Site d'informations culturelles indépendant - 9 ème Année 

 

MUSÉES

N°28 Automne-Hiver 17/18.
Musées de Lyon. La Biennale d’Art Contemporain de Lyon.
Et aussi à Genève, Lausanne et Martigny.
.. Suite du n° précédent. Voir en bas de page

 

Biennale d’Art Contemporain / Du 20 sept. 2017 au 7 janv. 2018


Pour le deuxième épisode de la 14° Biennale de Lyon consacrée à « Moderne » sur le thème « Mondes flottants » Thierry Raspail, directeur artistique, invite Emma Lavigne en 2017. La question Moderne est aujourd’hui celle d’une modernité infiniment élargie, à la manière des bords connectés et désormais poreux des « objets de l’expérience ». Elle est réexaminée à l’aune des questions posées par les sciences de l’humain, les sciences tout court, la raison, les croyances, la cognition, l’universalisme critique et son envers, le relativisme intégral, la mondialité. Bref, comme le dit si bien Charles Baudelaire « Le moderne c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art dont l’autre moitié est l’éternel et l’immobile ». La question Moderne est née au XVIIe avec la querelle du même nom qui s’oppose à l’ancien, et qui ne s’est jamais véritablement éteinte. Le Moderne d’Emma Lavigne, directrice du Centre Pompidou-Metz, commissaire invitée de la Biennale semble en et celui des Symétries troublées, celles des ls aux couleurs croisées des tapis d’Anatolie dont s’inspire Morton Feldman : un univers aux amplitudes contingentes, où s’estompent les marges, courent les temporalités ténues, où Hans Arp convole avec Ernesto Neto, Lucio Fontana avec Julien Creuzet, et le Moderne avec le Contemporain. Les collections du Centre Pompidou, à l’occasion de son quarantenaire, comme celles de Grenoble, Saint-Étienne ou du macLYON, contribuent à la mise en œuvre de ce moderne augmenté aux bords estompés et meubles – un Moderne tissé par cette singularité unique des créations « inactuelles » d’artistes de notre temps, au cœur même de notre contemporanéité. Cela se passe à la Sucrière et au Musée d’art contemporain de Lyon. Mais la Biennale, ce sont aussi les archipels et les aires de Veduta, plateforme multimodale consacrée à l’esthétique de la réception et au partage que l’on appelle de tous nos vœux : là où convergent les échanges, les expériences artistiques, les workshops, avec la participation des roses de Damas, accueillies, plantées, bouturées, transformées en eau de rose par Thierry Boutonnier avec la participation du public. Mais la Biennale, c’est aussi Rendez-vous 17. L’exposition présente vingt artistes émergents et invite dix biennales: Marrakech, Jakarta, Kochi, Brisbane… autant d’univers inconnus et inédits.
En 2017, Résonance s’étend plus encore dans la Métropole et dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes, aux bords poreux elles aussi, et aux expériences inattendues : expositions, résidence à la Fondation Renaud, dérives piétonnières avec le street-art déguisé en wall-drawing dans les parkings et des nouvelles connexions avec le CAP-centre d’arts plastiques de Saint-Fons, la Factatory, le Musée Africain, la Halle des bouchers à Vienne, le 7e arrondissement créatif. Mention spéciale à la Fondation Bullukian pour l’exposition de Lee Mingwei, au Mgasin- Cnac de Grenoble pour ses Performances parallèles, ainsi qu’à nos Dominicains préférés : Frère Marc Chauveau invite, en effet, Lee Ufan au Couvent de la Tourette… ou comment inviter le moderne à se frotter à l’infini de la contemplation. La Sucrière et le MacLyon du 20 septembre 2017 au 7 janvier 2018. Le Dôme place Antonin Poncet, du 20 septembre au 5 novembre. Rendez-vous 17, Institut d’Art Contemporain, Villeurbanne. Billet d’accès unique.

Photos Thierry Raspail, directeur artistique de la Biennale © Blaise Adilon. Emma Lavigne, commissaire de la 14ème biennale d’art contemporain de Lyon © Manuel Braun. A la Sucrière. Ocean of Sounds Sculpture en cristal. Vue de l’exposition Susanna Fritscher – Promenade Blanche / Weisse Reise © Blaise Adilon. Au MAC. Archipel de la Sensation (Tapete de flores, Ex-Voto: Miracle of the Family, Ex-Voto: Miracle of the Government, Ex-Voto: Miracle of the Diamond, Ex-Voto: Miracle of the Horse) de Magic Jill © Ramiro Chaves.Two Columns for one Bubble Light. Archipel de la Sensation de Ernesto Neto © def image.  Projet pour la façade de la Sucrière. Circulation infinie. Forever Imigrant Marco Godinho © DR.

 

Le Monde de Fred Deux / Musée des Beaux-Arts / 20 sept. – 8 janv. 18

Issu d’une famille ouvrière modeste, Fred Deux a abordé le dessin en autodidacte, notamment suite à la découverte bouleversante de l’œuvre de Paul Klee en 1948. Chacun de ses dessins commence par une tache, à l’encre de Chine ou en couleurs, qu’il travaille ensuite avec diverses techniques. Son travail s’organise par cycles et par séries, selon un temps en spirale, avec des progressions et des reprises de motifs plus anciens.
À ses talents de dessinateur, Fred Deux ajoute ceux d’écrivain et de conteur, documentant et construisant le récit de sa vie. Cette exposition a été rendue possible grâce à des donations importantes. Elle s’inscrit en résonance avec la Biennale d’art contemporain de Lyon. PhotoS Fred Deux, Quand la lune boit de l’eau, 2010, Galerie Alain Margaron © ADAGP, Paris 2017. Fred Deux, Mars, encres, 2012. Encres. 72 x 60 cm. Musée des Beaux-Arts de Lyon. Galerie Alain Margaron © ADAGP, Paris 2017. 

Le secret de l’image d’eau Li Xin 
Musée des Beaux-Arts / 28 sept. – 27 nov.

Cette exposition, née d’une collaboration avec le Nouvel Institut Franco-Chinois, viendra éclairer les nombreuses routes culturelles existant entre Lyon et la Chine.
Li Xin naît en 1973 sur les berges du Fleuve Jaune et partage sa vie entre les deux pays. De ces « confluences franco-chinoises », Li Xin est peut-être l’artiste le plus révélateur. Son maniement de l’eau et de l’encre crée un langage pictural singulier pour des réalisations résolument modernes, comme peuvent en témoigner ses coopérations avec la maison Hermès en 2015 et la Manufacture Nationale de Sèvres en 2016.

Après Mexico, Los Modernos vient à Lyon
Musée des Beaux-Arts / 2 déc. 17 – 5 mars 18

Dialogues France-Mexique. Après un grand succès public au Museo Nacional de Arte de Mexico (MUNAL) et au MUSA de Guadalajara, où l’exposition a été vue par plus de 200 000 visiteurs, LOS MODERNOS sera présentée à Lyon en décembre.
L’exposition met en regard deux scènes de l’art moderne, à travers les collections du MUNAL de Mexico et du musée des Beaux-Arts de Lyon, enrichies d’œuvres prêtées par de prestigieux partenaires européens et mexicains et plusieurs collections particulières.
Une sélection d’œuvres significatives de l’art français et de l’art mexicain rend compte des échos, des correspondances, des influences qui se sont noués entre les deux scènes, l’une en miroir de l’autre, avec Léger, Picasso, Bacon, Rivera, Siqueiros, Orozco. A Lyon, l’exposition est enrichie par trois dossiers autour de Diego Rivera, le surréalisme et la photographie.
Photos. Alexeï von Jawlensky, Tête de femme « Méduse », 1923. Image © Lyon MBA – Photo Alain Basset. Antoni Tapies, Canapé 1984 © Comissió Tàpies / ADAGP, Paris, 2017. Image © Lyon MBA – Photo Alain Basset

 

Musée des Confluences / Venenum,
un monde empoisonné prolongée jusqu’au 13 avril 18

Une très instructive exposition, avec un parcours complet, bien documenté, sur tout ce qu’il faut connaître et savoir sur les poisons. Largement illustrée par des tableaux, des photos, des gravures, des dessins, des vidéos, de la pharmacologie et même quelques animaux vivants, très mortels ! Venenum décrit les différents rôles joués par le poison dans l’histoire et la culture, la science et les croyances. Et aussi la médecine et la criminalité, mais aussi l’incroyable ambiguïté de ces substances possédant à la fois un pouvoir pharmacologique qui leur donne des vertus médicinales insoupçonnées,. Mais qui peuvent être toxiques entrainant alors la mort. L’exposition Venenum a été conçue avec le regard et les contributions d’un comité scientifique pluridisciplinaire de 5 chercheurs réunissant deux historiens, un biologiste cellulaire, un pharmacologue et un anthropologue. Avec de nombreux audiovisuels et dispositifs interactifs pour mieux guider le visiteur. A gauche. Portrait de Lucrèce Borgia. Anonyme français du XIX° s. n° inv.: 1991.7.4. Photos en haut Musée des Confluences au coucher de soleil © JPD. A droite. Portrait de Catherine de Médicis Anonyme français du 16e s. Princesse florentine devenue reine de France, Catherine de Médicis aurait, selon une légende tenace, introduit les sombres secrets du poison en France, n’hésitant pas à se débarrasser ainsi de rivaux. Tous deux collections Douai, Musée de la Chartreuse.

 

Lumière ! Le cinéma inventé / 16 juin – 25 février 2018

Afin de célébrer la créativité des frères Lumière, l’Institut Lumière et le musée des Confluences nous font revivre l’aventure de l’industrie lyonnaise et de la famille Lumière, depuis l’invention du cinématographe jusqu’à son héritage dans le cinéma actuel. Il faut le souligner l’invention du cinéma est à la confluence des arts, des sciences, des loisirs et de l’industrie. Nulle autre ville au monde, n’est mieux placée que Lyon, pour présenter une telle exposition ! Voir les détails en page Patrimoine

 

Les Touaregs, du 17 oct. au 4 nov. 18

Alors que l’Occident a construit une image fantasmée des Touaregs, l’exposition propose de rompre avec ces stéréotypes. Elle permettra de découvrir l’univers esthétique de cette population à travers les parures, les objets d’artisanat et la poésie qui jouent un rôle important dans la conception de l’individu et dans les rapports sociaux. Enfin elle abordera comment, face aux défis actuels, les Touaregs se réapproprient l’image occidentale idéalisée pour diffuser leur culture, faire connaitre leurs revendications et entrer ainsi dans une nouvelle forme de résistance.

 

Musée des Beaux-Arts 
Réaménagement du département des Objets d’art 

Suite à une grande campagne de restauration, la richesse des collections d’Objets d’art du musée est mise en valeur grâce à une nouvelle présentation. De la céramique extrême-orientale à l’Art Nouveau, tous les domaines sont concernés – orfèvrerie, verrerie, céramique, vitraux. 
Les résultats de ces restaurations se sont révélés souvent spectaculaires. Des œuvres en partie inédites sont désormais présentées, comme un rare guéridon au plateau peint d’époque Empire, un ensemble exceptionnel d’objets de la Chine, du Japon et de la Corée ou encore un ensemble de céramiques contemporaines entrées récemment dans les collections grâce à une donation. Photo Département des Objets d’Art (19e-20e siècles)Image © Musée des Beaux Arts © Gilles Alonso.

 


Musées de Genève, Lausanne. Suite du numéro Printemps-Eté 2017
Trois expositions remarquables sont encore visibles

MEG Genève « L’effet boomerang. Les arts aborigènes d’Australie ». Jusqu’au 7 janvier

Une exposition exceptionnelle, bien documentée et présentant des pièces rares avec une scénographie et une mise en scène qui projette immédiatement le visiteur dans le sujet de l’exposition. En empruntant les codes de l’art contemporain : murs blancs, éclairage au néon, volumes clairs, lignes épurées. L’art aborigène n’établit aucune distinction entre objet ethnographique et oeuvre d’art en utilisant un seul et même langage aussi bien pour ce qui concerne leur territoire, que les cérémonies ou encore les lois ancestrales. C’est assez subtil, et très réussi. On a tout-à-fait l’impression de visiter un musée d’art contemporain !

L’exposition s’articule autour de quatre thèmes
* L’Australie : « terre vide ou pleine ? ». Terre vide, déclarée par James Cook, donc justification de la colonisation par les Britanniques. Mais cette vision des choses est remise en cause par les Aborigènes et les insulaires qui affirment avoir toujours occupé ce territoire. Sont ainsi présentés des arbres gravés, des armes rares, des boomerangs, des propulseurs, des boucliers, des massues, des pointes de lances, qui justifient leur présence sur la terre ancestrale.
* L’extraordinaire collection du MEG, près de 850 pièces prestigieuses réunies depuis 1880, en dépit des faibles moyens à disposition. Le parcours montre comment les Aborigènes étaient autrefois perçus par les scientifiques, comme des « primitifs ».
* Les arts autochtones, au coeur des liens avec le territoire ancestral. Ils célèbrent leur monde, la vie, les animaux, la terre, le ciel avec un talent unique au rendu très proche de l’art contemporain actuel. Ils lisent la terre bien mieux que nous citadins ! Ils revendiquent aussi de la protéger. A voir un extraordinaire petit amphithéâtre, recréant un espace aquatique avec un jeu de miroirs. Il présente l’art des « ghostnets », ces filets de pêche déchirés, abandonnés et et dérivants, provenant de la pêche industrielle. Ils provoquant la mort de nombreux animaux, requins, tortues, quand ils s’échouent sur les côtes. Les oeuvres présentées, aux couleurs chatoyantes, baleine, requins, tortues, ont été réalisées au centres Erub Arts (Queensland) et Tjutjuna Arts and Culture Centre (Australie Méridionale).
* Défier les récits dominants et les modes d’expression ordinaires. L’étonnante installation de Brook Andrew, montre une salle close, dont les murs sont recouverts de peinture murale avec des motifs noirs et blancs, version contemporaine des arbres gravés des Aborigènes de Nouvelle-Galles du Sud. Avec des documents historiques et des entretiens vidéo. Une immersion très prenante, on s’y croirait.  www.meg-geneve.ch
Photos. Ensemble de boomerangs, Australie. Photo: © MEG, J. Watts
Djirikitj ga gurtha (La caille et le feu), peinture sur écorce par Nancy Gaymala 1 Yunupingu (1935-2005) Australie, Territoire du Nord, Terre d’Arnhem, Biranybirany Yolngu, clan Gumatj, moitié Yirritja.  Fin des années 1990. Écorce d’eucalyptus, pigments, bois, fibres végétales, H 162 cm l 74 cm. Acquis de Claude Albana Presset en 2001 ; acheté en 1998 au centre culturel Buku-Larrnggay Mulka à Yirrkala. Photo: © MEG, J. Watts 25.

Musée Barbier-Mueller
« 6000 ans de réceptacles, la vaisselle des siècles ».
Jusqu’au 25 février 2018
Vases, plats, situles, carafes, boites, récipients

Le petit musée Barbier-Mueller, présente une exposition de de réceptacles rares. Les 100 pièces majeures de la collections du musées, mises en lumière par l’écrivain Michel Butor. Provenant des grandes civilisations de l’Antiquité, de cultures majeures d’Afrique, d’Océanie, des Amériques et d’Asie. Avec en plus quelques vases d’artistes contemporains occidentaux choisis par Michel Butor. Des pièces très anciennes et très rares !
S’inspirant des cultures, des contextes rituels et cérémoniels, l’écrivain a artistiquement classés les objets par rayons et selon ses propres critères. Créant ainsi un parcours immédiatement compréhensible pour le visiteur non initié.
Un poème original accompagne chaque réceptacle présenté.

Petit inventaire à la Prévert 
un vase-effigie polychrome, au rayon des Décorateurs
des jarres et urnes funéraires, au rayon des Ensevelisseurs
un original récipient à deux goulots, au rayon des Buveurs,
un petit vase zoomorphe (avec deux tête d’animaux), au rayon des Conservateurs,
un vase céphalomorphe (avec une tête sur le dessus), au rayon des Conservateurs,
une boite anthropomorphe, au rayon des Dissimulateurs,
un pot à bière, au rayon des Transporteurs,
une coupe à libations, au rayon des Donateurs,
un récipient globulaire polychrome, au rayon des Préparateurs,
un vase céphalomorphe, au rayon des Adorateurs,
une aiguière, au rayon des Verseurs,
un surprenant pot virtuose aux orifices circulaires, au rayon des Présentateurs

Photo. Vase céphalomorphe. Chavín, Pérou. 900-200 av. J.-C. Céramique, cinabre, cristaux de sulfure de mercure. H. 16,5 cm ; l. 17,1 cm ; prof. 19 cm. Inv. 532-90. © Musée Barbier-Mueller. Photo Studio Ferrazzini Bouchet. 



Chefs-d’oeuvre de la collection Bührle
Manet, Cézanne, Monet, Van Gogh
Fondation de l’Hermitage jusqu’au 29 oct.

La découverte de l’exceptionnelle collection privée d’un collectionneur éclairé. Des chefs d’oeuvre de la peinture impressionniste, post impressionniste et d’avant garde française. La visite se passe dans le décor unique d’une grande demeure bourgeoise bâtie sur les hauteurs de Lausanne, au milieu d’un grand parc, avec une vue splendide sur le lac Léman et les sommets enneigés des Alpes. L’exposition est répartie par thèmes dans les différentes pièces de la maison. Des grands panneaux explicatifs informent le visiteur. Première salle : les petits formats des paysages impressionnistes Edouard Monet, Camille Pissaro, Alfred Sisley. Ils peignaient dans la nature, avec les premières peintures en tube, il fallait pouvoir tout transporter avec soi. Salle suivante : le romantisme, le réalisme et la juxtaposition des couleurs franches : Henri Fantin-Latour, Paul Cézanne, Courbet, Eugène Delacroix, Honoré Daumier. Puis, la salle des portraits, plutôt beaux mais sévères : Frans Hals, Pierre-Auguste Renoir, Henri Fantin-Latour, Jean-Auguste-Dominique Ingres, Jean-Baptiste-Camille Corot et Paul Courbet. Plus loin : les Nabis, sur les thèmes intimes des personnages et de la vie à l’intérieur, avec de grands aplats de couleurs et une sorte de refus de l’abstraction : Pierre Bonnard et Edouard Vuillard. Enfin l’avant garde avec Amedeo Modigliani, Henri de Toulouse-Lautrec, Chaïm Soutine, Georges Braque, Maurice de Vlaminck et Pablo Picasso. A l’étage, les chefs d’oeuvre de la collection : Paul Cézanne, Vincent van Gogh, Paul Gauguin, Edouard Manet. Ils reconstituent le paysage par des centaines de touches colorées, lumineuses, en nuances subtiles de variations de lumières et de reflets. Enfin sous les toits, deux faux tableaux, vendus par des marchands indélicats au collectionneur. Un Vincent van Gogh et un Rembrandt, présentés avec une touche de réalisme par les commissaires de l’exposition Sylvie Wuhrmann et Lukas Gloor !
La collection Bührle est importante, plus de 50 oeuvres présentées ici, autant de tableaux que le ferait un musée des beaux-arts traditionnel. On voit rarement en une seule exposition, un concentré si complet de l’art moderne français.
Tout en observant les chefs d’oeuvre, on peut admirer depuis les fenêtres la vue sur le lac et les montagnes. Après quelques pas dans le parc, on participe à l’atmosphère intime d’une demeure semblable à celle du collectionneur. Le visiteur a le sentiment d’être ainsi, un instant, l’invité privilégié de cette belle demeure du XIX° siècle.  Jean-Pierre Doiteau.  

 Photos. * Paul Cézanne. Le garçon au gilet rouge, 1888-1890
huile sur toile, 79,5 x 64 cm. Fondation Collection E.G. Bührle, Zurich ©  SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn).

* Claude Monet. Champ de coquelicots près de Vétheuil, vers 1879. huile sur toile, 73 x 92 cm. Fondation Collection E.G. Bührle, Zurich ©  SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn).

* Pablo Picasso. L’italienne, 1917 huile sur toile, 149 x 101,5 cm. Fondation Collection E.G. Bührle, Zurich ©  SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn) © Succession Picasso / 2017, ProLitteris, Zurich.
* Vincent Van Gogh. Le semeur, soleil couchant, 1888 huile sur toile, 73 x 92 cm. Fondation Collection E.G. Bührle, Zurich
© SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn).

* Henri de Toulouse-Lautrec. Les deux amies, 1895 gouache sur carton, 64,5 x 84 cm. Fondation Collection E.G. Bührle, Zurich © SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn).
* Pierre-Auguste Renoir. Portrait de Mademoiselle Irène Cahen d’Anvers ( La petite Irène), 1880 huile sur toile, 65 x 54 cm Fondation Collection E.G. Bührle, Zurich ©  SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn).


Joyaux impressionnistes et postimpressionnistes, l’un des ensembles les plus importants d’art du XIXe et du début du XXe siècle

En 2017, la Fondation de l’Hermitage a le privilège d’accueillir les joyaux impressionnistes et postimpressionnistes de la collection Bührle. Composée de chefs-d’oeuvre d’artistes incontournables des XIXe et XXe siècles, comme Le champ de coquelicots près de Vétheuil de Monet (vers 1879), Le garçon au gilet rouge de Cézanne (vers 1888), ou encore Le semeur, soleil couchant de Van Gogh (1888), cette collection particulière compte parmi les plus prestigieuses au monde. En dévoilant les trésors de la Fondation E. G. Bührle, la Fondation de l’Hermitage poursuit l’exploration des grandes collections privées suisses qu’elle mène depuis une vingtaine d’années, avec notamment ses expositions dédiées aux collections aux collections Weinberg (1997), Jean Planque (2001), Arthur et Hedy Hahnloser (2011), Jean Bonna (2015).
Avec ce nouveau chapitre, c’est à une plongée dans l’un des ensembles les plus importants d’art du XIXe et du début du XXe siècle que l’Hermitage convie ses visiteurs. Rassemblées essentiellement entre 1951 et 1956 par l’industriel Emil Georg Bührle (1890-1956), les oeuvres de la Fondation E. G. Bührle, à Zurich, sont d’une qualité prodigieuse. Elles sont présentées en exclusivité à l’Hermitage, où elles pourront être admirées une dernière fois dans l’atmosphère intime d’une demeure du XIXe siècle, semblable à celle du collectionneur. Elles seront ensuite montrées au Japon, avant de rejoindre, à l’horizon 2020, la nouvelle extension du Kunsthaus de Zurich.

Un superbe catalogue, pour tout savoir, (ou presque) sur l’art moderne français
En coédition avec La Bibliothèque des Arts, la Fondation de l’Hermitage publie un catalogue richement illustré, réunissant une très dense contribution d’experts, historiens de l’art et conservateurs du patrimoine, de Paris, Giverny, Zürich, Genève, Grenoble, Marseille, Philadelphie, etc.
Il nous fait participer à l’apprentissage d’un collectionneur et la genèse de sa collection au fil des décennies de 1937 à 1955. Des fiches et commentaires denses présentent chaque oeuvre et son artiste. Le catalogue fait l’inventaire complet de la collection d’art international d’E. Bührle. Sans oublier, la longue liste des mécènes de la fondation, des amis bienfaiteurs et donateurs.

Fondation de l’Ermitage 2, route du Signal CH 1000 Lausanne 8 – www.fondation-hermitage.ch


Cézanne, Le Chant de la Terre
Fondation Gianadda jusqu’au 19 nov.

La Fondation va clore ici brillamment son cycle dédié à l’Impressionnisme qui lui a permis de présenter durant le dernier quart de siècle des ensembles exceptionnels. Degas (1993), Manet (1996), Gauguin (1998), Van Gogh (2000), Berthe-Morisot (2002), Monet (2011 et Renoir (2014). Considéré comme le « père de l’art moderne », Paul Cézanne s’impose comme l’artiste le plus emblématique de cette génération. Il vécut entre Paris, sa région et la mythique Provence, son Estaque et sa montagne Saint-Victoire…
La Fondation a choisi un titre poétique Le Chant de la Terre pour évoquer cette exposition. Paul Cézanne, créateur solitaire, reconstruit d’une façon presque architecturale ses paysages, alternant couleurs froides et chaudes avec une lumière qui fige les éléments dans une sorte d’éternité et d’harmonie inégalable.
Photos. La Montagne Sainte-Victoire vue des Lauves, 1902-1906. Huile sur toile 65 x 81 cm. Collection particulière.
Bouteille de liqueur, vers 1890. Huile sur toile 54.2 x 65.5 cm. Pola Museum of Art, Japon.


Infos & Liens

La Biennale de Lyon. www.labiennaledelyon.com
Musée des Confluences. 86, quai Perrache 69002 Lyon 04 72 69 05 00 – www.museedesconfluences.fr
Musée des Beaux-Arts (MBA). www.mba-lyon.fr
Musée d’art contemporain (MAC). Cité Internationale – www.mac-lyon.com
Institut d’Art Contemporain (IAC). Villeurbanne  – www.i-art-c.org
Musées Gallo-Romains de Lyon et Saint-Romain-en-Gal – www.musees-gallo-romains.com
Gadagne Musées – www.gadagne.musees.lyon.fr
Musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique. 13 rue de la Poullaillerie 69002 Lyon – 04 78 37 65 98  – www.imprimerie.lyon.fr
Musées des Tissus et Musée des Arts décoratifs de Lyon – 34 rue de la Charité F-69002 Lyon – 04 78 38 42 00 – www.mtmad.fr

* Genève Tourisme Edite une série de petits livrets sur le thème « Sentiers culturels. D’un musée à l’autre » classés par zones géographiques : Vieille Ville, Tranchées, Plainpalais, Nations (ONU). www.ville-geneve.ch/sentiers-culturels.
* Genève Tourisme. Site officiel de la ville, très complet. www.geneve-tourisme.ch

Retrouvez nos précédents sujets sur Genève et Lausanne. 
– N°25 – Eté 2016 www.lyon-newsletter.com/16-05/ Les expositions de l’été :Genève, Lausanne, Martigny, Lens.
– N°23 – Automne 2015 www.lyon-newsletter.com/15-09/index.  Escapades dans les musées à Martigny, Grenoble et Saint-Etienne. 
– N°22 – Eté 2015 www.lyon-newsletter.com/15-05/index.
Accès. Genève n’est qu’à 150 km seulement de Lyon ( péage 16 €).