L’Agenda Culturel de la Métropole Lyonnaise – 8ème année.
N°23 – Automne/Hiver 2015 – Septembre – Octobre – Novembre – Décembre.

 

VOYAGES

Petits trekkings sur les volcans de Lanzarote
Ceylan (sous la pluie)

Evasions

Annecy. la Revue Impériale
La Clusaz. Une Symphonie des Pistes
Col de la Croix-Fry.  La Table de Marie-Ange. 

Petits trekkings sur les volcans de Lanzarote

LZ 650 cactusS2

Lorsque le virus des îles est pris,
il est souvent difficile d’y échapper.
Louis Brigand. Besoin d’îles

 Le voyageur curieux et exigeant, à la recherche d’un séjour original, un peu sportif et culturel et sur mesure, sera comblé par les paysages inoubliables qui l’attendent sur l’île de Lanzarote. S’il est épris de nature, s’il recherche le calme, il ira, à l’écart des hordes touristiques, sur la côte Ouest, la plus sauvage et ventée. Carnet de route d’une semaine de petits trekkings sur les volcans de Lanzarote. 

LZ Famara

Caleta de Famara, un village de bout du monde

Quelques authentiques maisons basses blanches aux volets verts ou bleu, une épicerie, un bar, des restaurants, pas d’hôtel, pas de magasins sauf quelques boutiques de surf. Une rue principale ensablée, un semblant de promenade de bord de mer. Des vagues qui éclatent sur le brise lame, pas vraiment de port, des barques tirées à terre. Une ambiance décontractée, quelques rares touristes et des jeunes surfeurs au look baba-cool. Le vieux village de Caleta de Famara est une sorte de village de bout du monde. On se croirait revenu dans l’Espagne des années 60/70. Pour nous il a un charme fou ! Plus loin, la belle plage de sable blanc est constellée de galets de lave noire. Les gros rouleaux de la houle inlassable de l’Atlantique en font un hot spot de surf et de kyte-surf très prisé où l’on s’entraine douze mois sur douze. La haute et austère falaise qui la domine donne à cette zone protégée un côté étrange. Tout autour du village le décor de landes et de dunes est désert et inoccupé. Heureusement pour les soirées trois restaurants sympathiques «Casa Garcia», «Sol» et «El Risco» proposent un bel assortiment de plats de poissons, de « zarzuelas » et soupes de poissons aux fruits de mer, calamars et poulpes. Ils sont servis accompagnés de « mojos », sauces vertes au persil et à l’ail et rouge très relevée au piment rouge cumin, ail, huile et vinaigre. Des toutes petites pommes de terre, rondes et locales, les « papas » sont servies avec les mojos, plus un petit pain chaud pour chacun des convives.

 

LZ corona F3

Le cratère coloré du volcan Monte Corona

Le sentier qui part de Ye, au Nord de l’île, zigzague dans le vignoble où l’on produit la malvoisie. Les pieds de vigne sont enfouis dans des trous protégés du vent dominant par les « hoyos » petits murets bas de pierres de lave noire, installés en demi-cercle. Après une montée raide mais courte, voici le rebord brisé de la caldera. Il est bordé de falaises déchiquetées, de pics et de rochers escarpés. Sur les rebords intérieurs de la caldera apparaissent des roches multicolores du plus bel effet. Les lichens, sont les seules plantes capables de pousser dans cet environnement austère et sans eau. Un raide sentier descend jusqu’au fond du cratère. Nous ne sommes qu’à 425 m d’altitude, mais nous mettons le coupe vent, le bonnet et la cagoule. Sur une île, la force du vent et le ressenti sont fortement démultipliés dès qu’on s’élève un peu. Nous sommes en février, cette année l’alizé del Nordeste est exceptionnellement très violent. Un record depuis 2006. Toute la semaine nous aurons en altitude du vent fort !

LZ 650 haria F1

Au retour, nous traversons la palmeraie verdoyante d’Haria. Le village, tout blanc, tranche sur les champs de lave noire, tandis que de hauts palmiers aux fûts de 25 mètres de haut ajoutent une touche africaine à l’ensemble.

 LZ 650 teguise 2 F

Arrêt à Teguise. Elle fût au XV° s. et jusqu’en 1852, la capitale de l’île. Il reste de superbes demeures seigneuriales, des immeubles cossus aux balcons de bois et aux lourdes portes travaillées. Les rues piétonnes autour de la place de l’église Nuestra Senora de Guadalupe sont vivantes et animées. Des statues de bronze sur les places, des boutiques et des bar à tapas ajoutent au charme de la ville. Cette petite ville est assurément la plus belle de Lanzarote.

 

 LZ 650 caldera blanca F1

Le volcan Caldera Blanca émerge d’un immense champ de lave noire

Nous sommes dans le Parque Natural de Los Volcanes. Depuis le parking de Mancha Blanca le sentier est balisé et agrémenté d’intéressants panneaux explicatifs sur le volcanisme. Ils sont en espagnol, anglais et allemand, car dans cette île on ne parle pas français ! Nous traversons un interminable, mais superbe, champ de blocs de lave noire déchiquetées, aux formes tourmentées, hérissés de tours ou fragmentés de fissures. Enfin nous atteignons le volcan. La montée est raide, et l’arête qui surplombe la caldera tout particulièrement ventée. Nous sommes à 468m à la borne géodésique du sommet. A nos pieds, de tous côtés s’étend, un infini de champs de lave noire. Impressionnant. Nous en faisons le tour complet. Voilà un petit trekking qui réclame un peu d’effort mais qui donne un aperçu parfait du volcanisme. Les volcans du centre de l’île ont été en éruption de 1730 à 1736 puis ultérieurement un siècle plus tard. Un grand nombre d’habitations traditionnelles a disparu sous les coulées de lave qui couvrent le quart de l’île. Mais les maisons actuelles, superbes parallélépipèdes blancs immaculés, sont admirables. Elles forment avec les champs de lave noire, les palmiers et les figuiers de barbarie un décor unique à l’effet artistique prononcé. L’homme a façonné le paysage afin de le rendre cultivable. Les iliens ont sût lui conserver son cachet incomparable. Et le tourisme ne l’a pas encore perturbé. On ne se lasse pas de rouler lentement sur les routes impeccables de l’île à observer ces décors uniques sans cesse renouvellés.

LZ 650 graciosa S

Escapade à La Graciosa, l’île de charme

Nous embarquons dans le petit port d’Orzola. Le navire roule un peu dans la passe d’El Rio à cause du courant et de la houle. Et après une petite demi-heure de traversée, nous accostons à la Graciosa. Dans le petit port des chalutiers colorés et quelques voiliers sont amarrés aux pontons. Avant l’été, beaucoup de places sont vides. Les maisons de Caleta del Sabeo sont blanches et basses. Des bars et restaurants sont installés sur le front de mer. Les rues sont piétonnes. Deux superettes, pas d’hôtel. Trois superbes plages de sable doré prolongent l’Avenue del Virgen où ont été bâties de belles résidences secondaires blanches parfaitement intégrées dans le décor. Quelques habitants prennent nonchalamment leur « caffe con leche » sur les terrasses du port. On a l’impression de se trouver dans un paradis perdu. Dès le débarquement de charmantes jeunes filles nous proposent de louer des vtt 14 €, la journée. Trop cher. Nous trouverons sans doute moins cher ailleurs. Effectivement la dame de la pension Enrequita, où nous logeons nous les fait à 7 € ! Le circuit du Parque del Archipielago Chinijo est varié, il contourne le petit volcan Montana Pedro Barba, passe le long de la Playa de las Conchas, continue sur la Playa Lambra où se brise une forte houle sur les rochers noirs et acérés. Les maisons aux formes arrondies de l’ancien petit village de pêcheurs de Pedro Barba, ont été transformées en résidences secondaires par des notables madrilènes tout en respectant leur cachet original. Le succulent poulpe grillé accompagné d’un verre de malvoisie blanc sec sur la terrasse du restaurant Girasol est un pur moment de bonheur !

LZ 650 cactus S3 1

L’harmonieuse mise en scène du Jardin de cactus

Imaginez une sorte d’amphithéâtre romain aux gradins de pierre sur lesquels poussent des cactus. Le lieu unique est clos et protégé du vent. La seule différence avec un vrai théâtre romain, c’est qu’il est installé au beau milieu d’un champ de lave, qu’il est en pierre volcanique et que c’est l’artiste contemporain César Manrique qui en a fait les plans. On y découvre près de 1000 variétés différentes de cactus agréablement mises en scène. Ce Jardin de Cactus mérite une visite.

 LZ 650 manrique S4

La Fondation César Manrique, art contemporain et architecture populaire

César Manrique, (1919-1992)., est né à Arrecife, la capitale de Lanzarote, une île qui aura une importance décisive dans sa vie et son oeuvre. Ses différents langages : peinture, sculpture, urbanisme, art public, se caractérisent par leur intégration au milieu naturel. Il a su conjuguer deux bases essentielles. L’audace la plus contemporaine et la vérité de l’architecture populaire. Il a même fait voter une loi qui interdit la construction de maisons à plus d’un étage et qui interdit les panneaux publicitaires. Ce qui fait le charme unique de l’île. La Fondation César Manrique est construite sur une coulée de lave. Elle est faite d’éléments de conception moderne très fonctionnels, larges baies vitrées, grands espaces. Cinq bulles volcaniques naturelles sont reliées par des petits couloirs, un jameo central et une zone de loisirs complètent l’ensemble. La collection d’art contemporain de la Fondation est présentée à l’intérieur. Les jardins sont superbes. Le tout parfaitement intégré dans l’environnement. La lave va même jusqu’à couler à l’intérieur d’une salle !

LZ 650 lagomarS1

La maison d’Omar Sharif, un incroyable décor de cinéma

L’incroyable maison de l’acteur, qu’il perdit au jeu, se visite. Elle servit aussi comme décor de films. La maison est taillée dans une falaise volcanique qui domine le village de Nazaret. Elle est percée de galeries, de grottes, dotée d’une piscine agrémentée de terrasses avec des vues splendides. On peut même boire un verre au bar de cette maison de rêve. Le Jardin de Cactus à Guatiza, la Fondation César Manrique à Tahiche et la Maison d’Omar Sharif à Lagomar à côté de Teguise, sont tous les trois situés dans la même partie de l’île, nous les visitons facilement en une demi-journée.

LZ 650 geria S1 LZ geria S2

Guardilama, le volcan belvédère domine le plateau noir de la Géria

Nous nous garons sur le parking de la Bodega El Chuparedo pour monter au volcan Guardilama. La montée au bord des vignobles du plateau de la Géria est superbe, puis la pente se raidit et en une petite heure nous voici à la borne géodésique du sommet (603m). Le Guardilama est un remarquable belvédère sur toute l’île. A l’ouest ce sont les volcans du parc des Montanas del Fuego de Timanfaya. A l’est la ville d’Arrecife et les urbanizacions de Puerto del Carmen et au sud de la Playa Blanca et l’on devine au loin l’île de Fuerteventura. L’intérieur de la bodega El Chuparedo est d’époque et chaleureux. Construite un peu à l’écart de la route, c’est la seule où ne s’arrêtent pas les cars de touristes. Sur le plateau de la Géria, les vignobles et les cultures des fincas (propriétés agricoles), sont parfaitement organisés. Le picon, gravier volcanique noir, capte l’humidité de l’air. Et cela suffit à la maturation du raisin qui permet de fabriquer des vins fameux dont la malvoisie. Les grandes parcelles rectangulaires sont travaillées en petits trous, protégés de l’alizé par des murets semi-circulaires les «hoyos». L’effet géométrique, unique au monde, est saisissant. C’est un travail soigné, sans aucune herbe folle. Le résultat est un rêve de jardinier ! Cap au Sud, la Laguna de Janubio, produit encore du sel. A El Golfo on peu voir la Mar Azul encastrée dans la lave. La traversée du Parque Natural de Las Montana del Fuego nous offre des vues colorées sur ce qu’a été le feu du volcan au 18° et 19° s. Dans la maison du parc, visiteurs attentifs, nous essayons, en quelques minutes, de nous imprégner de la vulcanologie. Difficile car c’est toujours pas en français ! Mais la présentation est intéressante.

 LZ 650 risco 3 F

L’impressionnante falaise Risco de Famara

La longue et formidable falaise de Risco de Famara domine la mer du haut de ses 500 mètres. Un peu avant le Mirador del Rio, un parking permet d’accéder à un passage caché. Là un incroyable sentier muletier, taillé dans la coulée de lave qui dégringole de la falaise, descend en lacets jusqu’à la mer. Il est large et protégé par des murets de petits blocs de lave. Il devait servir autrefois à remonter le sel de l’ancienne saline que l’on aperçoit en contrebas. Le sentier se prolonge à plat sur la vaste étendue sauvage, étrange et désolée qui s’étend au pied de la falaise. La descente est impressionnante et facile… Mais la remontée sera laborieuse. Quel spectacle ! A nos pieds, les rebords verticaux de la falaise, puis lande parsemée d’euphorbes balsamique, emblème de l’île. A droite, à gauche des vagues qui se brisent sur les falaises. En face la passe ventée d’El Rio et de l’autre côté, l’île de la Graciosa. Nous marchons ensuite, quasi seuls, sur le superbe sable blond bordé de galets noirs de la Playa del Risco. Un vrai décor de film d’aventure. Quelle merveilleuse randonnée pour terminer ce séjour à Lanzarote !

LZ Kyte650F

Lanzarote, la plus spectaculaire des Canaries

A quelques heures de vol de Lyon, l’archipel des Canaries propose sept îles volcaniques très contrastées. Des îles très montagneuses, verdoyantes et spectaculaires, Tenerife, Grande Canarie, La Gomera, La Palma et El Hierro. Et deux îles désertiques Fuerteventura et Lanzarote. Des îles tranquilles, où l’on ne craint pas de partir seul ou à deux, ou entre amis. Lanzarote, avec ses volcans, ses coulées de lave, ses oasis, ses champs noirs et ses villages blancs, est sûrement la plus fascinante, la plus culturelle et la mieux préservée des sept îles.

Copyright © Textes et photos Jean-Pierre Doiteau

Infos & Liens

Office du tourisme. 
A Paris : http://www.spain.info/fr/ – Au Canaries : 
http://www.turismodecanarias.com/iles-canaries-espagne/office-tourisme/ile-de-lanzarote/

Agence de Voyages Chamina-Voyages, avec qui nous avons fait ce voyage, nous avait préparé un programme de trekking parfait. Ce voyage était « en liberté », c’est-à-dire organisé, réservé et payé depuis la France : avions, transferts, bateaux, locations de voitures, hôtels. Tous les documents nécessaires étaient fournis : guides, cartes, extraits de cartes et topos de randonnées. Le programme de randonnées était suggéré, adaptable au temps, à l’humeur du jour et à l’esprit du lieu. Nous avons fait toutes les randonnées dans la demi-journée. Nous avions ensuite du temps libre pour découvrir l’île. 
Chamina-Voyages : 04 66 69 00 44 contact@chamina-voyages.comwww.chamina-voyages.com

Météo. Nous avons fait ce voyage en février. Ne pas croire complètement les guides qui annoncent un printemps éternel et une température égale toute l’année. On nous a confirmé qu’en novembre, décembre, janvier et février il faisait assez froid et avec beaucoup de vent, en tout cas sur la côte Ouest où nous logions. Nous avions de 15° à 17°. Par contre nous avons constaté que côté Est sous le vent, où se trouvent la plupart des lieux de vacances, on avait 3 à 4° de plus. Et un soleil plus fréquent. Mais c’était le prix à payer pour avoir le calme et la tranquillité.

Accès & routes. Depuis Lyon vols Ibéria via Madrid et Ténériffe. Une demi-journée avec escale à Madrid, voir presque une journée si escales nécessaires à Ténériffe et Madrid. Lanzarote est petite 60 x 40 km, on en fait le tour dans la journée. La voiture de location est indispensable, bien qu’il y ait un dense réseau de bus. Les routes sont peu encombrées et bien signalées. Nous avons croisé un grand nombre de groupes de bons cyclistes, venus s’entrainer sur ces routes vallonnées au revêtement impeccable mais toujours un peu ventées. Débutants s’abstenir ! Aperçu aussi de nombreux joggers.

Cinéma. Cette île fascinante aux paysages lunaires, ce «malpais», comme on dit là-bas, a servi de décor à plusieurs films. « Moby Dick » (1956). « Un million d’années avant J-C ». (1966). « Voyage au centre de la terr »e (1976). « La Route de Salina » (1970). « L’île Mystérieuse » (1973) avec Omar Sharif. Série tv. « Quand les dinosaures dominaient la terre » (1976). « A la recherche de l’île au trésor ». Série tv (1997. « Etreintes brisées » (2009) de Pedro Almodovar.
Livres de Michel Houellebec : « Lanzarote » (2000).  Une partie de « La Possibilité d’une île » du même auteur, se situe aussi sur Lanzarote.   

 


 

Une lettre du Sri Lanka

Ceylan (sous la pluie) 

La non-violence sous la forme active,
consiste en une bienveillance envers tout ce qui existe.
Mahatma Gandhi

sri eleph320DSC01229 1Sri Lanka est bien plus qu’une simple île tropicale. Elle a un dense passé et un riche patrimoine culturel. Au gré des invasions et des colonisations elle a eu sept capitales. Ici se sont succédés 180 rois ! S’y installèrent successivement : les portugais, les hollandais, puis les anglais de 1815 à l’indépendance en 1948. Il reste de ce riche passé, de nombreux sites archéologiques et des temples dignes d’intérêt. Certains sont inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

 SRIRIZ650DSC00662 

 

 

Végétation merveilleuse et faune abondante

En onze heures de vol l’Airbus A330, des Sri Lankan airlines, nous dépose à Colombo et nous partons directement pour Sigiriya au centre de l’île, où nous arrivons quatre heures plus tard. Un long voyage… Prendre du temps, donne de l’épaisseur à la destination. Avec l’alternance des pluies et du soleil, tout est vert ! La végétation est exubérante, les arbres immenses, la forêt et la jungle impénétrables. Les champs et rizières sont gorgés d’eau. Une volée d’aigrettes blanches s’abat sur le carré de rizières, à la recherche des vers que le paysan découvre en labourant sur son antique tracteur. Plus loin, au bord de la route, un éléphant solitaire arrache pour se nourrir, ses 250 kg de branchages quotidiens.

SRI sing2-160DSC00903Partout des singes. Ils maraudent autour des sites historiques ou viennent jusque dans votre chambre d’hôtel pour chaparder. Des chiens étiques trainent au bord des routes, il faut les éviter. Aperçu aussi un varan, un caméléon, des aigles pêcheurs, des cormarans, des biches, et des multitudes d’aigrettes. Pour la forêt, le meilleur exemple est le jardin botanique de Peradeniya, banlieue de Kandy, sans doute l’un des plus beaux d’Asie. Les arbres sont de tailles extraordinaires : jacquiers, araucarias, latex aux racines poison, coco-fesses, bambous géants, palmiers tilipot, cycas aux troncs tortueux, royal palms, cannonball, amandiers géants aux racines immenses, tecks, ébènes, etc… Les larges allées incitent les amoureux de Kandy à la flânerie. Durant ce séjour les pluies seront omniprésentes. Rien d’anormal. A Colombo et sur la côte ouest il pleut 200 jours par an et jusqu’à 250 jours en montagne à l’intérieur de l’île. La mousson tardive empourpre la terre de latérite rouge. 

SRIELEPH2-320DSCF8262Pour la faune, l’orphelinat des éléphants blessés, malades ou infirmes de Pinnawela vaut le détour, car il permet de côtoyer les éléphant de près. Une soixantaine d’éléphants grands et petits sont soignés et chouchoutés, ils vivent en semi liberté dans un vaste site où chacun peut les caresser, les photographier, sous l’oeil vigilant des cornacs. Les jeunes sont nourris au biberon cinq fois par jour. Ils vont ensuite prendre le bain avec les adultes au beau milieu de la rivière. Les éléphants marchent précautionneusement au milieu de l’eau sur les roches émergentes. La pluie fait briller le poil des éléphants. Le décor est superbe, avec les palmiers et la colline à l’arrière plan on se croirait dans un safari !
 

Foi bouddhiste profonde

SRIBONZ149-DSCF8133

Les cinghalais sont majoritairement bouddhistes. Les tamouls, au nord, hindouistes, les musulmans et les chrétiens restent minoritaires. Tilak, notre guide explique dans son langage coloré, le bouddhisme est plus une doctrine philosophique qu’une foi. « Cinq préceptes : pas tuer d’animaux, pas voler, pas mentir, pas adultère, pas alcool. » Ensuite « 4 nobles vérités : la souffrance, l’insatisfaction, le désir, le contrôle, le nirvana ». Il poursuit…. mais pour moi c’est compliqué, je décroche ! Le bouddhisme a du bon, les gens sont zen et comme on ne tue pas d’animaux et il reste encore 5000 éléphants vivants en liberté dans l’île, plus des milliers de singes. Ici la non-violence est bien réelle.

 

Sites médiévaux ruinés par l’humidité 

Les sites archéologiques médiévaux ont été ruinés par les alternances de pluies et de soleil et l’humidité stagnante. Ils sont recouverts par endroits de mousse verte et noirâtre. Mais les srilankais ont bien su en tirer parti, en aménageant tout autour des ruines, de vastes jardins où il est très agréable de marcher.
Il pleuvait si dru ce jour-là que nous avons dû reporter la visite. L’ancienne forteresse de Sigiriya fût installée par un roi parricide, tout en haut d’un immense piton de pierre rouge jailli de la plaine. Nous montons par un raide escalier accroché sous la falaise, tandis que la pluie nous ruisselle dessus. Il ne reste que les fortifications, mais le site est splendide et inscrit en 1982 au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Nous sommes à 370 m. D’imposants nuages bleu-gris planent au dessus de l’horizon, tandis qu’un léger voile de brume nous cache une partie de la vallée, des forêts et des rizières en contrebas.
SRI boudhL160SRIpisci650-DSC00726SRIpolona650-DSC00709

 

 

 

 

 

 L’ancien site d’Aukana, n’est pas le plus connu, loin de là. Mais nous y découvrons un superbe bouddha du V° siècle de 15 m de haut, en position debout et bénissant, taillé directement dans la falaise. C’est le plus beau grand bouddha de l’île. Les visiteurs sont peu nombreux.

Polonnaruwa, cette ancienne capitale fortifiée, protégée d’un côté par un lac artificiel et des autres par des fortifications, recèle une douzaine de sites dont le Palais royal, des temples, des monastères, un pavillon circulaire. Elle fut la capitale de l’île aux XII° et XIII° s. Elle est le reflet d’un bouddhisme éclatant comme en témoignent les nombreux bouddhas encore présents. Deux immenses dagobas, stupas en Inde, émergent de l’ensemble.Les bas reliefs sont intéressants. Les marches d’un vaste bassin piscine sont recouvertes d’une mousse verte du plus bel effet. Agréable cheminement dans les jardins. Site inscrit en 1982 au Patrimoine Mondial de l’Unesco. L’âge d’or de Polonnaruwa dura deux cent ans, mais la population dut prendre la fuite face à une invasion, doublée d’une guerre civile. Elle fût ensuite lentement abandonnée et se dégrada peu à peu. Cependant ce site vaut largement le détour. Ritigala, cet ancien monastère bouddhiste est perdu au coeur d’une jungle tropicale. On monte par une série d’escaliers dallés de pierres de taille du IX° s. Les beaux escaliers en pierre sont une spécialité locale. Le site a peu d’intérêt car tout est détruit. Malgré tout, c’est le prétexte à une agréable incursion en forêt tropicale dans une zone protégée. Les cris des grands singes résonnent dans la forêt.

 

Kandy, ancienne capitale royale et ville coloniale

SRIkandy320DSC00964Kandy est la ville sacrée du bouddhisme, elle fut la dernière capitale des rois jusqu’à l’occupation anglaise en 1815. La ville est inscrite au en 1988 au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Le temple du Dalada Maligawa, situé au bord du lac de Kandy attire de nombreux pèlerins. Ils étaient bien plus nombreux que les touristes. Car il abrite une très saine relique pour les bouddhistes, une dent de Bouddha, attraction majeure de Kandy et symbole de l’indépendance cinghalaise. 

SRIDENT1320DSC00981La décoration est richissime, or, pierres précieuses, statues de bronze, colonnes et plafonds décorés. Ce que je retiens du Temple de la Dent, c’est la grande ferveur religieuse des visiteurs venus des quatre coins de l’île. Ils sont habillés de blanc, apportent des offrandes, font patiemment la queue avant d’entrer dans le lieu saint. La cérémonie de vénération se fait au son des tambours et d’un hautbois au son aigrelet.

 

Distances courtes, mais parcours longs

SRITUK320DSC01136Une île où les distances sont courtes, mais avec le trafic incessant les temps de parcours sont longs. Les routes étroites et sinueuses, sont encombrées de vieux bus Ashok-Leyland, de trucks Tata, de taxis tricycles tuck-tuck, de motos, de piétons et de chiens errants. Il y a 13 millions de tuck-tuck dans l’île ! Les conducteurs kamikazes se frôlent à grands coups de klaxon, en se croisant. Et on roule à gauche ! Conduire ici est dangereux, je ne me hasarderais pas à y louer une voiture ! Mais Madushan, notre chauffeur est habile et zen. Malgré tous ces km sous une pluie incessante, jamais un mot plus haut que l’autre, jamais une réflexion. Pour corser le tout, les noms de lieux sont souvent imprononçables et les écritures d’une perfection puérile, sont indéchiffrables. (L’alphabet cinghalais à 50 caractères et le tamoul une association de 12 voyelles et 18 consonnes). L’anglais est parlé presque partout. Les champs sont inondés. Des attelages de buffles noirs ratissent les rizières en éclaboussant.

Cuisine épicée et Spice Garden 

SRIcusineLa cuisine est épicée et colorée. Elle est réputée pour ses currys mêlant épices et saveurs orientales et nous nous régalons de plats succulents, parfois un peu trop relevés dont je n’ai pu retenir les noms. Ici il y a une grande variété de légumes : jacquier, manioc, aubergines, lentilles, patates douces, potirons, Le dhal et le biriyani se dégustent avec du riz blanc ou rouge. Pour compenser les effets des plats trop pimentés je demande du coco râpé.
Arret au Spice Garden de Matale. Les épices sont tous là dans ce beau jardin. Plantes au ras du sol, arbustes et grands arbres. Cannelle, muscade, cardamone, girofle, gingembre, vanille, aloevera, poivre, coriandre, cumin… Le curry est une petite feuille verte. Il est séché et torréfié auquel on ajoute d’autres épices : anis, cumin, clous de girofle, cardamone, cannelle…
Tous ces épices ont aussi des vertus médicinales et cosmétologiques. La boutique du Spice Garden propose une trentaine de remèdes différents. Huile rouge pour les douleurs musculaires. Sirop amaigrissant et désintoxiquant. Baume pour le mal de tête. Sirop contre le cholestérol. Pilules contre le diabète. Crème Ginger caramel, stimulant sexuel…
De tous temps les épices ont été rares et chers. Ce furent les Arabes, puis les Portugais et ensuite les Hollandais qui eurent le monopole des épices. On pouvait payer en or ou « payer en épices »…. D’où l’expression « payer en espèces » ! Relate Michel Le Bris dans son « Dictionnaire amoureux des explorateurs ». L’Intendant des Isles de France et de Bourbon, Pierre Poivre (1719-1786), le héros lyonnais, vécut une formidable vie d’aventures maritimes à la recherche des épices. Il réussit à en dénicher clandestinement certaines variétés, à les introduire et à les faire prospérer, à la Réunion, aux Seychelles et à l’île Maurice où il créa le fabuleux jardin Pamplemousse.
Plus loin, nous faisons un petit tour au marché de Dambula. Les gros pick-up et camionnettes des paysans livrent d’énormes quantités de fruits et légumes. Il y a profusion de tout : bananes, ananas, avocats, mangues, papayes, caramboles.

Un antique train grimpe à flanc de montagne jusqu’à Nawalapitiya. Toute la magnificence équatoriale de l’immensité muette est déployée en contrebas. Un court, mais superbe voyage. Les petites gares n’ont pas toutes un quai. Des mares brunâtres s’étalent aux passages à niveau.

L’harmonie du Tea Country

SRI650-DSC01146 Le Tea Country est loin dans la montagne. Car le thé ne pousse qu’en altitude. La route est longue, sinueuse mais absolument superbe.
Les plantations de théiers en rangs serrés ondulent sur les flancs des montagnes, formant un décor d’une harmonie sans pareille. Aujourd’hui le ciel est plombé, mais malgré la pluie incessante, il se dégage de ce Tea Country une réelle poésie. C’est la vie réelle, ici les jours de soleil sont rares. La cueillette des feuilles de thé se fait à la main par tous les temps et toute l’année par périodes de 15 jours, le temps que le théier se renouvelle. Les femmes des villages alentour s’activent en souriant, la tête couverte par des capuches aux couleurs vives. Nous visitons une Tea Factory, locaux sombres aux machines désuètes. On nous explique les étapes de la fabrication : séchage, broyage, tamisage, fermentation, séchage, triage. De grands sacs de 43 kg sont prêts à partir.
SRITHE2-320DSC01123J’essaye de retenir les principales qualités de thé. Dust : poussière de thé dans les sachets industriels. BP faible qualité. BOP : Broken Orange Pekoe : meilleure qualité. GBOP : Golden BOP : qualité supérieure. Etc… Voilà pour les thés noirs. Les feuilles du Green Tea sont roulées et séchées afin d’obtenir une forme particulière. Il est antioxydant, réduit le stress, est bon pour les maladies cardio-vasculaires, neuro-dégénératives, les yeux,.. Il n’empêche pas de dormir. Bref, on en boit de plus en plus en Europe. Il pleut à verse ! Dommage j’aurais bien aimé faire quelques pas dans la plantation parmi les théiers.
Que vous dire de Nuwara Eliya, sous la pluie. La petite station d’altitude située au delà du Tea Country et nichée à 2040 m au bord d’un lac, au pied du plus haut sommet de l’île, le Pidurutalagala à 2528 m. Elle a conservé un réel charme : vieilles maisons anglaises, massifs de fleurs, cyprès et gazon vert. Superbe golf, hippodrome et chevaux en liberté.
Depuis notre hôtel ultramoderne – immenses baies vitrées, poutres métalliques meubles en béton ciré – dominant la vallée, nous apercevons à travers un voile de pluie et d’écheveaux de nuages mouvants, de hautes et bruyantes cascades dégringolant des cimes.

SRIbiere320DSC00796

Sous les tropiques la nuit tombe d’un seul coup à 18 heures. Que faire sinon boire… Les cocktails des hôtels sont à base d’arrack et de fruits… Le plus souvent médiocres. La bière locale Lion est agréable. Je découvre la Ginger Beer, un tonic au goût prononcé de gingembre, servie dans des bouteilles de 40 cl. Une sorte de coca-cola adapté au goût du pays. Elle serait bonne pour l’estomac, idéale pour réparer les dégâts de la cuisine épicée. Pendant tout le voyage je ne boirais plus désormais que de la Ginger Beer. Dommage qu’elle ne soit pas disponible en France !

Un indéniable charme rétro

L’esprit anglais, le style colonial, perd du terrain, détrôné par le style américain. Le matin c’est « good morning ». Au breakfast les « scrambled eggs & bacon » côtoient le riz, le dhal curry et les légumes épicés. Les écoliers sont tous en uniforme blanc ou short bleu clair, et cravate pour les garçons. Le cricket est le sport numéro un à la télé. Mais à part Nuwara Eliya, les bâtiments officiels et maisons coloniales se font rares et ils sont noyés dans les constructions nouvelles.

Thons de 75 kg et ailerons de requins pour les chinois

SRITHON320-DSC01300SRIREQUINS320-DSC01289Negambo, plus grand port de pêche de l’île. Les pêcheurs partent sur de grands catamarans à deux mats et voile carrée, sans moteur dans un océan souvent agité. La pêche est abondante. Les thons font jusqu’à 75 kg. On tue encore des requins juste pour leurs ailerons qui seront expédiés en Chine. Les petits poissons sèchent au soleil sur la plage. Des corbeaux noirs, ici il n’y a pas de mouettes, croassent partout sur les bateaux et sur le sable.

Une île resplendissante, mais pas seulement !

L’île est splendide, resplendissante. Les voyageurs y viennent de Chine, du Japon, d’Asie centrale, d’Australie, d’Amérique et d’Europe. Et les hôtels installés dans de vastes parcs avec de grandes piscines sont superbes. A aucun moment on ne sent de pression, ou de regards malveillants. Les bazars semblent sans danger. Pour le touriste c’est l’île idéale. Et pour être parfaitement objectif, les hôtels, les restaurants, le minibus, le chauffeur et le guide : tout à été de qualité et fonctionné parfaitement.

SRIRIZ650DSC00763Mais je voudrais porter aussi, un regard distancié sur cette île. Les hameaux isolés n’ont toujours pas l’électricité, on s’éclaire peu, on regarde la télé et on recharge les portables avec des batteries. Dans les villages-rues, sans trottoirs, il faut marcher sous la pluie, sur des chemins de latérite rouge troués de flaques d’eau. Il n’y a ni caniveau, ni tout à l’égout. L’eau n’est pas potable. Le soir- il fait nuit à six heures – les boutiques et les échoppes des petits métiers sont éclairées chichement avec deux ampoules basse consommation pendues au plafond. Les maisons sont vétustes, collées les unes contre les autres. Parfois un magasin neuf à deux étages appo

rte une touche de modernisme dans la grande rue. D’ innombrables ateliers de casse automobile aux vitrines encombrées de calandres et de pièces d’occasion, bordent la grande route A1 Colombo-Kandy. On rafistole beaucoup plutôt que d’acheter du neuf. Sauf à la ville où l’on se vêt en partie à l’européenne, les femmes sont en saris, ce qui leur donne de l’allure. Les hommes sont en sarong et chaussés de tongs. Les jeunes portent T-shirts colorés, jeans moulants et baskets. On emprisonne. Le non respect des droits de l’homme a été dénoncé par Amnesty International. On viole. Les femmes sont encore victimes de nombreuses violences. On émigre beaucoup. Dans les pages « Jobs » du Sunday Times sri-lankais, je découvre de grandes offres d’emploi pour des ingénieurs, médecins, conducteurs de travaux, manoeuvres, émanant d’Oman, de Dubaï, d’Abu Dhabi, du Qatar et du Kurdistan. Les salaires y sont trois à quatre fois plus élevés. D’après Tilak, notre guide, l’argent envoyé dans les familles par les émigrés serait la première économie du pays. ? A vérifier. L’île est propre, pas de papier gras, ni de détritus, le souci de l’environnement est bien réel. La pauvreté est digne et réservée. Les Sri Lankais ont un vrai sens de l’hospitalité, ils sont attentifs au voyageur, ce qui manque si souvent en France ! Leur légendaire sourire est la dernière image que j’emporterais de cette, trop courte mais dense semaine, au Sri Lanka. Malgré la pluie, je ne regrette pas d’être parti, car comme l’écrit Paul Morand dans ses notes sur Le Voyage : « Rester chez soi est une négligence dont, tôt ou tard on se verra puni ».

 Copyright © P-J. Goudard
redaction(at)lyon-newsletter.com
Novembre 2014

Infos & Liens

* Office du Tourisme du Sri Lanka en France à l’Ambassade du Sri Lanka.
16, rue Spontini 75016 Paris. 0155733131
Email : sl.france@wanadoo.fr – Web : Office de tourisme du Sri Lanka www.srilanka.travel
Site en anglais et français.
Visa électronique indispensable : Electronic Travel Authorization E.T.A
Remplir le questionnaire, pas besoin d’envoyer le passeport. Le visa est renvoyé par e-mail sous 3-4 jours. Coût 30 USD.
* Agence. Ce voyage a été fait avec Asia-Lyon fin novembre 2014. www.asia.frlyon@asia.fr – 04 78 38 55 74.
* Météo. Le Sri Lanka connaît depuis plusieurs semaines de fortes pluies affectant la majeure partie de l’île. Ce phénomène météo est très inhabituel pour la saison (les pluies étant en principe moins intenses et circonscrites à la côte Est à cette période de l’année)… Les inondations et glissements de terrain touchent 22 districts sur 25 en particulier les régions de Kandy, Nuwara Eliya, Badulla et Kurunegala.
Mise à jour. Cette situation tout à fait exceptionnelle en Asie qui touchait l’Indonésie, la Malaisie, le Sud de la Thaïlande et le Sri Lanka, a duré de novembre 2014 à février 2015. En mars 2015 la situation est redevenue normale.

 


Carnets de Voyages à découvrir  en pages Archives

* La Cappadoce , terre d’exception.
* Venise, La puissance et la gloire
* Istanbul, les splendeurs de l’Empire Ottoman
* Gênes, et ses magnifiques palais méconnus.
* Cités mythiques de la Route de la Soie : Khiva,Boukara, Samarcande
* 2500 km à travers le Rajasthan Agra, Jaisalmer.
* Chine éternelle et mégacités futuristes
* Vallée d’Aoste. Sommets. Châteaux et stations de ski !
* Cinque Terre, cinq villages de cartes postales.
* Au Cap Nord avec l’Express Côtier.
* Costa Rica, biodiversité et volcans
* Vietnam du Nord au Sud Angkor et lac Tonlé Sap
* Trekking & 4x4 dans le Hoggar
* Escapade romantique côté Est. Prague, Vienne, Salzbourg et Rothenburg. voir