LA LETTRE CULTURELLE DE LYON  - CREATION 2008

L'essentiel des spectacles, concerts et expositions. Reportages patrimoine et voyages.

 

VOYAGES

Trekking à Madère, l’île aux fleurs

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Sommets escarpés, levadas uniques
et sentiers côtiers vertigineux

Nous venons de faire le tour de l’île et quelques beaux détours par des sommets acérés, le long des levadas et sur des sentiers côtiers vertigineux. La petite Clio, nous emmena vaillamment sur les abruptes routes de montagne, se comporta parfaitement dans quelques deux mille virages et sut se faire toute petite, sur les étroites routes côtières taillées dans les falaises. Puisque Clio est la muse de l’histoire, commençons donc par le passé de l’île. Photo. Sommet de l’île le Pico Ruivo © JPD.

Ulysse et Christophe Colomb y sont passés

Autrefois ce n’était pas si simple de venir ici. L’île est faite de très hautes falaises. Et y aborder n’était pas une mince affaire, car à l’époque, sans réel port, ni abri, les voiliers pouvaient attendre des jours, voir des semaines avant de pouvoir accoster. Les premiers habitants de l’île, les «guanches» étaient des agriculteurs, pas du tout marins. Au cours de son Odyssée, Ulysse aurait mis neuf jours depuis Ithaque, en Grèce, pour découvrir Madère. Il y aurait fait escale avant de mettre le cap sur l’Islande à la recherche des métaux précieux de l’époque. Selon le récit de Homère : « C’est une île flottante, toute entière enclose d’un mur de bronze, indestructible, et où se dresse un rocher lisse ».
En 1419, les premiers navigateurs Joao Gonçalves Zarco et Tristao Vaz Teixeira touchèrent terre à Machico, démarrant immédiatement la colonisation et ouvrant l’ère des découvertes portugaises. En 1478, attaqué par des corsaires, Christophe Colomb, se réfugie sur la petite île de Porto Santo au nord-est de Madère. Il s’y marie avec la fille du gouverneur de l’île. Avant de découvrir l’Amérique vingt ans plus tard. Par la suite, Madère fut une escale de relâche importante, sur la route des Indes, pour les grands découvreurs de l’époque d’Henri le Navigateur. L’Impératrice Sissi séjourna à deux reprises à la fin du XIX° s. Elle marchait si vite en montagne, que les dames de sa suite avaient peine à la suivre. Christiano Ronaldo, footballeur, Ballon d’Or 2014, est de Funchal. Quant à nous, sans aucun mérite, nous arrivons à Funchal après une demi-journée de vols avec une escale à Lisbonne.

Machico, où arrivèrent les premiers colons portugais

Madere Machico Madere Machico2Machico. Première étape Machico. Sur la place du quartier ancien, des vieux jouent aux dominos, d’autres les regardent, noblement inactifs. Juste à côté est sise une église coloniale du XV° s. au clocher carré et trapu. Sur la jetée du port, une plaque rappelle l’arrivée des deux premiers navigateurs. A quai, un voilier gite sous l’effet du vent. L’ancienne route serpente à saute montagne dans un décor sub-tropical tout-à-fait charmant. Les maisons carrées, colorées et aux toits rouges, sont éparpillées, très haut dans la montagne. Photos. Machico, les vieux jouent aux dés. Vélo artisanal en fers à béton ! © JPD.

Le sentier aérien de falaise de Porto da Cruz à Machico

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Porto da Cruz. L’arrivée par les hauteurs est spectaculaire. Un énorme piton domine le village, coincé entre de hautes falaises et la mer. Pas de port, juste une mince grève de galets gris. Le cimetière est installé en contrebas, le long du torrent. Les tombes sont toutes superbement fleuries. Un jardinier arrose. Ici on n’oublie pas les morts !
Les sentiers côtiers sont rares, le plus connu est celui de Porto da Cruz à Machico. C’est de Larano à Machico qu’il est le plus spectaculaire. Il est taillé à flanc de falaise, à trois cent cinquante mètres au dessus de la mer, aérien, vertigineux, exposé et pas trop sécurisé. Nous sommes seuls ce matin. La végétation est splendide. Des strélizias, des capucines, des patiences, des aéoniums, des bruyères, des fougères, des lauriers, des néfliers, etc. Au loin on aperçoit les silhouettes déchiquetées de la pointe de Sao Lourençao. Par endroits, on devine un lopin de terre ou un carré de vigne en treille accroché à la falaise. Trois paysans passent avec chacun un énorme sac de cinquante kilos sur l’épaule. Des pommes de terre qu’ils viennent de récolter. Que la vie agricole devait être laborieuse avant ! Repas express au restaurant au bord de la mer : poulpe et sardines accompagnés du fameux «bolo de caco», pain chaud beurré à l’ail et au persil et de «Coral», la bière locale. Photo. Sentier de falaise de Porto da Cruz à Machico. © JPD.

Santana, base de départ idéale pour les sommets et les levadas

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Santana. Le parcours jusqu’à Santana se fait sur les hauteurs, la route étroite, sinueuse, est toute en détours et contours d’embouchures de rivières. Elle est bordée d’hortensias blancs, d’arums, d’agapanthes bleues qui font oublier son côté fastidieux. La petite ville de Santana est située sur un plateau côtier à cinq cent mètres d’altitude. A part les coquettes maisons typiques aux toits de chaume, aux portes et fenêtres rouge bordées de bleu, le lieu est plutôt terne et inanimé. Mais c’est le point de départ idéal pour les plus belles randonnées de l’île. Et le grand l’Hôtel o Colmo est parfait : décor bourgeois, vaste chambres, bonne table de cuisine régionale roborative, piscine et jacuzzi bien chauffés. C’est tout-à-fait ce qu’il faut après une longue marche ! Et à table le vin de madère y est excellent ! Aux temps glorieux des navigations portugaises, le vin de Madère était exporté dans les colonies en barriques. Au retour des voyages, le vin des barriques invendues était cuit dans des greniers surchauffés. On remarqua alors ses nouvelles qualité exceptionnelle. Et depuis il est connu dans le monde entier. On le boit sec ou doux, à l’apéritif ou au repas. Photo. Dans les hauteurs, au dessus des brouillards. © JPD.
madere240 levada1Nous marchons pendant des heures sur le rebord de la levada Caldeirao Verde puis Caldeirao do Inferno au milieu de la végétation exubérante qui nous surplombe. Les levadas sont des canaux d’irrigation creusés par les Madériens pour faire passer l’eau de la côte Nord, très humide et arrosée de pluie, à la côte Sud, sèche. Sur les quelques deux mille cinq cent kilomètres de levadas, seuls mille kilomètres sont accessibles aux marcheurs. Ce qui n’est déjà pas si mal ! La marche à pied sur ces levadas presque horizontales reste un bonheur. Il faut simplement avoir une attention soutenue pour ne pas tomber dans le vide ou dans l’eau. Mais le plus souvent il y a une balustrade. Photo. Les levadas sont bordées de bons sentiers © JPD.
Un autre jour. La route monte jusqu’à Achada do Teixeira à 1592m. Nous sortons des nuages pour arriver en plein soleil. Ciel bleu intense. Parfaite transparence de l’atmosphère. Le sommet du Pico Ruivo n’est qu’à 1862m. Le sentier est large et empierré, comme seuls savent le faire les portugais. Va et vient de gens, de marcheurs. Nous montons facilement les trois cent mètres de dénivelée en une heure. Dans ce décor d’altitude, la vue est évidemment superbe. Au dessus de la brume se profilent les silhouettes de volcans imbriqués : Pico das Torres (1847m), Pico do Gato (1712m), et Pico Ariero (1805m). Ce ne sont qu’arêtes déchiquetées, alternance de stries colorées et de roches sombres déformées. Les sommets modifient à chaque instant les nuances de leurs teintes brun sombre, ocre rouge et violine. Nous continuons sur le sentier du Pico Ariero. A partir d’ici, le sentier s’amincit, s’effondre, saute un contrefort, traverse un bois de grandes bruyères arborescentes noueuses blanches brûlées de soleil et d’incendie. Des vipérines bleu dur, fleurs emblématiques de Madère et des bouquets de fleurs jaunes et blanches, apportent une touche de gaité. Nous passons de nouveaux bosquets de fleurs. Agréable sentiment de respirer l’air pur des sommets dans ce décor hors d’âge.

Encumeada, au coeur des montagnes à 1000 mètres d’altitude

madere320levada2Encumeada. De Santana nous descendons jusqu’à la mer. Pause à Sao Vicente. Le café est à 0,55 €. Le bord de mer dominé par une sombre falaise est sinistre, mais l’intérieur du village est restauré et plus gai.
Nous montons jusqu’à la Boca da Encumeada. Le grand et luxueux Hotel Encumeada, est installé dans un recoin superbe, juste sous le col. Nous sommes à mille mètres d’altitude, l’air est frais.
Au col, la Levada do Norte est creusée à flanc de montagne, panoramique, elle domine la vallée. Ici, comme ailleurs la végétation est généreuse : vipérines, fougères-aigle, hortensias, mousses, etc. Nous remontons à contre courant et passons un tunnel long étroit et bas, il faut se baisser, nous pataugeons dans une eau terreuse, on lavera les baskets à la sortie. Le rebord du canal ne fait que 50 cm de large, on se croise comme on peut ! Heureusement peu de monde ici. madere 120 levada 2Un employé dégage la végétation qui déborde avec son coupe fils mécanique. Les levadas que nous avons parcouru, sont toutes parfaitement entretenues. Nouveau bonheur de marcher ici. Et nous évoquons cette citation de Jean-François Deniau «Le bonheur n’a pas la forme de la mer, il a celui d’une île, une île au loin.» madere320 viperines2Le lendemain nous repartons, vers le Pico Ruivo, mais en direction inverse de l’autre jour. Nous montons une interminable volée de hautes marches de pierres sèches. Le sentier est bien plus authentique que les autres. Le sous bois parait d’une richesse incroyable. Des lauriers, des fougères, des marguerites blanches, des vipérines bleues, des genêts jaunes, des orchis violets et des fleurs éclatantes dont nous ignorons le nom enchantent notre parcours. Nous passons le Pico da Encumeada, puis le Pico do Jaorge pour arriver à la Boca do Torrinhas où la vue sur tout le cirque de volcans et jusqu’à la mer et Ribeira Brava est exceptionnelle. Sur l’île les animaux sont rares. Nous observons un couple de superbes aigles tournoyer dans les ascendances. Photos. Les levadas sont parfaitement entretenues, même dans les tunnels. Les vipérines sont omniprésentes © JPD.

L’incroyable piscine d’eau de mer de Porto Moniz

Madere 320 Porto MonizPorto Moniz. La petite station balnéaire est récente et peu animée, elle serait banale, s’il n’y avait pas les «Piscinas naturais». Au milieu d’écueils pointus a été aménagée une superbe piscine d’eau de mer. L’espace est vaste, formant entre les rochers tout un labyrinthe de bassins. L’eau est renouvelée par les vagues qui passent par dessus les digues à marée haute. On se baigne en toute tranquillité à l’abri du ressac. Et l’eau est d’une température acceptable, même au printemps. Spectaculaire et photogénique.

Achadas da Cruz, un rustique télécabine descend les paysans jusqu’en bas de la falaise afin qu’il puissent cultiver des petits carrés de légumes, car il n’ y a aucune route d’accès. Un petit univers inaccessible, né d’un acharnement à vivre séculaire et méritoire. A une dizaine de kilomètres de là, le Farol, phare de Ponta do Pargo est installé au sommet d’une falaise sur une large bande de pelouses rases. Première photo du gardien en uniforme de marine blanc, il nous rappelle : il avait oublié sa casquette, re-photo. Ici on ne badine pas avec le règlement.

madere 320 bateaux2Paul do Mar. Sur la route. Après moult virages nous arrivons sur la côte Sud. Le village est installé entre la falaise et la mer. Les maisons simples des pêcheurs et ouvriers de la conserverie et de la fabrique sucrière sont bâties toutes en longueur entre la falaise et la mer. Deux bars-restaurants. Pas de plage, juste une grève de galets. Dans le petit port sont amarrées quelques rares barques de pêcheurs. Sur la jetée, d’autres pécheurs à la ligne tentent leur chance. Endroit idéal pour la pause de midi.
Ici, comme partout dans l’île, les pluies et le vent rongent le socle des falaises, élargissent les failles, détachent des pans entiers de roches. Elles se brisent en tombant et se transforment peu à peu en galets couvrant les étroites grèves. Il n’ a pas de plages naturelles sur l’île. Et c’est ce qui a permis aussi à Madère de conserver son cachet unique en la mettant à l’abri des masses touristiques qui envahissent les autres îles. Photo. Peu de place dans les petits ports, les barques sont tirées au sec. © JPD.

Jardim do Mar, village de charme

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Jardim do Mar – joli nom !- est construit en surplomb de la grève, sur des éboulis rocheux, tout en bas de la falaise. Nous nous garons à l’entrée, à côté de l’église. Les rues, sinueuses et pavées sont si étroites qu’à peine deux personnes peuvent s’y croiser. Le village est relativement récent. Tout ici est charmant, propre, net et largement fleuri. Les maisons, ouvertes sur l’océan par de belles terrasses, sont toutes plus agréables à voir les unes que les autres. Certaines de formes contemporaines et cubiques, aux larges baies vitrées, ont été crées par des architectes de talent. Parfois un petit coin de terrasse est consacré au potager ou le plus près possible du village, car il demande un soin constant. Nous logeons dans la «House of Cecilia», une vaste maison d’hôtes qui domine la mer. Les roses trémières du jardin de Cecilia sont superbes. A la table d’hôte, nous échangeons nos impressions avec d’autres français. Cécilia est chaleureuse et conviviale. Nous resterions bien quelques jours de plus. Des deux bars du village, nous retiendrons surtout «Maktub», une maison aux espaces à ciel ouvert autour d’une cour centrale, une décoration simple et nonchalante. Andreïa Henrique a beaucoup navigué et à su recréer une atmosphère de voyage. Maktub est une référence au célèbre roman de Paulo Coelho. Jardim do Mar sera notre coup de coeur de ce voyage. Photo. Les fleurs du jardin de la « House of Cecilia ». © JPD.

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Rabaçal. La route monte, abrupte et tout droit, dans la montagne. Nous arrivons sur le plateau pelé de Paul da Serra. Il n’a ni habitations, ni arbres, ni sommets. Seuls quelques randonneurs traversent ses chemins. La «Reserva Natural de Rabaçal» est inscrite au patrimoine de l’Uneso. Après une heure de marche facile sur la «levada 25 Fontes», nous arrivons devant un lieu enchanteur. Vingt cinq sources s’écoulent d’une falaise ocre dans un bassin. Du vert vif au vert tendre en passant par le vert émeraude, et au vert sombre de l’eau, tout est vert. L’atmosphère humide se reflète dans la profusion de mousses qui couvrent les roches et les arbres. Au retour nous bifurquons jusqu’à la cascade de Risco, toujours sur la même «levada de Risco». Dans un autre cirque, tout aussi vert, une cascade se jette de très haut sur les rochers. Comme nous sommes partis tôt, ce n’est qu’au retour que nous croisons les (trop) nombreux visiteurs de ce grand classique de Madère. Photo. La levada des « 25 fontes », 25 cascades. © JPD.
Au delà du charme et du romantisme, l’inaccessibilité des lieux aux engins et aux constructions, permet aux forêts de vieillir et de rester intactes plus longtemps. Mais l’eau provoque aussi des chaos d’éboulements, des ravines facilitent les glissements de terrain et des éboulements de falaises, fermant parfois des levadas et des routes et nécessitant un entretien constant et coûteux.

Calheta. Nous ne verrons pas le plafond mauresque de l’église, car elle est fermée. «L’engendho», l’ancienne sucrerie mitoyenne devenu musée, par contre est ouverte. Il est souvent plus facile de boire que de prier! Le tour des machineries conduit à la boutique qui propose de l’aguardente (alcool de canne), du miel et des gâteaux de miel de canne. Agréable bar en terrasse, avec les larges traditionnels fauteuils d’osier.

madere320 bateaux3Camara do Lobos. Nous accédons à Camara do Lobos par la falaise. La ville est pittoresque, coincée entre deux falaises volcaniques et l’embouchure de la Curral das Freiras. En haut ce sont des petites bananeraies en terrasses. Puis la route descend en lacets entre les maisons blanches aux tuiles rouges. Sur le port des cafés populaires sont envahis de touristes. Des barques colorées sont tirées au sec. Sur l’une d’elles des morues étêtées sèchent au soleil. Accroupi sur la cale, un marin répare l’hélice de sa barque, les autres, debout, le regardent, sans l’aider. Plus loin, des pécheurs farouches discutent âprement, à grand renforts de bruit et de gestes. Dans les rues piétonnes ont peut acheter des souvenirs ou boire une «poncha», le punch fruité de Madère (jus d’orange, de citron et aguardiente, l’eau de vie de canne à sucre). Photo. Un seul travaille, les autres le regardent © JPD.

Funchal, riche passé colonial, vieille ville et ambiance estivale

madere 240 funchal2Funchal. Dernière étape. La capitale, où se trouve le gouvernement de l’île, est bâtie en amphithéâtre autour du port. Les maisons s’éparpillent sur les collines jusqu’à six cent mètres de haut. Notre hôtel, l’Orquidea, est parfaitement bien situé, avec un parking à cinquante mètres. De la terrasse au sixième étage nous avons une vue imprenable à 360°sur la ville. Funchal est une ville coloniale entre tradition et modernité. Des buildings de bureaux récents surplombent des masures en ruine. Les rues de la vieille ville de notre quartier de la Rua das Petras sont pavées à l’ancienne. De belles maisons bourgeoises abritent des antiquaires et magasins de décoration, mais d’autres, tout aussi superbes, sont en ruine et inhabitées. Un peu comme si l’économie locale allait mal. On nous confirmera qu’il y a moins de touristes cette année. Mais beaucoup de français. Photo Funchal. La porte peinte d’une discothèque © JPD.
Funchal a un intéressant patrimoine architectural, témoin de son passé colonial et des industries qui firent sa fortune au XIX° et début du XX° s. La Quinta das Cruzes, ancienne demeure de Zarco, le fondateur de la cité, a conservé son atmosphère de riche maison coloniale. Les cabinets, armoires, coffres en bois rares et travaillés donnent immédiatement envie de partir à l’aventure. Une belle évasion au coeur de la ville. Juste à côté, les très riches chapelles du Convento de Santa Clara, l’ancien couvent des clarisses, démontrent, si besoin était, que les ors, les dorures et les azulejos, étaient à l’époque, un puissant instrument de pouvoir.

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Dans le Mercado dos Lavores, l’animation est bon enfant. On trouve tout ce qu’un pays tropical peut donner en légumes, fleurs, et fruits, dont cinq variétés de macarujas ! Au delà du port , l’église Santa Maria Maior, est richement décorée elle aussi. Le Fortaleza de Sao Tiago, fortin aux murailles jaunes bordées de pierre de lave noir, recèle un musée d’Art Contemporain. Le coin est plaisant et authentique, les portes des anciennes maisons de pêcheurs sont peintes de motifs récents qui annoncent leur activité. Ici une énorme bouche maquillée de rouge indique un dentiste, un serveur en tenue propose un restaurant, plus loin une jolie fille avec une guitare annonce une discothèque et là un pêcheur tient à bout de bras le fameux «Espada», poisson-épée, long, noir, laid et bon, que nous avons trouvé tous les jours au menu des restaurants. Le soir les gens sortent des appartements et descendent sur l’avenue Zarco et vers la cathédrale. Ils s’installent pour déguster une glace ou boire une bière. Puis ils vont, comme nous, dîner dans un des restaurants installés en plein air dans la rue piétonne Carreira. Ambiance de ville et de vacances tout à la fois. Photo. Au marché, cinq variétés différentes de macarcujas © JPD.

Riches de grands espaces et de temps

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Puisqu’il faut bien faire une conclusion. Voilà c’est terminé, en tour de l’île et détours en montagne, nous avons fait trois cent vingt kilomètres en dix jours et nous sommes loin d’avoir tout vu ! Pas de soleil accablant, mais juste une douce chaleur, parfois perturbée par quelques nuages fugitifs. Pas de difficile trekking, mais plutôt des balades cool. Comme Ulysse : En quittant son vaisseau, aux voiles fatiguées dans les mers, Ulysse revint riche d’espaces et de temps. Nous sommes partis à la recherche de paysages grandioses, nous revenons avec bien plus que ce que nous avons espéré. L’île s’est révélée d’une exceptionnelle richesse biologique. Nous avons découvert des fleurs superbes, longé des levadas bordées d’une végétation exhubérante, parcouru des sentiers vertigineux , zigzagué sur des crêtes escarpées, dégusté le vin de Madère, dîné de poisson épée, apprécié les prix doux et rencontré des Madériens affables et souriants.

© J-P. Doiteau

Infos & Liens

Office du Tourisme du Portugal. www.visitportugal.com/fr
Agences de trekking. De nombreuses agences de voyages et de trekking proposent Madère.
Chamina-Voyages. Clermont-Ferrand. Nous avons fait ce voyage, en liberté, avec Chamina-Voyages. Itinéraires, hôtels, maison d’hôte, tout était parfait avec un bon rapport qualité prix.
www.chamina-voyages.com
Atalante. Lyon. www.atalante.fr
Tamera-Voyages. Lyon. www.tamera.fr
Tirawa Voyages. Montmelian. www.tirawa.com
Allibert. Trekking. www.allibert-trekking.com
Nomade-Aventure. Paris et Lyon. www.nomade-aventure.com
Terre d’Aventure. Paris. www.terdav.com
Lecture
Dans son récit bien documenté et argumenté  « Le code secret de l’Odyssée  » Gilbert Pillot, note une vraie ressemblance entre l’île d’Eole décrite par Ulysse dans l’Odyssée et Madère. Editons Robert Laffont 1982.