertrand Lavier, IFAFA IV, 2004. Tubes de néon et bois. Collection MAMC+. © ADAGP, Paris 2017. Photo © Charlotte Piérot / SEM.

L’historien de l’art Alexandre Quoi, s’est vu confier le focus « Narrative Art ». La richesse des collections du musée permet de suivre l’évolution du médium photographique par une génération d’artistes internationaux tels que J. Baldessari, V. Burgin, H-P Feldmann, J. Gerz ou Dennis Oppenheim. Photo : Christian Boltanski. L’Album de famille. 1971. Installation de 150 photographies noir et blanc encadrées de fer blanc. Collection Institut d’Art Contemporain. Dépôt au MAMC 1991. Photo © JPD.

 

Anish Kapoor, dans la grand salle centrale,
mais jusqu’au 8 avril seulement

Le MAMC a invité le célèbre artiste britannique Anis Kapoor et lui a donné carte blanche. Il présente l’installation « My Red Homeland », aux côtés d’oeuvres inédites, montrées pour la première fois grâce à la complicité de longue date de l’artiste et du commissaire de l’exposition Lorand Hegyi, directeur général honoraire du musée. La dimension de l’oeuvre, 12 m de diamètre, est gigantesque. Réalisation à la cire, à l’huile avec un bras d’acier motorisé et tournant. Il se dégage de ces oeuvres une sensualité exacerbée, et des sensations chaotiques, dramatiques et meurtries. Photo © JPD.

Un musée moderne, clair et gai
L’art contemporain parait parfois austère et difficilement compréhensible. Ici, c’est l’inverse. L’impression générale, est celle d’un musée clair et gai… Ce qui fait l’attrait du MAMC, c’est l’harmonie qui se dégage dans ce parcours. Un immense bâtiment moderne. Partout des grands volumes, avec une belle hauteur de 10 m sous plafond. Des murs blancs. Des puits de lumière. Des coins et recoins charmants. Des oeuvres aux vives couleurs ! Tout est fait pour surprendre le visiteur à chaque détour. Un musée qui n’intéresse pas que les initiés, mais qui offre une bouffée de fraicheur à tous !

Texte © JP Doiteau
Photos @ MAMC, MC et JP Doiteau

Liens
Musée d’Art Moderne et Contemporain Saint-Etienne.
www.mamc-st-etienne.frmamc@st-etienne-metropole.fr
Accès autoroute, sortie à l’entrée de la ville, sortie La Terrasse, puis St Priest-en-Jarez. Grand parking gratuit. Et l’excellent Restaurant du Musée.

 


Musée de la Mine – Saint-Etienne
Émouvante visite d’une galerie de mine !

Allons tout de suite à autre chose. Nous passons de l’art à l’histoire. A deux pas du centre ville, et du MAMC, le puits Couriot, classé Monument historique, constitue un site remarquable, qui évoque l’aventure de Saint-Étienne autour du charbon. Le Puit Couriot, devenu depuis Musée de la Mine, est un ancien site minier et industriel majeur. La mine, c’est six siècles d’extraction. Tout d’abord artisanale, et manuelle, puis mécanisée, avant de cesser définitivement en 1973. La mine eut son apogée dans les années 50. Ce lieu de patrimoine, emblématique, historique et incontournable du passé industriel de Saint-Étienne, mérite une visite. © JPD.

Tout d’abord quelques chiffres
Un vaste parc de 8,5 hectares. 75.000 visiteurs par an pour le musée. 450 m de galerie souterraine. 7.000 m2 de parcours patrimonial en visite libre : le grand lavabo, la lampisterie, la recette jour et ses cages, la salle d’énergie, la salle de la machine d’extraction, la salle des compresseurs, l’atelier de réparation des locomotives, la grande cour et son monument aux morts et aux victimes du devoir. Et 1000 m2 d’exposition permanente dans 3 espaces scénographiés : La Grande aventure de Couriot, La Figure du mineur, Six siècles d’aventure houillère.

Une visite guidée passionnante
Dès l’entrée dans les bâtiments, notre charmante guide, Claire Wysocski, nous impose le port du casque. Ses explications didactiques sont très intéressantes et émaillées d’anecdotes et de détails, sur le travail des mineurs. Par une passerelle nous atteignons le chevalement. Nous nous tassons dans l’ascenseur et au bout d’une interminable et bruyante descente, d’au moins 700 m de profondeur*, nous pénétrons dans la galerie de mine. Un petit train électrique cahotant nous entraine au plus profond des entrailles de la terre. Puis à pied nous cheminons entre les rails, les anciens tapis roulants, les conduits de soufflerie et les poteaux de mines sur vérins, puis en bois, Il faut serpenter dans la pénombre entre les étais, et même par endroits, baisser la tête : le casque est nécessaire ! Puis apparait une sorte d’écurie où les chevaux, qui autrefois tiraient les wagonnets, se nourrissaient avant de reprendre leur dur labeur.
Au retour nous traversons la salle de la machine d’extraction, la salle des compresseurs, la lampisterie avec les chargeurs électriques individuels des lampes frontales des mineurs. Auparavant ils avaient des lampes en cuivre. La galerie de mine et les bâtiments de surface ont conservé l’ensemble des traces du travail des hommes. L’émotion est partout présente. Le grand lavabo, la salle des compresseurs, et les espaces majeurs du puits sont conservés en l’état. L’on y ressent à chaque instant la présence des hommes de la mine, même s’ils ont aujourd’hui définitivement quitté Couriot. La visite guidée se fait toutes les heures en petits groupes dans les principaux bâtiments et la galerie de mine. Photos  Claire Wysocski, chevaux, dynamo des locos © JPD.  Musée de la Mine galerie © Kleinefenn.

Un hommage au travail !
Ce site évoque le travail forcené et les souffrances des mineurs 12 heures par jour. Les ados de 14/15 ans étaient affectés au roulage des wagonnets. Et les enfants dès 7 ans au triage du charbon et 8 heures par jour ! Les mineurs étaient logés dans le corons. La première caisse de secours « La fraternelle » fût crée en 1866. On imagine mal, encore actuellement, les conditions de vie difficiles des mineurs de l’époque. Ce lieu est un hommage au travail, comme l’évoque cette citation de Jean Jaurès, gravée dans la cour d’entrée. « Il n’y a de plus noble que celui d’une société où le travail sera souverain ». Photo © JPD.

Une mise en lumière du Chevalement
Récompensé par le Trophée Edf du Prix RhônAlpin du patrimoine 2014, la mise en lumière contemporaine, des trois bâtiments principaux de la chaîne d’extraction (construits entre 1913 et 1914) révèle de l’intérieur l’âme du lieu et sa puissance architecturale. La mise en lumière se concentre sur ce qui bénéficie d’une excellente visibilité depuis le centre ville. Le parti pris est de révéler la structure et les machineries par l’intérieur, par contraste. La lumière transperce les éléments (fenêtre, verrière) d’un blanc bleuté, dans un mouvement de variation suggérant une présence physique.

Une passerelle relie symboliquement héritage et modernité
Une immense passerelle unit la ville et Couriot.. Prévue dans le projet d’ensemble mené par Gautier+Conquet et Michel Corajoud pour faciliter physiquement l’accès au parc et au musée, elle permet grâce à un escalier et un ascenseur, de rejoindre le parc situé en contrebas. La passerelle est pensée pour faire lien entre la modernité et ce patrimoine que symbolise Couriot.

© redaction@lyon-newsletter.com

Puits Couriot / Parc-musée de la mine
3 Boulevard Franchet d’esperey – 42000 Saint-Étienne Tél : 04 77 43 83 23
museemine@saint-etienne.frwww.musee-mine.saint-etienne.fr
* Mais en réalité, par un artifice que nous ne vous dévoilons pas, l’ascenseur ne descend qu’à 7 mètres sous terre ! Nous cheminons donc dans un univers minutieusement reconstitué avec l’aide d’anciens mineurs… C’est bluffant !

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