Découverte en bateau...
Un voyage d'hiver en Norvège,
en train et en bateau
Au cap Nord avec l'Express Côtier
"Avec ses vastes chaînes de montagne, ses imposants glaciers, ses lacs innombrables et son interminable côte alternant fjords et îles, la Norvège ne saurait être entièrement découverte en une seule fois ". Nous dit le petit guide JPM. Mais si c'est possible ! C'est ce que j'ai tenté de faire en traversant, en train, le pays d'Est en Ouest, puis en remontant, en bateau, les côtes du Sud au Nord. Un voyage d'hiver de quinze jours réalisé en mars dernier. L'objectif était de profiter des jours qui rallongent, de bons créneaux météo et des dernières neiges de l'hiver arctique. Carnet de bord.

L'Express Côtier est un service quotidien de bateaux de ligne qui relie Bergen à Kirkenes, au delà du Cap Nord. Il quitte chaque jour Bergen à 22h30. Il arrive à son terminus Kirkenes à 9h45, six jours plus tard. Il repart à 12h45 et arrive à Bergen, son port de départ, à 14h30 six jours après, pile à l'heure. Le navire a effectué une longue navigation de deux fois 1330 miles nautiques (2465 km) et fait 32 escales à l'aller et autant au retour.

Les navires sont plus proches des paquebots luxueux, que des ferries. Ils sont confortables et sûrs. Ils transportent aussi bien des passagers d'un port à un autre, que des croisiéristes qui font tout le trajet. Des palettes de produits manufacturés, de tourbe, de langoustes, de poissons, sont chargées ou déchargées au fil des escales. De plus les bateaux assurent chaque jour, et toute l'année, le courrier. Des voitures sont aussi embarquées avec leurs conducteurs. Les escales vont du simple "touch and go" d'un quart d'heure, à l'arrêt prolongé de quatre heures comme à Trondheim ou à Tromso.

Onze navires sont en permanence en mer, répartis tout au long de la côte de Bergen à Kirkenes. Ils passent toujours à la même heure dans chaque port. Et mon bateau le Midnatsol les a tous croisés à un moment ou à un autre. On peut repérer leur position en temps réel sur le site de Hurtigruten. Voir à Infos & Liens.
Il s'agissait à la création de la ligne en 1893 par Richard With de relier des villages complètement isolés au fond des fjords et totalement inaccessibles six mois par an. Puis, peu à peu, la croisière a pris le pas sur le transport de passagers ou de marchandises. Mais on peut encore très bien prendre son billet pour aller d'un port à un autre, ou pour traverser sa voiture vers les îles Lofoten, par exemple. Cette croisière au Cap Nord est réputée dans le monde entier. Et je vais essayer de vous dire pourquoi.
Une route maritime audacieuse
Les navires empruntent une route maritime audacieuse. Ils se faufilent dans un labyrinthe de chenaux, d'îles, d'îlots, d'écueils à demi submergés spectaculaires de bout en bout. Et on l'imagine particulièrement dangereux pour le navigateur.

Le moindre écart et le bateau s'échouerait sur les rochers. Il faut une vigilance de tous les instants, de jour comme de nuit. Car les navires taillent inlassablement leur route 24h/24 quel que soit le temps, l'état de la mer et la force du vent.
Navigation à l'abri, sous le vent des îles
L'intérêt de cette route maritime est de raccourcir le trajet et de passer sous le vent des îles. Si bien que la mer est protégée des bourrasques de l'Atlantique par les îles qui font écran à la houle du large. Donc à part deux ou trois passages en mer ouverte, le bateau ne bouge presque pas et les passagers n'ont pas le mal de mer. Et pourtant le vent souffle souvent fort.

La particularité de ces latitudes nordiques est que le vent peut passer instantanément de la force 3 Beaufort, annoncée par la météo du bord, à la force 7 ou 8. Et retomber à la force 3 une heure après. Et ainsi de suite pendant une semaine. Mais les lumières font rêver !
A l'extrême Nord du monde habité
Passer le cercle polaire, marcher sur le Cap Nord, approcher la frontière Russe, naviguer sur la mer de Barentz, côtoyer des latitudes extrêmes, voir deux ou trois aurores boréales, est une expérience inoubliable.


Du cercle polaire au Cap Nord, le décor devient vraiment grandiose. A Honningsvag et Kirkenes, j'étais vraiment au Nord du monde, de l'Europe habitée, de la civilisation. Au delà, c'était l'Océan Glacial Arctique, puis la banquise et le pôle Nord. La grandeur austère de ces solitudes glacées m'a fortement impressionné, surtout au moment du passage du cercle polaire.
Que de belles escales et que d'autres oubliées
Coups de cœur et petits agacements. Le navire taille inlassablement sa route. Il doit respecter son horaire et s'arrête à toute heure du jour ou de la nuit. Les escales de jour à l'aller ont lieu de nuit au retour et vice versa. Pour les courtes escales d'un quart ou d'une demi heure, le temps d'amarrer le bateau, de descendre de la passerelle et de "biper" son badge, il ne reste souvent plus que quelques minutes pour faire le tour du quai et trois photos. Parfois aussi les ports sont un peu à l'écart des villages et des villes. Mais jamais très loin quand même.

* Ce voyage avec l'Express Côtier c'est d'abord le défilement permanent, le long du bord, des ports, des villages et de la nature à perte de vue et constamment dans son état sauvage. C'est une suggestion d'infini montagneux introuvable ailleurs.


* Tout au long du trajet, les villes et les villages escaladent les pentes des monts et des collines. Les maisons sont peintes, en rouge sang-de-boeuf, jaune, gris clair et blanc, dans la pure tradition norvégienne, moyen de mettre un peu de lumière sous des ciels gris et bas.


* On est pris par l'atmosphère unique des ports du Nord et leurs bateaux étranges.
* Peu de circulation dans les rues encore enneigées et glacées, mais une majorité de breaks et 4x4 cossus. A cette période de l'année, mi-mars, les rues enneigées sont encore dans leur léthargie hivernale. Les belles maisons, la qualité des vêtements, les vitrines et le look agréable des magasins, reflète un air de prospérité générale.


* A Trondheim, les vives couleurs des entrepôts se reflètent dans l'eau sombre de la rivière malgré le temps gris. Dans le vieux quartier de Bakkladet, je découvre un charmant petit bistrot ou des jeunes gens pressés viennent boire le café du matin. Le "Dromadar Kaffebar" fait d'excellents cafés et chocolats

* Le passage du Cercle Polaire, quelque part entre Ornes et Nesna est le premier grand moment du trajet. Il est symbolisé par une mappemonde en fer, installée sur un îlot en plein milieu du passage. Le navire se déroute pour passer au plus près, afin de satisfaire les nombreux photographes qui sont à bord. De part et d'autre du navire c'est une succession ininterrompue de sommets blancs. Les pentes proches de la mer sont couvertes de parures de glace provoquées par le vent, la neige et les embruns. Ces montagnes élancées aux parois abruptes qui plongent directement dans la mer on dirait les Alpes, à l'échelle un demi. Elles sont enneigées et glacées avec des dénivelées de 700 à 1000m. Voici le Cervin, le Mont Blanc, l'Eiger. Et cette série de six sommets successifs, me fait penser à la chaîne des Aravis. J'imagine déjà quelques belles descentes dans les pentes de poudreuse vierge !
* Les aurores boréales sont causées par des vents solaires, en interaction avec l'ionosphère terrestre. Des particules entrent en collision et pour retrouver leur état normal elles émettent des photons ou particules de lumière donnant les fameuses "Northern Lights" ou Aurora Boréalis. Elles ne sont pas visibles partout et il faut un ciel clair. La première était immense à grands traits de pinceaux verticaux vert pâle, elle partait de l'horizon jusqu'au dessus de nos têtes. Mais le bateau continuait sa route et le phénomène s'estompa trop vite. Les deux suivantes étaient moins évidentes, d'un blanc laiteux, évoquant un peu la voie lactée. Déception.
* Bodo, prononcez : bouddha. Quatre rues se coupent à angle droit, une galerie marchande. Au café le Farmers Stue, atmosphère et musique déco.
* Stamsund. Au moment d'accoster le vent forcit à 8 Beaufort. Rien à voir. Mais nous voici aux Lofoten, un chapelet d'îles qui se succèdent sur plus de 100 km. Ce sont avec leurs sommets de 1000m et leurs ravissants petits ports, autant de lieux de randonnées et de vacances "tendance ", très prisés des anglo-saxons.



* Svolvaer, la capitale des Lofoten, a perdu de son charme d'antan. Elle est devenue une station tendance où sur les quais sont bâtis de beaux hôtels de luxe tout de verre et d'acier avec terrasses et vue sur les chalutiers du port. Avec un originale attraction Magic Ice, ses scupltures sur glace et son bar ! Par contre cela sent le poisson, car des milliers de morues, étêtées et attachées par deux, sèchent sur des grandes claies en forme de chapiteaux le long de la jetée du port.


* Stockmarkenes, comme son nom l'indique "stock" équivaut ici à morue est un port de pêche. Je visite le musée d'Hurtigruten, où est retracée toute l'histoire aventureuse de la compagnie et de ses nombreux bateaux successifs. L'un d'entre eux, très ancien est posé sur le quai pour la visite. Il neige.
* J'avais choisi la croisière aller et retour. A l'aller le vent du nord a dégagé le ciel, il a fait beau. Au retour le vent du sud a apporté des perturbations, du ciel gris, de la neige, et des coups de vent. Il faut savoir qu'au delà du cercle polaire aucune garantie de temps ne peut être donnée en quelque saison que ce soit. Mais c'était le risque accepté pour cette croisière d'hiver.
* Le chenal d'accès au port de Risoyhamn est très étroit. Midnatsol avance à moins de 10 nœuds entre les balises bien visibles. Chaque navire d'Hurtigruten embarque ici à son passage des palettes de tourbe de l'île d'Andoy pour les garden center des villes.

* Harstadt est le quartier général de la prospection pétrolière en mer arctique. Avec son pétrole et son gaz la Norvège est le 7ème pays le plus riche du monde. Et en conséquence, la Norvège est aussi devenue l'un des pays les plus chers du monde. Aujourd'hui c'est jour de manœuvres. Une frégate furtive toute blanche est à quai. Un sous-marin pénètre dans le port, au moment où nous appareillons. Les marins en combinaisons de survie orange fluo s'activent sur son pont.
* Remonter le Raftsund de nuit, est une des moments les plus intenses qui soit. Le passage entre les îles d'Hinnoya et Austvagoy, est particulièrement étroit et austère, je dirais même hostile. Le remonter par un fort vent de face, un violent courant contraire et une nuit noire d'encre : voilà une vraie performance nautique. Ce soir, trop de vent pour entrer dans le fameux Trollgfjord, aux parois si resserrées, juste un court arrêt à l'entrée, un coup de projecteurs et le navire repart. Il ne faut pas s'attarder par là.



* Le Midnatsol accoste à quai en plein centre ville de Tromso. Les grandes expéditions arctiques sont parties d'ici. Je visite Polaria. Quinze heures trente, c'est l'heure du repas des phoques de l'aquarium. Bien dressés ils font leur show. 130000 visites par an ! Le Polar Museet est installé dans un bâtiment historique, l'ancien entrepôt des douanes. L'iconographie et la scénographie très intéressantes, retracent agréablement l'histoire des découvertes polaires. Au retour Midnastol accoste à minuit. Pendant l'heure d'escale, je vais boire une Arctic Beer au Rorbua Pub en écoutant deux types jouer de la music country.
* Skjervoy. Il neige le navire fait juste un "touch en go" le temps de charger des palettes et d'embarquer une voiture. Rien à voir, mais je descend quand même à quai !



* La Katolskirche Sankt Mikael d'Hammerfest a de touchants vitraux naïfs. A l'opposé de la ville, des post-it exprimant des vœux et des souhaits, sont affichés dans le fond de l'église norvégienne. Les boites aux lettres sont colorées. C'est dimanche, toutest fermé !
* Honningsvag, sur l'île de Mageroya, est la ville la plus septentrionale de Norvège. Elle est bâtie en amphithéâtre au dessus du port et protégée de la neige par des paravalanches. C'est le point de départ obligé pour le Cap Nord.


* Nordkapp. Le Cap Nord est à 31 km de là, sur la même île. Je monte dans le car affrété par Hurtigruten. Il a neigé la veille, après quelques kilomètres, le bus s'arrête, en attend deux autres, et c'est en convoi derrière un gros chasse neige que nous passons les derniers kilomètres montagneux avant d'atteindre enfin le promontoire rocheux du cap à 300m au dessus de la mer. Le lieu est conforme à l'idée que me m'en faisais. Un vent violent souffle en bourrasques. le sol est gelé, glissant, érodé, caillouteux, rasé, dépouillé... Bref on ne peut plus austère ! La neige vole à l'horizontale, cinq minutes après le soleil brille. En bas la mer blanchit. Des gens montent sur le socle de la grande mappemonde pour se faire photographier. J'oublie vite le grand centre commercial touristique qui défigure le site et m'en vais flâner sur le promontoire pour ne garder que l'image du grand globe en fer forgé symbole et but ultime de ce voyage.
* Vadso. Encore un "touch en go". Un marin du bord jette la touline, un docker à quai la réceptionne, hâle l'aussière, la met sur la bitte d'amarrage. Pas le temps d'amarrer l'arrière, le bateau reste collé à quai en jouant des propulseurs d'étrave et des deux hélices arrière. Une manœuvre bien au point. Ainsi il peut repartir plus vite.


* Kirkenes est l'ultime but du voyage. Au delà c'est la frontière russe. La ville est réputée pour être la plus froide de la côte. Il fait grand soleil et presque chaud - 3°. Sur le sol gelé, d'adorables mamies font leurs courses en glissant sur des petits traîneaux aux patins d'acier. Je flâne parmi les coquettes maisons. Sur le port je visite le superbe magasin de déco Bohus au design très contemporain de style Ikea/Habitat. Toutes les villes, tous les ports, ont leurs magasins de déco, et d'accessoires de cuisine colorés, très modernes. Les norvégiens attachent un soin tout particulier à leur intérieur où ils sont obligés de rester plus souvent que nous, à cause du climat.

* Les passagers se précipitent pour visiter le petit fortin de Vardo qui date de 1737 (pas moi). Les rues autour du port sont recouvertes d'une glace très glissante. Sur le pont supérieur j'admire le coucher de soleil avec sa lumière froide aux reflets cristallins et paradoxalement si chaleureuse. Le clocher de l'église et le gros radar de l'OTAN - ici on n'est pas oublié la guerre froide- se dressent comme des signes forts au dessus des maisons multicolores. Superbe !
* J'avais prévu de descendre à terre systématiquement à chaque escale de nuit. Mais pour être honnête, je crois bien en avoir oublié quelques unes...
Des marins qui méritent le respect
Ce long trajet maritime de 2660 miles nautiques aller et retour se décompose en 33 trajets allant de 24 à 125 miles chacun, effectués à une vitesse moyenne de 15-16 nœuds, réduite à 10 nœuds dans les chenaux et "sunds" étroits. Trente quatre ports desservis, cela fait autant d'accostages et d'appareillages délicats, surtout pendant les coups de vent. Il faut d'habiles capitaines, des marins expérimentés et de bons bateaux pour naviguer quotidiennement dans ces dangereux parages. Et cela mérite le respect.
Confort et sécurité maximale
La croisière s'effectue dans des conditions de confort et de sécurité maximales. Le Midnastol est court -135m-, trapu, il inspire immédiatement confiance. Dans cette succession d'escales, le bateau n'a jamais cogné à l'accostage. Et j'ai vu des marins inspecter les canots de sauvetage. On sent l'équipage et le bateau prêts à affronter les pires tempêtes de la mer de Barentz. Pour le passager que j'étais, c'était aussi le confort total. Tout d'abord, le bateau ne bouge pas et il avance sans bruit. Si bien que que l'on ne se rend même pas compte des arrêts aux escales de nuit. Les aménagements sont cossus à base de bois blond, de marbre et de tissus dans des camaïeux de beige. Les cabines sont décorées dans le même esprit, avec un petit bureau et une table ronde. Il n'a pas du tout le kitsch clinquant des grands paquebots de la méditerranée.


A bord le petit déjeuner, très nordique et hyper copieux, était déjà un repas complet, avec bien sûr toutes les variétés de poissons marinés ! Les buffets de midi étaient particulièrement agréables à regarder et tester. Le chef était très fort sur les poissons : cabillaud, lieu noir, flétan, omble arctique, saumon etc. A chaque repas nous avions de plus des fruits de mer, moules, crevettes, crabes et langoustines. Les desserts étaient somptueux. Les norvégiens sont spécialisés en fruits rouges dont ils sont très gourmands. Le dîner du soir était fin et léger. Je dirais que c'était une excellente cuisine pour un bateau de ligne.
Mais après ces agapes gastronomiques, un peu d'exercice s'imposait. La coursive du pont six, fait intégralement le tour du bateau, c'est bon pour la marche. J'ai même vu une japonaise en faire le tour 20 fois de suite ! Mais côté exercice, ma meilleure séquence était la suivante : trois quart d'heure de gym et d'étirements, dans la salle de gym, un jacuzzi à 38° en plein air sur le pont supérieur et 10 minutes de sauna en regardant défiler la côte par les grandes baies vitrées.
"A bord nous avons surtout des allemands et des anglais, mais aussi des canadiens, des américains et des autrichiens. Comme vous le voyez le Midnatsol est complet. Notre concept "Hunting the light", à la recherche de la lumière (arctique et aurores boréales) a bien fonctionné". Nous dit Gina Madre, chef de la réception. "Nous essayons aussi d'avoir un produit 100% norvégien : personnel et produits servis à bord.". "La plupart des passagers ne font que l'aller Bergen-Kirkenes". Mais nous étions quand même un bon nombre à faire l'aller et retour.
L'équipage, les personnel d'accueil, du restaurant et des cabines sont très "pro", prévenants et souriants. Bien que personne, ne parle français, tout porte à se sentir bien à bord. Et je suis conscient d'avoir le rare privilège de naviguer agréablement et en sécurité dans des eaux dangereuses et glacées.
Des lignes mythiques illusoires, mais à l'effet est bien réel
Dans cette croisière hivernale je n'étais plus tout à fait dans la nuit polaire et pas encore sous le soleil de minuit. Mais j'ai passé des lignes mythiques, illusoires certes, mais l'effet était là. Je suis allé au nord, là ou s'achève l'Europe, et la vie civilisée, dans des grandeurs austères battues par les vents. Dans les morsures glacées du blizzard. L'impression d'illimité est décuplée par la solitude immense qui domine au delà du cercle polaire, de la démesure de ces côtes montagneuses où ne résistent que quelque rares habitations isolées. En fait les conditions hivernales étaient bien telles que je les avais imaginées.


A gauche le globe du cercle polaire, à droite celui du Cap Nord.
L'isolement était total : ni tv, ni radio, ni presse, ni annonces en français. Le choix de l'hiver était volontaire, mais il peut être un vrai handicap pour certaines personnes sensibles au froid, au vent, aux sols gelés et très glissants, aux escales à 6h du matin ou à minuit, aux escales trop courtes où il faut s'activer pour découvrir un peu. Voilà pourquoi ce voyage entre le froid polaire du pont et la douce quiétude de la cabine exerce sur les esprits tant de fascination et d'inquiétude.
Texte et photos
© Jean-Pierre Doiteau
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A Voss, le "lokal tog", un TER, nous conduit à Bergen. Il est 20h34. Voici Bergen, les très vieilles maisons à ignons en bois des marchands de la ligue Hanséatique, le quai Bryggen et le trois mats école Stadtraad Lemhkuhl.